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Entreprise 2.0 : également une question de périmètre
Category: Entreprise 2.0, Entreprise, organisation et management, Management de l'innovation, des idées, WebUne question rarement évoquée au sujet de l’entreprise 2.0 : son périmètre. Une chose que je trouve fort dommage puisque la discussion sur le sujet porte en ses gênes la question du périmètre.
Au sujet de l’entreprise on connait le pourquoi (société de l’information, granularité des expertises, besoin de stimuler les échanges et les synergies internes, prise en compte de la fameuse génération Y…), on sait le comment (nouveaux outils managériaux, dépoussiérage de l’organisation, revoir la communication interne, promouvoir des valeurs telles que confiance et transparence, mise à disposition des outils adéquats), les limites et autres facteurs à prendre en compte (culture d’entreprise, contexte entreprise ou métier) mais à vrai dire pas grand chose de son périmètre…sauf que ça concerne l’entreprise.
De là on a vite fait de créer la ségmentation suivante : le Web 2.0 c’est hors de l’entreprise et concerne la communication, le e-marketing et le e-commerce et l’entreprise 2.0 c’est tout ce qui se passe à l’intérieur. Pas sur que ce soit aussi simple.
Une des raisons qui amène à revoir la manière dont l’entreprise fonctionne est l’information dont on doit revoir le traitement, la diffusion et la valorisation. Dès lors on peut difficilement négliger le contact entre l’entreprise et l’extérieur dès lors que l’on admet que l’essentiel de l’information pertinente se trouve à l’extérieur de l’entreprise et que l’enjeu est justement de la capter, de la traiter et de la valoriser plus vite que la concurrence. Une réponse est bien entendu de favoriser le feedback des collaborateurs qui sont autant de points de contact avec l’extérieur. Une autre est également comment amener l’extérieur à délivrer une information pertinente qui sera réutilisée en interne.
Ca n’est rien d’autre que ce que propose le marketing 2.0 : associer les consommateurs, fidéliser une communauté autour d’une marque et d’un produit et les amener non seulement à en parler mais également à contribuer à son amélioration, voire participer à la conception de nouveaux produits. Partant du principe que si les consommateurs sont impliqués dans le produit à venir ils l’achéteront plus facilement. CQFD.
Ca n’est pas autre chose que prône Brice Auckenthaler, d’Experts-Consulting. Après nous avoir parlé de L’Innovation collective en 2003, je vous conseille son dernier ouvrage :L’imagination collective : Créer et piloter des réseaux créatifs efficaces
. Si dans un premier temps il nous avait sensibilisé au phénomène d’innovation distribuée (très 2.0 avant l’heure), il nous propose désormais d’enrichir cette logique avec le concept de CACO : conception assistée par consommateur et collaborateur.
La membrane de l’entreprise devient de plus en poreuse et la question se pose de savoir si on décide de s’adapter et en faire un atout ou se replier sur soi-même en voyant l’extérieur comme une menace. A vous de voir… Car si l’exemple de l’innovation est parlant, il n’est qu’une illustration parmi d’autres.
On peut évoquer la communication : comment instaurer un vrai dialogue constructif entre l’entreprise et ses clients ? C’est une question cruciale qui se pose désormais au quotidien. Il en va de même au niveau Rh : blogs d’entreprise, recrutement par cooptation en sont les meilleurs exemples. Et j’entend également parler ça et là de projet visant à gérer la relation client non plus B to C mais B to B, et au délà des outils mis en place c’est une nouvelle conception de la relation commerciale qui est en train de naitre, davantage fondée sur le partenariat que sur la notion client / fournisseur.
L’entreprise 2.0 est donc davantage une philosophie qui a vocation à s’adapter tant dans qu’au dehors de l’entreprise. On dispose des outils nécessaires au management de ces nouvelles relations, reste juste à décider de voir le monde comme il est, et y (inter)agir en conséquence. En effet les initiatives 2.0 touchent le plus souvent soit les relations entreprise / extérieur soit les relations interentreprises mais il est rare qu’une entreprise s’essaie aux deux à l’heure actuelle, preuve que la compréhension globale de la problématique n’a pas fait son chemin, que l’on n’est pas capable d’avoir une philosophie unique dans le traitement de l’interne et de l’externe, alors même que les dynamiques de diffusion de l’information, d’échanges, de synergies, transcendent largement ce modèle qui a désormais plus que vécu.
Car une entreprise ne peut avoir un mode de fonctionnement “ouvert” en interne et traiter ses clients et fournisseurs comme des facteurs extérieurs quasi hostiles. Elle ne peut plus non plus avoir une attitude ouverte sur l’extérieur et fonctionner selon le modèle inverse en interne, avec l’aspect déceptif que l’on imagine sur les collaborateurs…et l’incapacité de valoriser en interne ce qu’on aura appris de l’extérieur.
Penser l’entreprise de demain c’est, nous le savons, accepter et comprendre un nouveau paradigme. Et pour comprendre ce paradigme nous ne ferons pas non plus l’économie d’une réflexion sur le périmètre de l’entreprise et la porosité de sa membrane extérieure.
[Mise à jour du 18/8] : exemple de compréhension du périmètre élargi : le Crédit Agricole Pyrénnées Gascogne avec une réflexion sur l’avenir de l’entreprise ici (preuve qu’ils pensent aux nouveaux enjeux…) et un portail multiblog externe ici. Reste à aligner le tout, mettre en pratique en interne et on aura un vrai potentiel de réussite.
Tags: e-commerce , Entreprise 2.0 , Innovation , marketing , marketing-rh
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Le Crédit Agricole se décoince dans ses relations extérieures…
Par le biais d’une alerte technorati je suis tombé sur un blog fort intéressant. Celui du Directeur Général du Crédit Agricole Pyrénnées Gascogne, Jean PHILIPPE. On y parle de banque mais aussi de la manière dont il voit le fonctionneme…
Je ne suis pas d’accord. L’essentiel de l’information pertinente se trouve à l’intérieur de l’entreprise, et cela s’accélerera avec les “knowledge workers” de la prochaine génération.
Les personnes en interne sont toutes autant de sources, d’accès à différents réseaux d’information et de connaissance. Un des enjeux du concept d’entreprise 2.0 est bien de prendre en compte cela, et de trouver de nouveaux usages, de nouvelles pratiques du marketing, de la veille, de R&D, etc…. Ce sont les hommes qui sont la source de valeur d’une entrprise, cela a toujours été le cas. Seulement le réseau des réseaux et les nouvelles possibilités de services qu’il offre et qui se crééent de manière exponentielle (ce fameux web 2.0) ont permi aux salariés 1.0 de passer 2.0. L’entreprise n’a plus qu’à “cueillir” cette évolution, la valoriser, et l’utiliser. Le prochain enjeu d’une entreprise sera là : sa capacité à développer une identité par sa communauté de salariés, et à exploiter le réseau dont elle dispose, qui est sa richesse. Sa rentabilité et sa compétitivité seront selon sa capacité à exploiter cette richesse. En un autre terme, sa capacité d’innover.
Bon d’accord j’aurais pu dire qu’il y a au moins autant à l’extérieur qu’à l’intérieur.
Mais en fait tout est question de savoir de quoi on parle. Bien sur les individus sont une source énorme…mais n’oublions pas que dans la grande majorité des cas ils importent dans l’entreprise des connaissances venant de l’extérieur (veille, études, échanges avec des personnes extérieures…). Chaque collaborateur est un point de contact avec l’extérieur.
L’homme est source de valeur dès lors qu’il sait capter, valoriser et transformer l’information. Sans information ou sans moyen de l’utiliser il n’est qu’un potentiel de valeur.
Reste ensuite à l’entreprise à se donner les moyens de capter et valoriser à son tour tout cela.
Il n’empêche, pour en revenir au point de départ du billet, que l’information existe à l’extérieur, rentre (par les hommes), est transformée (ou devrai l’être) puis ressort….on ne peut dès lors penser l’E2.0 comme un espace clos mais plutot comme une cellule qui échange avec son environnement. Grâce aux individus qui valorisent un flux entrant pour un faire un flux (interne ou sortant) à valeur ajoutée.
Absolument d’accord. Je trouve ton billet très pertinent et qui recentre le périmètre de l’E2.0, et il y en a besoin !!
J’ai juste joué la pointilleuse sur une phrase, mais elle avait son importance
[...] 2.0 est un concept dont la définition fait encore débat… Mais pour comprendre la véritable valeur ajoutée d’outils collaboratifs issus de la [...]
[...] 2.0 à tout ce qui se passe à l’intérieur. Une segmentation un peu facile pour l’auteur de ce billet. L’enjeu selon lui est plûtot de contrôler et traiter ce qui se passe à l’extérieur [...]