Quoi de neuf chez Lotus ? Ouverture, cohérence et valeur.

connections-logoComme je vous l’ai dit déjà dit, j’ai eu la joie de pouvoir me rendre à la dernière édition de Lotusphere afin prendre la température de ce qui se passait chez IBM/Lotus. J’ai mis du temps à écrire mon compte rendu car je me demandais sous quel angle prendre la chose.

Il est évident que la piste « j’ai vu des outils qui font ça » est inadéquate. Dans le domaine des solutions marquées « entreprise 2.0″ je ne pense pas que ce soit le sujet. Des outils permettant de créer des communautés il y a en a. Des wikis également. Des réseaux sociaux également. Des twitter-like aussi. Alors quand on s’appelle IBM (ou Microsoft…d’ailleurs on en reparlera après les prochains Techdays) on doit tout avoir en magasin là où certains se contentent de se spécialiser sur une partie de l’offre. Remarquons toutefois que mêmes des derniers tendant à enrichir sans cesse leur offre ce qui fait qu’à la fin les offres sont de moins en moins différenciées avec le risque de noyer parfois une brique de forte qualité dans une suite finalement moyenne.

Bref, si vous voulez des tests produits il y en a suffisamment ailleurs. La question est donc à mon avis ailleurs. Etre capable de donner de la cohérence à ces briques, être capable de donner une expérience cohérente à l’utilisateur dans des contextes multiples, s’intégrer dans leur workflow quotidien. Et j’ajouterai une cerise sur le gâteau : démontrer qu’on comprend les besoins des entreprises et avoir une vision crédible (si possible cohérente avec ma propre identification des enjeux).

Voyons voit ce que cela donne.• Des briques cohérentes :

Lotus Collaboration PortfolioQue l’on parle de wikis, de blogs, de communautés etc…, chez IBM tout cela est inclus dans un produit nommé Lotus Connections. Et, fort logiquement ces briques sont faites pour travailler ensemble, de manière cohérente. Ensuite tout est question d’interface, de la capacité à être compréhensible et utilisable par tous. Je ne dirai que quelques mots sur la question de l’interface : chacun a ses goûts et dire qu’un produit est mieux qu’un autre est tout simplement une question subjective. Je peux être très à l’aise devant une interface et vous pas…à chacun de se faire son opinion. J’apprécie toutefois la sobriété de l’interface. On pourrait trouver cela dommage quand on voit ce qu’on voit sur le web, mais il faut garder en vue que dans un contexte d’entreprise peuplé de navigateurs parfois prehistorisques, où le support de Flash ou d’Ajax est aléatoire, où les réseaux sont loin de valoir ce que nous avons à la maison, la sobriété et le fait de ne pas truffer son interface d »‘effets spéciaux »  nous éloigne peut être du web grand public mais aide à rendre un produit utilisable par le plus grand nombre. Et aide à lutter contre l’effet « gadget » qui rebute parfois certains utilisateurs ou décideurs.

• Faire face à des contextes multiples

Comme je le disais ici, l’activité du collaborateur n’est pas que communautés, blogs et réseaux sociaux. Cela fait partie de la collaboration au sens large qui s’effectue dans différents périmètres et  avec des outils différents. Mails, groupware, messagerie instantanée, réseaux sociaux : il n’y a pas d’ancien ou de nouveau modèle, d’anciens ou de nouveaux outils mais un certain nombre de contextes ayant chacun leurs outils. Mais ils adressent un besoin unique.

Le risque que j’ai souvent soulevé est de créer une « bulle sociale » déconnectée du reste. Avec des conséquences multiples :

• obliger le collaborateur à des va-et-viens entre outils

• une circulation des données peu fluides entre les outils

• une peur du collaborateur qui a l’impression qu’on lui demande d’abandonner ce qu’il connait

• la difficulté de développer des pratiques avec les nouveaux outils, le collaborateur se lassant et restant sur le domaine qu’il connait et maitrise le mieux depuis des années.

Chez IBM ce risque est a priori très important : Notes, Sametime, Quickr, Connections… tout cela sert à collaborer. Mais comment ? Quand utiliser quoi ? Comment unifier l’expérience du collaborateur qui ne peut passer son temps à jongler ?

L’avantage lorsque tous les outils viennent du même éditeur c’est qu’un jour ou l’autre la cohérence finit par arriver. C’est un des chantiers en cours chez IBM. Chaque outil a désormais un positionnement clair et les prochaines évolutions vont leur faire partager un grand nombre de services. Ca c’est pour aujourd’hui. Pour demain la solution s’apprête Project Vulcan qui n’est pas un nouveau produit mais une vision qui se déclinera à travers les produits existants. Un effort qui devenait indispensable en raison de la richesse de l’offre qui induisait une certaine complexité à la fois pour les utilisateurs et les décisionnaires qui aiment les offres claires.

• Respecter le worklow des collaborateurs

Il n’y a pas que les outils de collaboration IBM dans la vie. Il y a mille et un outils pour communiquer dans et hors de l’entreprise et tout autant d’outil métier qui ne sont pas à vocation collaborative mais qui génèrent des données autours desquelles ont veut collaborer. Travailler dans un outil, puis générer des intéractions autour des données qu’on y trouve, parfois avec une personne, parfois avec son équipe, parfois dans une communauté est un flux naturel pour le collaborateur. Un flux rendu quasi impossible à exécuter de manière fluide aujourd’hui. Ajoutons à cela que les personnes en question sont parfois connues, parfois inconnues, parfois hors de l’entreprise, parfois accessibles sur les plateformes différentes, cela tourne au cauchemar.

On voit déjà arriver la possibilité d’intéragir avec nombre d’outils et services grand public externes depuis Notes. Avec Project Vulcan cela devrait être possible avec toute application métier dont l’éditeur voudrait jouer le jeu avec la systématisation des API.

A quoi peut on rêver ? Avoir un tableau émanant de mon CRM ou mon ERP directement dans Notes et, depuis ce même Notes, l’envoyer par email, le partager avec mon équipe, le soumettre à une communauté ou le publier dans un blog…chaque modalité correspondant à un objectif de collaboration différent et précis.

Dans le même ordre d’idée on va vers plus d’intégration avec Sharepoint et Quickr pourra d’ailleurs s’appuyer sur un nombre croissant d’ECM (Sharepoint, Documentum…)

Le message semble clair : »utilisez nous comme vous voulez, avec qui vous voulez ». Plus concrètement IBM pense son offre non plus comme une suite de produit mais comme une plateforme avec laquelle tout doit pouvoir s’intégrer et intéragir.

• Comprendre là où on va

En englobant des pratiques de plus en plus protéformes la collaboration s’enrichit mais se complexifie. Pour une entreprise cela signifie : « cessez de me vendre des fonctionalités et de la techniques mais une vraie proposition de valeur qui inclut également des scénariis d’usage et des métriques adapatées à mon cas ». Pour un éditeur cela signifie « Elaborer une proposition de valeur à la fois riche, complexe et spécifique et ne pas faire supporter au seul client la charge de comprendre ce qui se passe mais être en mesure de l’accompagner ». Ou, dit autrement, « votre boulot c’est de réussir, nous on s’occupe du comment sans que vous ayez à gaspiller votre temps à comprendre comment tirer le meilleur de notre offre ».

S’il est un domaine où une approche du type « tout problème a une solution technologique » n’a plus de sens c’est bien celui là. C’est une démarche commerciale ambitieuse (car c’est une démarche commerciale) mais indispensable. Au vu de mes échanges là bas je pense qu’IBM a l’ADN pour passer ce cap qui va s’imposer de toute manière à tous. Peut être même que la capacité à développer une proposition de valeur tangible au lieu de se border à vendre une liste de fonctionnalités sera, dans ce domaine, beaucoup plus différenciante à la fois pour l’éditeur et le client que le produit lui-même à l’avenir. C’est dans ce sens que va Collaboration Agenda, dont Martin Koser parle d’ailleurs très bien ici.

• Conclusion

IBM apporte des réponses crédibles au enjeux que j’identifie personnellement pour le futur (et qui demeurent à mes yeux un frein important à l’adoption de la composante « sociale » de la collaboration » :

- éviter les bulles

- collaborer en mode « multi contexte » sans avoir à jongler entre les outils selon les canaux à employer ou les destinataires

- créer les liens forts avec les applications métier, fluidifier la collaboration autour des données de celles-ci et de manière générale créer un environnement de travail unifié.

Bien sur cela ne se fera pas en un jour mais la base est saine et la direction est bonne. L’ADN de l’entreprise également, ce qui n’a rien de négligeable non plus quand il importe d’être sur de la vision de l’éditeur avec lequel on travaille.

En un mot : « Eleve Lotus reçu avec mention assez bien. Les bonnes intentions montrées pourront lui valoir la mention très bien après examen à Lotusphere 2011″. Et comme l’écrivait très bien Stuart McIntyre, il se pourrait qu’un nouveau Lotus soit en train d’émerger.

Et pour vous remercier d’avoir lu ce billet jusqu’au bout…un petit bonus

Prochains billets « produit » : la nouvelle version de blueKiwi et ensuite un retour sur les Microsoft Techdays.

PS : Je continuerai à faire de temps en temps le point ici sur le sujet (comme pour d’autres éditeurs). Pour ce qui est des réflexions intermédiaires ou plus orientées produit, je pense continuer à les publier sur le blog que j’avais ouvert pour l’occasion afin d’éviter que cette dimension ne presse trop d’importance sur ce blog ci.