Vous avez tous certainement entendu parler de la serendipité, cette démarche qui nous permet de trouver des choses par hasard et qui est souvent à  la base des meilleures initiatives car cela permet de sortir des sentiers battus au lieu de recycler sans cesse les mêmes raisonnements qui amènent toujours aux mêmes solutions. Mais pour trouver par hasard quelque chose qu’on ne cherchait pas, encore faut il que quelqu’un mette à  disposition quelque chose sans avoir idée de l’usage que certains pourraient en faire, sinon on reste dans un schéma malheureusement trop fréquent qui consiste à  garder l’information pour soi ou à  ne la donner qu’à  ceux dont on pense qu’ils en ont besoin. Avec deux conséquences : on oublie ceux dont on ne sait qu’ils auraient besoin de la dite information et on importune ceux dont on pense que….mais qui n’en ont en fait rien à  faire.

Ce qui doit nous rappeler à  tous, dès lors qu’on parle de partage d’information, qu’il ne faut jamais avoir d’a priori quant aux destinataires, sachant que ce qui est de l’or pour les uns est de la boue pour d’autres et inversement. J’ajouterai qu’on a tous notre or à  nous, et ce qui est utile à  quelqu’un pour une raison pourra l’être à  quelqu’un d’autre pour une raison totalement éloignée.

Voici le tout expliqué par l’exemple, suite à  une situation que j’ai vécu la semaine dernière.

Pour ceux qui qui n’auraient pas remarqué la baisse d’activité de ce blog ces derniers temps, il se trouve que je suis en congés (d’où l’utilité d’avoir des billets écrits d’avance…). Mes périgrinations me mènent du coté de Boston, sympathique ville au demeurant qu’il faudra que je retourne visiter plus en détail.

Après avoir largement arpenté les rues je me laisse tenter par l’air du large et m’embarque pour une petite balade ayant pour objectif d’aller voir des baleines au large. 4 heures plus tard me voici revenu à  bon port et je publie mes photos sur Flickr.

Jusque là  rien que de très banal. J’ai fait des photos, je les mets en ligne pour ceux que ça intéresse (ce qui évite également les « hé tu me montres tes photos » lorsqu’on rentre à  la maison). Bref rien d’exceptionnel, je suis content de mon après midi, j’ai fait quelques clichés sympas et je les partage avec qui veut bien.

Vous savez certainement qu’il y a des gens, des passionnés, qui « traquent » ces animaux afin de savoir ce qu’ils font, où ils vont, essaient de comprendre leur vie. Et ils ne peuvent être partout à  la fois.

Je n’avais pas mis les photos en ligne depuis quelques heures qu’il m’était demandé de les re-publier dans un groupe dédié aux baleines. Je m’executé et voici les passionnés en question qui annotent la photo en question, ajoutent des mots clé, car ils ont reconnu et identifié la baleine en question. Soit dit en passant, ça m’a permis d’apprendre qu’on reconnaissait une baleine à  sa queue. Valeur indéniable pour eux : ils l’ont retrouvée, savaient qu’elle était au large de Boston tel jour à  telle heure, et visiblement en bonne santé. Ce qui les aide à  faire leur travail de recherche et de suivi alors qu’au départ je partageais simplement mes photos de vacances.

Un dernier point : comment ont ils retrouvé cette photo ? Simplement un agent d’alerte fonctionnant avec les bons mots clé qui leur permet de recevoir l’information qui les intéresse sans avoir à  la chercher. Les allergiques au mail et à  l’information « pousséeé qui nous innonde et préféreraient un système permettant à  l’information pertinente pour eux et à  elle seule de les trouver comprendront de quoi je parle.

Bref, en rendant publique une information qui au départ ne semble concerner que moi, j’ai aidé des personnes à  accomplir leur tche. Sans aucun effort ni aucune « organisation » d’un coté comme de l’autre.Tout simplement parce que les bons outils sont utilisés par des personnes ayant des bonnes pratiques. Et en laissant aux autres la possibilité d’annoter la photo et d’ajouter des mots clé, j’ai appris pleins de choses sur l’identité de la baleine en question

Un sujet à  méditer si vous avez l’impression que le manque de partage d’information ou le fait qu’elle doive suivre des circuits alambiqués nuit à  la performance de votre organisation.

Pour information ce sympathique animal répond au doux prénom de « Percussion ».

Whales off Boston (Percussion)

 
  • Richard Collin

    On retrouve bien là  ce qu’écrit Clay Shirky dans son bouquin qui m’a régalé « Here comes everybody . The power of organizing without organizations »…on se fait un call pour en parler…en attendant enjoy Boston et les lobsters. Richard

  • @Richard : sympa ta photo 😉 On en reparle volontiers à  mon retour car il est sur ma table de nuit à  Paris, next on the list. Mais dans le, même ordre d’idée je te conseille également « the starfish and the spider » de Ori Brafman et Rod Beckstrom qui était dans mes bagages et m’a inspiré quelques bricoles pour des notes à  venir.

  • Très jolie anecdote et bel exemple démonstratif !

  • Herve

    Malheureusement, « se tromper regulierement en refusant de collaborer » est encore la methode la plus pratiquée en entreprise. J’adore tes titres…