Bloc-Notes de Bertrand Duperrin

Reflexions sur l'entreprise, le management, la collaboration et les réseaux sociaux. Vers l'entreprise 2.0…

"Les entreprises les plus performantes sont celles qui pensent solidairement le changement technologique, le contenu du travail et le changement des rapports sociaux internes à l’entreprise” Antoine Riboud.
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Les enjeux des directions générales : des business models qui s’appuient sur les réseaux

December 8th, 2008 · View Comments · Communautés, Entreprise, organisation et management, Information / Connaissances, Ressources Humaines, Social Networking, Stratégie

Quelles sont vraiment les préoccupations des directions générales ? Quelle est leur compréhension des enjeux actuels ? Tout le monde parle de la nécessité de faire évoluer l’entreprise pour évoluer dans le contexte qui est celui de ce siècle mais encore faut il que l’information soit arrivée en haut lieu et qu’une prise de conscience ait lieu si on veut qu’à un moment où à un autre ça commence à lentement redescendre. Et même s’il faudra du temps, beaucoup de temps pour faire évoluer les choses, plus vite la prise de conscience arrivera mieux ce sera.

Pour ce qui est du présent cela permet également de valider la perception que nous pouvons avoir du changement en cours et la réalité dans la tête des décideurs.

Heureusement le travail nous a été prémaché par PriceWaterhouseCoopers qui nous délivre son 11e “CEO Survey”, une édition intitulée : “Compete and Collaborate : What is Success in a Connected World”.

Tout un programme.

Après avoir, il y a un an, prédit que trois tendances allaient rapidement influencer l’entreprise (Gobalisation / Connectivité / Communauté). Cette année PWC continue sur sa lancée car l’accent est mis sur la compréhension dont vont évoluer les business models. Et notamment sur la manière de créer de la valeur non seulement avec ses collaborateurs mais également avec ses concurrents. Avec une question en trame de fond : la consitution de réseaux d’affaires (traduisez business networks comme bon vous semble) est elle aujourd’hui in prérequis à la création de valeur ?

Concrètement parlant l’entreprise est tiraillée entre deux tendances fortes : collaboration et actions collectives d’une part, concurrence et individualisme d’autre part. Avec en pointillé l’impact qu’une collaboration renforcée a sur la diffusion du pouvoir et la perte de contrôle par le management.

Le rapport étant librement téléchargeable, je vais me contenter d’en résumer les grandes parties.

1°) Le contexte actuel

• Les nouveaux leviers de croissance sont l’agilité, le talent et la technologie.

• La crise va être source d’opportunités pour les fusions/acquisition

• Un monde interconnecté est plus soumis au risque mais offre également davantage d’opportunités.

2°) L’impact sur les business models

• les entreprises mettent en avant l’importance des collaborateurs mais sans encore oser en tirer les conséquences.

• La faiblesse du middle management et du junior management est une réelle barrière au changement.

• Pour faire face à ces blocages, il faut impliquer davantage les collaborateurs dans le changement, construire des organisations “connectées”,”developper” les individus en permanence, responsabiliser les collaborateurs à tous les niveaux et faire du changement la norme.

• La fonction Rh va donc devoir travailler en première ligne aux cotés du top management pour conduire le changement et ne pas se contenter d’être une function support.

• Les entreprises savent créer la collaboration autours d’une opportunité. Par contre elles sont incapables d’industrialiser ce modèle ni de capitaliser leurs expérience en la matière. La collaboration “adhoc” ne doit plus être une exception mais un principe organisationnel.

• Les gains de productivité ne s’obtiendront qu’à travers la mise en place de technologies de communication adéquates, de réseaux globaux et de méthodes de management innovantes.

• Le fonctionnement en réseau jusqu’à présent essentiellement utilisé pour le transfert de connaissances dans un périmètre restreint va désormais devoir être mis au service de problématiques stratégiques plus larges. Et ce en interne (entre les collaborateurs) comme en externe (partenaires, clients, ecosystème au sens large).

3°) En conclusion

• Quoi qu’il en soit la croissance doit être responsable.

• Il est important de définir les conditions d’un succès à long terme avec ses clients et ne plus se contenter d’objectifs à court terme,

• Pour que la collaboration soit efficace, les objectifs et la manière d’y parvenir, les modes opératoires, doivent être (re)définis en impliquant toutes les parties prenantes.

Et tout cela n’est pas tombé des visions de Madame Irma, ce sont des dirigeants qui vous le disent.

PS : pas un mot sur l’entreprise 2.0…le travail sur le concept est bien fini, on rentre enfin dans l’intégration du sujet  dans les agendas des dirigeants.

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  • Arnaud C.
    Merci pour cet échange.

    Je suis complètement d'accord même si la notion de culture mixte m'effraye toujours car l'entreprise, selon moi, courre le risque de manquer de cohérence stratégique interne, ou tout du moins nécessitera une certaine haute voltige de management !

    C'est en ça que j'ai justement été interpelé par votre billet sur la demi-stratégie.

    J'aime beaucoup, toujours pour nourir ce besoin de force et de flexiblité, le choix stratégique de certaines sociétés (Renault, ou Sncf, FT pour n'en citer que trois)qui ont préféré créer de véritables filiales "à part" avec comme enjeux de ne faire que du adhoc, de l'opportunistic et (du créatif souvent). Soit la filiale délivre à la colonne vertébrale un produit fini, et lui permet de ne pas toucher à sa culture fondamentale qui fait sa force,soit elle est réabsorbée une fois mûre sur son marché.
  • @Arnaud. J'ai repris les points tels quels. A titre personnel je penche pour une culture mixte. Il y a la colonne vertébrale structurante d'une part, et la capacité de faire du adhoc, "opportunistic" comme ils disent, lorsque la situation le demande.
    A cela plusieurs raison : on ne peut faire n'importe quoi de n'importe quelle manière dans n'importe quel sens. C'est la base de tout. Par contre l'entreprise doit de plus en plus non plus agir en mode planifié mais réagir dans un délais bref à une contrainte extérieure.
    L'enjeu est donc surtout de se donner la flexibilité nécessaire là ou les deux s'imbriquent (empowerment, autonomie etc...).
    Avec, bien sur, un curseur postionné differemment selon les métiers, les entreprises, les fonctions etc...
  • Arnaud C.
    J'ai un doute sur l'adhoc.

    Décréter que "la collaboration “adhoc” ne doit plus être une exception mais un principe organisationnel" est bien beau, mais c'est mettre toutes les sociétés dans le même sac et imaginer qu'aucune entreprise ne pourrait avoir de culture non flexible viable.

    Une entreprise hyper règlementée, dont la culture se fonderait sur les procédures ultra rédigées parce qu'ayant une base de production très large et peu qualifiée (donc 80% des multinationales industrielles.)recevrait cet impératif adhoc comme un choc culturel très dangereux. Non ?

    Ces sociétés s'adaptent en suivant les mouvements, évoluent à leur rythme, (long souvent mais leur force et leur puissance leur donne du temps), mais ne pourront se transformer en flexibles au risque de se dénaturer complètement.

    En ce sens, je fais référence à l'excellent billet sur les demi-stratégies. Demander à une des ces sociétés d'intégrer de l'adhoc, c'est risquer de leur demander de dévier de leur stratégie.

    On peut être évolutif, avoir des faculter d'adaptation... de là à s'imposer l'adhoc...

    Un des pré-requis est d'avoir des employés capables d'apprendre en continu et d'être dans le changement permanent. Sauf que tout le monde n'est pas PWC. Certaines entreprises, du fait même de leur métier, ne pourront pas.

    Leur imposer cela n'est-ce pas les mettre en danger ?
  • Bravo de relayer ces idées. Ecosystèmes d'entreprise, réseaux de valeur et Modèles d'affaires ont été les victimes des dégâts collatéraux causés par l'explosion de la bulle Internet. Il est grand temps de leur redonner leur place.
  • Bravo de relayer ces idées. Il faut faire bouger les lignes comme on dit maintenant.
    Les modèles d'affaires ont été les victimes des dégats colatéraux de l'explosion de la bulle Internet. Il est temps de les faire revivre avec leurs : les écosystèmes d'entrepise et les résa
  • Catherine
    En effet pour expliquer la difficulté de passer à cette nouvelle entreprise, on montre souvent du doigt la direction "mauvaise compréhension, obsolescence..." sans son appuie les projets seraient morts dans l'œuf. Pourtant force est de constater que beaucoup de projets sont nés grâce à une remontée des besoins métiers venant "du bottom down" ou de "l'écoute client". Si les besoins sont partagés et pertinents par rapport aux objectifs de l'entreprise et quelque soit le niveau, les frontières, ils finissent par aboutir. Si cette entreprise, c'est un nuage de points de talents et de compétences reliés les uns aux autres, je pense qu'il est temps d'utiliser cette force et ne plus jouer aux échecs mais adopter la stratégie du joueur de go, c'est à dire conquérir plusieurs petits territoires pour réussir la partie.
  • raydacteur
    Ouch! Là c'est du lourd ... merci Bertrand !
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