Flexibilité vs. Précarité

manifestationsJe ne me suis pas encore exprimé sur le CPE car le sujet est beaucoup plus vaste que ne le suggèrent les slogans hurlés au fil mes manifestations. Il y a du bon, du mauvais…on en reparlera.

Plus que le CPE en lui-même c’est sur le decalage entre notre pays (ou une partie de celui-ci) et certaines réalités contemporaines qui m’inquiètent. J’ai d’ailleurs commencé à en parler sur envie d’entreprendre.

Une autre partie du débat qui m’intéresse est “flexibilité Vs. précarité”. Car je trouve qu’en jouant sur les mots on fait croire beaucoup de choses et qu’on instaure des blocages dans un pays qui a dejà plus que son quota en la matière.

Selon moi:

En gros la flexibilité c’est bien car ça me permet de bouger, d’évoluer, de saisir les opportunités voire de planter mon patron en 30s. si on me propose mieux ailleurs). Ca profite à l’entreprise comme aux salariés.
La précarité c’est…la fléxibilité dans une économie qui ne crée pas d’emploi. Ca pénaliserait les salariés.

Ce qui transformerait le débat sur le CPE en un débat sur “comment faire en sorte que nos entreprises créent des emploi”.

En effet dans un pays en situation de plein emploi, le CPE passerait inaperçu. Plus qu’une discussion sur la législation du travail, ne faudrait il pas alors porter le débat sur notre contexte économique national.

Vous en pensez quoi vous?

Voir aussi ici chez Jacques Froissant.

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  • http://girard.over-blog.net/ PPG

    effectivement le concept de flexibilité est tres tres large : flexibilite des competences, employabilité, flexibilité organisationnelle, flexibilité financiere, flexibilité des mentalités, reciprocité du concepts employeurs et salariés on est loin du concept tel qu’il est mis en oeuvre dans les pays nordiques, vraiment loin.
    et que les jeunes est peur, precarité = flexibilité je les comprends, réaliste, aussi et je soutiens.
    qui d’ailleurs dans le debat a parlé d’une approche globale de la flexibilite ? une vrai révolution … et en france la revolution c’est termine depuis 1789 ! juste un ex : Brunhes en parlait dejà en 1990 à propos de l’employabilité : il va peut etre falloir accepter messieurs les employeurs de former des gens qui peuvent vous quitter juste apres, de surcroit si vous n’avez pas un poste adequat aux nouvelles compétences. Et on en est ou aujourd hui, à pondre des lois à la con pour les jeunes, avec une fameuse qui permet de faire travailler en apprentissage des “enfants” à 14 ans. (l’adolescence ça commence à 12 ans pour les plus precoce et ça se finit pas à 14)…
    ok le debat sur le CPE, c’est une fenêtre qui s’ouvre sur un systeme tordu

  • http://blog.le-valdo.com/ Laurent Valdes (valdo)

    Oui, en France les employeurs ne prennent pas de risques non plus. c’est une évidence. On dit aux jeunes qu’ils trouveront un emploi plus facilement, alors que ceci à toutes les chances d’être faux. Ce qu’il faudrait, n’ayons pas peur de le dire, c’est une flexibilité plus globale (vieux comme jeunes) qui laisserait une chance à tout le monde: pour ma part je pense qu’en france cela reléve du domaine de l’utopie, à moins que de sérieuses contreparties soient avancées par le gouvernement. Le probléme du modéle français est qu’il s’est essentiellement construit dans la complexité.

    Je vois positivement les idées de Ségoléne Royal (trés maternelles et socialistes: leur offrir le permis, à certains de ses jeunes), ainsi que celles de François Bayrou (un contrat unique pour tout le monde, ce qui nous raméne à la notion de flexibilité totale, que je défend en l’adaptant bien sûr au modéle français). Par ailleurs n’oublions pas que les gouvernements suédois de droite veulent s’inspirer du CPE…. ce qui signifie que le CPE est bien une mesure… de droite (je n’ai jamais cherché à le contester), et que les gouvernements suédois de gauche veulent continuer à s’accomoder du systéme suédois actuel: Autrement dit le systéme nordique est bien une mesure de gauche, que la france pourrait éventuellement alléger et adapter à notre modéle social.

    Dans tous les cas, ça fait plaisir de voir la france se bouger tant que ça. On est loins d’être amorphes, et j’en suis heureux.