Le personal branding est un outil d’intelligence collective et pas d’autopromotion

C’est inouï comme le sujet est devenu à la mode en l’espace de seulement quelques mois. Et comme le nombre d’experts  a fleuri depuis. Comme Vincent Berthelot je suis resté au départ interloqué sur le sujet avant, finalement, d’arriver à une rapide conclusion que j’ai exprimée dans un commentaire à son billet et que je recopie ici :

- si on est dans un contexte de transparence et que chacun valorise au mieux ce qu’il est c’est une bonne chose.
- dans la même logique, le personal branding doit être couplé à une logique d’amélioration personnelle : “comment progresser pour que je corresponde à l’image que j’aimerais montrer”. D’ailleurs c’est la même logique qui devrait s’appliquer au “branding” d’entreprise (produit ou corporate).
- pour que ce système fonctionne il faut que chacun joue le jeu ce qui suppose reconnaitre implicitement que X ou Y est meilleur que soi et lui laisser la “première place”. Impossible pour des raisons évidentes liées à la nature humaine…surtout quand un job est en jeu.
- d’où la dérive inévitable vers du marketing perso, impulsée par le bas mais que les honnêtes gens devront suivre pour ne pas se faire avoir par plus malin mais moins compétent qu’eux.

Et pour finir, pour reprendre le titre d’un billet de l’amie Michelle Blanc : “si votre produit est de la merde les médias sociaux n’y changeront rien”. A méditer.

Voilà qui résume ma pensée de néophyte en la matière. Mais pour en avoir discuté longuement avec Olivier Zara il y a quelques mois j’ai saisi le potentiel énorme de la chose, pour peu qu’on fasse la différence entre les usages gadget qui ridiculiseront la pratique et les “bons usages” qui seront collectivement bénéfiques. J’envisage ici la chose dans un périmètre large qui ne se limite pas à l’internet grand public mais trouve également largement sa place au sein même de l’entreprise.

Vous allez me dire que je reviens toujours à la même chose mais c’est, comme pour de nombreuses autres logiques, une question de passage d’une logique de push à une logique de pull.

On parle de mobiliser les meilleures ressources, talents (en tout cas les plus pertinents sur un sujet donné), ce qui nécessite d’être en mesure de les identifier. C’est vrai dans l’entreprise mais également hors de l’entreprise. Dans un cas on “staffe” un projet ou une résolution de problème, dans l’autre on recrute. Pour cela il faut avoir une vue claire et objective de qui est réellement qui et de ce que chacun peut amener. Cela passe par du déclaratif (je suis…), du démonstratif (voici ce qui le prouve) et un filtre social (les autres témoignent).

Mais pour aller au delà et comprendre le mécanisme il faut en revenir au besoin final (exprimé dans mon avant dernière phrase). Il s’agit peut être un peu de “pousser” son image mais il s’agit essentiellement de laisser des informations objectives disponibles à qui en a besoin. La nuance peut sembler futile mais elle est capitale quant on passe de la théorie aux faits : il ne s’agit pas de “donner”, “pousser” ou “transmettre” aux autres…mais de leur donner la capacité de trouver et prendre.

Si on bascule malencontreusement dans les vieux travers qui sont l’apanage du genre humain, tout le monde basculera rapidement dans une logique “push” (je dis ce que veux qu’on pense que je suis au lieu de laisser découvrir ce que je suis vraiment) et le coté positif du personal branding s’évanouira de lui-même.

En passant, peut être que la chose marchera mieux en entreprise où il y a davantage de régulation et où, l’expérience le montre, les collaborateurs n’osent pas verser dans l’autopromotion et le marketing personnel sur les réseaux sociaux internes mais préfèrent démontrer leur compétences par l’exemple en apportant une valeut ajoutée tangible dans les discussions.

Je comprend donc comment Olivier Zara est passé du  management de l’intelligence collective au Personal Branding, le second étant, à mon avis, la phase préalable à la mobilisation dont le premier a besoin.

J’espère que ce billet ne vous empêchera pas d’acheter son livre.

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  • http://www.conseilwebsocial.com vincent

    Finalement le Personnal branding n’est ce pas surtout quand les autres disent du bien de nous au lieu de vouloir convaincre tout le monde de notre excellence par des techniques marketing ?

    • http://www.duperrin.com Bertrand DUPERRIN

      Tout à fait d’accord…laisser faire les autres en fonction de données objectives qu’on laisse accessibles et de données subjectives venant de notre expérience commune.

      Ceci dit il est tout de même amusant que le discours visant à ce qui peut devenir de l’autopromotion chez les individus et celui qui proclame que l’entreprise n’est plus crédible lorsqu’elle agit ainsi pour son propre compte sont tenus par la même communauté.

  • http://projets.ekotekoo.fr PascalD

    D’accord avec Vincent en transposant aux e
    ntreprises qui pour que les consommateurs c
    omprennent leurs offres ont tout interet a les a
    mener a interagir sur une question reelle ou pretexte

  • http://www.reputation.axiopole.info/ Olivier Zara

    Je partage ton analyse à 100% et ton billet m’a fait très plaisir ! Effectivement, on peut parier que les comportements seront différents selon qu’on se place dans une perspective entreprise (réseaux, communautés, projets,… = localisation des talents) ou individuelle (gestion de carrière). Merci beaucoup parce que cela complète efficacement mon billet “Le Personal Branding au service de l’entreprise 2.0″ : http://www.reputation.axiopole.info/2009/06/18/personal-branding-service-entreprise-20/ :

    Je souhaite aussi remercier Miguel Membrado et Luis Alberola qui m’ont mis sur la voie de cette réflexion et qui en sont donc les initiateurs. Au départ, j’avoue honnêtement que je ne faisais aucun lien entre Personal Branding et intelligence collective. Il m’a fallu plusieurs semaines de réflexion pour faire le pont et cette discussion que nous avons eu ensemble et que tu évoques dans ton billet avait pour but de valider tout ça.

    Pour info et en forme d’appel à l’aide, voici les pistes que j’explore en ce moment :

    1. la différence entre marketing et branding en m’appuyant en particulier sur les commentaires de ce billet :
    http://www.novactif.com/2009/07/28/personal-branding-et-homme-sandwich/

    2. le pouvoir d’attraction qu’exerce le Personal Branding sur les personnalités difficiles (égocentriques, histrioniques, mytho,…) ainsi que sur les vantards et prétentieux qui y voient un excellent moyen d’outiller leur nature.

    Pas bien compris pourquoi tu termines ton billet par “J’espère que ce billet ne vous empêchera pas d’acheter son livre.” puisque tu es positif sur le concept de Personal Branding tout en soulignant à juste titre toutes les dérives et manipulations que je qualifierai de naturelles ou de terriblement humaines !

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