16
La culture, élément de recrutement
Category: Entreprise, organisation et management, RH & Management 2.0, Recrutement, Ressources HumainesDevant les questions suscitées par l’arrivée de la génération des digital natives et, notamment, quant à ce qui peut les séduire, on peut lire nombre d’inquiétudes injustifiées et, pire, certaines contre-verités.
“Ils ont leurs habitudes, leur mode de fonctionnement, et vivent avec certains outils, adoptons les mêmes pour les séduire”. Erreur ! L’outil ne fait pas le moine et je ne pense pas qu’on séduira cette génération avec ce seul argument. Ou alors on les perdra vite.
Ce qui compte n’est pas l’outil, mais la culture. Je m’explique : une certaine culture nécessite une certaine manière de travailler, une certaine forme d’organisation, qui a un moment donné se traduit par la mise en place d’outils adéquats. L’outil n’est que la preuve que l’alignement a été mené à son terme. Mettez des wikis, des blogs, de l’instant messaging, du logiciel social, rendez le tout accessible en mobilité et décloisonnez l’accès à l’information et aux individus sans changer le reste, ils ne viendront pas ou partiront vite. Ou pire…se démotiveront et nourriront un sentiment de déception. Proclamez que vous êtes ce que vous n’êtes pas, le vernis tombera vite car ce qui distingue le message marketing de la réalité c’est cet alignement.
Alors il s’agit d’abord de se demander quels sont les enjeux de l’entreprise pour demain, s’ils nécessitent de revoir quelques modes opératoires. Ces modes opératoires nécessiteront à un moment donné qu’on se pose la question des outils. Et à ce moment on sera cohérent.
Et la culture dans tout ça ? Elle est un objectif et pas un point de départ, elle ne se décrête pas (à moins que vous ayez d’ores et déjà celle qui convient). Elle évoluera à la fois par les pratiques internes et par le fait de recruter ceux qui vous ressemblent (pour renforcer l’existant) ou qui correspondent à ce que vous voulez promouvoir. Bref un phénomène qui s’auto-alimente.
Croire que les seuls outils vous feront passer pour une entreprise branchée est prendre la question par le mauvais bout : il ne s’agit pas de séduire une génération mais d’attirer ceux qui vous feront avancer et être en mesure de tirer le meilleur de leur potentiel. A condition que leurs caractéristiques correspondent à vos enjeux.
D’ailleurs il faut que je vous parle prochainement de ma visite à la DRH de Danone la semaine dernière. Mais la richesse de l’échange fait que la note est longue à écrire… Un moment fort enrichissant en comité restreint .
Tags: alignement , culture , culture-dentreprise , digital-natives , generation-Y , Recrutement , Social computing , social-software , web-2.0
Also available in english












[...] Bertrand Duperrin s’inquiète à juste titre du raccourcis que pourraient faire les entreprises en “vernissant” organisation d’outils 2.0 pour la rendre séduisante alors que la culture d’entreprise n’est pas “2.0 compatible”. [...]
Pourtant je crois que les usages 2.0 issues des techno 2.0 peuvent transformer, en l’habillant, le moine qui n’en est pas encore un.
Ce n’est pas miraculeux, ça ne marchera pas à tous les coups, ça prendra du temps… mais le bioCarburant 2.0 changera le véhicule qui l’utilise.
enfin à mon avis : http://talentpower.free.fr/?p=41
Tu oublies que normalement l’entreprise a elle même une culture à défendre. Celle-ci doit évoluer mais ne croyons pas à une culture pour tous identique.
Pour les jeunes, l’entreprise doit proposer sa culture et prouver l’intérêt de son modèle. Maintenant les outils seront important parce que c’est bien suivant ce qu’on donne aux salariés que se créera ou non la dynamique.
Si effectivement, l’outil est bien, ce sont les jeunes qui feront le changement. Et encore…
Est-ce que l’intranet est un outil qui pousse un jeune à vouloir y travailler? Non.
Aujourd’hui, un jeune veut un boulot et a souvent peur du chômage. Quand il peut ou veut choisir, il va à côté de chez lui et/ou cherche des entreprises connues (ce qui vaut à de la visibilité à la télévision).
Google a bien compris tout cela. En entrant chez eux, on comprend un état d’esprit et on a envie…
@David : c’est ce que je dis : c’est les usages qui font le moine, pas l’outil. Et tu connais les usages qui se développent autours d’un outil dans un contexte non cohérent : aucun.
@Xavier : est-ce que j’ai parlé une seule seconde de culture identique ? Tiens justement a propos de Google : http://www.duperrin.com/2008/03/17/linnovation-chez-google-modele-a-suivre/
Par contre il est normal que certains éléments se retrouvent dans le “package” culturel d’un grand nombre d’entreprises. Après on peut toujours disserter sur le delta entre la culture affichée et la culture réelle, vécue et ressentie au quotidien.
Par contre il y a un mois un responsable d’un groupe international m’a quand même dit “avec nos outils préhistoriques on passe pour des charlots auprès de nos stagiaires…”. Ca doit peut être jouer pour l’image et la fidélisation, pas pour le choix.
Bref c’est en effet l’état d’esprit qui précède le reste.
@Xavier : par contre tu dis quelque chose d’intéressant : il y a une culture à défendre qui n’empêche pas nombre d’entreprises de se demander si elles sont ce qu’elles pensent être et si elles ne doivent pas commencer à promouvoir certaines valeurs nouvelles (sans pour autant remettre le socle en cause).
Pas évident tout cela.
oui … et sans outils 2.0 pas d’usages 2.0. Donc il faut des outils 2.0 mais la question est avant tout où, comment, combien. La solution est dans le chemin, en prenant en compte la topographie, les moyens à disposition. Même si il est étroit et ne va pas très loin, l’entreprise ne peut ignorer ce qui occupe les talents qui vont la composer et qui la compose déjà. Et au-delà, il y a en général aucune vraie bonne raison pour ne pas sédimenter la culture avec un peu d’usages 2.0 dans les entreprises.
@David : en fait ce qui m’inquiète ce sont ceux qui veulent les outils sans les usages
En lisant le titre du billet, j’ai cru que l’on parlait de la culture générale du postulant face à une entreprise à la recherche de cerveau plus que de “mains” à tout faire. Au-delà d’une culture “digital natives”, une culture générale me semble l’enjeu et le facteur de richesse à rechercher, tant pour les entreprises que pour les utilisateurs.
Car si je suis convaincu de l’opportunité des outils 2.0, les “usages 2.0″ eux me semblent réduit à l’utilisation de ces même outils (utilisation loin, très loin d’être acquise, par ailleurs).
La culture comme science de la connaissance et pas seulement comme facteur d’adaptation, me semble un formidable tremplin pour renouveler les usages avec goût et envie.
@George : c’est un autre débat effectivment et je ne peux qu’abonder dans ton sens.
Plus que la culture, d’ailleurs, je parlerai de capacité à s’ouvrir à l’extérieur et apprendre des autres. Mais n’est-ce pas un peu web 2.0 ?
@Bertrand : la transition semble toute trouvée pour lire ton futur billet sur la richesse de l’échange avec la DRH de Danone. J’abonde dans ton sens sur cette vision emphatique du Web 2.0.
@George : Faut juste que je trouve le temps de l’écrire…
A votre avis, est-ce qu’un candidat pose des questions concernant les pratiques de travail, les outils utilisés… lors d’un entretien d’embauche ?
Les réponses qu’il obtient ont-elles une influence sur sa décision de rejoindre ou pas une structure ?
Où est-ce que ça dépend essentiellement du domaine d’activité de l’entreprise ?