Bloc-Notes de Bertrand DUPERRIN

Reflexions sur l’entreprise, le management, la collaboration et les réseaux sociaux. Vers l’entreprise 2.0…

"Les entreprises les plus performantes sont celles qui pensent solidairement le changement technologique, le contenu du travail et le changement des rapports sociaux internes à l’entreprise” Antoine Riboud.
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Hierarchie vs. Connectarchie

May 5th, 2008 · 2 Comments · Entreprise 2.0, Entreprise, organisation et management, RH & Management 2.0

Un concept très intéressant que j’ai découvert il y a peu via un article de Jon Husband : la “Wirearchy” (que l’on pourrait traduire par “connectarchie” ? ). Pas si nouveau que ça en fait (il en parle depuis un certain temps) mais suffisamment intéressant pour que je comble mon retard en la matière.

Le constat est simple : les nouveaux outils permettent la mise en place de flux d’information totalement nouveaux, dans ce sens qu’ils sont complètement régis par les individus eux-même. Ces flux permettent des interactions nouvelles entre individus, en dehors de l’organisation mise en place pour l’entreprise, ce qui crée en quelque sorte une organisation informelle. Il ne s’agit là en aucun cas d’une contre organisation, mais, à mon avis, d’une organisation effective, informelle, dont la permanence dans le temps ne dépend que des besoins de chacun avec comme variable d’ajustement l’intensité des liens et la création de liens nouveaux.

Au delà même du concept ce que je trouve est intéressant dans le concept réside dans sa matérialisation. Car on le sait, l’entreprise a toujours fonctionné sous forme de tels réseaux informels et ce depuis toujours (ou presque), mais dans des périmètres humaines limités. L’avènement du social software permet de tels fonctionnements dans un périmètre beaucoup plus global qui s’affranchit des murs, des distances et parfois mêmes d’autres barrières. Et dès que les outils entrent dans la danse on peut être tentés d’en tirer une plus value évidente : analyser ces réseaux pour savoir comment l’entreprise fonctionne vraiment….et tout faire pour identifier les axes sur lesquels ces interactions doivent être rendues plus simples. La seule chose qui prévaut dans la naissance de telles relations est en effet le besoin d’être plus efficaces en connectant les individus, l’information et les expertises, les uns par le biais des autres. Il serait donc stupide d’aller contre mais au contraire s’en servir pour mieux comprendre ce qui facilite l’efficacité des individus et les améliorations à apporter à l’organisation formelle en tant que telle. Pour cela un organigraphe viendra compléter l’organigramme (et non s’y substituer).

Profitons en pour tordre le coup à une idée reçue qui fait beaucoup de mal à l’adoption de pratiques plus efficaces : non ces modes de fonctionnement ne sont en aucun cas incompatibles avec la structure formelle de l’entreprise.

• Parce que la hiérarchie est une chaine de commandement et de responsabilité mais ne traduit ni ne définit en aucun cas la manière dont les individus travaillent effectivement. J’en ai suffisamment parlé ici. C’est peut être le seul point de divergence que je puisse avoir avec Husband. Il pense que les hiérarchies ne peuvent demeurer statiques, en ce qui me concerne je n’y vois aucun soucis tant qu’elles reflètent la chaine de commandement et de responsabilité effective de l’organisation. La connectarchie c’est autre chose, quelque chose de complémentaire.

• Parce que ces pratiques peuvent (et doivent) s’exercer dans le cadre du respect des process définis. Ce qui n’empêche pas d’en profiter pour “nettoyer” ceux qui le, méritent. Voir aussi ici.

Les trois articles cités ci-dessus datent un peu mais même si avec le recul et une réflexion plus approfondie il sera bientôt temps de les améliorer quelque peu, je pense que le premier jet reste encore d’actualité.

PS : Depuis que le Ministère de la culture nous demande désormais de dire “bloc” et non plus “blog”, je vous laisse discuter de la pertinence de la traduction libre de “Wirearchy” que j’ai effectué plus haut…”wireachie”, “connectarchie”….peut importe à mon sens, c’est ce que cela recouvre qui compte.

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2 Comments so far ↓

  • Yves Caseau

    Bonjour,

    complètement d’accord sur les deux points:
    (1) la hiérarchie est un des réseaux sociaux, un des canaux de communication. Dans une entreprise moderne, les contraintes d’agilité et de transversalité (besoin de tous) font qu’aucune hiérarchie ne peut suffire, il faut complémenter.
    (2) les outils 2.0 sont une approche logique pour gagner cette flexibilité. Les réseaux qui y émergent font partie du patrimoine de l’entreprise.
    J’ai “traité ces sujets” (si l’on peut dire, car le domaine est complexe et notre connaissance collective évolue très vite) dans les chapitres 4 et 5 de mon dernier livre :)
    Par ailleurs, mon blog est précisément consacré au sujet de l’intéraction entre l’organisation et la transmission d’information. Je me suis par exemple intéressé (au travers de la simulation) aux avantages des hiérarchies plates (et à leurs inconvénients bien sur).
    Anyway, bravo pour le blog, ce que j’y découvre est passionant.
    – Yves Caseau

  • Comment former les leaders de demain ? | Talent[Power]Management

    [...] Les leaders de demain seront issus de la Génération Y et s’épanouiront dans des entreprises nouvelle génération. Dans un monde “ouvert en réseau”, ils devront tout autant faire partie de la Hiérarchie que de la Wirearchy (ou Connectarchie comme le propose Bertrand). [...]

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