Rapide retour car la synthèse de cette journée mériterait un blog entier. Mais je pense que d’ici quelques jours le site officiel regorgera de documents et de vidéos, sans compter les divers echos sur les blogs de certains participants.

Deux remarques en préambule : je ne retiendrai ici que ce qui m’a marqué en fonction de mon prisme personnel, ce qui ne préjuge en rien de la qualité du reste. D’autre part, certains projets étant la suite de projets traités l’an dernier, un petit tour ici, ici, ici ou encore ici vous permettra de lire ce que j’ai pu écrire l’an dernier afin de vous remettre dans le contexte.

Deux fils rouge cette année. Le premier est « la confiance » et jalonnera toute cette journée. Le second, moins exprimé mais sous-jacent fut que, si l’an dernier nous avions ce que les outils web 2.0 pouvaient apporter à  l’entreprise, cette année (marque de maturité) nous aura confirmé que pour qu’ils donnent leur pleine efficacité il faut les intégrer dans des processus métier.

Projet Bull

Il s’agissait ici de créer un portail afin de faire du développement distribué. Cet exemple illustre une problématique capitale : le développement est ue histoire de méthodologie et de process, condition sine qua non pour éviter une gabegie monumentale. Or la collaboration demande de la souplesse…le challenge est donc de « mettre de la souplesse autour du cadré » si l’on veut faire collaborer les individus. Où l’on se rend une nouvelle fois compte que pour réussir il faut apprendre à  sortir de la culture du ‘ »ou » (on est souple ou cadré) pour rentrer dans celle du et (on est les deux à  la fois). Il en va de même entre être compétitif aujourd’hui et préparer l’avenir…mais c’est une autre histoire.

Bien entendu la traditionnelle question est tombée : « mais le ROI financier ???? ». Et la réponse est venue du représentant de Bull lui-même : 30% de temps gagné par projet. Voilà  un chiffrage d’un apport qualitatif qui tombe à  point nommé.

Projet Thales Air Systems

Vous n’avez qu’à  lire ce que j’avais écrit dessus il y a un an pour savoir que ce projet est un peu mon « chouchou » tant il correspond à  mes réflexions au quotidien. Il part d’un objectif simple : travailler autrement et être productif avec des outils web 2.0.

Pourquoi travailler autrement : il y a beaucoup de connaissances disséminées au sein de Thalès. Conséquences possibles : pertes de connaissance, mauvaise valorisation du savoir crée. Le projet vise à  éclaircir tout cela afin de mettre le doigt sur les connaissances et les faire se confronter afin de créer de l’innovation.

Le projet est ainsi architecturé sur 3 pôles : des blogs sur des expertises, un who’s who des spécialistes et des wikis. Après deux années qui auront servi à  architecturer le projet en fonction des besoins, identifier les outils et les déployer, le challenge de l’année était faire le lien entre les outils et les collaborateurs, faire comprendre qu’ils peuvent servir au quotidien. Intégrer les outils dans les méthodes de travail.

Je ne peux que souscrire à  cette démarche : un outil n’a de sens qu’intégré dans le quotidien de l’utilisateur qui lui voit une utilité immédiate et concrête.

Pourquoi travailler autrement pour innover : il y a une kyrielle d’idée, il faut les confronter, ensuite on les complète, on les organise afin de créer quelque chose de nouveau, ensuite il faut capitaliser pour intégrer la connaissance du groupe. Cette connaissance donne lieu à  de nouvelles confrontations… : innover c’est parcourir cette spirale.

La problématique d’adoption a amené à  identifier 3 types de confiance :

– verticale : top down (les utilisateurs vont faire un bon usage des outils) et bottom up (ne pas se faire taper sur les doigts).

– horinzontale : au sein d’une équipe : j’expose mes opinions, je dis « je », j’expose mon travail. Pour cela il faut avoir confiance en son entourage.

– confiance dans l’outil : un interlocuteur en cas de problème, un accompagnement, une maintenance, la réponse aux besoins…

Point suivant : comment faire adopter l’outil :

Comment faire adopter ces outils.

– Définir la gestion des outils (qui fait quoi, qui administre, comment )

– Accompagner les utilisateurs même si les outils sont simples

– lancer une campagne de déploiement pour que les individus sachent que les outils sont là .

Un mot sur la partie blog : au départ il s’agissait de blogs d’expertises multi auteurs avec des experts désignés pour chaque blog. Mais le chevauchement avec le wiki a amené à  repenser le positionnement de l’outil qui en fait a fini en blog individuel.

Ce repositionnement me semble des plus pertinents : l’adoption suppose un intérêt personnel donc un espace de publication personnel. A charge pour l’outil de trouver les publications individuelles par thématiques plutot que d’enfermer les individus a priori. De plus cela suppose que l’on connaisse ses experts…et l’expérience prouve que l’expert que révèle le social computing n’est pas forcément celui qui était désigné comme tel en amont. L’expertise, comme la confiance (mais d’ailleurs la confiance en entreprise n’est elle pas fortement corrélée à  l’expertise ?) se gagne, se prouve mais ne se décrête ni ne se suppose a priori.

Une question a été posée sur la mesure de la confiance…ROI quand tu nous tiens.

Je vous conseille de mettre la main sur le powerpoint quand il sera en ligne sur le site de l’évènement car tout cela est fort bien illustré. En tout cas bravo à  Mathieu PAINEAU qui a découvert et appris sur le tard la problématique du positionnement des outils de social computing.

Projet BREDEMA

Un enseignement majeur : la clé du passage d’un cabinet de conseil en propriété intellectuel 1.0 en cabinet 2.0 a été d’avoir un directeur 2.0 (Pierre Breesé en l’espèce). Quand on parle d’exemplarité et de leadership dans l’adoption des usages…

Projet WEAVLINK

Qu’ajouter à  mon interview de Jean Mariotte ? Le caractère « punchy » et impliqué de la présentation Sylvaine Marguet et Laurent Bodin car si cela semble évident à  notre petit microcosme, s’immerger dans les logiques de recrutement 2.0, cooptation gestion de la réputation et de l’identité numérique lorsqu’on est totalement étranger à  tout cela demande implication, intérêt et agilité intellectuelle. Et puis Weavlink j’y crois, pour la qualité du projet et pour ses fondateurs et amis.

Je ne reviendrai pas ici sur la table ronde qui a suivi et qui mérite un billet rien que pour elle. D’ailleurs elle fut tellement dense et intéressante que je me vois plus prendre le temps de la digérer et remettre ce que j’y ai appris en perspective dans différents billets thématiques qu’essayer de la synthétiser, ce qui ne rendrait pas hommage à  la qualité des échanges.

PS : j’ajouterai que j’ai été heureux de revoir beaucoup de personnes de mon « environnement blogosphérique » que je n’ai que trop peu l’occasion de croiser et de faire la connaissance « réelle » de certaines de mes relations virtuelles. Décidemment l’ambiance de ces journées KM a vraiment quelque chose à  part…