Le modèle britanique est il transposable en France

On en parle, la presse en fait ses choux gras, et nos dirigeants le montrent du doigt: le système britanique de gestion des chomeurs ne laisse personne indifférent. Est il aussi efficace qu’on le dit, quels sont ses effets pervers et est il transposable chez nous autres froggies? Petit point sur la question… Le Royaume connait le plein emploi, tout a l’air d’y etre mieux qu’ici. Qu’en est il rééllement. Comment cela se passe là-bas?Pour toucher ses allocations chômage une personne doit s’incrire dans un jobcenter (version moderne et efficace de notre bonne vieille ANPE). Notons de suite de les allocations sont plafonnées à 350 euros, c’est sur ça donne envie de trouver vite un job. Pendant 3 mois chacun est libre de chercher comme il veut tout en étant tout de même contrôlé. Au bout de trois mois il devient “chomeur de longue durée” (j’ai bien dit 3 mois…). A ce moment il n’est plus maitre de son destin. Son conseiller peut l’obliger à prendre n’importe quel travail ou à changer de métier. En cas de refus, suppression des allocations. Une question d’état d’espritLe procédé a l’air violent mais ne choque pas nos voisins d’outre Manche. En fait chacun part du principe que tout vaut mieux que le chomage. Partant de là il vaut mieux un voire deux petits boulots que rester inactif. On peut, une fois qu’on a un de ces boulots continuer à chercher le travail dont on rève mais au moins on est pas sorti du système, on reste actif. L’objectif est d’éviter d’avoir des personnes qui se retrouvent exclues du systèmes suite à une trop longue attente. Rester inactif un, voire deux ans ou plus vous exclut définitivement du marché, la motivation tombe, le moral s’effondre…et c’est ce qui se passe chez nous. Mais il faut être prêt à accepter n’importe quoi et là c’est vraiment une question de mentalité. La mentalité anglo saxon mettant le travail au dessus de tout je ne suis pas surpris du succès de leur système: un individu préfère travailler quitte a gagner moins qu’au chomage. Et quand en plus le chomage vous permet à peine de survivre la question ne se pose plus. Une vraie réussite?Si on se fie aux chiffres, le Royaume-Uni connait une situation de plein emploi. La réalité est quelque peu différente. D’abord parce que tous ceux qui ont un travail n’ont pas le travail qu’ils désirent. Ensuite parce que nombre de personnes ne sont pas comptabilisées dans le chiffre des demandeurs d’emploi. Ceux qui ont refusé de signer au jobcenter, mais ceux là font également une croix sur leurs allocations. Les mères célibataires. Par contre elles ne payent pas d’impot, reçoivent 200 euros par semaine et l’Etat paye leur loyer ce qui est significatif lorsqu’on connait les loyers anglais. Le système leur permet d’élever leur famille ce qu’elles ne pourraient faire avec un salaire. Par contre il ne les incite pas à retravailler. L’idée semble là de miser sur l’éducation des enfants plutot que d’avoir une mère qui travaille sans pouvoir se consacrer à sa progéniture et sans moyens pour payer loyer et entretien des enfants. Pareil chez nous? Je doute qu’un tel système soit transposable en France. Tout d’abord parce que nous sommes trop habitués à ce que le système soigne le chomage par les allocations et non par le travail. Il n’est pas dans les mentalités de se dire qu’il vaut mieux deux petits boulots à 750 euros que 1000 euros d’assedic en restant chez soi. Mais on ne peut en vouloir à la population de rester attachée à ce système dans lequel nos dirigeants la confortent depuis des décenies quel qu’en soit le coût. Ensuite car chez nous ces fameux “petits boulots” ont disparu. Je me souviens de mon premier voyage aux USA où je les ai pris pour un pays rétrograde car ils faisaient encore faire à des humains des taches ingrates qu’en France nous avons soit supprmées soit confié à des machines. Résultat: aujourd’hui même les étudiants peinent à se trouver un job d’été. Il me sembble que ces disparitions doivent avoir un vague lien avec le coût du travail dans notre beau pays. Enfin pour une raison d’état d’esprit. Lorsque Rover ferme en 24h, pas de mouvement de foule, pas de tristesse des anciens salariés laissés sur le carreau: même si on est déçu on préfère se tourner vers l’avenir. Et on comprend qu’une entreprise qui perd de l’argent doit disparaitre, celà semble logique (et à mon avis ça l’est). Attention à la chuteIl n’en reste pas moins qu’il y a certainement des idées à reprendre, des choses à améliorer chez nous. Et puis lorsque le système sera infinançable il faudra bien trouver une autre solution. Eviter de se remettre en cause aujourd’hui c’est prendre le risque d’un virage violent d’ici 5/10 ans. Virage d’autant plus violent qu’il nous sera imposé par la réalité alors que si on prend les choses en main aujourd’hui on peut assurer une transition douce. Et surtout qu’on arrête d’opposer sans cesse liberal et social, qu’on cesse de dire que l’un est blanc et l’autre noir. Notre système est quasi unique au monde et si tous les autres ne marchent pas on est tout de même certains que le notre ne marche plus non plus (ou s’il marche c’est sur la tête!). Car comme le disait Tony Blair devant les députés français il y a quelques années (je rappelle qu’il est socialiste…) “en matière d’emploi il n’y a pas de politique de gauche ou de droite, de politique sociale ou libérale, il y a les politiques qui marchent et celles qui ne marchent pas“. Voilà un pragmatisme que j’apprécie. Et si la France redécouvrait que la meilleure façon de résorber le chômage était de donner du travail?

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  1. Se connaître et connaître les autres: le modèle Hermann
  • http://travail-chomage.site.voila.fr/ancien/model_brita.htm visiteur

    Des articles très pertinents à propos du modèle britannique, trouvés sur le site :

    http://travail-chomage.site.voila.fr/index2.htm

    Plus d’emplois créés en France qu’en Angleterre en 15 ans

    En quinze ans, de 1990 à 2005, la France a créé davantage d’emplois (2 520 000 : +11,25%) que l’Angleterre (1 520 000 : +5,82%). Le modèle libéral britannique n’est donc pas supérieur au modèle social français.

    Pour résumer, devant une augmentation semblable de la population en âge de travailler dans les deux pays, la population active a beaucoup diminué en Grande Bretagne (1 210 000) du fait d’un retrait massif d’activité (préretraites et surtout invalidité), permettant une diminution du chômage de 580 000 personnes. En France, la population active a davantage augmenté que la population en âge de travailler (690 000) du fait d’une importante demande d’emploi, entraînant une augmentation du chômage de 520 000 personnes.

    Ainsi, si la différence dans le nombre de chômeurs a augmenté en quinze ans entre la France et l’Angleterre, cela n’est pas du aux prétendus mérites du modèle libéral britannique mais à la mise à l’écart d’une partie importante de la population active. Les chômeurs ont surtout été transformés en invalides.

    Voir plus de détails, avec tableaux statistiques, à cette adresse :

    http://travail-chomage.site.voila.fr/britan/emploi_15ans.htm

    ——

    Durée du travail : 32 heures en Angleterre

    La durée moyenne du travail, pour l’ensemble des emplois à temps complet et à temps partiel, est de 32 heures par semaine en Grande Bretagne et de 36,28 heures en France.
    Ainsi, les français travaillent quatre heures de plus que les anglais chaque semaine.

    En valeur ajustée des variations saisonnières, la durée hebdomadaire est en moyenne de 32,1 heures pour l’ensemble des travailleurs britanniques, soit :
    37,2 heures pour l’emploi à temps complet,
    15,7 heures pour l’emploi à temps partiel.

    La durée du travail n’est pas de 35 heures par semaine en France mais de 39,0 heures pour le travail à temps complet ou de 36,3 heures en moyenne pour l’ensemble des emplois à temps complet et à temps partiel. En effet, la durée moyenne des emplois à temps partiel est de 23,2 heures et ceux-ci représentent 17,2 % de l’emploi total. Le calcul se fait donc en tenant compte de l’importance relative de chaque type d’emploi.

    Sur l’année, pour 45,4 et 47,0 semaines respectivement, la durée moyenne est :
    - en France : 36,3 h x 45,4 = 1 648 heures annuelles,
    - en Angleterre : 31,7 h x 47 = 1 489,9 heures annuelles, soit 10,6 % de moins.

    Plus de précisions à cette adresse :

    http://travail-chomage.site.voila.fr/britan/32h.htm

    ——

    On y trouve aussi un article plus ancien :

    Le modèle libéral britannique : emploi et chômage (étude de 1998)

    http://travail-chomage.site.voila.fr/ancien/model_brita.htm

    (tous les textes peuvent être imprimés en entier… ).

    Voir aussi le site : http://www.actuchomage.org

  • http://travail-chomage.site.voila.fr/produc/gain_productiv.htm visiteur

    Vu sur le site http://www.actuchomage.org

    Gains de productivité du travail, durée du travail, chômage

    Au lieu de réduire la durée du travail, comme dans les années 1970, les gains de productivité du travail ont conduit à un chômage très important, parfois caché en mettant plus de la moitié des chômeurs en invalidité (Pays-Bas, Grande-Bretagne, Danemark).

    Les gains de productivité permettraient de réduire à quelques heures par semaine le travail nécessaire pour bien vivre, à condition de changer de modèle de société et de supprimer toutes les productions inutiles (par ailleurs nuisibles à l’avenir de la planète, donc au notre et à celui de nos enfants).

    Voir cet article :
    Gains de productivité du travail – 1997-2003

    http://travail-chomage.site.voila.fr/produc/gain_productiv.htm

    En France, la productivité du travail a augmenté de 17,22 % en sept ans, pour l’ensemble de l’activité nationale. Sans rien changer à la production de richesses du pays, le nombre d’emplois aurait pu être augmenté de 17,22 % en réduisant de 14,69 % la durée réelle du travail. En moyenne, avec des transferts d’emplois entre secteurs d’activité, le nombre d’emplois aurait augmenté de 4 284 500. Le chômage réel aurait beaucoup baissé.

    D’autres articles intéressants sur le site

    http://travail-chomage.site.voila.fr/index2.htm

    comme “Des mythes autour de l’emploi”,
    “Chômage officiel et chômage réel en 2005″,
    “Le modèle libéral britannique : emploi et chômage” ….

    Bonnes lectures, cela aide à réfléchir.

  • http://travail-chomage.site.voila.fr/danois/dk_merite.htm visiteur

    La duperie du modèle danois

    Vu sur le site
    http://www.actuchomage.org

    Danemark et chômage : le modèle danois n’a aucun mérite

    En 2004, le Danemark a plus de préretraités (187 200) que la France (139 700) pour une population active dix fois plus faible. Avec les autres mesures de marché du travail, le nombre réel de chômeurs est 2,52 fois le nombre officiel. Le taux de chômage réel devient 14,65 % au lieu d’un taux officiel de 6,38 %. La tromperie est dévoilée.
    Avec une évolution de sa population active identique à celle du Danemark depuis quinze ans, non seulement la France n’aurait plus aucun chômeur officiel, mais le chômage réel serait résorbé pour l’essentiel. Et cela sans introduire une plus grande flexibilité des contrats de travail.

    Si de plus la France avait eu recours à la même proportion de préretraites que le Danemark (6,78 % de sa population active), le chômage réel aurait entièrement disparu et beaucoup d’emplois à temps partiel seraient redevenus des emplois à temps plein.
    Inversement, si la population active du Danemark avait augmenté dans la même proportion qu’en France (+12,1%), tout en créant aussi peu d’emplois (43 600 en quinze ans), le nombre de chômeurs aurait augmenté de 372 500 et le taux de chômage réel serait devenu 24,0 % de la nouvelle population active (après son augmentation).

    Comme l’on voit, le succès apparent du Danemark ne doit rien à la flexicurité, mélange de flexibilité et de sécurité (discours bien connu). En fait, le modèle danois n’a aucun mérite pour résoudre le problème du chômage, une fois enlevés les artifices qui cachent le chômage réel et encore moins en tenant compte de la démographie de l’emploi.
    —-

    Au Danemark en 2004, pour un nombre officiel de 176 400 chômeurs, 268 300 personnes étaient enregistrées dans les “mesures de marché du travail” (labour market policy measures), des préretraites pour l’essentiel. Le chômage réel était donc de 444 700 personnes.
    La population active étant de 2 766 300 personnes, le taux de chômage officiel était de 6,38 %. Mais, en réintégrant les 268 300 faux inactifs (préretraités …) dans la population active, celle-ci devenait 3 034 600 personnes et le taux de chômage réel 14,65 %. Ce taux est un minimum, car ne prenant pas en compte les “invalides” pour raisons sociales.

    En France en 2005, pour 2 420 000 chômeurs au sens de l’Anpe (catégorie Defm 1) et 2 717 000 chômeurs au sens de l’Insee, le nombre réel de chômeurs en équivalent temps plein était de 4 092 000, soit un taux de chômage réel de 14,53 % (compte tenu de la correction sur la population active) . Pour rester comparable aux données danoises, l’équivalent en chômage des emplois à temps partiel n’est pas pris en compte ici.
    Voir l’article “Chômage officiel et chômage réel (2005)” sur le même site http://travail-chomage.site.voila.fr/chomage/chom_reel2005.htm .
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    Le modèle français est le plus honnête en matière de chômage, ou le moins habile pour en cacher l’étendue, comparé au modèle danois, anglais ou hollandais. Le recours aux préretraites massives est utilisé au Danemark, l’invalidité pour raisons sociales (sans réelle invalidité médicale) est la mesure principale en Angleterre (Royaume-Uni) et aux Pays Bas, ce qui n’empêche pas l’utilisation d’autres mesures pour cacher l’importance du chômage. Dans ces trois pays, le chômage réel est de deux à trois fois plus important que le chômage officiel et se trouve comparable au chômage réel en France.
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    Enfin, le Danemark produit et exporte du pétrole et du gaz, ce qui arrange beaucoup les finances publiques et permet de payer un nombre considérable de préretraites pour faire baisser le chômage apparent en diminuant la population active.
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    Voir http://travail-chomage.site.voila.fr/danois/dk_merite.htm

    pour un document trés complet et de grande qualité, avec des tableaux statistiques et les sources utilisées. D’autres aspects y sont aussi abordés : indemnités de chômage, coût du travail, durée effective du travail.

    > En effet, cela vaut vraiment la peine d’aller voir le document original car tout est bien expliqué avec des informations sérieuses et issues des sources officielles (citées). Le texte peut être imprimé avec tous les traitements de texte (rtf).

  • Depuis le Mont-Royal

    Bonjour,

    Je conseil de jeter un coup d’oeil pas loin genre Allemagne ou Suède. Le premier offre des primes de déplacement ainsi que d’installation à l’étranger pour éviter de donner une allocation chômage..le deuxième est à mon avis et de celui de beaucoups d’économistes (Notament O.Aktouf et H.Mintzberg à Montréal) que le modèl suédois est le mielleur système social au monde…

    Hey