Bloc-Notes de Bertrand DUPERRIN

Reflexions sur l’entreprise, le management, la collaboration et les réseaux sociaux. Vers l’entreprise 2.0…

"Les entreprises les plus performantes sont celles qui pensent solidairement le changement technologique, le contenu du travail et le changement des rapports sociaux internes à l’entreprise” Antoine Riboud.
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Etude du Cigref sur le rôle des DSI dans la création de valeur

July 16th, 2008 · 4 Comments · Entreprise 2.0, Entreprise, organisation et management, TIC

Je voulais vous signaler cette intéressante étude du CIGEF, co-réalisée avec McKinsey, sur le rôle des systèmes d’information dans la création de valeur. Je vous conseille de la lire dans son ensemble, même si certains points ont attiré mon attention :

- le SI n’impacte pas directement la création de valeur.

- la valeur ne réside pas dans l’outil mais dans l’usage qui en est est fait

- il en résulte donc que les DSI ne doivent pas se satisfaire de proposer des outils en espérant que les métiers arriveront à en faire un usage intéressant mais doivent, au contraire, se consacrer à la satisfaction des besoins de ces derniers.

- une DSI ne peut donc créer de la valeur seule mais elle doit la co-créer avec les directions métier.

- de fait l’impact du SI sur la création de valeur doit être mesuré en fonction d’indicateurs métier et non d’indicateurs SI.

Cela n’est pas sans me rappeler le débat sur le ROI de l’entreprise 2.0 qui a mon sens n’a rien de soft ou de qualitatif mais se mesure à l’aune de la performance des process supportés. A titre d’exemple l’étude cite un cas AXA qui mesure effectivement l’impact en fonction d’indicateur de type balanced scorecard, ce qui n’est pas sans me rappeler toute ma série de notes sur les cartes de stratégie

Si cette réflexion peut en effet s’appliquer à l’ensemble de la logique SI elle est d’une pertinence incontestable dès lors que l’on s’intéresse au social software.

En tout cas la fin du “one size fits all” s’approche et le temps où le rôle des DSI sera de fournir à chacun ce qui convient le mieux à ses besoins plutôt qu’une offre standard et rassurante pour eux mais qui ne résolvent pas les problématiques opérationnelles des collaborateurs. Fini le “ils n’ont qu’à faire avec ce qu’on leur donne” et bonjour le “que puis-je faire pour vous ? Quels sont vos besoins propres ?”

Cela m’inspire une autre réflexion sur la notion de but. Si on considère que l’activité “DSI” est une fin en soi le mode de fonctionnement actuel est logique : rationnalisation des outils, des couts, offre unifiée. Si on considère qu’elle est au service de la performance de l’entreprise, alors mesurer son efficacité à l’aune de ses propres résultats est visiblement contraire à toute logique de performance métier. Les conclusions de l’étude, en tout cas, semblent le prouver. Ce qui, soit dit en passant, nous ramène encore à l’opposition entre optimas locaux et maximum global qu’il faudra bien que les entreprises règlent un jour. Mais nous en reparlerons sous peu.

En tout cas l’étude est ici.

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4 Comments so far ↓

  • Isabelle Gauthier

    La DSI fonctionne déjà bien souvent avec des contrats de service, qui définissent les obligations et besoins réciproques de la DSI et des métiers. Certains sociétés ont un fonctionnement ou la DSI n’est financée que par les métiers, qui partagent les coûts projets et de maintenance et doivent donc analyser finement leurs besoins, les hiérarchiser et les objectiver par des indicateurs (métier) de résultat.
    Peu à peu, la mesure de la performance d’une DSI dépasse son cadre, et intègre les dimensions business, RH et satisfaction des utilisateurs finaux.
    Pour le social software, il nous faut maintenant définir les indicateurs de performance autour de la création de richesse intellectuelle, une affaire qui va nous occuper un moment ;o)

  • Yves Cavarec

    Merci d’avoir évoqué dans votre blog cette question cruciale de la valeur de l’informatique dans l’entreprise. Je me permets toutefois de m’interroger sur les résultats proposés dans l’étude que vous évoquer.

    McKinsey parle de “la contribution des SI à la valeur globale produite par l’entreprise”. Qu’est-ce diable que cette curieuse “valeur globale”?

    1) Ce n’est pas la valeur ajoutée puisque ne contribue à la création de “valeur globale” que ce qui est utile aux métiers; or les salaires versés aux employés occupés à des SI inutiles pour l’entreprise font partie de la valeur ajoutée comptable.

    2) McKinsey évoque longuement les questions de gouvernance informatique. L’IGSI (du Cigref) définit l’IT governance comme l’ensemble des moyens mis en œuvre pour s’assurer que les efforts informatiques servent effectivement les intérêts de l’actionnaire (dans le cas d’entreprises). La “valeur globale” serait donc la valeur de l’entreprise du point de vue des actionnaires (prix de l’action et dividendes futurs). Pourquoi alors ne pas ne pas utiliser les termes traditionnels de finances d’entreprise?

    3) McKinsey utilise abondamment l’expression “valeur d’usage”. C’est un terme d’économie politique qui désigne capacité d’un bien à satisfaire des besoins. Or cette notions est traditionnellement entendue dans le cas de l’allocation des ressources par le marché et surtout dans le cas de biens fongibles. Quel sens cela peut-il avoir dans l’organisation alors les acteurs travaillent ensemble sur un ouvrage unique? Illustration n°1 bien fongible : on vous propose une bouteille d’eau, vous serez prêt à payer selon l’utilité de cette bouteille pour vous d’eau dans l’instant et selon la concurrence à proximité (valeur d’usage). Exemple n° 2 informatique: les traders (DM) demande à la DSI un outil pour simplifier la vente de titres à découvert : ROI prévue pour ce projet = énorme! La DSI livre le produit en un temps record en étant parvenu à mobiliser une équipe jours et nuits pendant des semaines. Pas de chance : pour cause de crise financière, le matin de la mise en production, l’Autorité de Marché Financiers interdit la vente de titres à découvert… Utilité du travail des informaticiens sur ce coup-là = zéro pour l’entreprise!

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