Bloc-Notes de Bertrand Duperrin

Reflexions sur l'entreprise, le management, la collaboration et les réseaux sociaux. Vers l'entreprise 2.0…

"Les entreprises les plus performantes sont celles qui pensent solidairement le changement technologique, le contenu du travail et le changement des rapports sociaux internes à l’entreprise” Antoine Riboud.
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La bible du community management est en ligne !

March 8th, 2010 · View Comments · Communautés, Social computing

State of Community ManagementVous avez pu remarquer comme je pouvais être méfiant vis à vis de la notion de community manager. Pas que je n’y croie pas, mais au contraire parce que l’importance et le potentiel de la fonction est tellement impressionnant qu’il ne faut ni le dévoyer ni traiter le sujet par dessus la jambe.

Qu’on parle de community management interne ou externe, il y a des enjeux, contraintes et risques dont il faut être conscient pour ne pas passer à coté du sujet. Il faut reconnaitre qu’on lit tout et n’importe quoi sur le sujet et que je pense que le risque est réel de voir le concept passer à la trappe pour excès de charlatanisme.

Il y a à mon avis plusieurs choses à avoir en tête :

- le community management n’est pas la réponse à tous les problèmes de l’entreprise, que ce soit avec ses collaborateurs ou son écosystème large. C’est, par contre, un moyen de faire des choses nouvelles, voire de faire d’une manière appropriée des choses qu’on faisait en dépit du bon sens, bref l’occasion d’explorer des gisements de valeur encore inconnus dont la taille nous échappe encore souvent. C’est donc également quelque chose qui doit s’articuler avec le reste de la structure de l’entreprise.

- c’est une affaire plus sérieuse qu’un simple boulot de faiseur de bruit ou d’”énergiseur”. Ceux d’entre vous qui liront l’excellent Social Networking for Business de Rawn Shah découvriront, un mindmap des responsabilités liées à la fonction qui leur fera prendre conscience de la complexité de la tâche et de la richesse du rôle.

Je ne sais comment cela se passe dans d’autres pays (enfin si…justement), mais le fait qu’en France le community management soit un rôle de junior et de stagiaire me semble plus qu’inquiétant. Une telle prise de position a provoqué l’ire d’un de mes lecteurs mais des billets tels que celui-ci me confortent dans ma pensée.

La bonne nouvelle c’est qu’il y a quand même beaucoup de personnes qui ont pris la mesure de la chose, le font sérieusement et partagent suffisamment leurs expériences ensemble dans une logique de progrès permanent qu’ils en sont arrivés à dégager un corpus de connaissances et de bonnes pratiques plus qu’intéressant. La seconde bonne nouvelle c’est qu’ils le partagent dans un document à télécharger gratuitement, intitulé “The State of Community management report“.

Dans une matière à la fois éminemment technique et humaine il ne peut exister de recette magique. Par contre il y a des éléments que l’on ne peut pas ne pas prendre en compte pour élaborer sa stratégie et son mode opératoire. Ensuite il faut savoir traduire la manière dont cela se traduit dans les faits en fonction de son propre contexte et, là, des retours d’expériences de ceux qui ont du faire face à ces situations sont capitaux. Ca n’est ni plus ni moins que ce que nous propose le “Community Roundtable” à travers de ce rapport :

- savoir de quoi on parle

- identifier les enjeux auxquels il faudra faire face

- avoir des éléments de réflexion pour y faire face le mieux possible en fonction de sa situation propre.

Ca a l’air simple dit comme cela mais la valeur est impressionnante tant pour le community manager, même confirmé, que pour l’entreprise qui veut définir sa stratégie, recruter la bonne personne, et a besoin d’éléments concrets avancer dans le concret. Quitte à s’attaquer à un tel enjeu, autant en prendre la mesure le plus tôt possible plutôt que de partir la fleur au fusil et se dire “ah..si j’avais su”.

Bonne lecture !

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  • ccile
    Je vous invite à contribuer sur cet article qui propose une définition du CM http://www.community-manager.biz/2010/03/11/et-...
  • @ simon, je n'ai pas été assez clair, ou plutôt, j'ai en effet été réducteur en parlant de marque.
    A titre personnel, je co-gère une communauté orientée "projets" (extranet d'un groupe) et nullement une communauté de marque :-) quant aux stagiaires que j'évoquais, c'était un propos général mais non vécu.
  • @laurent @simon : en fait (et je vais bientôt aborder le sujet) on souffre du fait que le terme community manager soit appliqué uniformément à des rôles complémentaires mais très différents... d'où la confusion qui règne...
  • simon
    Bonjour,
    malheureusement je n'ai pas encore eu la chance de parcourir les documents que vous signalez, mais merci.

    Cependant, pour répondre à Laurent et ccile, leur vision me semble un peu réductrice du CM. En fait ce qu'ils décrivent est une évolution lié au Marketing tribal ou communautaire, destinée aux communautés de Marques (voir par exemple B. Cova sur le sujet).

    Mais à côté de ce Community Manager (CM) 'marketeur' on trouve aussi celui d'Elizabeth (qui personnellement m'intéresse beaucoup Plus :D).
    Dans son cas, les communautés peuvent être vus comme des outils de gestion des connaissances (en particulier tacites que les techno KM ne savent pas gérer). C'est par exemple le fondement des communautés de pratique (Wenger, mais qui n'intègre pas les Tic) ou bien de communautés épistémiques (orientée vers la production de connaissances).

    On pourrai continuer, mais finalement, le métier de CM est en plein boom (ça c'est bien ;) , la preuve on en discute et on est pas d'accord. Mais comme vous le faite remarquer, on recrute surtout des stagiaires.... à ses risques et périls :'(

    Dernière remarque, c'est la propension des uns et des autres à concevoir le CM, mais aussi toute la communauté, à côté de la technique (les "tuyaux" comme dit Laurent).

    Or, les deux (et même les trois si nous y incluons les connaissances) sont bien imbriqués. Et le résultat de la communauté ne dépend pas d'un élément mais bien de la combinaison de l'ensemble. Je dirai même composition des trois, et c'est à mon avis LÀ qu'est la valeur ajoutée du Community Manager.


    Cdlt
    simon
  • ccile
    Bonjour, je trouve vos billets très intéressants. Je me permets de vous faire partager quelques réflexions sur le community management issues des débats organisés cette semaine par Paris 2.0 :
    - un community manager est un modérateur avec vision stratégique
    - il est à la fois, communicant, producteur de contenu, animateur, modérateur et dans certains cas, manager d'une équipe
    -le community manager a une démarche commerciale, dans le sens où il prospecte des internautes pour les inviter à participer
    Du côté des entreprises,
    - le ROI des médias sociaux peut s'évaluer en termes d'acquisition de prospects et de réputation
    - celles qui ont une stratégie à court terme ont eu un mauvais retour d'expérience dans les médias sociaux
    - dialoguer avec les internautes, c'est un coût humain
  • Elisabeth Guilbaud
    Bonjour, je suis manager de la communauté des personnes accompagnés dans leur projet professionnel chez BPI group. C'est un métier que je découvre après avoir été responsable du centre d'information de ce même cabinet d'outplacement. Je confirme par cette expérience naissante qu'il faut d'une part bien connaitre l'entreprise et ses salariés pour laquelle le community manager travaille, avoir une grande expérience des problématiques de la communauté, et une certaine maturité notamment dans la gestion de la relation et l'animation des personnes. Il est donc vrai qu'un stagiaire n'est pas toujours le plus opérationnel pour ce genre de fonction dans ce type de contexte, il faudra alors l'accompagner. Par ailleurs, des compétences en gestion et structure de l'information me semble être particulièrement profitable. Les professionnels de l'information (documentalistes, knowledge manager...) ont une carte à jouer sur ce nouveau métier.
  • Bonjour (et désolé pour le retard)....vous me parlez d'un monde que j'ai beaucoup fréquenté au début de ma carrière et c'est vrai que la légitimité pour animer de telles communautés ne se décrête pas. De même, il ne s'agit pas là de pousser des contenus et faire discuter des gens mais de se servir du groupe et de ses synergies pour un objectif précis : améliorer sa démarche de recherche d'emploi et....trouver un emploi.

    Je pense, de plus qu'un challenge d'importance dans votre situation est non seulement d'animer la communauté "actuelle" mais, dans un monde parfait, de capitaliser sur les anciens candidats, ceux qui ont trouvé, pour que leur réseau et leur expérience serve à ceux qui les suivent. Ils ont connu la même expérience, ça les rapproche. Mais une fois qu'on a trouvé on oublie vite...
  • Je n'arrive pas à comprendre comment d'un côté on peut "employer" un stagiaire (avec tout le respect que l'on doit aux stagiaires) et de l'autre, engager la réputation d'une marque ; dans la mesure où le "stagiaire community manager" parle en son nom. C'est un contresens assez saisissant.
    Quoi qu'il en soit, vue de mon humble fenêtre, j'ai tout de même l'impression que les choses bougent dans le bon sens, les clients commencent à comprendre que les tuyaux doivent être alimentés, et ceci par des gens compétents-expérimentés.
  • merci beaucoup pour le lien vers mon article "Community Manager un poste de stagiaire?" ;)
  • On a le même avis et je compte enfoncer le clou d'ici peu. Il y a une vraie différence sur la vision du poste selon les pays et les cultures et je suis effondré de voir qu'ici on prend la chose par dessus la jambe.

    On en reparle avec plaisir à l'occasion...
  • Hi Bertrand -

    Sadly, my French is near non-existent (despite just spending the week in St. Martin and enjoying some wonderful French food!) but thank you for covering our report on your blog and for sharing what you found interesting about it with your French audience. Merci beaucoup!

    Rachel
  • One more thing... if your french is not that good...I publish a quick and dirty translation (I mean I don't have enough time to rewrite) on duperrin.com/english 7h hours after the french publishing.
  • I think I have to start a french class for people like Susan and you.

    More seriously, you really did a great job. According to all the retweets I got I'm sure your report will be a hit in France.

    I'm looking forward to meeting you in Boston in June...I think we have so many things to discuss and compare (yep ! Culture matters)...
  • Thank you Bertrand - it will be great to see you in June - I can show you around Boston a bit... we like to think the city (but not really the culture...) is more European than many in the U.S. but you'll have to judge for yourself.

    I very much appreciate your post and exposing our work to your French audience.
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