Le réseau a t-il de la valeur ?

Un des grands débats à la mode : le ROI des outils sociaux. Je pense que vous avez bien compris désormais qu’en la matière, lorsque que je parle de choses “sociales” c’est dans l’acception anglo-saxonne du terme (choses que l’on fait ensemble, réseaux entre individus…) et non avec la connotation française.

J’ai eu l’oeil attiré par un article intitulé ” n’utilisez pas les anciennes règles pour justifier le web 2.0″. Le message est à peu près le suivant “les outils web 2.0 ont un ROI certain mais que l’on ne pourra chiffrer sans changer la vision que l’on a des choses” ce que je traduis par “la performance d’une entreprise de la connaissance ne doit pas être appréciée au regard des mêmes critères qu’a l’époque de l’ère industrielle”.

Tom Davenport, quant à lui, pense que ces outils ont une valeur “sociale” plutot qu’orientée business et que le ROI est donc difficile à quantifier. Une opinion proche de la première mais qui pose un point essentiel : la quantification avant même la mesure.

J’avais d’ailleurs eu un échange intéressant avec Olivier Amprimo sur le sujet dans les commentaires de ce billet : l’enjeu est de trouver une méthode qui permet de quantifier l’immatériel. L’enjeu est bien là : une méthode. Ce qui suppose aussi que l’individu sache se positionner dans un paradigme nouveau.

Valeur objective vs. Valeur subjective ? Il suffit de demander à un décideur s’il préfère que son entreprise n’utilise qu’un seul hémisphère de son cerveau pour qu’il trouve immédiatement une valeur objective au caractère subjectif de l’hémisphère manquant.

En fait nous avons tous appris à quantifier du “réel” qu’il soit actuel ou futur. Avec des modèles définis où tout était histoire d’équations : “si j’achète une nouvelle machine je vais produire tant, si je diminue le temps de travail j’économise tant mais je perd tant en production”. Mais le web social a pour but de libérer un potentiel humain et collectif. Inquantifiable puisqu’humain et répondant non plus à des équations linéaires puisque collectif. On sait que 1+1=3 dans certains cas, 1 dans d’autres et pourquoi pas 4 de temps en temps. Mais 1+1+1 ?

La meilleure démonstration de ROI qui existe dans qu’un nouveau Taylor ne se sera pas intéressé à l’industrie du savoir c’est de montrer une organisation 2.0 au travail, de comparer avec l’organisation identique 1.0 et de voir de manière invariable un décideur dire : j’y gagne”. Car le cerveau humain, lui, sait intrinséquement donner de la valeur à de l’immatériel même sans pouvoir le mesurer. Et le décideur sait, lui, ce dont il a besoin.

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  • http://www.b-r-ent.com xavier aucompte

    Il faut se demander d’ailleurs si le web 2.0 n’est pas plus un concept de l’industrie du service que de l’industrie ou des autres secteurs d’activité. La recherche de profit n’est pas sur les mêmes bases et donc la productivité et la performance ne sont pas comparable.

    En tout cas, le sujet est au coeur de notre combat de persuasion des décideurs.

  • http://www.headshift.com olivier amprimo

    Il y a ce phénomène aussi où les organisations ont pris l’habitude d’acheter l’outil et le système de reporting de son activité. C’était facile puisqu’un outil correspondait a une tache : Microsoft Word pour le traitement de texte, Microsoft Outlook pour la messagerie électronique, etc… Dès lors que l’on aborde les outils sociaux, il y a une dichotomie entre l’outil (ou le dispositif) et la tache. Une plateforme Movable Type 4 de SixApart permet et de faire du management d’équipe, de la communication (interne et externe), du knowledge management, du support et de la relation client. Dans ce cadre, il n’y a pas de système de reporting fourni. Selon les usages, sa composition diverge trop pour être standard. Et le contexte est une variable exponentielle. Le système de reporting est à construire. Les seuls à pouvoir le faire sont ceux qui ont une vision économique du process : les contrôleurs de gestion.

    Dès lors la dichotomie précédemment évoquée implique un retournement. Le système de l’activité est à construire au cas par cas. Il n’est pas à attendre des vendeurs de logiciel, ni même des consultants mais des contrôleurs de gestion. Ce sont les plus pertinents, ce sont eux les responsables. Principe d’efficacité.

    C’est de cette rupture que va émerger un “nouveau Taylorisme”, plus précisément une méthode efficace d’organisation du travail. Re-introduire les contrôleurs de gestion, les responsabiliser c’est prendre le chemin déjà emprunte il y a un siècle par Taylor, Le Chatelier, Weber et bien d’autres. Poser une vision économique renouvellée sur les processus de production, c’est contribuer à une nouvelle réflexion sur la mesure et la valeur.

    C’est aux contrôleurs de gestion de se mettre directement à la recherche des réponses (au travail?), d’arrêter de poser des questions et de demander des comptes aux autres (éditeurs ou consultants). Le monde confortable de SAP où l’on fait tout sans trop réfléchir puisque les process sont pensés a priori est fini. C’est Jurassic Park, ce n’est pas la vraie vie.

    Certains ont tente l’expérience. Leif Edvinsson a produit un travail remarque, il y a plus de dix ans. Reste que cela ne rentre pas dans les process, c’est théorique parce qu’il manque l’épaisseur du réel. Le vrai travail se fait parfois mais silencieusement. Personne n’a trouvé l’alchimie pour rendre son approche généralisable. Personne n’a inventé la méthode. Il n’y a pas de méthode, il n’y a qu’un slogan : rematérialiser.

  • http://toutpourlemanagement.blogspot.com RMS

    Le réseau a clairement une valeur ! mais une valeur potentielle qui ne se révèle que lorsqu’on sait l’exercer. J’ai vu beaucoup de personnes avec un réseau vraiment extrêmement développé, mais qui demeuraient incapables de s’en servir…dans ce cas le réseau n’a aucune utilité…