Ma définition de l’entreprise 2.0

L’entreprise 2.0 c’est un peu comme le web du même nom : tout le monde en parle sans que personne ne se mette d’accord sur sa définition. Je n’ai jamais trouvé mon compte dans les diverses définitions que j’ai pu lire quand bien même elles appartiendrai au père de la notion, et ne me suis jamais gêné pour le faire savoir.

Mais il arrive un moment où plutôt que dire que l’on n’est pas d’accord avec les autres. il convient d’essayer d’apporter sa propre contribution. Je vous livre donc ici le fruit de ma réflexion sur le sujet, tirée de mon expérience, de mon analyse…et de quelques discussions sur ce blog même qui ont largement contribué à  l’enrichir.

Selon la tendance du moment ou l’individu qui s’exprime on apprend que l’entreprise 2.0 c’est une question d’outil, ou alors une question d’individu, ou bien une question de collaboration… bref, l’entreprise 2.0 cela semble concerner beaucoup de choses, reste à  s’entendre sur quoi. Et pourquoi s’entendre d’ailleurs ? J’estime que c’est un ensemble de choses qui concourrent à  réaliser l’entreprise 2.0. Une seule prise indépendamment ne suffit pas. Pire encore,elles s’interpénêtrent les unes les autres, chacun influençant la réussite de l’autre.

J’ajouterai, commençant à  avoir une certaine expérience dans ce genre de projets, que l’entreprise, que l’entreprise 2.0 n’est pas un état, c’est une dynamique de fonctionnement. On ne peut regarder une “photographie” d’une entreprise et se dire “elle est 2.0″. Il faut la regarder fonctionner pour cela. C’est donc davantage une question de moyens que de produit fini. Donc :

L’entreprise 2.0 est la mise en œuvre d’un ensemble de moyens.

Un peu léger non ? Dans les “moyens” on entend les outils au sens techniques, les outils managériaux, les process… Mais tout le monde le reconnait, l’entreprise 2.0 est people-centric : l’individu est remis au centre de l’entreprise et c’est d’ailleurs lui qui porte les nouveaux usages. Les “moyen” sont donc là  pour rendre possible les usages.

L’entreprise 2.0 est la mise en œuvre d’un ensemble de moyens permettant l’éclosion de dynamiques portées par les individus.

On a donc là  les leviers nécessaires et l’aspect “people” qui ne pouvait pas ne pas figurer dans la définition. Mais je ne suis pas encore satisfait, loin de là . On en fait quoi des dynamiques ? On est en entreprise, pas dans un club de vacances. Bien entendu on pourrait ajouter que tout cela est au service de la performance de l’entreprise. Mais je trouve cela un peu “bateau”. Par définition on ne lance pas de projet ayant pour but de nuire à  la performance. Et puis l’entreprise 1.0 (et les versions antérieures d’ailleurs) avaient également pour but d’améliorer la performance. Mais voilà , ce sont les leviers de la performance qui ont changé, les enjeux qui ont évolué. C’est pour cela que l’on veut faire travailler l’entreprise différemment. C’est donc, au delà  même de la notion sous-entendue de performance, l’objectif profond de l’entreprise 2.0…ce qui permet par ailleurs de faire le lien avec la stratégie.

L’entreprise 2.0 est la mise en œuvre d’un ensemble de moyens permettant l’éclosion de dynamiques portées par les individus dans le but d’adapter l’entreprise aux enjeux de l’économie de la connaissance.

Cela va mieux non ? Ce qui n’a pas de but n’a pas de sens. Et inclure ce but dans la définition permet, lorsque l’on travaillera sur les moyens et les dynamiques de ne pas s’égarer en perdant de vue l’objectif final. Voilà  ce qui doit guider les projets internes. Il n’y a pas de bons ou de mauvais moyens, ils différeront selon les cas, ce qui compte c’est qu’ils soient alignés sur cet objectif stratégique. Je le répête : faire utiliser des blogs ou des wikis, donner davantage d’autonomie à  l’individu n’est pas une fin en soi, la seule et unique chose qui compte c’est de rendre l’entreprise performante dans un contexte nouveau et destabilisant.

Tiens…on vient de dire quelque chose de capital : les moyens et les dynamiques différeront selon le contexte. En effet selon les activités, la culture et le passé de l’entreprise, on n’ira pas aussi loin dans certains domaines, ou pas au même rythme. L’objectif c’est de rendre l’entreprise performante aujourd’hui et demain, pas de la mettre en péril, ne l’oublions pas (désolé pour les doux rêveurs mais le principe de réalité s’impose ici).

Cette précision n’est pas superflue : j’ai trop vu par le passé de remèdes qui étaient pires que le mal qu’ils combattaient. Il ne s’agit donc pas là  d’une limite fais d’un facteur dont la prise en compte conditionne le succès, nuance. On ne change pas une culture d’entreprise comme cela, c’est dangereux. On la respecte, on la prend en compte et elle changera d’elle-même avec le temps.

L’entreprise 2.0 est la mise en œuvre d’un ensemble de moyens permettant l’éclosion de dynamiques portées par les individus dans le but d’adapter l’entreprise aux enjeux de l’économie de la connaissance, sous contrainte de sa culture et de son contexte.

Finalement je suis assez content du résultat :

– définition œucuménique qui permet d’y inclure tout les leviers nécessaires sans se focaliser arbitrairement sur un aspect ou un autre

– prise en compte du principe de réalité : l’entreprise à  ses peurs et ses enjeux qui transcendantent largement des mutations de circonstances telles que celles-ci. Il faut les prendre en compte pour ne pas créer une situation pire que la situation de départ, et ne pas créer la peur de s’engager dans un changement bénéfique. On peut mettre le salarié au coeur de l’action sans pour autant oublier que la préoccupation majeure reste l’entreprise en tant que personne abstraite.

– alignement sur un objectif stratégique dont l’enjeu est perceptible par tous.

– avoir une définition “en mouvement” : l’entreprise 2.0 c’est des dynamiques et pas un état de fait. On ne la constate pas en regardant ce qui est mais ce qui s’y pratique, et comment.

On dit aussi souvent que le projet E2.0 est également rendu nécessaire par la pression du corps social qui veut retrouver dans son cadre de travail des usages et des outils qui sont les siens dans la sphère privée. L’attention portée à  la manière de manager la fameuse génération Y et le fait que des projets de type E2.0 se réalisent “sous le radar” sur l’initiative de quelques individus en sont la preuve. Je pense que cette donnée est humainement essentielle tant on connait les conséquences désastreuses d’une rupture entre l’entreprise et l’évolution des valeurs de la société civile. C’est là  aussi un enjeu stratégique fort (tout DRH vous le confirmera). Je dirai donc pour conclure :

L’entreprise 2.0 est la mise en œuvre d’un ensemble de moyens permettant l’éclosion de dynamiques portées par les individus dans le but d’adapter l’entreprise aux enjeux de l’économie de la connaissance et aux évolutions sociétales, sous contrainte de sa culture et de son contexte.

Désolé, je ne pouvais faire plus court ;-)

 
  • Jean Pralong

    Enfin, maintenant, on sait ce que c’est ! Une contre-proposition : “L’entreprise 2.0 est celle qui se donne comme moyens d’adaptation à  l’économie actuelle le développement de la créativité de ses équipes.”
    Pas mal, non ? Et dit comme ça, je case deux idées qui me sont chères (je blogue et je théorise dessus en long, en large et en travers) : la créativité et le développement des équipes.
    Work in progress…

    Jean Pralong
    http://www.nouvelles-carrieres.fr

  • http://www.duperrin.com Bertrand DUPERRIN

    est-ce une contre proposition ou un synonyme ? J’ai essayé de l’enrichir en intégrant les contraintes de conduite du changement mais il me semble que les fondamentaux restent les mêmes.

  • http://www.b-r-ent.com xavier aucompte

    Génialissime cette démonstration. J’ajouterai peut-être l’aspect de participatif qui s’emploie par un nouveau dialogue social et une nouvelle communication d’entreprise. A cela, on doit se poser la question du management 2.0

    Il y a donc encore des pistes à  creuser mais c’est un super départ qui me convient

  • http://www.duperrin.com Bertrand DUPERRIN

    @Xavier : se faire des commentaires par journalistes interposés c’est le web 3.0 ! [fin de la private joke]

    Franchement je crois qu’il y a moyen de creuser la dessus (la définition)…mais entre opérationnel, théorie, et princip de réalité l’équilibre m’a été difficile à  trouver. Pas mécontent du résultat…mais maintenant c’est aux autre d’enrichir tout cela.

    Souvenons nous de la definition ‘officielle’ de McAfee : l’E2.0 est une entreprise qui utilise des blogs et des wikis.

    Pour le reste le management 2.0 fait partie des moyens qui s’entrepenetrent. Seul il ne sert à  rien, mais on ne fera rien sans lui. L’approfondissement de la définition peut donner lieu à  de nombreux billets et/ou/voire autre chose…

  • http://www.miroirsocial.com RH

    Euh et quelle est la def de l’économie de la connaissance ? ;o))
    Je reviens bientôt avec un commentaire un poil plus argumenté.

  • http://www.duperrin.com Bertrand DUPERRIN

    @Rh : c’est justement le propos d’un prochain billet… mais ta question est centrale en effet. Mais je ne pouvais faire une définition de 10 lignes…. ;-)

  • Revgi

    … et la vocation de progrès (2.0 ?) car la mesure de la performance et donc la mesure du progrès est tout aussi relatif et bien dans l’intangible (ie pas que dans l’académiquement rationnel ou institutionnel)… ils évoluent certes en fonction du contexte culturel et des parties prenantes mais le désir de progrès est une fonction importante qui mériterait d’apparaitre dans ta superbe tentative de définition !

    Pour la RH 2.0 je t’invite à  regarder ce que fait ce jeune homme Christophe Dejours o๠le traitement de l’aspect culturel du management (notamment en France) n’est pas encore réglé dans l’entreprise ne serait-ce que dans l’entreprise 1.0 alors 2.0 parlons-en des fois qu’il y a un saut techno-humano-logique qui puisse s’opérer chez nous … http://www.revue-interrogations.org/article.php?article=17 voici une capsule pour naviguer sur l’arborescence des répertoires partagés à  la Web 2.0…

    Pour évaluer le travail, encore faut-il pouvoir le définir. C’est là  la première et, pour l’instant, indépassable difficulté. Le travail n’est pas la simple exécution d’une tà¢che prescrite. Travailler, c’est savoir faire face aux aléas, aux inattendus pour arriver au bout de ce que l’on doit réaliser. Comment accéder à  cette partie imprévue par les prescriptions du « travailler »

    … et là  Travailler 2.0. c’est aussi le discernement et savoir partager, donner et prendre selon de nouveaux codes de conduites tant dans l’entreprise que dans de nouveaux réseaux sociaux: les fameuses communautés virtuelles avec les liens sociaux réticulaires (Marcotte).

    Merci à  Sylvie Bouaniche et Frank Marsal de la SNCF de m’avoir fait découvrir ce nouveau référent d’analyse en France: j’en avais même parlé sur B-R-Ent http://b-r-ent.com/news/gouvernance-intranet#comment_1 comme quoi parfois l’innovation arrive par là  o๠on ne l’attend pas… Web 2.0 concours de cet élan d’énergies nouvelles d’engagement et de volonté humaniste de progrès !

    A cette effet, une entreprise comme eBay qui donne des compléments de revenus voire même du travail à  plus de 700 000 personnes dans le monde ne rentre pas complètement dans le registre initial que tu évoquais ;-)

    Anyway, merci encore Bertrand de la qualité de ta réflexion à  laquelle tu as la générosité de nous associer.

    Gil

  • Marie

    Un grand merci pour cette élaboration / essai d’une définition.

    Tu dis que le but est le mouvement, et non la performance stricto sensus. C’est là  o๠réside à  mon sens la révolution à  venir : l’attention non pas simplement à  un objectif mais attention (la focale) concentrée sur la manière d’y arriver, de bouger. ATtention sur le comment, en + du pour quoi (en 2 mots).

    Pour ma part, je suis d’accord entre la gap qu’il peut y avoir entre les phénomènes colaboratifs qui peuvent avoir lieu sur le net -dans des entreprises notamment- et les phénomènes collaboratifs sans écrans interposés : plus complexes car c’est là  o๠s’échangent les idées mais aussi les corps, là  o๠se joue sa place, o๠la prise de risque est la plus grande etc. Là  o๠je peux m’exprimer de manière anonyme et/ou asynchrone sur un wiki, je vais avoir du mal à  m’exprimer de la même manière “en direct” – lors d’une réunion par exemple. Etant donné que l’apprentissage se fait par l’expérimentation, je me demande : les individus ne sont-ils pas en train d’expérimenter quelque chose de nouveau – dans un cadre sécurisé quelque part car protégé par les modes asynchrones et intellectuels-, quelque chose de nouveau, qui, une fois “intégré”, pourra se jouer dans les relations réelles. Un peu comme dans les groupes de thérapie (Gestalt si certains connaissent) o๠l’on expérimente des manières nouvelles de communiquer… pour pouvoir les dupliquer après.

    En tout cas si la collaboration 2.0 en restait sur la toile… sans se “dupliquer dans les relations entre individus en entreprise, je serai surprise.

    Marie.

  • http://blog.gs.free.fr Gregory

    (Clien d’oeil)
    L’Entreprise 2.0… Pff, déjà  dépassé Bertrand !
    On en est déjà  au Bébé 2.0) http://blog.gs.free.fr/?p=19
    Comme quoi le temps passe vite… Et nos entreprises seront-elles capables de formuler des propositions innovantes assez vite pour que Philémon, bébé 2.0, soit accueilli d’ici quelques années par une VRAIE entreprise 2.0 ?

  • http://www.bluekiwi.fr Christophe Routhieau

    Monsieur Bertrand, je trouve là  un bien bel exercice. Je te suis volontiers jusqu’au milieu de ta demonstration : “L’entreprise 2.0 est la mise en œuvre d’un ensemble de moyens permettant l’éclosion de dynamiques portées par les individus ” qui fait echo à  une autre tentative de définition qui visait à  faire du 2.0 un ensemble de moyens stimulant la participation individuelle dans le cadre d’une initiative collective.

    J’aurais aimé que tu t’arrète là . Le complement “… dans le but d’adapter l’entreprise aux enjeux de l’économie de la connaissance, sous contrainte de sa culture et de son contexte” est de trop. Je pense vraiment qu’une initiative 2.0 peut exister sans devoir aller aussi loin. Elle est déjà  difficile à  mettre en place en terme de management. Si tu la positionnes sur un plan encore plus stratégique voire en rupture avec le modèle de l’entreprise tu la rend encore plus délicate.

  • http://www.duperrin.com Bertrand DUPERRIN

    @ Christophe : “en rupture avec le modèle de l’entreprise ” ? Je ne pense justement pas. Le modèle de l’entreprise n’est il pas de coller à  son contexte afin d’être la plus performante possible ? N’est pas un des multiples aspects de l’entreprise agile qui est le modèle que tant d’entreprises tentent d’épouser ?

    Et un projet sans but, pour une entreprise, est un non sens économique. C’est la seule chose qui permet de vérifier l’alignement des moyens et, justement, d’avoir de la visibilité sur l’objectif à  atteindre.

    Je ne cesse de le répeter, il s’agit d’un projet d’entreprise auquel doit correspondre un but d’entreprise. Et le but proposé me semble être un but compris de la plupart des décideurs quand bien même ils n’en sont qu’au stade exploratoire sur les moyens.

  • http://www.miroirsocial.com RH

    Je passe donc sur la très savonneuse question de l’alignement stratégique de l’économie de la connaissance…
    Tu lances une bonne base pour échanger.
    Le caractère stratégique de la démarche peut reposer sur sa capacité à  s’aligner sur les processus de l’entreprise pour que ces derniers deviennent bien plus évolutifs qu’ils ne le sont souvent. Une démarche d’évolution participative qui ferait que les salariés s’approprient des processus trop souvent subis plutôt que de chercher tous les moyens de les contourner.
    C’est clairement la démarche d’Hervé Thermique. Chaque mois, les processus sont remis à  plat dans le cadre de groupe de travail. Cela induit une responsabilisation des acteurs de la démarche.

  • http://b-r-ent.com/ Vincent

    Bertrand je trouve cet article super !

    Je ne suis pas tout à  fait d’accord en revanche avec cette définition sur deux points :

    Toi-même tu as bien précisé que le salarié 2.0 ne se résumait pas à  l’emploi d’outils, pourtant tu commences ta définition par la mise à  disposition d’un ensemble de moyens, si il ne s’agit pas des outils merci de préciser :-)

    Sous contrainte de la culture, là  je ne comprend pas comment on peut passer d’une entreprise lambda à  une 2.0 sans changer de culture ? Ok on peut avoir une progressivité de ce changement mais à  mes yeux le 2.0 pour une entreprise c’est vriament l’état d’esprit des DG, Managers puis salariés attirés par ces nouvelles façons de collaborer, de travailler d’être rémunérés.

    On le voit bien avec google et tes exemples, le reste ressemble à  un gentil vernis de modernité.

  • http://www.duperrin.com Bertrand DUPERRIN

    >>>VIncent : je comptais détailler tout cela dans des billets à  suivre mais je suis largement handicapé par les journées de 24h ce temps derniers ;-)

    Il existe également des moyens organisationnels et managériaux : comment utiliser un outil si le process et la “permission” me l’interdisent. Comment donner du temps à  la collectivité pour partager nos expériences si la manière dont on m’évalue m’en écarte…

    Ce ne sont que quelques exemples.

    Suite à  venir…

  • Jean Pralong

    Au passage, une référence très pédagogique : http://scottgavin.info/

  • Inès

    => Merci pour cette définition… toute théorique. Et en vrai ? Les applications web sont en fait au service d’organisations qui imaginent que de le fait de partager de l’info mécaniquement via des outils “corporate” va permettre l’échange d’idées. Même avec ces outils, on ne partage que des faits (date, budget, tà¢ches à  accomplir, données marché, ..), seule la forme est plus sympa car “interactive”.
    La créativité est souhaitée mais peu encouragée par des outils qui consomment 80 % du temps pour leur mise à  jour. Y’a encore du boulot avant de valoriser VRAIMENT la créativité

  • http://www.duperrin.com Bertrand DUPERRIN

    @Ines :

    – théorique : oui et c’est volontaire : il y a tellement de voies pour arriver à  un objectif en prenant en compte une multiplicité de contraintes qu’il vaut mieux s’accorder sur un objectif, un panel de moyens et laisser le libre arbitre quant au “mix”. Dire il faut faire concretement ça, ça et ça n’a pas de sens car ce ne respecte pas la spécificité de chaque organisation.

    Comme je le disais à  vincent, je compte bien détailler chaque point de manière pratique dès que j’aurai un peu de temps devant moi…mais un cadrage général me semblait essentiel avant toute chose.

    Même avec ces outils, on ne partage que des faits (date, budget, tà¢ches à  accomplir, données marché, ..), seule la forme est plus sympa car “interactive”. : permet moi de ne pas être d’accord. Ou plutot de dire que ça n’est pas la manière dont j’envisage les choses et dans l’optique de laquelle je conseille des entreprises au quotidien. Pour partager des faits il y a des outils très bien faits, qui n’ont rien de “2.0” et tant mieux : ça n’est pas leur but. Le positionnement d’outils 2.0 dans une logique d’entreprise tient d’avantage aux échanges : pas les faits mais ce qu’on en dit, la réflexion qui découlent d’eux. Ce outils se positionnent en amont, autour et en aval des faits bruts. J’en reviens à  la différence entre cerveau droit et gauche : il faut les deux et chacun a son apport. Pas question de préferer l’un à  l’autre.

    – en ce qui concerne la créativité ça n’est pas une question d’outils : c’est une question d’organisation, de management, voire de stratégie que les outils ne sont là  que…pour l’outillage. Donne le meilleur outil de créativité, si les règles internes ne permettent pas leur utilisation ils ne servent à  rien. Un outil ne sera jjamais qu’un outil…donc au service de ce qu’on voudra bien lui laisser faire.

    – quand tu parles de “mise à  jour” je pense qu’on s’écarte encore davantage de lla problématique de départ : justement il est question de flux spontané, pas de mise à  jour. Amélioration par l’échange…mais pas mise à  jour. La mise à  jour est le propre des outils structurants et indispensables du dit “1.0”. L’amélioration conjointe c’est plus 2.0…pas question de choisir, il faut les deux.

    Par contre je serai heureux d’avoir des retours de tes expériences en la matière. Tu m’as l’air sensibilisée à  la question et la manière dont tu as pu vivre de tels projets ne peut qu’enrichir notre réflexion globale.

  • Pingback: Bloc Note de Bertrand DUPERRIN

  • laurent

    Excellent papier et définition qui me paraà®t très pertinente.

    Un détail me turlupine : peut-on effectivement compter sur une participation active, créatrice et productive des salariés et du management ?

    Nous avons d’un côté des outils collaboratifs qui permettent techniquement (blogs, wikis ou la suite collaborative de BlueKiwi tant qu’on y est ;-) de permettre les échanges ;
    nous avons en face, des entreprises et des managers de plus en plus conscients des enjeux de la performance globale ; Nous avons des salariés en demande de reconnaissance, et qui de fait, dans l’entreprise 1,0 sont très motivés lorsqu’un management leur propose de collaborer à  l’amélioration des méthodes.

    Cependant, je ne peux m’ôter l’idée que les personnels ne sont pas forcément enclins à  exploiter pleinement les possibilités du web 2,0. Il n’est qu’à  voir bien souvent dans la blogosphère les blogs “sérieux” souffrant de commentaires peu utiles, ou d’autres boursouflés d’agressivité, etc. Et je ne suis pas sà»r que la génération des “natives” échappe à  la règle. Au contraire…

    Dans un contexte d’E2,0, la question pourrait être alors : le collaboratif va-t-il déshiniber les salariés dans le bon sens (commentaires vraiment utiles) ou bien sombrer dans le prosaà¯sme, ou bien encore verra-t-on des salariés inhibés, peu investis en somme dans leur vie d’entreprise, sachant la quitter pour une autre sans état d’à¢me…

    Je suis un peu long, mais j’en viens à  me demander si, pour être pleinement efficace (et rentable), les outils collaboratifs n’auraient pas besoin d’une sorte d’ animateur ou d’animatrice, c’est-à -dire quelqu’un qui remet du contenu dans les tuyaux, ou tout au moins, de l’huile dans les discussions (de la modération bien sà»r, un peu de logique dans les raisonnements, etc…). Peut-être un nouveau métier : “modérateur de “forum” d’entreprise”… sauf qu’ici, ce serait bien davantage : “animateur d’entreprise”. Tiens c’est joli ça ;-)

  • http://www.duperrin.com Bertrand DUPERRIN

    >>> Laurent : il en est des communautés en ligne comme des communautés physiques : il leur faut un leader, et ce, a fortiori, dans leur jeune age. L’animation est donc centrale et elle demande un leadership pas forcément spécifique mais adapté à  cette forme de média. (http://www.duperrin.com/2007/07/24/lavenir-du-manager-le-connecteur-chapeaute-par-un-cco/)

    Pour ce qui est de l’inhibition des salariés dans ce contexte tout est histoire de…contexte. De nouveaux comportements (et ça ne date pas de l’entreprise 2.0 mais cela a été vrai de tout temps) ne voient le jour qui s’ils ont du sens dans le quotidien. Ca c’est le travail du manager.

    Et je ne pourrai être complet sans parler d’une valeur essentielle à  developper et à  assumer : la confiance (http://www.duperrin.com/2007/06/25/collaboration-entreprise-20-et-les-dimensions-de-la-confiance/)

  • http://www.openbridge.fr Paillet Michel

    Bonjour,

    Suite à  un post sur mon blog de définition de l’entreprise 2.0, j’ai eu un commentaire qui faisait référence à  cette définition de l’entreprise 2.0. J’ai été amené à  en proposer une critique ici:
    http://openbridge.typepad.fr/openbridge/2008/09/entreprise-20-d.html

    Merci pour ce blog et bonne continuation.

  • maria

    merci

  • http://www.youtube.com/watch?v=2wON8aJ8Q6E ruben

    une entreprise comme d’ailleur en particulaire,c’est une ensemble de moyens humaines,materiel financier en vu de produire au marché de biens et de sevices marchants ou non marchants.