Le salarié 2.0 : le grand oublié de l’histoire ?

Il y a des évidences comme ça qui vous sautent à  la figure sans que vous ne voyiez rien venir. On parle de management 2.0, de rh 2.0, d’entreprise 2.0….

C’était suite à  cet article sur l’entreprise 2.0…une lectrice me laisse un commentaire pour se demander “ok pour l’entreprise 2.0…mais le salarié 2.0 dans tout ça”.

Mais on le voit le salarié dans la présentation non ? Bon a force de la voir et la revoir je me dis finalement que… notre ami Charlie sert surtout de faire valoir aux outils qu’il utilise. Et puis tout cela semble logique : le salarié a besoin d’outils pour appliquer ses nouvelles “best pratices” dans la grande entreprise dont on sait qu’elle est caractérisée par son fort éclatement. Ce qui permet au salarié “2.0 ” dans l’esprit de devenir 2.0 dans les faits c’est justement les outils.

Une autre analyse serait de dire qu’on considère que si l’entreprise devient 2.0 les salariés le seront forcément. Ce qui amène une autre réflexion : le salarié devient-il 2.0 parce que son entreprise le devient ou l’entreprise devient elle 2.0 parce que ses salariés le sont ? A mon avis cela tient des deux : pas d’usages 2.0 si l’entreprise ne désire pas, mais ce sont les individus qui feront que cela prend ou pas. L’entreprise 2.0 se décide par le haut et se réussit par le bas. Bien sur on peut assister à  quelques initiatives “sous le radar” mais c’est bien d’adoption globale que nous parlons ici.

Tiens une autre question : l’employé est il 2.0 par nature ? J’en suis persuadé, le fait qu’il adopte des comportements contraires ne sont à  mon avis pas du fait de l’individu mais la conséquence du contexte organisationnel dans lequel il évolue.

Et au fait : qu’est-ce qu’un salarié 2.0 ? On y réflechira dans un prochain billet.

Mais il reste un fait que l’on ne peut ignorer : le salarié 2.0 n’est pas un concept majeur ou en tout cas personne ne semble réfléchir dessus. Peut être n’est-ce qu’un concept sous-jacent de celui d’entreprise 2.0 mais il mérite pas pour autant d’être négligé : la problématique centrale de l’entreprise 2.0 est l’adoption, ce qui met de fait le salarié (2.0 bien entendu) au coeur du processus.

 
  • Sylvain

    Bonjour,

    Un post intéressant qui aborde une notion trop souvent oubliée.
    Un des défis de l’entreprise d’aujourd’hui sera (je pense) d’évoluer suffisamment vers le 2.0 pour ne pas perdre ses bons salariés 2.0 frustrés de ne pas pouvoir utiliser les outils dont ils ont besoin pour “s’exprimer”.
    Et c’est d’autant plus vrais dans les grosses entreprises, qui ont souvent des process d’évolution très lourds et qui peinent à  adopter les outils 2.0.

  • http://b-r-ent.com/ Vincent

    Je plussoie Sylvain ;-)
    N’oublions pas le décalage dans l’utilisation desTIC en entreprise et dans sa sphère personnelle par nombre de salariés.

    Ces salariés sont souvent déjà  des internautes 2.0 donc ils passeront naturellement à  une position de salarié 2.0.
    encore une fois c’est bien la courroie du management qui doit elle aussi être changé comme dans une grande révision pour votre voiture ;-)

  • Banderas

    Bonjour,

    J’espere en effet qu’avec le web 2.00, et l’emergence de nouvelles innovations comme BlueKiwi et son software, on arrivera a re-humaniser les relations entre les differentes equipes…et surtout a motiver les equipes commerciales…
    (Je travaille en home office, et dc je n ai pas bcp de contact avec mes autres collegues….Dommage car il y a de la qualite qui se perd)
    Mais au fait Mr Duperrin, c’est vous qui organisez les entretiens chez BlueKiwi?!!!!
    Peut-etre va t on se croiser….?!
    Cordialement,

    Antoine

  • http://b-r-ent.com/ Vincent

    Alors là  désolé mais c’est une douce utopie on ne réhumanise pas avec des TIC à  moins que la vie de nos avatars compte plus que la nôtre.

    Le coeur de la relation humaine restera le face à  face, le reste peut facilitér, développer mais jamais remplacer :-)

  • http://www.duperrin.com Bertrand DUPERRIN

    >>> Vicent : ai-je seulement dit le contraire ? On re-humanise pas avec les tics mais on essaie d’humaniser les usages faits des tics.

    Les tics n’ont pas pour vocation de se substituer au face à  face mais c’est le meilleur paliatif lorsque le face à  face est impossible ce qui est le plus souvent le cas. Quoique…même si le face à  face est possible et a lieu, les tics servent à  capitaliser ce qu’il en est ressorti.

    L’intérêt de s’intéresser au salarié 2.0 c’est justement de mettre en avant des attentes et des pratiques au niveau humain en les déconnectant de tout outil.