idéeC’est un cruel dilemme qui s’offre en permanence à  tous les décideurs : il est des changements que l’on ressent comme vitaux. Pis encore, consultants experts et analyses de tout crin vous expliquent que ces changements sont inévitables, et qu’à  terme la seule alternative c’est changer ou disparaitre.

Oui mais voilà …quand on change on rencontre souvent des turbulences. Quand on ne change pas on a des choses à  se reprocher que le jour où l’on rentre dans le mur. Et dans ce cas on peut toujours dire qu’on « a suivi les règles de bon sens habituel », « que personne ne l’avait vu venir »…ou encore se dire que lorsque le mur arrivera on aura déjà  changé de poste depuis belle lurette. En conclusion il est bien plus acceptable moralement et aux yeux de tous de « faire comme on a toujours fait » et prendre le risque d’une grave crise, que provoquer des turbulences aujourd’hui pour éviter le crash demain. Les individus, le plus souvent compétents ne sont en aucun cas à  blamer, c’est le système qui les encadre ainsi qui l’est.

En tout cas nous voici au coeur d’un sujet d’actualité avec le passage annoncé comme inéluctable à  l' »entreprise 2.0″. Peter Sondergaard, éminence s’il en est du Gartner, tenait ce discours récemment devant un parterre de chefs d’entreprise qui, s’ils voyaient comme lui les opportunités de telles évolutions avec, comme réponse fréquente « c’est un consultant, je suis chef d’entreprise et c’est moi qui aurait des ennuis si les choses dérapent ». Il n’était pas ici question de l’équilibre social de l’entreprise, mais de l’engagement de la responsabilité pénale des dirigeants en cas de divulgation malencontreuse d’informations financières sensibles.

Le rôle d’un décideur est, en effet, de trouver le bon timing pour les changements nécessaires, pas trop tôt pour ne pas rompre l’équilibre de l’organisation, mais pas trop tard pour éviter le mur. En faisant en sorte de faire « bouger », si possible, les fameuses règles pour préparer l’entreprise à  l’évolution.

Visiblement, pour certains le moment c’est maintenant. En effet, Manfred Reif, responsable chez HSH Nordbank, une banque d’investissement à  Luxembourg a décidé de lancer un blog interne afin de laisser 130 employés discuter de….la manière dont la banque était dirigée. Rien de moins. Il a donc décidé non seulement de prendre le virage 2.0 mais en plus par le versant qui peut sembler le plus périlleux.
Les choses ont été faites dans les règles de l’art puisque les syndicats ont également été associés à  l’opération.

Les institutions financières, de par les règles spécifiques qui les régissent sont certainement celles où la barrière au « 2.0 » est la plus forte pour des raisons de simple bon sens. Manfred Reif considère pour sa part que l’innovation est un besoin vital pour l’entreprise et que si on se contente d’appliquer les règles on n’innovera jamais. Son credo : « cherchez des moyen d’innover d’abord, pensez au respect des règles ensuite, sinon on n’avancera jamais ».

Dernier message de Sondergaard : « les natifs du monde numérique seront bientôt sur le marché du travail. Les entreprises doivent aujourd’hui apprendre à  utiliser les outils 2.0 en interne car demain ce sont ces natifs qui décideront pour qui ils voudront travailler et avec qui ils feront des affaires.

Source : Digit Online via FrogPond

 
  • Bertrand, bravo pour ce dirigeant qui prend « les taureaux par les cornes », en anticipant et en donnant la parole à  ses salariés. Cependant as tu un feedback des échanges, des discussions,qui ont lieu sur ce blog ?