J’ai beaucoup aimé le travail de Jeremiah Owyang sur la construction du web social et j’ai été emballé par la discussion que nous avons eu à ce sujet lors de son dernier passage à Paris. Je m’étais interrogé alors sur l’application d’un tel modèle à l’entreprise. Le genre de challenge intellectuel qu’on se fixe pour son plaisir personnel sans trop se demander si c’est utile par ailleurs.
Je suis rapidement arrivé à la conclusion qu’un tel modèle ne pouvait s’appliquer à l’entreprise.
Car finalement, modéliser le web social revient à modéliser le web lui-même. En effet, le web social est la vocation profonde du web. A sa naissance le web avait vocation a devenir ce qu’il est en train de devenir. Analyser le web social revient donc à pratiquer une analyse à deux niveaux : la technologie et les comportements. Ce que me rappelait justement Jeremiah en me disant que son rapport visait les comportements individuels, pas les entreprises. Ces dernières ayant le choix entre sauter dans le train ou rester à l’écart.
Par contre si le web social est le devenir naturel du web, l’entreprise sociale n’est pas le devenir naturel de l’entreprise. Nul besoin d’une démonstration trop longue : ce qui s’est passé, se passe et va se passer sur le web est sous-tendu par l’attirance naturelle de l’internaute vers certains comportements. Ces comportements, même lorsqu’ils sont rendus nécessaires par des nécessités de performance organisationnelle, même lorsque l’entreprise donc enfin les promouvoir, sont tout sauf naturels au sein des organisations.
Disons, en résumant, que si on ne fait rien le web deviendra social. A l’inverse, pour que l’entreprise le devienne il faut beaucoup d’efforts. Si on considère que les membres d’une entreprise (ou de toute forme d’organisation) et les internautes ne sont qu’une seule et même personne, la question vient, une fois encore, de variables externes qui ne sont ni les hommes ni la technologie mais ce qui les conditionne.
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