On nous rabat les oreilles avec les digital natives, l’e-culture, le fait que ceux qui nous suivent transformeront le monde et l’entreprise. Mais qu’en est il exactement ?

Se pose également la question sous-jacente de l’utilisation des nouveaux outils dans le processus éducatif. Car le Digital Native est un Digital Learner, ce qui compte finalement peut être plus que tout le reste. Car s’il ne peut apprendre sa différence risque fort de ne rien lui apporter.

Avec comme le remarque justement brainfeed :

En filigrane, une question émerge. La fracture numérique est-elle vraiment là  où on nous la montre? Que penser, alors de ces affirmations:

  • « my parents use e-mail … I text instant message »
  • 76% de mes professeurs n’ont jamais utilisé de wikis, de blogs, de podcasts…
  • une fois par semaine, 14% de mes professeurs me laissent créer quelquechose au moyen de nouvelles technologies; 63% ne le font jamais…

Il est urgent de s’intéresser aux étudiants du 21ème Siècle!

 
  • Alexis

    Je vais te raconter une petite histoire vécue ce lundi, Bertrand. Il se trouve que j’ai assuré un cours de veille à  des licences de documentation. J’avais fortement suggéré à  un ami qui s’occupe de cette formation de le faire et il m’a logiquement demandé de l’assurer, l’objectif n’étant pas de théoriser sur la veille, comme tu l’imagines.
    Un petit questionnaire montra que, sur 20 étudiants, tous étaient dotés d’un portable wifi, tous avaient un usage quotidien du net, mais 10 seulement plusieurs fois dans la journée, 7 savaient ce qu’était un flux RSS et s’en servaient, 4 déclaraient être sur Facebook, 1 savait ce qu’était un Wiki en analogie à  Wikipedia. Bref, il semblait bien y avoir du pain sur la planche.
    Je savais déjà  que l’utilisation des TIC avec leurs autres profs se limitait à  subir des PPT et à  quelques échanges de mails, mais le plus beau était à  venir. Au bout de quelques minutes, j’ai découvert que ces étudiants qui ne payaient pas de mine question TIC, s’étaient monté un blog sous WP, avec des parties protégées pour collaborer et qu’ils y publiaient les supports de leurs profs. A défaut d’avoir de vrais outils de partage fournis par l’université, ni même de propositions de leurs profs, ils se le sont créés eux-mêmes et collaborent tous seuls comme des grands dessus.
    Ils ont été positivement ravi que je leur pousse quelques slideshares à  embedded dans leurs posts.
    L’autre morale de l’histoire, c’est qu’en bons geeks que nous sommes, nous ne nous rendons pas compte que les (vrais) gens se fichent du hype et du reste. Ils comprennent, ils mettent en pratique et le comble, c’est qu’à  leurs yeux ça ne casse pas trois pattes à  un canard. à€ titre personnel, ce fut donc une matinée tout ce qu’il y a de plus rafraà®chissant.

  • @ Alexis : ce qui me conforte dans une de mes pensées déjà  exprimée ici à  plusieurs reprises. Tu fais dans le hype et la techno et tu te plantes car tu fais de l’outil un objectif et pas un moyen. Tu oublies tout cela et tu te focalises sur l’outil « moyen » qui est simplement un moyen efficace de faire ton boulot, c’est beaucoup moins sexy mais ça marche parce que naturel, démystifié et, surtout ça a du sens.
    Ecole, entreprise, quelque part même combat : ce qui nous aide à  faire le boulot est utile et l’outil disparait derrière son apport, alors que l’outil pour l’outil n’apporte rien et fait perdre de vue l’essentiel : des tà¢ches et des objectifs à  atteindre.

    Cela me rappelle une conférence ou je suis intervenu sur le thème « comment faire adopter les outils du web 2.0 en entreprise » et o๠j’ai commencé par dire « si vous vous posez cette question vous êtes mal engagés…demandez vous d’abord pourquoi. Si vous répondez à  cette question il y a de fortes chance que le comment ne soit pas si difficile ».

    Ca me rappelle également ma chère maman que j’initie peu à  peu l’informatique (on part de loin). La communication P2P elle n’y comprend rien…mais skype elle adore et s’en sert tous les jours. CQFD.

  • Bonjour,
    je suis un enseignant qui suit assidà»ment ton blog. Je me pose la même question et essaye d’y apporter ma réponse en essayant de faire travailler mes étudiants sur des projets collaboratifs (si possibles géodistribués). L’objectif étant bien sà»r qu’ils apprennent aussi bien sur le fond que sur la méthode, sur les outils que sur les critères de choix d’outils.
    A l’usage, on constate que la culture numérique des jeunes se limite souvent à  l’utilisation de solutions grand public (Facebook, Youtube, Wikipédia, Google, …) qu’ils maà®trisent parfaitement et exploitent à  fond. Elles répondent parfaitement à  de nombreux besoins mais ne sont pas universelles. Les étudiants ont par exemple beaucoup de mal à  trouver et valider des informations pertinentes sur un sujet professionnel.
    @ Alexis : c’est intéressant ce que tu relates sur l’attitude des étudiants. Cela rejoint le travail de l’équipe EducTICE qui réfléchi sur les Environnements Numériques Choisis et la pédagogie embarquée. L’idée est qu’un blog est parfois plus adapté qu’un ENT, outil lourd à  mettre en oeuvre et pas forcément facile à  prendre en main.

  • Alexis

    @JDub : l’idée est d’autant plus pertinente que, pour reprendre Bertrand, le blog fait simplement le boulot, alors que l’ENT n’est qu’une caisse à  outils et ne rempli aucun objectif. Pire, la communication qui en est faite essaye d’en donner, mais ils tombent à  côté des véritables buts que recherchent les entités pédagogiques.

  • Du côté des cadres dirigeants il y a encore du boulot, voir le témoignage que l’on m’a raporté de première main, sur une entreprise du CAC 40…ça fait un peu peur…
    http://gillesmartin.blogs.com/zone_franche/2008/09/cadres-dirigeants-encore-un-effort-pour-%C3%AAtre-20.html