• Fred

    Si on les regarde avec l’œil d’un employé qui voit le mal partout tes propos sont plutôt effrayant non ? Il est facile d’y lire que l’introduction de l’Entreprise 2.0 est un moyen moderne qu’ont trouvé les entreprises pour mieux tirer partie (exploiter) leurs forces vives. Il est vrai que l’entreprise 2.0 ne propose pas de manière évidente de garde fous. Connais tu des bonnes pratiques en la matière ?

    • http://www.duperrin.com Bertrand DUPERRIN

      Effrayant ? Je ne pense pas. C’est simplement reconnaitre que le collaborateur n’a pas la même marge, la même latitude dans l’entreprise que sur le web et que ce qui prime dans toute action, même collective, collaborative, “sociale’, est l’objectif (qui détermine les individus) et pas l’inverse.
      Ca peut même être rassurant pour beaucoup qui ont peur d’être lachés dans le vide et voient bien là que leur travail, même dans un fonctionnement plus informel, répond à un objectif et s’inscrit dans un certain cadre. Un fil rouge, un objectif, des gardes fous…qui sont rassurants et nécessaires à la fois pour l’individu et l’entreprise.

      L’entreprise 2.0 une nouvelle manière d’exploiter au mieux ses ressources ? (je dis exploiter dans le sens “noble” du terme). Effectivement et c’est heureux. Heureux pour l’entreprise qui sous exploite une grande partie de son capital humain car elle sait pas aujourd’hui mobiliser l’ensemble du “patrimoine compétence” de chacun. Heureux pour le salarié qui, espérons le, pourra s’impliquer (ou être impliqué) là où il a quelque chose a donner. Tout ce qui permet de faire en sorte de diminuer le sentiment fréquemment exprimé de sous-utilisation ou mauvaise utilisation ressenti par de nombreux salarié est bon à prendre également. Le nombre de personnes conscientes de ne pas être à la bonne place, frustrées de ne pas être sollicitées sur quelque chose où elles ont quelque expertise ou experience à faire valoir est tout bonnement impressionnant lorsqu’on y pense.

      Je rappelle que le but de toute structure est de tirer le meilleur de ses membres. Qu’on parle d’une équipe de sport, d’une association, d’une entreprise . Faire en sorte que tous les talents puissent s’exprimer au mieux compte partout.

      Ce que je voulais surtout dire dans ce billet c’est que le contexte et le besoin prime, et qu’ils donnent un cadre, des limites aussi à l’autonomie. Qu’avant de mobiliser tout ou partie des forces vives de l’entreprise il importe de savoir pourquoi, ce qui déterminera “qui” mobiliser.

      Quant aux gardes fous ils ne sont pas propres à l’entreprise 2.0. Là encore c’est une problématique vieille comme le monde. Question de culture d’entreprise, de valeurs personnelles : la différence entre exploiter (dans le sens négatif du terme cette fois-ci) et tirer le meilleur (cad valoriser au mieux) n’est pas dans l’organisation ni les outils mais dans les valeurs.

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  • Fred

    Merci de ces précisions. tu mets exactement le doigt où je vois “l’effrayant” : les valeurs de l’entreprise. Pour en revenir à mon “employé qui voit le mal partout” c’est bien de cela dont il se méfie, car souvent ces valeurs sont mis à mal par les financiers qui n’y voient que des cases noircies sur leur tableur et qui détournent tout vers le profil immédiat et maximal. Par contre je te rejoins sur tous tes points et c’est certainement par ce discours que l’on peut le mieux impliquer ses collaborateurs et son entreprise dans une démarche E.2.0 équitable.

    • http://www.duperrin.com Bertrand DUPERRIN

      Ah qui le dites vous jeune homme ! Quant à l’employé qui voit le mal partout, je tournerais la chose différemment : il ne voit pas le sens des choses. Doit on le blamer pour ça ? Bien sur que non (sauf en cas de mauvaise volonté manifeste).
      On en revient à quelque chose de plus profond : croire que décider entraine l’execution qui entraine les résultats. Pour que cela fonctionne il y a un vrai travail de fond à faire et avant la sacro sainte exécution il y a le temps de l’explication, qui dure le temps qu’il dure mais qu’on sacrifie trop souvent. Des executeurs professionnels il y en a partout, la différence entre ceux qui réussissent et les autres vient du fait que certains prennent le temps de construire les conditions du succès avec les personnes concernées et les autres pas. Tu remarques qu’on a abandonné le champ du “social media” pour des problématiques on ne peut plus évidentes et terre-à-terre de conduite du changement.

      Sur le sujet je ne peux que te recommander “C’est n’importe quoi !
      ” et “Manager par le sens
      , les deux par David Autissier.

      Un sujet vieux comme le monde…

  • http://gestionnaireborg.blogspot.com/ Gestionnaire Borg

    Bonjour M. Duperrin,

    Vous dites:

    «Et de son “capital connaissance / capital social” comme carburant. Un carburant nouveau qui n’est pas stockable, pas remplaçable, pas substituable, et à la combustion aléatoire. Par aléatoire j’entendu qu’il ne donne de l’énergie que s’il le veut, et qu’il décide lui même de sa puissance énergétique en fonction de son humeur du moment.»

    Je ne suis pas en accord avec votre point du vue sur cette question.

    Pour la très grande majorité des entreprises c’est effectivement le cas mais cela ne veut pas dire que c’est ainsi partout et qu’il faille accepter cet état de fait.

    Il existe des organisations qui agrège le savoir individuel en savoir collectif et organisationnels. C’est le cas de l’organisation apprenante et des processus d’apprentissage organisationnel.

    Ainsi, l’entreprise a beaucoup plus de contrôle sur ces avoirs plutôt que d’être à la merci des différents individus et des risques liés à la concentration des savoirs.

    • http://www.duperrin.com Bertrand DUPERRIN

      Je suis totalement d’accord avec toi…mais si tu y regardes de plus près c’est l’individu qui reste seul décisionnaire. La seule différence c’est que, dans les entreprises dont tu parles, tout a été fait (techniquement, organisationnellement et surtout humainement) pour que chacun “donne” tout ce qu’il peut.
      C’est le collaborateur qui arbitre…en attendant certaines entreprises savent le faire arbitrer dans le sens du collectif, ce qui nécessite un peu de courage au début mais s’avère toujours payant.