Très souvent un frein à  l’entreprise 2.0 vient du web 2.0 lui-même. Nombre de décideurs, lorsqu’ils commencent leur réflexion, regardent logiquement ce qui se passe sur le web. Certains se reposent sur leur propre expérience parce qu’ils sont des utilisateurs plus ou moins avertis, d’autres découvrent un monde nouveau, parfois sans le comprendre.

Cela pose problème à  deux points du processus de transformation.

La décision : au moment de décider de se lancer dans un projet social software et quand bien même l’entreprise aurait compris l’enjeu organisationnel qui précède les outils, le décideur a en tête des gens qui racontent leur vie sur Facebook, se « pokent » et se livrent à  la guerre des vampires contre les zombies. Il pense aux « vidéos à  la con » que ses amis lui envoient, au « faites péter les com’s » de son ado de fils sur son skyblog, à  des commentaires disant que « c vrémen top », et aux milions de gens qui cherchent quelqu’un pour déjeuner vers Opéra, qui s’ennuient devant un programme TV pitoyable ou ont des voisins trop bruyants et le racontent sur twitter. Faute de recul suffisant c’est ce qu’il a à  l’esprit, ce qu’il visualise au moment de prendre sa décision.

Le déploiement. Déployer un outil est une chose, mais l’objectif est bel et bien qu’il améliore la performance donc qu’il soit utilisé, et utilisé pour les bonnes raisons. « Partagez, collaborez et connectez vous » n’a aucun sens pour les collaborateurs. Il faut traduire les grandes logiques observées sur le web et désirées en entreprise en comportements concrêts au quotidien. En amont cela aide le chef de projet à  « visualiser » la réalité vers laquelle on se dirige (ce qui n’est ni évident ni un luxe), en aval cela permet aux personnes concernées de comprendre exactement ce qu’on attend d’elles au quotidien.

Quoi qu’il en soit il importe d’apprende à  traduire les usages du web pour en transposer les logiques dans le monde de l’entreprise.

Quelques exemples :

chercher ses camarades de lycée sur Facebook : chercher sur l’intranet des gens qu’on ne connait pas mais qui ont la réponse à  nos problèmes. (Ou se poser la question du réseau constaté vs. déclaratif).

Twitter qu’on a raté le métro ce matin : mobiliser les énergies disponibles pour une vraie urgence.

Devenir « Fan de » sur facebook : mobiliser les personnes qui ont un intérêt sur un sujet donné et leur permettre de mettre leurs travaux en commun, d’avancer ensemble plus vite.

Mettre ses gouts et hobbies sur son profil : permettre à  chacun de connaitre ses expériences, expertises, éventuellement laisser ceux avec qui on a travaillé « appuyer » ces données en les confirmant.

Raconter ses vacances sur son blog : debrieffer sa dernière mission ou sa dernière négociation dans un espace public afin à  la fois de faire savoir comment on s’en est sorti…ou d’appeler à  l’aide collective si justement on ne sait pas comment s’en sortir.

Mettre à  jour son statut Facebook : dire sur quoi on travaille, de quoi on a besoin.

Voter pour un contenu : faire émerger ce qui a du sens pour les collaborateurs à  un moment donné.

Laisser un commentaire pour dire à  tout le monde qu’on est d’accord et que c’est « trop bien » : faire acte de management et montrer l’exemple en encourageant / félicitant un collaborateur.

Vous en avez d’autres…?