Bloc-Notes de Bertrand Duperrin

Reflexions sur l'entreprise, le management, la collaboration et les réseaux sociaux. Vers l'entreprise 2.0…

"Les entreprises les plus performantes sont celles qui pensent solidairement le changement technologique, le contenu du travail et le changement des rapports sociaux internes à l’entreprise” Antoine Riboud.
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Quelques bases sur le leadership

March 8th, 2006 · View Comments · Entreprise, organisation et management

“Les entreprises manquent de leaders, nous sommes en proie à une crise du leadership”.
Ces discours on les a entendu à maintes reprises pour expliquer telle ou telle mauvaise passe d’une entreprise, d’un secteur ou de l’ensemble de l’économie. Il parait même qu’il s’agit d’une des problématiques clé de l’entreprise aujourd’hui (et donc une problématique sine qua non de la construction de l’entreprise de demain).

Les définitions abondent, je vais essayer d’être synthétique. Le leadership c’est donc:

  • une vision périphérique: le leader soit avoir une vision globale des choses et ne pas se cantonner à sa sphère. Il doit percevoir comment les autres et les systèmes intéragissent entre eux.
  • une vision tout court: le leader a une vision de l’avenir, il sait ce vers quoi il faut tendre et pourquoi. Cela ne veut pas pour autant dire qu’il a LA solution. Simplement qu’il est capable de se fixer un but à long terme ce qui, sachant que chacun aime savoir où on l’emmène, l’aide à fédérer ses troupes mais également à choisir comment y parvenir.
  • une capacité à faire adhérer: il y a ceux qu’on ne suivra jamais même dans un plan sans risque et il y a ceux qui vous emmènent au bout du monde à travers les pires difficultés. Un leader c’est cela. C’est celui qui naturellement recueille l’adhésion des autres quand bien même le chemin semble parsemé d’embûches. C’est celui que l’on suit là où on ne suivrait personne et sans se poser de questions car on est sur d’arriver à bon port.
  • un sens opérationnel: les grandes idées abstraites ne suffit pas. Le leader doit aussi avoir le sens du terrain pour faire les bons choix en prenant en compte leur réalisme et leurs implications au quotidien pour le groupe.
  • le sens de l’écoute: disponible, prenant en compte les autres, à l’écoute, il perçoit la vie et les attentes du groupe. Le leader est proche des autres et ne vit pas dans sa tour d’ivoire.
  • un égo à dimension variable: pour impliquer et entrainer le leader doit croire en lui, en ses projets. Pour autant il doit se montrer humble dans ses rapports à autrui.
  • une capacité de décision: quelqu’un de perpetuellement hésitant ne rassure pas les autres. Là encore il n’est pas question de dire qu’il fait toujours LE bon choix (si tant est qu’il existe) mais qu’il sait choisir. Car quelqu’un qui ne choisit pas reste bloqué et n’avance pas. Le leader fait avancer les choses et les autres.

Bon cet article est surtout un pense-bête introductif à des articles futurs (les plus malins devineront vers quoi je me dirige) mais vous pouvez d’ores et déjà me dire ce que vous pensez de cette définition.

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  • Un bon leader doit également être un excelent follower.
  • Pour revenir sur le thème de la manipulation c'est souvent également une question récurrente sur la technique du questionnement actif en coaching (qui à mon sens peut/doit être utilisée par le leader). En la matière tout est question de bon sens mais il faut reconnaître que le risque existe de passer la ligne rouge. Néanmoins comme l'action du leader s'inscrit obligatoirement dans la durée et que tout est basé sur la relation de confiance leader / follower, le moindre franchissement de la ligne rouge se paie forcément comptant.
  • Bonjour,

    Sans pour autant vouloir faire mon rouge de service, le leader doit effectivement influencer, fédérer les énergies vers un but. Or, le but d’une entreprise (SA, SAS et consort) n’est pas de fournir du travail et des produit ou services ; il s’agit de faire de l’argent AVEC du travail et des produit ou services. Aussi, lorsque ces objectifs sont atteints (et ils le sont plus souvent qu’on veut bien les dire) les salariés sont peu associés aux gains. Aussi, le manager doit bien, s’il veut être suivi, entretenir un flou sur la confusion entre les buts revendiqués et réels. Il serait selon, moi intéressant de comparer les vécus des managers et managés dans des entreprise type SA ou SAS et des SCOP. En effet, la différence entre les deux modes de gestion annule, pour la SCOP, la confusion que j’évoque ci-dessus.

    Cordialement.

    Diogène
  • A la question que je posais il y a quelques temps à un professionnel à ce sujet à savoir ou mettre le curseur idéalement entre manipulation, passivité et assertivité il m'a répondu que l'assertivité est une excellente position mais être un peu manipulateur n'est jamais une mauvaise chose ni pour le manipulateur ni pour le manipulé à condition que le manipulateur soit raisonnable et ait une certaine éthique.

    Je pense de même qu'être manipulateur n'est pas un défaut à condition que buts et méthodes ne remettent pas en cause l'intégrité de la relation.

    Amener une personne a faire quelque chose de positif pour elle mais dont elle a peur relève parfois de la manipulation sans pour autant qu'il y ait acte nuisible bien au contraire. Ca peut être le cas par exemple en gestion de carrière pour vaincre les freins à un repositionnement synonyme d'inconnu donc de peur.

    En fait la manipulation est positive lorsqu'elle amène les gens à oser et vaincre leurs propres barrières.
  • Ne posez-vous pas dans ces commentaires, la question de la manipulation?

    Le leader est-il un manipulateur? En un sens, oui! Disons qu'il doit être habile dans sa relation aux autres, et au groupe, pour convaincre, et entraîner, comme cela est très bien exprimé dans la note ci-dessus. Mais bien entendu, cela n'aurait aucun sens s'il devait être, ensuite, convaincu de mensonge...

    Cette habileté, on peut l'appeller "influence", qui procède d'un mélange de puissance personnelle, de clarté de la vision, et de sens de la conmmunication.

    Bonne continuation pour votre intéressant blog.
  • C'est peut être justement la différence avec le veritable leader.
    Je m'explique: l'un mens pour t'amener à faire les choses, l'autre le donne envie de le suivre sans travestir la réalité.

    Les deux peuvent payer sur le court terme. Le joueur de poker montre ses limites sur le long terme.
  • Bonjour,

    Je me souviens d'un reportage dans lequel la capacité d'enfants à être "leader" était corrélé à leur capacité sinon à mentir, du moins à dissimuler l'info. Je pense qu'il y a un angle d’attaque pertinent là-dessous. En effet, j’ai remarqué que les managers n’étaient jamais étonnés. Ils donnent à voir et à entendre qu’ils savent, avant vous. Plus généralement, un bon joueur de poker avec quelques connaissances technique du domaine peut être, selon moi, un manager crédible ; même si je regrette cela.

    Cordialement
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