Bloc-Notes de Bertrand Duperrin

Reflexions sur l'entreprise, le management, la collaboration et les réseaux sociaux. Vers l'entreprise 2.0…

"Les entreprises les plus performantes sont celles qui pensent solidairement le changement technologique, le contenu du travail et le changement des rapports sociaux internes à l’entreprise” Antoine Riboud.
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Travaille t’on avec des prestataires comme avec des salariés ?

June 18th, 2009 · Comments · Entreprise, organisation et management, Pratiques / Outils collaboratifs

La réponse est évidemment non. Et pas uniquement parce que la nature du lien contractuel diffère. Tout simplement parce qu’on raisonne toujours selon le modèle en vertu duquel il y a nous d’un coté, les autres de l’autre et au milieu…un mur. On se protège de l’extérieur par reflexe. L’externe n’a pas accès aux outils internes et intéragir avec lui est éminemment plus compliqué qu’avec un collègue (sachant que même dans ce cas ça n’est pas toujours aisé non plus). Bref, alors même que la valeur n’est créée ni d’un coté ni de l’autre coté du mur, mais par ceux qui sont a cheval dessus, issus des deux structures, on s’échine à réduire la bande passante entre les deux.

Je me demandais il y a quelques temps si l’avenir de l’entreprise n’était pas, à terme, de manager un écosystème de partenaires et d’externaliser nombre de compétences qui, quoi qu’il en soit, trouveraient davantage leur compte en externe qu’en interne. Un phénomène non pas dicté par une logique de circonstances mais par une vraie logique organisationnelle (dont on voit rapidement les limites également).

J’apprend ici que la tendance à l’auto-emploi se renforce et concerna 40% de la population US en 2019. Bien sur on me dira que c’est l’effet de la crise, ou alors que c’est culturellement plus naturel Outre Atlantique que par chez nous. Cela doit certainement compter un peu. Mais je remarque également que, même en France, j’entend beaucoup de personnes, jeunes et moins jeunes, avoir envie de voler de leurs propres elles, exploiter au mieux une expertise et la valoriser davantage qu’en interne. N’ayant pas de boule de cristal je n’irai pas plus loin, de toute manière seuls les faits diront ce qui se passera.

Mais si cette hypothèse s’avérait juste, il faudra apprendre à travailler véritablement efficacement avec une quantité sans cesse croissante d’expertise externes, de manière flexible, sans freins inappropriés.

Des changements sont donc à prevoir à la fois dans les pratiques (considérer l’autre comme un des notres), que dans les outils (des plateformes capables de gérer à la fois formel et informel, ouvertes à l’extérieur). Combien d’entreprises ouvrent aujourd’hui leurs espaces de travail internes à leurs prestataires (indépendants ou pas) ? Et quand elles le font, pour leur permettre quels types d’intéractions ?

Travailler avec ses prestataires comme avec ses salariés n’est pas qu’une phrase en l’air. Cela a des implications lourdes qui risquent de s’avérer vitales à mettre en oeuvre.

A méditer.

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  • la pinta
    Un complément de réflexion : Qu'est ce qui définit aujourd'hui les frontières de l'entreprise : c'est essentiellement le périmètre financier, donc finalement un héritage destiné à évaluer le montant de l'impot dû. Mais est-ce qu'il correspond au périmètre réel du business, de l'influence, des relations avec les partenaires ?

    Petite anecdote historique pour illustrer la pertinence de choix d'un critère : Cela me fait penser au nombre de fenêtres aux façades des maisons qui permettait de définir l'impot... on a muré des fenetres, mais ça n'a ni diminué la taille des maisons, ni le nombre de personnes qui y habitaient...avec juste un peu moins de lumière....et d'impot à payer.
  • Remarque très pertinente. La notion d'écosystème me parait de plus en plus importante à intégrer. Je serais très intéressé par le développement de cette thématique dans votre bloc note.
    Merci
  • Je travaille avec des prestataires depuis 15 ans, en générale de manière internalisée (régie), mais aussi au forfait.
    Il me semble clair que les personnes au forfait sont maintenues dans une bulle, d'autant plus si leur action est concentrée dans le temps. Mais je ne trouve pas cela très choquant, vu le contexte.
    Concernant les personnes en régie, je ne fais aucune différence entre elles et les permanents : mes prestataires ont souvent de lourdes responsabilités opérationnelles, et l'accès quasi total à l'information existante.
    Question de culture ?
  • Michel Maursi
    Il est aussi possible de travailler de façon totalement désincarnée avec les prestataire, je pense notamment au travers des places de marché comme www.codeur.com par exemple (il y en a d'autres).
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