Tout le monde fait actuellement une fixation sur Second Life et essaie de lui trouver une utilisation interne à  l’entreprise. Comme je le disais dans un billet précédent, il semblerait qu’Accenture réfléchisse à  une solution similaire pour ses « trainings », IBM y dispose d’une île « secrête ».

En ce qui me concerne, autant vous dire que je n’accroche pas énormément à  Second Life. Justement car pas assez « first life ». Bien sur, l’outil est encore largement perfectible, mais ce n’est pas tant SL en lui même que les usages futurs qu’il préfigure que nous devons regarder. Une chose est certaine : je ne sais ce qu’il en sera de SL demain, mais je suis certain qu’il restera quelque chose de majeur de ce qui est en train de s’y passer.

D’ailleurs si Second Life me laisse plus ou moins indifférent c’est justement parce que, même sur un espace virtuel, je préfère les identités réelles. Un avatar n’a de sens, partant de là , que s’il n’est que l’incarnation virtuelle clairement identifiée (et identique par son aspect ?)  de son propriétaire.

Si l’on remet tout cela en perspective avec le monde de l’entreprise on en retire des pistes à  étudier pour l’avenir (donner du corps à  des rencontres virtuelles, humaniser et personnaliser des espaces d’échanges, faire que la vie sur l’intranet ressemble à  la « vraie vie dans les couloirs) même si tout cela reste un tant soit peu vague mais prometteur avec un peu de recul et de maturité. Par contre cela n’est pas sans aspects négatifs : avatars, univers virtuels… tout cela a encore une image un peu légère non ? Alors SL pour un coup marketing à  l’extérieur Ok, mais pour un espace de travail à  l’intérieur…vous n’y pensez quand même pas sérieusement !

Et bien oui..il y a certainement là  une piste à  explorer pour l’avenir mais à  condition de mettre l’entreprise dans une logique de « first life », que l’on a déjà  vu poindre avec le social computing, et dont l’arrivée d’univers graphiques 3D pour habiller le tout ne sera qu’une étape supplémentaire.

La force du social computing est de permettre de situer le « moi je » dans une logique gagnant-gagnant par rapport au groupe. L’intranet étant une solution à  l’éclatement et au « manque de disponibilité de la réalité », il est logique qu’il devienne une représentation de plus en plus fidèle de la réalité…avec tout le champ des possibles qui va avec. Et pas question d’avatar ici : on est sur l’intranet celui qu’on est dans les couloirs de l’entreprise.

Et de manière plus générale c’est en transformant « la face cachée de l’intranet » en first life qu’on donnera web x.0 ses lettres de noblesses dans l’entreprise : autonomie, abolition des frontières inutiles, appropriation des enjeux, faire du virtuel une image du réel et non pas son travestissement, le tout dans l’optique d’atteindre des objectifs réels partagés et non de se perdre ou s’oublier dans des illusions parallèles.