weavlinkLes réseaux sociaux sont à  la mode et les plateformes dédiées poussent à  tous les coins de rues. Généralistes, spécialistes, gratuites, payantes, horizontales, verticales. Nulle n’est parfaite, tout dépend de ce que l’on y cherche. Quitte à  être présents sur plusieurs, l’essentiel étant de « mapper » au plus près nos différentes sphères d’activités, nos différents types de contacts, quitte à  faire le pont entre plusieurs.

Un nouvel acteur vient de faire son apparition : Weavlink. Il s’agit d’un réseau orienté grandes écoles à  l’origine duquel se trouve Jean Mariotte. Connaissant la passion du personnage pour le networking et sa maitrise réelle des problématiques de communautés en ligne je me suis empressé d’essayer d’en savoir plus. Rendez-vous pris…ayant oublié mon appareil numérique ce qui devait être un podcast se transforme en exercice plus traditionnel…l’image en moins le texte en plus.

Rencontre avec un jeune entrepreneur, porteur d’un projet pour le moins prometteur.

Bonjour Jean. Tu te présentes ?

Bonjour ! Je suis Jean Mariotte associé fondateur et gérant de Weavlink. Je suis aujourd’hui plus spécialement en charge de la dimension communication et commerciale du projet ?

D’où vient donc ce projet ?

C’est une idée que j’ai eu avec Nicolas Bermond. Au sein des réseaux sociaux manquait la dimension « annuaire ». Les recruteurs publient des annonces et attendent les retours sans pouvoir cibler une communauté identifiée. Les écoles, quant à  elles, utilisent les réseaux mais ne peuvent fournirent que des annuaires qui donnent une représentation figée d’une réalité autrement plus dynamique. Il manquait un lien entre les deux.

Tu développes ton réseau au gré de tes rencontres mais le socle de base reste ton école d’origine. L’idée est donc de concevoir un réseau de social networking conçu pour les écoles.

Nous sommes donc parti d’un besoin validé par des entretiens avec des professionnels du secteur puis nous avons construit une plateforme tirant profit des outils existants.

Il s’agit donc de communautés privées, reliées par des ponts, fondées sur des finalités professionnelles précises.

Des ponts ?

En effet je crois davantage en des communautés privées reliées par des ponts qu’en de grosses communautés publiques.

C’est à  dire ?

Il faut des ponts entre communautés mais par n’importe comment. Cela doit être ciblé et qualitatif.

Par exemple tu es un ancien de Bordeaux Ecole de Management, moi un ancien de l’ENSAM. Tu vas pouvoir consulter tous les profils des anciens de ton école mais la plateforme des anciens des Arts et Métiers te sera inaccessible.

Mais nous nous connaissons, avons une relation de confiance et pouvons nous recommander l’un l’autre. On peut donc créer un pont entre nous nous deux qui permettra a chacun d’entre nous de partager notre réseau de niveau 1. Autrement dit ton réseau de premier niveau, le plus qualitatif pour toi, à  Bordeaux Ecole de Management pourra accéder à  mon réseau de niveau 1 aux Arts et Métiers.

On crée ainsi des ponts entre anciens d’écoles différentes sur la base de relations qualifiées entre des anciens de chacune.

Cela me fait penser que de plus en plus d’écoles de disciplines différentes créent des passerelles afin de « mixer » les compétences de leurs anciens…

Cela relève en effet de la même logique.

Quels sont les acteurs de Weavlink ?

D’abord les élèves, et ce dès la première année, afin qu’ils acquièrent cette culture du réseau, sachant qu’avant même d’être sur le marché du travail ils auront besoins de stages.

Ensuite les anciens. Nous avons bien conscience que leur activité va diminuer avec le temps, en tout cas pour les générations actuelles. Mais nos générations, et a fortiori les suivantes, davantage imprégnées par la culture du networking seront actifs plus longtemps.

Enfin les recruteurs A ce sujet je précise que nous ne sommes pas Monster ! Sur Weavlink, pour avoir de la visibilité et proposer ses offres aux membres, il faudra rattacher une offre à  un type de personne, à  un profil dont on détaillera les caractéristiques. Cela nous semble aussi important que le descriptif de poste en lui-même.

Nous voulons donner le pouvoir aux candidats en leur donnant tous les outils pour percevoir la réalité de l’offre.

Le recruteur va signer une charte de transparence. Il y aura également des témoignages d’anciens et on saura quels anciens de notre école ont travaillé dans l’entreprise concernée.

Et la finalité de tout cela ?

C’est simple….

Le recruteur recrute.

Le candidat cherche un emploi ou un stage.

L’ancien cherche à  coopter (nombreuses sont les entreprises à  mettre en place des politiques de parainage), ou à  recruter.

Que puis-je mettre dans mon profil ?

Cela ressemble à  un mySpace professionnel. Des champs prédéfinis t’aident à  mettre les informations pertinentes. Tu peux y ajouter des vidéos, bientôt des documents.

Les vidéos pourront venir de services extérieurs (youTube) ou être hébergées, par exemple pour les entreprises qui ne veulent pas qu’une version publique soit visible sur le web.

Si tu as un blog dont la thématique est en rapport avec ton domaine d’expertise, tu pourras, via ton flus RSS, en importer le contenu dans ton profil en temps réel afin de rendre tes publications accessibles depuis la plateforme.

De plus, sur ta page d’accueil, tu pourras publier des informations en rapport avec ton secteur d’activité, ton domaine d’expertise, avoir un suivi des profils que tu recherches si tu recrutes, des informations puisées sur et en dehors de la plateforme afin de constituer ton propre portail d’information professionnel. Ta page d’accueil, d’ailleurs, sera strictement privée, c’est un vrai service d’information personnel que tu pourra paramétrer à  ta guise, pour tes besoins.

Par ailleurs tout le contenu de la plateforme est « taggable ». Par des tags publics afin de classer ce que tu émets, par des tags privés non visibles par les autres, afin de classer l’information que tu lis.

Il sera également possible de définir des alertes : enrichir ton réseau c’est bien, mais l’essentiel est de le faire vivre. Tu pourras ainsi te rappeler de recontacter un recruteur à  la fin de ton année…un recruteur pourra se rappeler de te rappeler dans 6 mois….

Bien sur il y aura des témoignages d’anciens qui ont travaillé chez les recruteurs. Mais nous croyons davantage dans les échanges privés entre anciens et candidats, plus qualitatifs, sincères. Tu peux par exemple, que tu sois candidat ou recruteur, utiliser ton réseau pour qualifier le candidat qui postule ou le recruteur qui te contacte.

Franchement ça me plait comme concept. Je m’inscris comment ?

A titre individuel tu ne peux pas : il faut d’abord que ton école ait ouvert une plateforme. C’est capital car il faut authentifier les anciens, éviter les usurpateurs de diplômes. A l’ENSAM nous utilisons pour cela l’adresse email valable à  vie que nous délivre l’école. On fera pareil avec toutes les écoles pour déterminer un identifiant infalsifiable.

Ce soucis d’authentification implique une relation avec les écoles et un contrat. Trop de « faux anciens » hantent les communautés d’anciens sur des plateformes publiques car personne n’est habilité à  vérifier.

Par contre si tu veux que ton école ouvre son espace tu vas sur le site et tu nous envoies un mail pour nous mettre en relation avec les personnes compétentes. Il peut s’agir du BDE, de l’administration ou des anciens, suivant le mode de fonctionnement de l’école concernée.

Si tu es une école, tu nous contacte. Il faut bien préciser que pour l’école tout cela est gratuit.

Gratuit ?

Notre rémunération viendra du CA réalisé par les recruteurs qui embaucheront des anciens de cette école.

Aujourd’hui je ne connais pas de système de recrutement qui fonctionne uniquement au résultat à  part Jobmeeters.

Le recruteur paie un droit d’entrée qui donne droit à  un recrutement gratuit. Ensuite il paye au recrutement. Pour les « gros volumes », les grands comptes, il y a un service premium avec recrutements illimités au forfait.

Mais il faut garder un modèle qui permette aux « petits recruteurs » d’y trouver leur compte. Les anciens de grandes écoles sont également attirés par les PME, par les startups…ces entreprises doivent avoir accès à  ce marché sans engager des frais sans garantie de résultat.

Bien entendu le recruteur a accès à  toutes les plateformes de toutes les écoles.

La question qui fche…tu apportes quoi par rapport à  Viadeo par exemple ?

Combien de Gad’zarts (anciens des Arts et Métiers) sur Viadeo ? Moins que sur Weavlink après seulement 3 semaines d’existance. Plus l’école est reconnue moins les anciens se risquent sur les grandes plateformes publiques. Ils sont surtout attirés par ce qui constitue leur « base » à  savoir un réseau dédié aux anciens de leur école, et ensuite construire des ponts vers l’extérieur, plutot que d’être noyés dans une grande communauté et essayer de se retrouver entre eux.

Et demain ?

Bien évidemment l’ouverture à  l’international. C’est logique avec la multiplication des échanges internationaux d’étudiants. Mais si aujourd’hui une école étrangère est intéressée nous les acceptons avec plaisir.

Ensuite avec l’évolution en « séniorité » des profils on construira davantage de communautés « métiers » qui seront transverses aux communautés d’anciens. Ma la communauté école restera la base.

Et bien merci….pressé d’essayer en tout cas…

Facile…demande juste à  ton école de nous faire un petit bonjour !

Et pour voir à  quoi cela ressemble…

Et bien on fait des copies d’écran…que voici ! (cliquez sur les images pour agrandir)

Le profil :

mon_profil_weavlink.JPG
La page d’accueil

p-accueil-6.jpg
Page entreprise :

p-annuaire-entreprise-89.jpg
Profil perso 2 :
p-autre-profil-59.jpg

Espace emploi :

p-emploi-77.jpg

Recherche de profils :

recherche_weavlink2.JPG

Merci à  Jean Mariotte pour sa disponibilité en cette période de lancement de son « bébé »…

 
  • Hmmm… les réseaux sociaux permettent aujourd’hui de se construire une relation sur ce que l’on fait, de mettre en avant ses réalisations sur le web, et de trouver des gens qui ont les mêmes types d’approches, ou des intérêts communs.
    Et là , on retournerait sur les traditionnels tris par diplôme et par confrérie à  l’ancienne ?
    Franchement, je suis bel et bien issue d’une grande école (prestigieuse, en plus), je suis adepte du web et des réseaux sociaux, et pourtant ça ne m’attire pas du tout !

  • Je trouve cela intéressant pour deux raisons :

    – il ne faut pas oublier qu’au départ l’essentiel de notre réseau vient de l’école d’origine, et c’est au fur et à  mesure que l’on crée des ponts vers d’autres réseaux.

    – d’autre part cela résout le problème rencontré par nombre d’associations d’anciens qui n’ont pas passé le cap du social networking en ligne et n’ont rien d’autre à  offrir qu’un annuaire et, au mieux, un extranet peu intéractif.

    Lorsque ce sera rebouclé avec les communautés métiers je trouve que ce sera très pertinent car le reproche que j’entend souvent avec les plateformes traditionnelles est la trop grande dilution et un qualitatif en chute libre dès lors que le nombre de membres augmente.

    La dessus je reste persuadé qu’il vaut mieux partir d’une communauté restreinte que l’on élargit que d’une grande communauté que l’on segmente. La preuve : que constate t-on sur Viadeo et LinkedIn : des regroupements par Hub/groupes d’anciens ou par communautés métier.

  • Jean Mariotte

    Merci Bertrand pour cet article qui reprend très bien les propos que nous avons échangés.

    Pour ne pas reprendre les points que tu évoques ci-dessus, je rajouterais simplement que l’essentiel pour développer son réseau est de trouver un point de départ. Cela peut être son cœur métier, une passion, ou encore son école.

    Les réseaux d’anciens élèves de grandes écoles sont une réalité. Pourquoi ne pas donner un outil permettant de les exploiter au mieux ?

    Finalement la force de Weavlink vient peut être du fait que nous transposons un réseau réel, déjà  existant, sur du virtuel, créant ainsi un réel espace de confiance, levier indispensable à  toute communauté.

  • Pingback: Blog Jean Mariotte()

  • Patrice de JobMeeters

    Cher Jean, je te présente toutes mes félicitations (ainsi qu’à  toute l’équipe), enfin un challenger motivant !
    Car même si nous ne sommes pas tout à  fait sur le même concept, nous sommes un peu concurrents (et attends de voir notre V2 ! 😉
    Au vu des screenshots du nouveau né, il me parait en bonne forme pour une croissance sans souci 🙂
    Quand sors-tu la tête de l’eau pour qu’on se revoit à  une BConnected ?
    A+ et encore bravo

  • C’est vrai que le côté outil pour asso existante d’anciens est intéressante (car ça peine à  évoluer).
    C’est vrai aussi que les communautés métier sont primordiales, et que leur présence transversale sur Weavlink sera très importante.
    Cela existe déjà  dans les assos d’anciens, d’ailleurs : on y trouve des groupes par activités aussi bien que des groupes par année de promo. J’ai l’impression que ce sont quand même les groupes par activités qui sont les plus actifs ? Le côté promo, ça rejoint l’aspect « copaindavant », finalement (o๠certes, aucune info n’est certifiée), content de retrouver des vieilles connaissances, mais avec peu d’utilité au final.
    A y réfléchir, c’est surtout avec mes copains de prépa, ceux qui sont dans d’autres écoles, que j’aurais aimé garder le plus de contacts. Hmmm.
    Bon, je crois que j’ouvrirai l’oeil pour savoir quand mon école deviendra partenaire Weavlink, en tout cas. 😉

  • rlg

    Bonjour, je trouve le concept intéressant pour les associations d’anciens élèves. Le seul problème, pour l’avoir vécu, est que généralement ces associations vivent de leurs annuaires et ont du mal à  muter vers ces outils…
    Je reste toutefois perplexe sur la pertinence de ce réseau pour les actifs, malgrés l’effet de corps de certaines écoles. Le seul attrait que j’y vois, c’est pour les recruteurs. Je vais tester en esseyant d’y faire ajouter mon école.
    En tout cas je souhaite bonne chance à  ce nouveau réseau social qui permettra aux élites de chaques pays de se retrouver. Et là  c’est un excellent argument de vente!

  • Je suis dubitatif sur le côté fermé et élitiste avec recommandation etc, en quoi tout celà  est-il confidentiel ?

  • >>>Vincent : Jean te répondrais mieux que moi mais d’un autre coté les recommandations ont cours sur tous les réseaux non ? Et elles sont visibles par tous les inscrits.

    Elitistes : je ne trouve pas, partir d’une communauté qui a un socle commun et ensuite l’ouvrir en fonction des réseaux de chacun me semble avoir du sens. La preuve sur les « grands réseaux » tout le monde fonce s’inscrire sur le hub de son école.

    La grande avancée aura lieu,à  mon avis, lorsque les communautés écoles (verticales) seront croisées par des communautés « métiers » transversales qui correspondent à  un maillage pertinent : ceux avec qui j’ai un passé commun + ceux qui ont les mêmes centres d’intérêt. L’expérience acquise sera traduite par les ponts construits avec des anciens d’autres écoles rencontrés au cours de ta vie professionnelle.

  • Stefan

    Encore un concept franco-français un peu ringard, le côté élitiste/sectaire me rebute franchement ! à€ l’heure ou internet s’ouvre (Wiki, OpenSource, FaceBook, etc..) pourquoi s’enfermer sur soi même ?

  • Brigitte Downs

    0fyspng4fafz2h4m

  • JJ

    Félicitations pour l’effort généré et la réalisation. Toutefois, je suis quand même troublé non pas par le soi-disant côté « fermé » sur des corps métiers en soi (car un réseau se fabrique à  partir de là , pas à  partir d’une fiche wikipedia), mais bien plus par le choix de ne donner droit de cité qu’aux « grandes écoles ». A l’heure éffectivement oà¹, justement, les consciences s’ouvrent et se rendent compte du vivier de compétence que constituent la multiplicité des profils compétenciels (dont l’origine scolaire n’est qu’un indicateur assez faible), il manque à  ce service la dimension de transversalité hors catégorie « école » : il y a par exemple pleins de master universitaires tout à  fait transversaux à  des cursus école. Hors si le but est bien de trouver des partenaires métier par secteur d’activité ou pool de compétences acquises, et bien je ne vois aucune raison de restreindre l’inscription aux seules écoles.

    Mais bon peut-être que ce n’est pas aussi restreint, je vais essayer de proposer un master en particulier…