Au cas où vous auriez passé les dix derniers mois sur Mars, je resitue le contexte : une des grandes questions que se posent les entreprises sur l’implémentation d’outils web 2.0 est leur retour sur investissement.

Se pose, par conséquence la notion suivante « qu’est ce qu’un ROI » ? Doit il être purement logique et mathématique ou peut il revêtir un aspect « soft », qualitatif (pour partie). J’ai l’impression que cette seconde notion fait son trou…enfin surtout depuis que les « grands », McKinsey en tête, ont reconnu et chiffré cette possibilité (ce qui prouve bien qu’on ne cherche pas tant un ROI qu’une justification…mais passons…).

Mais au fond la question n’est elle pas de savoir si la notion même de ROI est adaptée ? Et si, le cas échéant, il ne fallait creuser dans une autre direction.

Le ROI est une notion qui a pu être confortablement utilisée à  l’heure des productions matérielles répétitives. Telle machine produit (ou permet à  son opérateur de produire) x pièces de plus à  l’heure qu’une autre, sans elle on produit y….l’affaire est dans le sac. Pas évident d’utiliser le même raisonnement pour des productions immatérielles où la machine se trouve être l’individu lui-même.

L’intérêt des outils web 2.0 n’est pas ce qu’ils font mais ce qu’ils permettent aux individus de faire. Il est communément admis que l’intérêt de faire mieux intéragir les individus (et je préfère ce terme à  collaborer, à  mon sens trop restrictif) est de créer une valeur supérieure à  la somme de ce chacun aurait pu faire individuellement. C’est à  mon sens davantage une valeur ajoutée qu’un retour sur investissement.

La notion de ROI pouvait très bien s’appliquer à  des outils dont la vocation était le traitement de l’information (c’est l’outil qui travaille), elle devient de fait plus hasardeuse sur des outils qui ne traitent pas l’information mais permettent aux individus d’adopter d’autres modes de travail.

Dès lors que c’est l’individu qui travaille, la valeur ajoutée deviendrait donc plus pertinente.

Mais comme l’entreprise n’a que faire des distinctions 1.0 / 2.0 qui ne reflètent chacunes qu’une partie de sa réalité et de ses enjeux, nulle intention de jeter le ROI à  la trappe. Il s’agit juste d’utiliser le bon critère dans la bonne situation. Voire d’utiliser les deux conjointement avec une pondération adéquate pour évaluer à  la fois les outils et les pratiques qu’ils permettent.

Bon c’était juste une idée un peu « brute de fonderie » qui vient de me passer à  l’esprit. A creuser dans le cadre d’une démarche « paradigm shift ».