La question du ROI est un sujet qui fait toujours débat, même si il énerve et sert de pretexte à  de nombreuses autres choses. Voici 10 choses en lesquelles je crois (pour le moment) sur le sujet. Ce ne sont que des convictions personnelles, qui ne valent que ce qu’elles valent.

1°) Ca n’est pas un sujet à  éluder. A partir du moment où on propose un coût à  l’entreprise, il est logique que celle-ci essaie au moins de le couvrir par un bénéfice induit, direct ou indirect. « Investissez du temps et de l’argent…vous voulez savoir ce que vous aurez en retour ?….mais on s’en moque, c’est sans importante »….est un discours qui n’a pas sa place dans une entreprise. Si vous n’êtes pas d’accord avec cette proposition je vous invite à  me verser 1000 euros (chèques et paypal acceptés) sachant que je n’ai aucune intention de vous expliquer ce que cet acte bienveillant vous apportera en retour.Si je deviens millionnaire à  la fin de la semaine je vous promet de reconsiderer ma position sur ce point.

2°) Le ROI peut prendre des formes nouvelles : là  où je rejoins tout le monde (ou presque), c’est que le ROI envisagé sous l’angle d’un modèle de rentabilité mathématisé et prédictible au centime près n’est plus la seule manière d’évaluer un ROI. R n’est pas une fonction de I mais dépend d’éléments périphériques (sens, alignement, management).

3°) Admettre le point précédant nous oblige a trouver d’autres manières de tracer la valeur créée.

4°) Il faut admettre que la « question du ROI » est bien commode pour ne pas faire ce qu’on a pas l’envie ou le courage de faire. Ce qui ne veut pas dire que tous ceux qui l’invoquent veulent nécessairement enterrer une idée.

5°)  Il ne faut pas chercher à  mesurer le ROI dans les outils mais dans la performance des Hommes et de l’organisation en général. Identifier le ROI de l’outil par son contenu et son fonctionnement demande de réinventer pas mal de choses. Mesurer l’amélioration de la performance des Hommes et de l’organisation est plus simple et plus concret. Les statistiques d’utilisation d’un outil ne prouvent rien en termes de retour. C’est l’utilisation des données contenues dans l’outil dans des situations quotidiennes, hors de l’outil qui a de la valeur.

6°) Evaluer le « manque à  gagner à  ne pas faire » est également intéressant. Dans une économie de transactions, commencer par évaluer les couts actuels et le cout des transactions qui ne peuvent se produire apporte de nouvelles perspectives.

7°) Le ROI se mesure de manière systémique : outils + modes de travail, le tout à  l’échelle individuelle et à  l’échelle de l’organisation.

8°) Repêter que « personne ne se préoccupe du ROI de l’électricité » n’a aucun sens. En plus toutes les entreprises essaient d’économiser de l’électricité et améliorer leur performance énergétique.

9°) Si on « protège » la chaine de valeur de l’entreprise contre le projet E2.0, aucun risque de voir un retour quelconque.

10°) Si certains arrivent à  mieux faire ainsi et continuent dans cette voie ça n’est pas pour le plaisir de dépenser de l’argent et de l’énergie à  une période où on manque de l’un et de l’autre. Se servir de leur cas non pas seulement pour savoir que « c’est possible » mais comme un laboratoire d’élaboration de nouveaux modèles de traçabilité de la valeur serait loin d’être idiot.

 
  • Pour croire au ROI, encore faut-il savoir de quoi l’on parle…
    Considérer cet indicateur comme désignant un rapport entre le « profit » généré et le montant investi est un calcul trés théorique et scolaire que les dirigeants et praticiens de l’entreprise ne font pas (ou plus);
    En fait , tout dépend à  qui l’on parle :
    Pour l’actionnaire et l’investisseur, le seul indicateur valable est l’augmentation de la valeur de l’entreprise, pas seulement la valeur de revente lors d’une transaction, mais aussi la valorisation de l’entreprise elle-même, le plus visible étant le cours de bourse (lorsque l’entreprise est côtée); dans cette approche, la valeur est fortement influencée par les « actifs immatériels » créés ou développés;
    Vu du client, c’est un peu la même chose ; l’immatériel, la qualité de service, la distribution, l’authenticité de l »expérience » vécue avec l’entreprise sont souvent plus importants dans l’acte d’achat que le produit lui-même et son prix.
    Vu du marché des talents et de l’emploi, on pourrait faire le même raisonnement : pourquoi vais je rejoindre ou rester dans cette entreprise; souvent le salaire ne siffit plus, et là  encore l’immatériel est déterminant;
    Donc cette histoire de ROI n’a pas l’importance que tu lui accordes, et tu peux garder tes 1000 euros; les dirigeants des entreprises les plus performantes, celles qui investissent et prennent des risques, n’ont pas les comportements infantiles que tu semble leur prêter…Finalement elles sont plus optimistes que toi;