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Quelle est la valeur du savoir, de l’expertise ?
Category: Information / Connaissances, Knowledge EconomyC’est une des questions à la mode. Fini le temps béni ou on évaluait les individus en fonction du nombre de pièces fabriquées. Aujourd’hui le “capital connaissance” est capital, on évalue non pas une production certaine, planifiée, planifiable, mais une capacité à faire face et à proposer et mettre en œuvre des solutions devant tout type de problème.
Bref l’expertise a une valeur réelle mais lorsqu’il faut la quantifier en espèces sonnantes et trébuchantes on a souvent plus de mal. Comme j’ai déjà pu l’écrire par ailleurs au niveau de la valeur des actifs intangible et du ROI de l’entreprise 2.0 dont je maintiens qu’ils se mesurent à l’aune des process (formels et bien tangibles ceux-là) qu’ils supportent, à la valeur générée créée par les problèmes résolus. Ce qui montre bien, en passant, que le temps est le critère le plus inadapté qui soit pour mesurer le travail d’un collaborateur.
Pas de longue analyse aujourd’hui, juste deux petites histoires afin de bien vous faire saisir la chose et vous permettre, pourquoi pas, de briller au bureau ou dans les diners en ville.
Dans une usine une machine se met à ne plus fonctionner et les ingénieurs n’arrivent pas à identifier ce qui se passe.
Ils font alors appel à un salarié à la retraite qui a passé beaucoup de temps sur cette machine. Il vient, fait le tour de la machine, la regarde une minute, prend un morceau de craie et trace un cercle autour de la vis qui doit être resserée.
Il rédige alors une facture de 5000 euros.
“5000 euros c’est ridicule ! Tout ce que vous avez fait c’est tracer un cercle à la craie autour d’une vis”.
Il rédige alors une seconde facture
- Tracer un cercle à la crée : 1 euro.
-savoir où tracer le cercle : 4999 euros.
(trouvé au départ ici).
La seconde (trouvée ici) montre davantage la richesse de l’expérience (et la nécessité de la partager) : un succès obtenu sans effort visible aujourd’hui n’est jamais rien d’autre que le résultat d’années d’efforts qui eux ne sont pas visibles sur le moment.
Tags: économie-du-savoir , knowledge-workers , roi , valeurLa légende dit que Picasso était en train de dessiner dans un parc lorsqu’une femme chauve s’approcha de lui
C’est vous ! Picasso ! Le grand artiste ? Il faut que vous fassiez mon portait, j’insiste
Il accepta. Il l’étudia un moment et croqua son portrait d’un seul coup de crayon. Il lui tendit alors son œuvre
C’est parfait ! Vous avez réussi à capturer toute mon essence en un trait, en un instant. Merci ! Combien vous dois-je ?
5000 dollars.
Quoi ? Comment pouvez vous demander autant pour ce portrait ? Vous n’avez mis qu’une seconde à le faire !
Ce à quoi Picasso répondit : Madame, cela m’a pris une vie entière.
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[...] valeur du savoir 02sept08 Lu chez Bertrand Duperrin : Dans une usine une machine se met à ne plus fonctionner et les ingénieurs n’arrivent pas à [...]
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J’avais la même mais en plus jolie c’était un consultant réputé magique qui venait en désespoir alors que les ingénieurs avaient tout analysé, passé au crible, fait tourner les programmes et surchauffés les ordinateurs sans solutions. Celui-ci vient avec un simple attaché case, l’ouvrit pour en sortir un tout petit marteau et commenca àà tapoter les tuyauteries et machines délicatement.
au bout de quelque temps il s’arréta, tapota encore plusieur fois puis un coup plus sec et l’usine redémarra et la facture s’éleva à 100 00 $
100 000$ pour des coups de marteau !!!
Non 100 000$ pour savoir ou taper avec ce marteau
Enjoy your triop to USA
Je connaissais l’histoire de Picasso mais lui ne vend pas un savoir, il vend un talent. C’est pas pareil. Le savoir se transmet mais pas le talent.
Quant au retraité, il aurait été plus percutant en calculant le coût de l’absence de son intervention…. Mais je le concède, c’est sous entendu et l’histoire perdrait tout son sel!
Superbe billet !
J’ai écrit un papier autour de l’histoire de Picasso (cliquer sur mon pénom). J’avais oublié celle du retraité, qui est savoureuse.
La leçon que je tire de ces deux anecdotes, c’est que, dans l’économie du savoir, ni le temps passé, ni l’intensité de l’effort fourni ne sont des leviers pertinents d’appréciation de la valeur.
Au-delà de leur caractère drôle, ces anecdotes illustrent le fait que nous sommes à l’aube d’une remise en cause profonde des règles du jeu économique.
Avançons-nous vers la fin du travail posté caractérisé à l’aune d’un temps passé (35 heures ou plus), et/ou d’un effort ?
L’autre versant de la question devient alors : dans une économie où le talent prime sur l’effort, comment définir les règles de rétributions adéquates ?
Bonjour Bertrand
Il y a une autre blague de consultant, un peu ironique :
Ca se passe dans la campagne. Au croisement de deux chemins, un parisien dans un énorme 4X4 rutilant s’est arrêté pour laisser passer un énorme troupeau de moutons. comme c’est un peu long, il descend de voiture (le verbe descendre prend tout son sens dans un tel véhicule) et va tailler la bavette avec le berger, qui est au bord du chemin à veiller sur le passage de son troupeau. Ils causent un peu et le parisien pour briller, dit au berger : “tiens, sans les compter, je peux, avec mon appareil relié à un satellite, vous dire combien il y a de moutons dans votre troupeau. Vous pariez un mouton ? tiens, celui là, par exemple.”
- d’accord dit le berger.
Et le parisien monte dans son 4X4, allume le micro-ordinateur relié au GPS, fait un truc, et on entend la micro-imprimante crépiter. Il revient voir le berger, son petit papier thermique à la main et lui dit : “2687 moutons. C’est ça ?”
Impressionné, le berger attrape la bête et la met dans les bras du parisien, ravi.
Et il lui demande : “je peux essayer de regagner ma bête ? Je parie que je peux vous dire votre métier.”
-Ok dit le parisien, allez-y.
- Vous êtes consultant.
- Gagné !
et pendant que le berger reprend sa bête, le consultant lui demande : “comment l’avez-vous deviné ?
- c’est facile : Vous arrivez de nulle part pour me proposer de me révéler ce que je sais déjà, et en plus vous n’y connaissez rien. Cette bête, là c’est un chien, Pas un mouton.”
Morale : la connaissance, la compétence, l’à propos n’offrent d’intérêt que mis au service d’une problématique qui en vaut la peine…
@Jean-Marie : tu poses de manière détournée une question vraiment essentielle : la valeur d’un actif intangible (tel qu’il soit) ne se réalise qu’en cas d’alignement parfait avec les objectifs stratégiques.
On peut être très compétent dans un domaine, ça n’a aucune valeur pour l’entreprise pour qui le domaine n’est pas stratégique. On peut avoir les meilleurs outils, s’ils ne répondent pas à un besoin ils ne servent à rien etc… Ca me rappelle l’histoire des trois frères : l’un est plombier, l’autre médecin, l’autre énarque. Lequel a le plus de valeur ? N’importe lequel a partir du moment où tu as besoin de lui !
Jean Marie LOL, bon Bertrand c’est devenu l’almnach Vermot ici :-))
@Vincent : bah pour moi c’est les vacances alors je me détend un peu hein !
J’aime beaucoup! C’est le problème auquel je suis sans cesse confrontée lorsque je tente de mettre un prix sur mes prestations.
Installer WordPress? ça me prend 10 minutes, 3 si c’est avec un accès SSH. J’ai fait des dizaines et des dizaines d’installations ces quatre dernières années, sur toutes sortes de machines. On est d’accord, c’est pas sorcier, mais c’est un bon exemple. Combien je facture?
On m’a aussi demandé une fois combien de temps de préparation je comptais pour mes conférences. Pour être honnête, la plupart des mes conférences “standard” (ados, blogs, facebook et internet dans les écoles, ou bien guide touristique pour profs et parents un peu largués), j’en ai pour 10 minutes de prépa à tout casser. Quelques notes sur une feuille, ou ressortir les notes de la dernière.
Mais en fait, la réponse, c’est que cette conférence, cela fait 10 ans que je la prépare.
D’où l’intérêt, à mon avis, d’orienter la facturation sur le client: ce que je vais faire pour vous, ça a quelle valeur pour vous? Vous allez en retirer quoi? Ça va vous économiser quoi? Là, on commence à arriver quelque part.
[...] à vous la livrer telle quelle tout en vous invitant à la page et à parcourrir les commentaires (http://www.duperrin.com/2008/09/02/quelle-est-la-valeur-du-savoir-de-lexpertise/):Dans une usine une machine se met à ne plus fonctionner et les ingénieurs narrivent pas à [...]