Pour convaincre les collaborateurs de faire leurs premiers pas sur des outils dits « 2.0 » en entreprise il est impératif de leur montrer des bénéfices personnels rapides. Cela s’avère plus ou moins facile selon les outils.

Prenons les profils par exemple. Quel est mon intérêt de remplir un profil « riche » dans lequel je vais donner un maximum d’informations (d’ordre professionnel bien) sur moi et de savoir que plus je serai « socialement actif » par ailleurs plus ce profil s’affinera en fonction de mes lectures, de mes participations, des « tags » utilisée etc… ? L’intérêt est d’aider celui qui a besoin de moi à  me trouver. Coté bénéfice direct on a vu mieux. Bien sur si les autres font pareil je vais pouvoir trouver mes « sauveurs » plus facilement et ça c’est un vrai plus. Mais la logique qui va me faire remplir mon profil en espérant que cela finisse par donner aux autres l’envie de le faire est assez lointaine pour que je n’en saisisse pas du tout l’intérêt immédiatement. Et puis n’oubliez pas que, comme tout le monde, je n’ai pas le temps. Donc ça attendra.

A l’heure où le microblogging d’entreprise devient un sujet à  la mode se pose également la question du bénéfice « rapide et direct » à  démontrer aux utilisateurs. Un des bénéfices est « donner de la visibilité sur ce que je fais pour éviter de répondre sans cesse aux mêmes questions ». D’accord…on aide les autres mais on se dit que le bénéfice par ricochet est tout de même moins nébuleux. Mais on peut aller un pas plus loin…

Dans une équipe, il arrive souvent que les autres prennent des décisions qui nous engagent. Ils sur-estiment notre disponibilité, décident d’une action sans savoir si elle est en cohérence ou non avec ce que l’on fait etc… et à  la fin on doit s’expliquer, s’exécuter de mauvaise grâce ou rattrapper les pots cassés. Bien utilisé avec des scénarios d’usage adaptés au travail en équipe, le micro-blogging aide non seulement les autres à  prendre de meilleures décisions…mais nous évite de subir l’impact de décisions prises en méconnaissance du contexte.

Le fait que la notion de partage d’information dans un contexte de « social media » produise un bénéfice pour l’auteur qui soit en général non pas direct mais par ricochet vous inspire t’il quelque chose de spécial pour l’implication des collaborateurs ? Est-ce une spécificité que l’on a trop méconnu ou dont l’impact a été sous-estimé ?

 
  • francklapinta

    La crise, en limitant les volumes de recrutement, incite les entreprises à  se tourner davantage vers les compétences en interne, et redécouvrent pour certaines les vertus de la mobilité interne. Dans ce contexte, la nécessité pour les collaborateurs de renforcer leur visibilité en interne, devient un élément qui participe à  la volonté de transparence indispensable pour un marché interne des offres d'emplois. C'est également pour le collaborateur un moyen de renforcer son « employabilité interne » quand les opportunités à  l'extérieur se font plus rares.

  • Je renverrais à  ce qu'explique Bill Ives dans son retour d'experience sur le projet Hello à  Booz Allen :

    There is also a greater sense of individual responsibility as people are better empowered to manage their identity in the firm and their career development. The Hello tools provide both greater control and increased transparency (…) A person is more likely to get staffed on a project that reflects the interests and experience noted in their profile

    Permettre les autres à  mieux nous trouver mais surtout nous permettre d'avoir un plus grand contrôle sur notre carrière et se sentir plus influent sur ce qui nous arrive : ainsi réduire le stress lié au sentiment de subir notre carrière.

    Mon sentiment c'est qu'il ne s'agit pas de demander auxconsultants de réfléchir aux solutions pour inciter les collaborateurs à  utiliser les réseaux sociaux mais poser la question en ces termes aux collaborateurs : préférer être passif ou actif dans le processus de gestion de votre carrière professionnelle ?