Bloc-Notes de Bertrand Duperrin

Reflexions sur l'entreprise, le management, la collaboration et les réseaux sociaux. Vers l'entreprise 2.0…

"Les entreprises les plus performantes sont celles qui pensent solidairement le changement technologique, le contenu du travail et le changement des rapports sociaux internes à l’entreprise” Antoine Riboud.
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Collaborer pour les nuls (1): collaborer c’est naturel

October 10th, 2006 · View Comments · Entreprise, organisation et management, Pensées, Pratiques / Outils collaboratifs

enervementDès que l’on aborde la question du travail collaboratif, une conclusion à laquelle on arrive souvent est: c’est nécessaire mais pas naturel. Et il est vrai qu’en ce qui me concerne, comme beaucoup d’autres qui s’intéressent à la question, on a souvent abordé la question de la collaboration en se disant que la collaboration n’était pas une attitude naturelle. Un peu de recul et un brin d’observation m’a amené à revoir ma copie sur le sujet, et je vous invite à suivre mon raisonnement et y réagir (c’est une idée…donc si je fais fausse route merci de me signaler) dans une serie de quelques articles dont vous avez le premier opus sous les yeux. On verra d’abord que collaborer c’est naturel, ensuite pourquoi on peut avoir l’impression que ça ne l’est pas et de là nous verrons comment faire pour y arriver…car s’il y a une conclusion que je ne remet pas en cause c’est que c’est difficile.

Voyons la chose de manière imagée et vivante (après tout j’écris ce texte un week end et le week end on peut se laisser aller). Imaginez deux personnes…Monsieur Cadsup et Monsieur Bonvoisin.

Monsieur Cadsup…il est cadre dans une grande entreprise. Un vrai cadre avec des responsabilités, un statut, une image à entretenir, une grosse pression et des équipes à manager. Monsieur Bonvoisin c’est le père de famille qui habite le pavillon a coté de chez vous, l’appartement du dessus si vous habitez en ville. Il est gentil, serviable, attentif avec ses enfants comme avec son épouse, pas envahissant pour deux sous il vit sa vie et laisse les autres vivre la leur. Ce qui n’en fait pas un hermite pour autant, il a d’excellentes relations de voisinage, et lui et sa petite famille sont loués et appréciés de tous.

Suivons un peu monsieur Bonvoisin dans sa vie de tous les jours et écoutons l’avis de M. Cadsup sur chaque situation.

• Midi, la famille déjeune ensemble. Madame Bonvoisin demande à son époux de lui passer la bouteille d’eau posée au bout de la table ce qu’il s’empresse de faire avec in grand sourire.

L’avis de M. Cadsup: il s’empresse de lui donner une ressource réellement stratégique sans aucune contrepartie.

• Le cadet de la famille vient de rentrer en sixième et profite du repas pour parler de la rentrée avec ses parents. Les maths et le franças ça va mais il a un devoir à faire sur l’empire romain en cours d’histoire. Civilisation et contexte inconnus, il peine quelque peu à avancer dans son devoir et demande l’aide de son père. Celui-ci, ingénieur de formation habitué à parler fractales couramment et nageant dans les équations complexes avec aisance et délectation n’a jamais été féru sur le sujet. A la limite un devoir sur Mozart conviendrait à ce mélomane averti…mais les Romain… Il avoue son incompétence à son fils mais lui propose de l’aider à faire de recherche sur le net et dans les encyclopédies afin qu’il arrive à ses fin. Une méthodo qui de plus pourra resservir.

L’avis de M. Cadsup: en avouant son incompétence il s’affaiblit devant une personne sur qui il a autorité au risque de perdre sa légitimité le jour où rappel à l’ordre sera nécessaire suite à un mauvais bulletin. Il n’avait qu’à éluder le problème, lui dire de se débrouiller tout seul (car ce sont SES devoirs) ou s’empresser de transmettre le problème à son épouse. Au pire mettre en cause le bien fondé de donner un tel devoir à un élève de 6e et s’insurger contre les programmes qui mettent la civilisation latine au programme de cette année.

• Monsieur Bonvoisin sort se promener. Il entame la conversation avec un voisin qui lui confie avoir du mal de trouver une babysitter pour son petit dernier. Monsieur Bonvoisin en a une excellente qui s’occupe du sien…il remonte en vitesse demander son numéro à sa femme et s’empresse de le donner au voisin en difficulté.

L’avis de M. Cadsup: quel idiot! d’abord cela ne lui rapporte rien de le proposer spontanément, le voisin ne sachant pas qu’il possède une telle information mais en plus il peut se retrouver un soir sans babysitter parce qu’elle serait prise par son voisin et devrait ainsi annuler une sortie avec son épouse. Il se met donc ainsi en danger gratuitement. En plus il a perdu une demie heure.

• Sa BA accomplie, Monsieur Bonvoisin prend sa voiture…qui refuse de démarrer. Le voisin (celui qui a un soucis de garde d’enfant) le voit par la fenêtre et s’empresse de le faire bénéficier de ses compétences en mécaniques. Le véhicule repart après un léger “bricolage” non sans que le voisin ait donné l’adresse d’un petit garagiste pas cher dans le quartier, auprès duquel il pourra avoir un rendez-vous assez vite en se recommandant de lui. Touché, Monsieur Bonvoisin lui donne l’adresse d’un petit resto pour la sortie prévue ce soir en couple (vous savez…c’était pour cela la babysitter), idéal pour un diner aux chandelles et excellent rapport qualité prix. Souvent complet mais comme M. Bonvoisin est un habitué il n’aura aucune peine à avoir une table pour son sympathique voisin.

L’avis de M. Cadsup: temps perdu que tout cela. Il n’avait qu’à appeler un dépanneur et n’être redevable de rien à personne. En plus la discussion qui en a suivi lui a définitivement fait perdre une grande partie de son après midi.

Et la journée ne poursuit…

L’avis de M. Cadsup: pertes de temps, perte d’autorité, sentiment d’être redevable, affichage de ses incompétences. Monsieur Bonvoisin est trop gentil, voire simplet.

Le Bilan de M. Bonvoisin: il a évité un non dit en donnant l’eau à son épouse qui aurait pu se lever. Il va apprendre à son fils à rechercher de l’information ce qui lui servira par la suite. Le fiston comprendra aussi que papa et maman ne sont pas infaillibles et qu’il faut qu’il sache également se prendre en main et ne pas compter que sur les autres. Il est heureux d’avoir entretenu un bon climat de voisinage en ayant donné le “tuyau” pour la babysitter. On ne sait jamais ça sert toujours…et même si ça ne devait jamais servir au moins ça fait plaisir. Il a d’ailleurs eu sa contrepartie plus vite qu’escompté (si jamais il l’escomptait): un dépannage minute et un bon garagiste qui lui coutera moins cher que l’habituel. Quant au voisin il a une babysitter et une bonne adresse pour emmener sa femme diner.

Et vous vous en pensez quoi? Bonvoisin c’est un peu nous tous et ceux que nous cotoyons (excepté le quota de goujats malheureusement inévitable). Cadsup c’est l’archetype du type qu’on a tous connu au bureau, que l’on ne veut plus connaitre mais auquel on échappe jamais où qu’on aille.

Pourtant, Cadsup, lorsqu’il rentre chez lui il devient Bonvoisin. Qui redeviendra Cadsup en retournant travailler demain. Et Cadsup c’est donc un peu nous aussi.

Bonvoisin collabore au sens large du terme: il fait pour les autres, fait avec les autres, fait que ce soit légitime que les autres fassent pour lui, il donne l’information sans contrepartie et à la fin sort gagnant en accumulant les petits gestes gratuits. Demain dans son costume de Cadsup il redeviendra autoritaire, autiste, adepte de la rétention d’information, et du “yfokon, yapluka”.

L’individu collabore donc naturellement…ce serait donc l’entreprise qui (contre son gré et contre leurs intérêts) réciproque rendrait donc la collaboration difficile alors qu’elle la suscite par ailleurs?

C’est pourquoi je pense que collaborer c’est naturel mais difficile dans certaines circonstances (voire impossible) et non pas que c’est contre nature donc impossible.

Et vous vous en pensez quoi?

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  • >>>Jack: Une réponse à ton commentaire nécessiterait quasiment un article mais je vais m'y essayer ici.

    Quel est l'objectif d'un tel billet? En ce qui me concerne je me demande quelque chose, j'ai bien sur ma petite idée mais elle n'est issue que de mon expérience. Par conséquent je fais mien la maxime "nous sommes plus intelligents que moi" et j'essaie d'avoir un feedback d'un maximum de monde. D'ailleurs la manière dont j'ai rédigé tout celà se prétait bien aux réactions.
    Si à la base c'est pour répondre à un questionnement personnel il n'en reste pas moins que le bénéfice est collectif car finalement chacun (même le lecteur qui n'a pas participé) a davantage de clés pour réflechir à la question aujourd'hui.

    Quant à dire que l'idée du progrès collectif est naive je te suis complètement. Le progrès collectif, et tout ce qui est collectif par ailleurs, ne nait que si chacun peut en retirer un bénéfice individuel. C'est d'ailleurs un peu le cas ici: bénéfice collectif car nous avions tous intérêt individuellement à faire avancer la conversation. C'est d'ailleurs une logique que j'ai entendu de manière récurrente aux rencontres ICC la semaine dernière. Le collectif ne fonctionne qui s'il y a intérêt individuel. Disons qu'on repart tous avec plus qu'avant mais par contre on repart tous avec la même chose. Primo j'ai gagné, deuxièmement j'ai nivelé mon niveau de connaissance par rapport aux autres. La question est: à quoi cela me sert il d'en savoir plus que certains si ma réflexion n'est pas aboutie donc pas opérationnelle. C'est en ce sens qu'il faut faire passer le message: l'avantage n'est pas de savoir plus que les autres mais de savoir ce qu'il faut au bon moment et en faire bon usage.

    Pour finir, l'echec de certaines (nombreuses?) démarches a été du au fait qu'on changeait les modes de fonctionnement sans changer l'organisation hierarchique. Et pour en arriver là la route est longue...
  • Jack
    Bonjour à tous, permettez moi un petit méta-message à forme récursive !

    Apparemment ici on collabore beaucoup,non? A quoi? A l'édification d'un but commun? pas sûr. A l'information désintéressée de l'instigateur de ce blog, oui mais pas seulement... A la recherche d'une Vérité globale sur le changement des attitudes des groupes de travail?....A sa propre auto-information?...

    Première constatation, le cadre d'interaction s'est créé plus ou moins de lui même, bien que Bertrand ait lancé sa petite histoire au début. Nous aurions pu ne pas réagir. Le cadre est ouvert donc on se sent libre et on s'engage sans trop de contraintes apparentes.

    En plus , je pense qu'on attend tous plus ou moins un retour sur investissement de la valeur "information" injectée dans ces bulletins. J'utilise volontairement ces mots connotés car il est certain que la connaissance, l'information et leur organisation ont aujourd'hui des valeurs marchandes extrêmement élevées. A ces valeurs pécunières s'ajoutent les Valeurs (universelles ou pas d'ailleurs) dont parlent bon nombre de "Communicants" et aussi des chercheurs comme le montre Olivier. Et là, je pose la question à tous ceux qui ont collaboré sur ce blog: quelle(s) Valeur(s) dirige votre acte de rédaction des petits bulletins? Je ne peux pas répondre à cette question mais je pense que si on dressait la liste de ces Valeurs on serait surpris.

    Pour le monde du travail, idem. Penser faire évoluer les usages et pratiques en entreprise en passant par l'évocation d'un progrès purement collectif est naïf. Ce n'est pas ce qui motive les troupes bien que cela les fassent agir à mon sens. Je pense néanmoins que l'interiorisation des nouvelles normes et Valeurs au travail est en train de se faire sans que pour autant les relations hierarchiques ne changent ni les stratégies individuelles d'ailleurs!

    Peut-être à long terme?
  • Excellent, un vrai délice à lire, tellement vrai ! J'ai en particulier apprécié les commentaires de RV2M et Nathalie. J'essaye d'apporter ma pierre à l'édifice.... pour abonder dans le sens de presque tous les commentaires déjà publiés donc sans les contredire mais avec un autre éclairage je l'espère.

    Cet exemple peut se comprendre à travers l'analyse des valeurs. La collaboration correspond à des comportements. Ils sont induits par nos valeurs. Une valeur, c'est une énergie qu'on met dans un comportement particulier. Par exemple, si ma valeur est la sécurité, je vais mettre mon énergie dans un comportement particulier (l'épargne par exemple).

    Brian Hall, après 30 ans de recherche, a montré que nous avions 125 valeurs universelles. Mais que nous ne hiérarchisons pas ces valeurs de la même manière. La sécurité peut être une valeur prioritaire pour une personne et secondaire pour une autre. Mais ces 2 personnes ont la valeur "sécurité" dans leur culture.

    Si on va plus loin, on s'aperçoit que nos priorités de valeur sont différentes selon 3 sphères : personnelle / familiale ; sociale ; professionnelle ... pour des raisons divers et avariées (trop long à expliquer).

    Il est donc compréhensible que Bonvoisin en famille devienne cadresup au bureau et inversement. Comme l'indique Bertrand dans un commentaire, il est probable que Bonvoisin développe une autre culture, qu'il mette la priorité sur d'autres valeurs une fois au bureau parce que : l'entreprise dans laquelle il travaille ne prend en compte que l'atteinte des objectifs individuels et considère implicement sa contribution au collectif ou à l'autre comme une perte de temps ; les systèmes d'information sont construits pour reproduire la pyramide hiérarchique avec des autorisations d'accès, des permissions, des interdictions, des barrières qui rendent le système digne de l'administration soviétique... ou fr...(?) ; .... je m'arrête là mais il faut simplement comprendre que nous évoluons dans un environnement qui naturellement décourage la collaboration quelle que soit notre bonne volonté initiale et nos valeurs ! Le contrat social implicite des organisations est fondé sur la non collaboration. Il y a donc plus de chance que bonvoisin devienne cadresup que l'inverse ;-)
  • C'est bien la définition du résultat qui pourrait la clé de voûte du "management collaboratif".

    Une entreprise a pour vocation de créer de la valeur pour ses trois composants : ses actionnaires (c'est clair pour tous le monde), ses clients (ils sont de plus en plus volatils pour nous le rappeler) et ses salariés.

    Si un seul des 3 est insatisfait de la valeur produite pour lui, l'édifice s'écroule. On voit bien que le résultat individuel n'a que peu de sens. Seul le résultat global compte.
    A titre d'exemple simple, je suis toujours abasourdi de constater qu'il y a encore des vendeurs dans la "grande distribution" qui ne sont primés que sur leur seul chiffre d'affaires. Les vendeurs bien sûr, ne sont que peu collaboratifs et les clients de ces magasins sont moins bien reçu et peu fidélisé. Le management nous dit qu'il s'agit là d'une saine émulation. :-( C'est la foire d'empoigne.
    Une saine émulation se crée mieux dans ce cas si tous le monde touche la même prime à la fin du mois (l'ennemi est dehors, c'est le concurrent local) et si le meilleur vendeur gagne en plus une bouteille de champagne ; donc la reconnaissance de ses pairs et de la hierarchie.

    Le rôle du manager est d'identifier la cible. Ne nous trompons pas de cible.
  • Bonjour Bertrand,

    et si Cadsup restait cadsup même en rentrant chez lui ?
    Bien sûr que collaborer est difficile. Le travail d'équipe au fond ne va pas de soi, et quand il s'agit de collaborer gratuitement alors là l'animal social qui est en nous, roué aux actions intéressées, se récrie en effet comme Cadsup : mais quel crétin, quel bénéfice en retires-t-il ?
    Cependant, si on revient à une acception rousseauiste de l'être humain, bref si on se désocialise un instant sans cesser d'être homme (le véritable état de nature serait bien plus violent) c'est l'attitude de Cadsup qui n'est pas naturelle. Ta note bien menée et bien écrite est particulièrement intéressante dans le contexte wiki et web-associatif qui se développe. Au fond, ce qui semble ne pas aller de soi, c'est sans doute ça notre avenir. La société change de nature, d'essence pour des raisons non pas altruistes mais de survie ; et ce mouvement qui nous semble naturel, qui nous aspire obéit donc à un réflexe intéressé dont nous n'avons pas conscience mais peu importe : c'est tellement bon de ne pas penser qu'à sa pomme :)
  • De mon point de vue, il a appris (donc ce n'est pas naturel...est-ce que notre instinct nous dicte des comportements de coopération? je ne sais pas...) et il apprend encore, mais chacun avec ses déterminismes (l'homme n'est pas libre mais soumis à son inconscient, entre autres déterminismes) qui le contraignent dans ses apprentissages

    travail sur lui: oui

    travail sur l'environnement: oui, les autres, les normes, les règles, les politiques (rémunérations, recrutement, promotion, etc.), l'espace (disposition des lieux, concentration ou dispersion des lieux de travail)
    la culture: quid de la collaboration en Chine, aux US, dans une tribu d'Amazonie (ou d'ailleurs, disons dans une tribu primitive)?
  • Tout ceci nous amène donc à reconnaitre qu'il n'est pas question d'apprendre à l'individu à collaborer (il sait le faire) mais d'identifier les leviers qui le rendront collaboratif dans un contexte spécifique.

    Avec deux axes: travail sur lui et travail sur l'environnement au sens large?
  • Hum...nature et culture...nous pourrions débattre.

    Remontons dans le temps voulez-vous: quand Bonvoisin avait 6 mois, puis 12 mois, puis 18,...quand il avait 3 ans et qu'il tapait sur ses camarades parce qu'il voulait le camion que lui vait piqué son voisin, qui le voulait lui aussi. Que lui ont appris ses parents? Qu'il fallait pour vivre ensemble savoir réprimer ses pulsions. Ca, c'est pour la culture.

    Maintenant, prenez deux consultants indépendants. Collaborent-ils facilement? Que nenni. Et pourtant point d'entreprise à laquelle ils seraient tous les deux subordonnés et qui leur donnerait un contexte pour nourrir une méfiance réciproque. Non. Alors pourquoi ne collaborent-ils pas plus facilement? Parce que là, c'est le marché qui fait entrer en résonnance leur individualisme....et puis leur narcissisme, etc.

    Si l'on se réfère aux travaux en sociologie des organisations et en psychologie sociale, des réponses apparaissent.
  • >>>RV2M:Justement c'est une excellente analyse. On sait collaborer naturellement, tout est affaire de contexte, et donc en entreprise d'un management apte à recréer ce contexte.

    On veut tous des Bonvoisins en leur mettant des objectifs intenables comme à Cadsup. Dès lors une question se poste: peut on trouver un chemin médian entre les deux "win/win" ou collaboratif et résultat sont ils exclusifs l'un de l'autre.

    On peut également alors être amené à refléchir à la fois sur la notion même de résultat et sur son terme..

    Continuez, vos commentaires sont plus qu'instuctifs.
  • Au dela des commentaires moralistes il y a 2 différences essentielles entre Docteur Bonvoisin et Mister Cadsup.

    1) - Bonvoisin n'a pas d'ambition et de plan de carrière dans sa rue. Il ne se sent pas en compétition avec ses voisins. Donc il a plus a gagner (convivialité) qu'a perdre dans la démarche de collaboration.
    2) - Bonvoisin n'a pas d'objectifs de producutivité à court terme et une pression sur le résultat qui lui demande 15% de rendement les capitaux propres chaque année. Les prix de l'immobilier font que la valeur de sa maison grimpe plus vite que les actions de sa boite sans qu'il doive y consacrer toute son énergie ;-). Il n'est donc pas en concurence externe mais aussi très souvent interne pour justifier son gros salaire de Cadsup.

    Pour résumer le travail collaboratif ou pas est de l'entiere responsabilité du management. C'est incompatible avec "diviser pour mieux régner et ne pas me faire piquer ma place" et la pression quotidienne sur des résultats court-terme.
    Tout cela n'engage que moi.
  • Très cher Rfly...prière de ne pas anticiper sur les billets suivants. ;-)

    Mais par rapport aux deux scenarii que tu évoques je pense que Bonvoisin et Cadsup pourraient avoir une attitude très différente par rapport au 2/20... Sachant que Cadsup ne risque pas de passer l'eau (sauf si elle est synonyme de brosse à reluire) il ne risque pas de la renverser.
  • soir

    le deroullement dans ton cas est idéal, le quota de goujat est quand même élevé, combien de voisin "garagiste" serait resté devant la télé ?

    Avant de rentrer dans le débat de l'entreprise, il ne faut oublier que l'homme est animal grégaire, il a besoin de se retrouver parmi ses semblables et se sentir en meute (tribu?) La collaboration devient un moyen de tisser ce réseau dans un contexte relativement désinteressé (relation de voisinnage ici) Bonvoisin tire une forme de sécurité, en aidant par un acte désinteressé, il souhaite être aider de la même manière.

    Je remarque aussi que collaboration s'accompagne d'autres notions qui compliquent encore l'analyse : communication, préméditation, fins, humeurs...

    Enfin si tu refais ta journée avec un autre scénario du lance d'autres pistes, si le fiston vient de prendre 2/20 en histoire, que monsieur renverse l'eau (sans faire expres) sur madame qui était en retard au travail...

    *point de vue un peu tardif, j'espère ne pas être trop à côté (si Cadsup lit ça que va t il dire?)
  • Bien vu...à une nuance près peut être mais c'est prévu pour l'article suivant.
  • alinéa
    Ce que j'en pense?
    Le souci, c'est quand Cadsup est persuadé d'être un "bon voisin" de travail !!!
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