Pour des réseaux sociaux en ligne puissants, concentrez vous sur vos réseaux hors ligne

Les entreprises commencent peu à peu à être à l’aise avec la logique de réseaux sociaux. Je parle bien sur des réseaux sociaux en ligne, sujet chaud depuis quelques temps. Deux réflexions me viennent souvent à l’esprit à ce sujet :

- alors que la logique de réseau est connue et utilisée par nombre de professionnels, de managers, depuis des années si ça n’est des siècles, tout le monde a été pris de panique lorsqu’on a parlé de réseaux sociaux…alors  j’attend qu’on m’explique comment un réseau pouvait ne pas être social.

- la grande transhumance vers les réseaux en ligne fait que les réseaux hors ligne (comprenez dans la vie réelle, avec des contacts visuels et auditifs) ont été complètement oubliés. Puisqu’internet allait nous permettre de nous connecter à des milliers de personnes sans quitter son écran et son fauteuil, allait permettre de générer des réseaux en clic, pourquoi s’ennuyer avec des vrais gens qui ne comprennent pas pourquoi on veut les amener à développer, qui posent des questions voire émettent des doutes.

C’est ce second point qui nous intéresse aujourd’hui.

Aussi surprenant que cela puisse paraitre, le réseau auto-généré en un clic, qui fonctionne tout seul et qui produit des résultats éblouissants…n’a jamais existé ni fonctionné. Le seul soucis est que beaucoup y ont cru. D’où des réveils difficiles et une subite interrogation : comment faire fonctionner ces réseaux ? Et, d’ailleurs, comment les créer ? Remarquons que le même problème se pose avec les communautés.

Lorsqu’on me demande de définir les outils de réseaux sociaux en ligne et leur apport, j’ai coutume de dire qu’ils permettent de s’affranchir des contraintes de temps et d’espace que l’on rencontre dans la vie « réelle », « physique » lorsqu’on a besoin soit de réaliser quelque chose ou d’engager des échanges avec des personnes connues ou solliciter ses contacts pour identifier des personnes qu’eux connaissent et dont on aurait besoin. Ce qui suppose qu’on ait déjà sous la main un « vrai » réseau, capable de fonctionner et dont les résultats ne sont limités que par la capacité des uns et des autres à le « matérialiser » (voir au delà des membres avec qui ont est en relation directe) et à trouver le temps nécessaire à l’organisation et à l’échange.

Un réseau (ou une communauté) n’est au aucun cas créé par un outil, ce dernier ne faisant qu’aider à le matérialiser et le fluidifier. C’est d’ailleurs ce qui ressort de cette étude sur l’utilisation des réseaux en ligne.

Les réseaux en ligne ne sont efficace que pour palier aux dysfonctionnements des réseaux hors ligne

La conclusion est donc aisée à tirer : partir d’une solution aussi brillante soit elle pour créer des réseaux est voué à l’échec. Il est essentiel de créer les réseaux, communautés, dans la « vraie » vie et, ensuite seulement, de les porter en ligne. Traduction : croire, comme cela a été longtemps le cas (et l’est encore pour certains) que se lancer dans une démarche technologique va permettre de se passer de travail sur des sujets aussi longs à traiter et parfois sensibles que le travail sur le sens, le teambuilding, le sentiment d’appartenance, la compréhension (et la définition d’ailleurs) d’un but commun etc… est une erreur. C’est au contraire un travail préalable à la mise en place des outils. Bien sur les outils renforcent le tout une fois tout cela mis en place. Renforcent mais ne créent pas.

Cela vaut aussi bien pour l’entreprise qui désire travailler sur ses réseaux internes que ses réseaux externes. Et comme le conclut l’article, il n’est donc pas question ici d’un canal de communication de plus, à traiter comme les autres, mais d’une stratégie en tant que telle qui demande un vrai changement d’état d’esprit.

  • http://www.aryane.com Luc Gendron

    Je trouve rafraîchissant ton billet de ce matin qui m’a été proposé par un Twitt de @PascalVeilleux.

    En fait, ça fait un bail que j’établis une relation symbiotique entre les relations « onlines » et « offlines ». La première fois, s’était en réaction d’un billet de Michelle Blanc sur les indicateurs de performance des réseaux sociaux (elle utilise plutôt le terme « médias » dans son univers professionnel).

    Je lui avait signalé que, malgré toutes les statistiques de fréquentation et de durée, l’indicateur de performance le plus signifiant d’un réseaux « onlines » est sa capacité à générer des occasions de communications « offlines ». J’ai même fait un billet à l’époque sur le réseau Apprendre 2.0 animé par Florence Meichel.

    J’irai plus loin en précisant que chaque environnement constitue un levier pour les communications dans l’autre environnement.

    D’ailleurs, j’animerai bientôt une discussion sur l’importance des actions « offlines » sur notre identité numérique lors d’un prochain IdentityCamp à Montréal.

    Si je suis d’accord qu’il faille qu’un groupe dispose d’un certain sentiment d’appartenance « offline » pour qu’un réseau social « online » puisse fonctionner et évoluer, l’inverse est aussi. Des individus capable d’établir un sentiment d’appartenance « online » développeront le goût et les occasions de se rencontrer « offline »

    C’est pourquoi je participe aussi régulièrement que possible aux Yulbiz, SWAFF, Webcamp et que j’ai co-initié les Focus 20 et Hyperlien.

    En conclusion, un réseau, qu’il soit « offline » ou « online », ne fonctionne pas à cause du cadre, mais à cause de la qualité de son animation et des individus qui en font parti!

  • http://bl0g.cedricpernet.net Cédric Pernet

    Effectivement, un post très rafraichissant. Etant un networker plutôt actif, j’ai à coeur de soigner mon réseau « réel » parisien. Je constate la différence avec mon réseau virtuel, qui est beaucoup moins réactif lorsque je le sollicite…