Bloc-Notes de Bertrand Duperrin

Reflexions sur l'entreprise, le management, la collaboration et les réseaux sociaux. Vers l'entreprise 2.0…

"Les entreprises les plus performantes sont celles qui pensent solidairement le changement technologique, le contenu du travail et le changement des rapports sociaux internes à l’entreprise” Antoine Riboud.
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Peut on être 2.0 sans être web ?

May 3rd, 2007 · View Comments · Entreprise 2.0, Intranets, RH & Management 2.0

agoraEncore un souvenir d’Intracom, lorsqu’étaient abordés les facteurs d’adoption de l’intranet 2.0, le rôle de ses intranets sur l’efficacité, la collaboration, les éventuelles barrières et le concept élargi d’entreprise 2.0 (ouf).

Si le web 2.0 se caractérise par des usages on pourrait donc être 2.0 sans être web ?

Et ma réponse est : oui mais …. pas partout et pas trop longtemps non plus.

Un peu d’histoire…l’agora des temps de la Grèce antique cela ne vous dit rien ? Un endroit où tout le monde se rassemble et échange, permettant la démocratie directe participative. En fait cela ne repose sur presque rien : la présence en une unité de temps et de lieu de toutes les parties prenantes à la vie de la cité, un partage et une circulation fluide de l’information, une communauté d’intérêts fondatrice d’une certaine confiance. Et un sentiment de cohésion renforcé dans la cité par la fréquentation de l’endroit. Finalement ne sont-ce pas les objectifs quotidiens et pratiques qu’attendent les entreprises s’orientant vers l’utilisation de solutions 2.0.

De là à suivre Aristote qui considérait les autres peuples comme non civilisés car ils n’avaient pas d’Agora…

Bref le fait est que ce seul exemple prouve que l’on peut être 2.0 sans être Web.

Bien sur vous me direz qu’aucune entreprise n’ambitionne de subir le sort de la civilisation grecque. C’est justement là que le web intervient.

On le comprend bien, ces pratiques ne peuvent avoir cours que dans un contexte restreint, communauté limitée, unité d’espace, possibilité de réunir tout le monde… bref les conditions de fonctionnement de la cité n’étaient pas réplicables à l’échelle de l’empire. Je laisse les spécialistes dire l’importance que cela a eu dans le déclin de la civilisation grecque mais ça a bien du compter un tout petit peu.

Au sein de l’entreprise on peut avoir des règles de fonctionnement très “2.0″ qui rendent inutiles la mise en place de telles solutions. Au sein d’une petite PME, dans un service au sein d’un grand groupe (ou plutot dans un openspace du service en question…je pense qu’un service c’est déjà trop grand) par exemple. Le challenge pour l’entreprise est dès lors de s’affranchir des contraintes liées à la taille de la population concernée, à l’éloignement géographique, au caractère asynchrone de la présence des individus… bref de résoudre ce que d’autres n’ont pas réussi à l’époque.

On peut donc effectivement être 2.0 sans être web de la la même manière qu’on peut être web sans être 2.0.

Mais, vous l’avez compris, être 2.0 sans être web n’a pas de sens aujourd’hui pour une organisation qui doit justement devenir agile malgré sa taille et son éclatement, et qui à l’ère de l’économie du savoir se doit justement de faire de l’ensemble de ses savoirs un levier de performance.

Car le seul endroit ou peut géographiquement se situer l’agora de l’entreprise du XXIe siècle est son intranet.

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  • >>> Stanislas : il est de toute manière illusoire de penser développer des pratiques et des comportements online si en "réel" on se comporte d'une toute autre manière.


    Il est également impensable de demander à un groupe d'avoir une "networking attitude" positive si leurs seuls instruments d'échanges sont "froids" et exclusifs comme le email ou certains outils de partage dont le formalisme est un repoussoir à l'échange.
  • Bonjour,
    Je pense pour ma part que le 2.0 doit absolument se prolonger au delà du web et que le "face à face", la rencontre, a bien heureusement de beaux jours devant lui. Reste à en inventer ses modalités (réunions locales qui relaient l'esprit global, invitation des leaders à des manifestations comme forme de reconnaissance à leur participation sur les plateformes 2.0...).
    Beaucoup de choses restent à inventer !
    Stanislas
  • C'est tout a fait exact : passé une certaine taille "critique" (qui peut selon les cas être atteinte des 5 ou 10 personnes) le besoin d'infrastructure rend le web indispensable.

    Disons qu'aborder la question de cette manière permet de mettre en avant la double composante de la réussite d'un projet web 2.0 (qu'il soit inter ou intranet...) : l'outil et les usages qu'il supporte.
  • Bonjour Bertrand,
    Je pense que le web et le 2.0 vont ensemble car toutes les pratiques 2.0 ont été rendues possibles grâce au web justement en offrant une infractructure permettant cette mise en relation...(sujet de ma thèse:))
    Bises
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