Donnez vous davantage d’importance à  un résultat ou au raisonnement qui a permis de l’obtenir ? Une réponse naturelle, quasi reflexe, serait « seul le résultat compte », « ce que je veux c’est des faits ». Je ne disais pas autre chose lorsque je distinguais entre informations et données.

Ca c’est pour l’immédiat.

Par contre peut on dire pour autant que le processus qui a permis le passage de la donnée à  l’information soit pour autant à  jeter aux orties. On échange, on lance des pistes, on brainstorme, on corrige, on compare, on construit quelque chose, un plan d’action, un concept, un avis…et on jette ce qui a précédé ? Et le jour où, dans la même situation, on voudra se remémorer le raisonnement qui nous avait amené à  trouver une première fois la solution, comment faire ? Et pour les autres équipes amenées à  traiter le même type de cas ? Et pour ceux qui seront recrutés demain ?

Bien entendu on a la réponse qui avait été trouvée la première fois, alors a quoi bon s’embarrasser avec le « comment » ? Simplement parce que le contexte peut changer, la réponse devenir obsolète, mais pas la méthode pour l’obtenir. C’est d’ailleurs en répliquant à  l’infini la même réponse alors que c’est la méthode qu’il convient de répliquer que certaines entreprises ont connu de très gros ennuis.

Bien sur c’est de l’informel… Et alors ? L’informel se capitalise également à  condition d’avoir les bons outils et les bonnes méthodes.

Le basculement de l’entreprise dans l’économie du savoir, l’omniprésence des knowledgeworkers va encore accélérer cette nécessaire transition : c’est l’informel qui donne sa valeur au formel car le rend réplicable et, surtout, adaptable.
Tiens, tout cela me rappelle un de mes anciens profs de math, au début des années 90. A l’époque on ne parlait ni d’intranet ni de 2.0, ni de KM….d’ailleurs pas d’internet non plus. Il ne cessait de nous dire « n’apprenez pas vos formules par coeur, apprenez à  les redémontrer. Ca vous sauvera en cas de trou de mémoire et vous permettra de comprendre sur quoi elles reposent et leur portée véritable ». Comme quoi le bon sens n’a  pas d’age.

Se souvenir du résultat c’est vivre dans l’immédiat, capitaliser sur le raisonnement c’est préparer demain. Encore faut il en avoir la volonté et s’en donner les moyens