Le sujet a été émergent pendant quelques années mais c’est désormais une tendance majeure : les entreprises planchent sur le sujet « web 2.0 » en entreprise et plus seulement au niveau de la prospective. La logique de réseau et, par conséquent, de sa motorisation sont arrivés sur les agendas des directions générales. Il n’empêche que les personnes amenées à  se pencher sur la question et prendre des décisions finissent par y perdre leur latin.

Pendant les premières années l’équation était simple : web 2.0 = blogs + wikis. A peine l’intérêt de ces outils en entreprise a-t-elle été comprise qu’on a parlé de social bookmarking. Puis le RSS est arrivé dans la boucle, jouant à  la fois le role de middleware entre outils et de tuyau pour supply chain d’information personnelle pour les collaborateurs. Ce fut enfin le microblogging et, dernière tendance en date, les réseaux sociaux.

De quoi s’y perdre non ?

En fait pas tant que cela, dès lors qu’on considère qu’il ne s’agit pas de choisir entre ces outils mais d’en permettre une l’utilisation rationnelle de plusieurs outils, ayant chacun un usage précis, dans un contexte unifié. Pas question de passer d’un outil à  un autre : le collaborateur doit tout avoir sous la main en même temps et ne pas avoir à  se soucier de la manière dont toutes ces briques communiquent entre elles. J’ajouterai que la DSI ne peut pas non plus se permettre de continuer à  construire des ponts entre une multitude d’outil qui évoluent chacun au grès de leur éditeur respectif avec les risques de recouvrement que cela finit par impliquer et des passerelles à  redévelopper en permanence.

Dans cette logique l’émergence du réseau social en tant que problématique principale ne doit pas être traduire comme « un outil de plus » mais au contraire l’intégration de tout ce qui précède dans une logique unique et cohérente.

Les outils évoqués ci-dessus permettent, de partager, rendre disponible une information, émettre un message ou un « signal social » non pas à  destination de personnes nommément désignées mais d’une population donnée qui peut représenter un groupe précis ou l’ensemble des collaborateurs d’une entreprise. Chaque récepteur potentiel fait alors la démarche soit de rechercher une information précise, soit de mettre en place des « alertes » sur des contenus correspondant à  des critères données, soit en suivant les contenus d’une personne précise et, ce, outil par outil.

On peut légitimement craindre que ces pratiques qui sont acceptables en période d’expérimentation ou le périmètre humain et fonctionnel est souvent réduit ne créent une énorme confusion et soient une nouvelle forme d’infobésité alors même qu’un de leurs bienfaits est présumés est d’améliorer le rapport signal bruit. Mais pour cela encore faut il qu’une intégration poussée de ces outils permettent de rationaliser les flux qu’ils émettent, et que les collaborateurs apprennent à  maitriser et commander les flux qu’ils reçoivent plutôt que rester dans une logique de récepteur / victime passif.

Mais oublions quelques instants la logique fonctionnelle propre à  chaque outil et focalisons nous sur l’objectif qu’elle est supposée servir. Il s’agit de permettre de connecter à  la fois :

les informations entre elles

les individus entre eux

les informations entre elles via les individus

les individus entre eux via les informations.

Cela implique de manière évidente que:

les outils de publication/partage d’information soient connectés entre eux.

il existe une plateforme de réseau social au sens traditionnel du terme pour connecter les individus entre eux

cette plateforme de réseaux puisse utiliser l’information publiée par chacun grâce aux différents outils,  la manière dont elle est lue/utilisée ainsi que les échanges qui ont lieu autours d’elle afin de permettre d’identifier des personnes non parce qu’on les connait mais parce qu’on partage des problématiques et centres d’intérêts professionnels, opérationnels.

On le voit bien, à  condition de bien prendre en compte le fait que les contraintes de l’entreprise et ses objectifs propres lui imposent d’adopter une vision spécifique du réseau , plus analytique que déclarative, le réseau social n’est pas pour l’entreprise un outil de plus mais la couche finale qui lui permet de tirer la quintessence d’un ensemble d’outils protéiforme.

Le réseau social d’entreprise n’est donc pas un Facebook-like qui permet de connecter les individus. C’est un outil permettant de réunir en un seul endroit toutes les logiques des outils dits web 2.0 (blogs, wikis, bookmarking, tagging etc…) et de tirer profit de cette information pour recréer toutes les facettes du lien entre individu et information telles qu’expliquées plus haut.