Bloc-Notes de Bertrand Duperrin

Reflexions sur l'entreprise, le management, la collaboration et les réseaux sociaux. Vers l'entreprise 2.0…

"Les entreprises les plus performantes sont celles qui pensent solidairement le changement technologique, le contenu du travail et le changement des rapports sociaux internes à l’entreprise” Antoine Riboud.
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L’Economie du savoir n’est pas qu’un enjeu d’entreprises

April 13th, 2008 · View Comments · Information / Connaissances

Il y avait quelque chose qui me surprenait dans ma veille sur les sujets liés à l’économie du savoir mais j’avais du mal de dire exactement quoi. En fait il s’avère que si vous faites une veille sérieuse sur des mots clés tels que “knoweldge economy” vous vous rendez compte qu’on ne parle pas que de problèmes d’organisation ou de performance d’entreprise, loin de là.

Une très grande partie des articles touche au développement territorial. Cela peut être des régions Française, des Etats (aussi bien en Europe, aux USA, en Asie…) ou des organisations d’Etats (Europe…). L’enjeu identifié est à peu près le même partout : dans un monde ou la création de valeur va davantage provenir du “knowledge” que du produit “solide” lui même (lorsqu’il y en a) il s’agit de faire en sorte que cette valeur puisse se créer en local et que l’infrastructure nécessaire soit en place afin de permettre aux territoires d’accueillir les entreprises et les individus qui créeront cette valeur. Je parle en effet des individus également car aujourd’hui on peut créer de la valeur à Pau ou Limoges pour une entreprise basée à Paris. Et donc vivre sur place et contribuer à l’économie locale. Sinon ce sont les entreprises et les collaborateurs qui iront s’installer ailleurs. Cela devient un enjeu majeur à l’heure ou on se rend compte que la périphérie peut attirer des entreprises au détriment du centre, et qu’on peut avoir les équipes à défaut du siège… Bref que l’entreprise de demain aura une structure différente de cette d’aujourd’hui et qu’il y aura ceux qui sauront en tirer parti et les autres. Pierre Veltz en parlait déjà en 1994, il commence à y avoir urgence.

Les débats portent donc sur l’éducation, sur l’infrastructure (très très haut débit), la fiscalité et les règles sociales du monde industriel qu’il s’agit d’adapter. Bref pour les Etats les choses sont claires, on sait par où il faut aller (ou presque) et on se demande maintenant “comment”.

Si les territoires ont donc conscience de l’importance d’accueillir des entreprises aux structures repensées, les entreprises quand à elles se hâtent lentement. Logique : il y a un héritage à préserver, une transition aussi douce que possible a organiser dans un monde ou la rupture, même vers quelque chose de mieux, se doit de ne jamais être trop violente. J’apprécierai toutefois que ne se rejoue pas pour la énième fois le scenario tant de fois observé de la transition si douce qu’elle est finalement accélérée par la crise qu’elle devait éviter.

Car le pendant de ces nouveaux enjeux pour les entreprises sont connus : repenser le rapport de l’individu à l’organisation, penser mobilité (physique comme professionnelle), penser système, penser évaluations….et tout simplement se demander que devient le business model dans un contexte “knowledge”.

Je discutais il y a peu avec un expert en intelligence économique qui a un moment de la discussion m’a demandé ce qui était, à mon avis, central pour une entreprise, même industrielle, aujourd’hui ? Le “soft” (idées, savoirs, expertises) ou le hard (capacité de produire) ? Question guère évidente. En guise de réponse je me suis souvenu qu’un constructeur automobile français se proclamait désormais “créateur d’automobiles”, ce qui finalement pose bien la différence entre la conception maison et la réalisation le plus souvent externalisée. Et semblerait nous dire qu’un bon hard ne sert à rien si on excelle pas dans le soft.

A méditer

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  • @Michel : effectivement. L'externalisation à outrance est quelque chose que je trouve regrettable et négatif. Malheureusement elle est souvent la conséquence d'une prise en compte tardive d'une situation ou d'une mauvaise compréhension des enjeux.

    En fait je fais la différence entre organiser en amont ce qui est interne / externalisable, ce qui relève ou non du coeur de métier...et de ce qui risque de s'externaliser sous la volonté de l'entreprise (ou d'autres...), et le fait d'externaliser (sauvagement ?), a posteriori, pour les logiques principalement de coût alors qu'on voit bien ici qu'il y a une problématique humaine dernière.

    Dans le premier cas c'est un mode d'organisation entre parties prenantes qui y trouvent une relation "win win", dans le second on fait souvent plus de casse qu'autre chose.

    En fait voilà la différence avec l'externalisation telle qu'on la conçoit habituellement : ici la logique de coût n'est pas seule, ce qui prédomine est vraiment le lien individu-entreprise. En ce qui concerne ça n'est pas du tout la même optique car cela part d'un constat différent.

    En conclusion je n'ai aucune idée du modèle idéal, s'il en existe un. Je me dis juste que si on ne se pose pas les questions maintenant il risque d'y avoir de la casse. Et la casse humaine est toujours ce qui me préoccupe le plus. Mais on a souvent trop tendance à mésestimer son impact sur le bas de bilan. Erreur...
  • Merci Bertrand de citer notre conversation sur le soft et le hard pour une entreprise mais quid de l'externalisation à outrance, il y a certainement des limites ne serait ce que pour des raisons de hautes technicités ou de sécurités. cela mériterait une autre discussion et un autre post

    Michel Roussin
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