Vos clients sont ils plus fiables que vos salariés ?

Qu’on nomme la chose “crowdsourcing”, “open innovation,” “innovation participative”,”innovation distribuée” ou encore qu’il s’agisse (et c’est la logique des choses) d’une brique d’un dispositif d’amélioration continue ou, pour en finir, d’une logique de “social crm“, la logique selon laquelle l’entreprise doit co-construire avec tous, salariés et clients, devient un fait acquis, quand bien même beaucoup de questions se posent quant à la mise en œuvre.

Il est certains questionnements qui reviennent de manière relativement récurrente :

- j’ai 30 000 salariés qui connaissent mon entreprise et mes produits alors pourquoi prendre le risque de s’ouvrir vers l’extérieur. On est bien assez nombreux comme cela.

- dois-je travailler avec mes salariés et les externes de manière conjointe ? dois-je isoler les uns et les autres dans différentes bulles ?

La vérité est que si l’entreprise qui s’engage dans une telle voie a un but, les participants, indépendamment de leur bonne foi, peuvent avoir des buts inconscients parfois divergents. Rien de grave mais encore faut il le savoir et agir en conséquence.

A priori rien de mieux qu’un salarié motivé désireux de faire progresser son entreprise. D’ailleurs c’est bien connu, aujourd’hui le consommateur rêve de dire à l’entreprise ses 4 vérités, alors autant profiter de son avis lorsqu’il est entre les murs de l’entreprise en tant que collaborateur non ? Et bien justement c’est là que le bât blesse et qu’on voit l’intérêt de se retourner vers les clients afin d’avoir un autre son de cloche.

Pour le collaborateur l’entreprise est hiérarchique. Quoi qu’on en dise c’est un lieu de pouvoir et beaucoup pensent, à tort ou à raison, que la plus constructive des remarques peut se payer le lendemain suivant le degré d’ouverture de la personne qui se sentira, là encore objectivement ou subjectivement, mise en cause. La crainte du pouvoir de sanction peut donc limiter la participation voire en biaiser le résultat.

Le pouvoir de sanction, parlons en. Il appartient, dans l’entreprise à la hiérarchie qui peut sanctionner le collaborateur. Et qui sanctionne la hiérarchie ? Indirectement le client qui est libre de ne pas acheter ce qui constitue en fin de compte la sanction suprême sans même aborder la question de l’ereputation.

Le client serait donc plus sincère parce qu’il n’a rien à craindre de la relation et est dans une démarche de progrès là où le salarié peut être dans une logique de peur voire de travestissement de ses idées pour dire ce qui va plaire et non ce qu’il pense.

L’ironie de l’histoire est que vos collaborateurs sont plus à l’aise pour aller critiquer et faire avancer les produits du concurrents que les votres…et réciproquement. C’est un fait.

Faut il pour autant exclure le salarié du dispositif ? Pas du tout, mais il faudra penser aux mécanismes qui supprimeront le biais et amèneront le collaborateur à oublier sa crainte, avoir confiance, être positif et constructif.

Moins de danger avec le client, surtout grand public. Par contre il faudra réussir à capter son attention déjà sur-sollicitée. Un challenge moins diplomatico-technique qui n’est pas dénué de difficulté non plus.

Voilà donc pourquoi il est utile de ne pas se reposer que sur ses propres troupes.

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  • http://www.blog-interaction.fr/ Jean

    En effet, même une boîte de 30000 personnes peut bénéficier d'une participation des consommateurs :)
    A la raison de la hiérarchie, je rajouterai :
    - La créativité : le pire ennemi de la créativité est la routine. Même en mettant en place des actions en faveur de la créativité, un regard neuf sur un problème sera toujours plus créatif et plus ouvert pour y trouver une solution.
    - La connaissance du consommateur : même si l'entreprise doit être le leader dans la conception du produit (pour ne pas tuer l'innovation en particulier), il y a parfois des détails que les consommateurs auront mieux perçu sur le besoin auquel répond le produit créé par l'entreprise.

  • http://www.theinnovation.eu/ guyp

    En fait, les connaissances détenues par les salariés sont différentes des connaissances des clients. Les salariés du producteur sont souvent des experts techniques alors que les clients sont des experts de leurs usages.
    On constate souvent que les concepteurs dans l'entreprise ne sont pas les utilisateurs des produits qu'ils conçoivent. Difficile alors d'anticiper les problèmes d'utilisation ou même de bien comprendre l'intérêt d'une innovation pour le futur client. D'où l'intérêt de faire entrer le l'utilisateur, puis le client dans le cycle de conception de produit innovant dès les premières phases. Pour moi les deux ne s'opposent pas mais sont complémentaires

  • http://www.mediazbiz.com Patrick Attallah

    Calude Malaison en Août 2009 évrivait dans son billet intitulé 'Les médias sociaux et la perte de productivité des employés? Mon oeil…' (http://bit.ly/b38yfm):

    Lors d’une récente conférence prononcée à Lille, LA ville des grandes entreprises françaises de distribution (Castorama, La Redoute, Auchan, etc.) j’ai identifié 262 groupes d’employés d’Auchan sur Facebook et posé la question: Pourquoi sur Facebook et pourquoi autant?

    … Parce que les employés n’ont pas la possibilité de « réseauter » en interne. Ce n’est pas sorcier pourtant… Donnons aux employés la possibilité de participer à un RÉSEAU PROFESSIONNEL INTERNE et d’y découvrir les expertises de leurs pairs, la possibilité de travailler en équipe en wiki au lieu de perdre du temps dans les réunions et les échanges improductifs de versions de documents Word par courriel, la possibilité de soumettre leurs idées sur le développement d’un nouveau produit ou sur l’amélioration d’un processus de travail et d’être ainsi reconnu par l’entreprise et leurs pairs dans une idéagora d’innovation interne.

    Mon billet sur le sujet: http://bit.ly/8FvKbW.