Le partage d’information : besoin visceral ou bonne pratique involontaire ?

Suite de mes discussions Milanaises avec Mark Masterson. A force de digresser sur les Y nous en sommes venus à aborder la question de la prétendue sociabilité du collaborateur. L’idée était de sortir du lieu commun idéaliste et idéalisant selon lequel “tout le monde veut partager, tout le monde veut s’ouvrir, se connecter et ceux qui ne vont pas dans ce sens sont des vilains” pour essayer d’objectiver la chose dans un contexte d’entreprise.

Première réponse facile : “ça dépend”. On le voit bien, du surpartage d’information des uns au repli sur soi des autres il y a toute une gamme de comportements dont les causes sont certainement liées à un enchevêtrement de facteurs relativement complexe.

Ensuite : “c’est (comme d’habitude) une affaire de culture”. C’est désormais un fait acquis que dans certains pays on fait une séparation stricte entre vie privée et vie professionnelle sachant que ce qui est du ressort de l’un n’a pas à être partagé ni connu dans l’autre.

Enfin : “mais qu’est ce qui nous fait dire que les gens partagent de l’information sur le net après tout” ? Ils partagent des “statuts”, des émotions non ? Ils répondent à leurs contacts, leurs donnent des réponses, des coups de main. Cela signifie-t-il être “social”, “serviable” et nous amène-t-il à conclure que, de manière naturelle, l’individu recherche le contact avec le groupe et désire apporter quelque chose à ses semblables ? Non.

Si l’on regarde ce qui se passe sur le net, l’acte de diffuser de l’information est davantage du “moi je” que du “je te donne”. “Je suis à tel endroit (et pas vous)”, “j’ai eu telle expérience et je peux en parler”, “j’ai quelque chose à dire (je veux surtout être entendu)”. Finalement le partage semble davantage relever d’un acte d’autopromotion que d’une réelle volonté d’aider, de partager, qui ne sont finalement que des moyens au service d’une stratégie personnelle. Un peu comme les personnes, politiciens par exemple, que l’on voit subitement s’affairer sur le terrain pendant 10 minutes et reprendre de la distance une fois les caméras de la télé parties. Doit on le regretter ? A mon avis non, si la satisfaction des égos contribue au bien commun alors Adam Smith n’avait peut être pas tort. Mais nous devons admettre que c’est davantage du “show off”, de l’automopromotion que du partage délibéré.

Pour reprendre l’expression d’un bon ami : c’est de l’égo-altruisme.

Ce qui nous amène à la question de l’importation de ces comportements dans l’univers de l’entreprise. [Read more...]

Entreprise 2.0 et process : de quoi parlons nous ? (Et pourquoi ?)

Résumé : la question des business process a récemment fait irruption dans le monde de l’entreprise 2.0. Sacrilège pour les uns, approche pragmatique sans laquelle aucune valeur ne sera créée pour les autres, on a vraiment atteint un point d’inflexion dans la réflexion. Mais encore faut il savoir que quoi on parle : il ne s’agit pas de mettre l’informel en process mais bel et bien de le mettre au service du process, sans pour autant le dénaturer. Ensuite si on considère le process comme une suite de tâche structurant la production, le travail, il importe de bien faire le distingo entre ce que devraient être des process appliqués à certaines activités et ce qu’on en a fait au fil des années. On parle bien là de l’activité de production telle qu’elle devrait être structurée et non de la manière parfois trop rigide et inadaptée dont elle l’est aujourd’hui. Ceci dit il importe également de connaitre les raisons qui amènent à cette approche. Elles sont nombreuses et de valeur inégale mais finalement peu importe : même s’il y a de nombreuses choses à faire hors du spectre des process on ne peut pas ne pas s’y attaquer un jour alors autant trouver son angle. Qu’on veuille les garder tel quels, les transformer, les éradiquer peu importe : on ne peut pas ne pas les considérer.

Grand émoi depuis quelques temps dans le petit monde de l’entreprise 2.0 : depuis qu’un des messages forts de la conférence de Boston a été la nécessité de prendre en compte, voire de s’appuyer sur les process, tout le monde ne parle que de ça. Inspiration salutaires pour les uns qui y voient un signe fort que l’entreprise 2.0 n’est pas qu’un gadget déconnecté de la réalité incapable de produire un quelconque bénéfice mesurable, crime de lèse majestée et outrage ultime pour d’autres qui y voient l’arrivée d’une horde de grands méchants loups dans un élevage de petits chaperons rouges.

De quoi parlons nous  ? (ou l’histoire d’un grand malentendu)

Le mot process fait tellement peur que beaucoup fuient rien qu’à l’entendre sans même prêter attention au reste de la phrase. Il se s’agit pas de mettre des dynamiques a priori informelles, spontanées et non prévisibles sous coupe réglée mais de faire en sorte que toute cette énergie aille dans le bon sens. Comme je le disais il y a peu la serendipité a ses limites en tant que modèle de création de valeur, et ce qui importe, légitimement me semble-t-il, est de canaliser tout ce chaos apparent dans la bonne direction. Comme l’expliquait brillamment Rex Lee il y a peu :

Enterprise 1.0, would suggest that only specialized, trained individuals with the resources knew how to find pearls (i.e. where to dive, specialized equipment, knowledge on how to abstract the pearl from the shelled mollusk, etc.)

.
Enterprise 2.0 suggests that we can simplify and remove some of the “specialization” barriers to enable more people to search for pearls.

Enterprise 2.1 would suggest that rather than “serendipitously” finding pearls, that we coordinate our efforts to actually create pearl farms.

L’objectif de l’entreprise est de créer de la valeur, pour cela elle se donne comme moyen d’optimiser la production. Rien de choquant ici. Pour cela elle définit des séquencement de tâches qui sont supposés rendre l’activité de production prévisible, pilotable et économiquement efficace. Et généralement hyper rigide. C’est là que le bât blesse souvent.

Dans un monde industriel, de flux de production physiques et facilement normalisable, la rigidité est parfaitement adaptée, l’exception à la règle générale étant rarissime. Dans un monde où l’on travaille davantage sur du savoir, du “problem solving” en continu, l’exception est la règle et la rigidité ne satisfait qu’une petite fraction des situations. [Read more...]

L’image de la semaine #3 : le secret de ma réussite….

Le secret de ma réussite ? Très vite j’ai compris que je n’étais pas Dieu.

llustration issue de “Les règles d’or du Succès“.

Merci à Thierry d’Auzers pour cet excellent ouvrage, pour les droits d’utilisation, et à Dimitri Tolstoï pour les illustrations.

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Liens de la semaine (weekly)

  • tags: communities engagement members socialnetworks enterprise2.0 adoption methodology

  • “Overview: Launching and getting up and running is only half the battle when it comes to CoPs. CoP pundits are constantly advocating new social technologies, new processes, and new metrics. But for a CoP (and its members) to thrive requires embracing a few simple organizational change ideas, and making them concrete, authentic, and fun. The “Sustainable Communities Critical Success Factors” do just that. A sustainable Community of Practice (CoP) demonstrates measurable value to both the organization and CoP participants contributing relevant knowledge, and nourishing lasting and productive relationships. Any CoP, by definition, convenes to cross organizational boundaries, to build a shared body of knowledge, and to network. But a sustainable CoP comes together with a shared sense of passion and applies that to practical outputs. While most COPs fade, sustainable CoPs endure:

    * Members express a spirit of volunteerism that beyond their personal objectives and “WIIFM”;
    * CoP “working groups” generate relevant products that integrate diverse insights; and
    * CoP outcomes show up in corporate metrics, and, ultimately CoP ideas influence corporate planning. “

    tags: community communities communitiesofpractices leadership facilitation role metrics onboarding measurement recognition

    • Image:Sustainable Communities: Top 10 CSFs for Keeping the Faith
    • 1. Regular Real-time Meeting
    • 2. Role/Charter-Clarity:
    • 3. Leadership and Facilitation:
    • 4. Practitioner-Led:
    • 5. Establish Rapport Explicitly:
    • 6. Ground Rules:
    • 7. New Member On-boarding:
    • 8. Measure and Continuously Improve:
    • 9. Use Technology Effectively:
    • 10. Get Recognition/Give Recognition:
  • “C’est le groupe des enfants du cours préparatoire qui, expérimentation après expérimentation, dépasse avec constance les trois autres groupes d’adultes bardés de diplômes de l’enseignement supérieur.”

    tags: problemsolving marshmallowchallenge orientation planning execution observation learning learningbydoing

    • Diapositive5
    • C’est parce que les adultes ont été “formatés” pour conceptualiser la résolution de problème. A force d’insister sur le fait de réfléchir avant d’agir, ils ont intériorisé l’idée de trouver la solution d’un point de vue théorique avant de mettre les mains dans le cambouis. Pour eux, la séquence type de résolution du problème, c’est OPEO, soit, ORIENTATION -> PLANIFICATION -> EXECUTION -> OBSERVATION.
    • Les enfants, en revanche, suivent une approche plus intuitive et résolument empirique. Après une courte phase d’ORIENTATION, ils vont très vite mettre la main à la pâte pour tester les interconnections entre les spaghettis, le scotch et le marshmallow à poser au sommet de la structure. Pendant que leurs concurrents d’âge mûr feront une boucle complète OPEO,
    • . Leur aptitude à réaliser des boucles extrêmement rapides d’action / rétro-action leur offrira le moyen de parfaire leur apprentissage chemin faisant. C’est le fameux “learning by doing” des Américains.
  • “How are you addressing the risk of employees posting something “stupid” on a community like promising a customer something they cannot deliver or something along those lines?

    I need examples asap for a preso to the exec team by the end of the week. Would love to hear from you.”

    tags: communities communitymanagement risk mitigation governance policies community

    • Prevention begins with good policies. Make sure you have the right social media policies in place to begin with.
    • Make sure you have a good community management governance structure.  You do need to have a governance model
    • Make sure your community managers and the SME’s understand their role in the governance model and are trained well for what’s expected of them. Your brand depends upon it.
    • Make sure you have an escalation path to deal with an issue when it arises.
  • “The “Measuring the Value of Social Software” white paper focuses on helping organizations answer the question:

    How can we determine if our social software initiatives are successful and are providing the anticipated return on technology investment?

    This white paper looks at how to measure the effectiveness and value of a social software initiative, what tools are available to capture key metrics, and what to take into consideration when establishing a measurement approach. “

    tags: ibm socialnetworks measurement activity ROI framework vitality capability value businessvalue KPI KVI

  • “That’s a lot like the use of enterprise 2.0 social software systems today. Older generations have an ingrained urge to avoid collaborating, having spent their lives being trained to hoard and control information. Their thick, almost-impermeable skin takes effort, time, encouragement and environmental change to break through. It isn’t by chance that the need for greater collaboration is a regular theme in management meetings everywhere.

    On the other hand, social software comes naturally to the millennial generation, born between the late 1970s and 2000 and raised in the Internet age. In a few years, according to Jeanne Meister and Karie Willyerd, the authors of The 2020 Workplace, millennials will be about half of the world’s working age adults”

    tags: collaboration generationdivide millenials generationy generationx babyboomers mentoring

    • Millennials work with large networks. They swap contexts frequently and rapidly during a typical day and use multiple modes of communication. They feel free to ask their managers and peers for candid opinions so they can improve their work. They seek social proof, some visible indication, that others are buying into an idea or activity. They see everyone in their organization as equal partners to collaborate with.
    • When you’re new to an organization, your relationship networks are usually limited and have little built-in trust. Millennials who converse freely with their friends socially are often told at work to stay strictly work-focused. This can limit the depth of their conversations and keep them from developing trust and extensive networks.
  • “Communication is the process by which this constantly evolving knowledge is applied on data and information to a decisionable end. This process will generate insights on how to take advantage of the information you have gathered”

    tags: communication work decisionmaking knowledge tacitknowledge

  • “Knowledge work is often a completely different story. While the information used us input to an activity or process is likely to be found in the left part of the Long Tail power graph, the information needed for a knowledge work activity is likely to be found in the long tail. There you have information resources which are used infrequently or maybe even once. The information which is needed varies from time to time, from situation to situation. Not only the actual information varies; often the type and structure of the information resource varies too. This makes it virtually impossible to define a reusable information resource in advance before it is needed.”

    tags: intranet knowledgeworkers knowledgework longtail socialintranet

    • The social intranet is not just about adding a layer of social collaboration tools; it is a platform that combines the powers of push with the powers of pull to supply anyone who participates and contributes within an extended enterprise with the information, knowledge and connections they need to make the right decisions and act to fulfill their objectives.
    • the previously dominating “less is more” paradigm is being replaced by a “more is more” paradigm. A social intranet must necessarily be designed for information abundance.
    • because as Clay Shirky argues the problem is not the amount of information but rather that the filters we have fail to sort it properly for us. We need to get the filters in place instead of blaming and demonizing (“Tsunami of data”, “firehose of information” etc) information supply and arguing that the only way to solve this “problem” is to limit supply.
    • We must have ways that “automagically” attract useful information and connections to us.
    • Needless to say, the push-based production model used for most intranets will still have an important role to play – but only as a component within a social intranet. It will continue to serve the most common, stable and predictable information needs.
    • This is because the long tail of information supports the core of a knowledge-intensive modern business: the knowledge work.
  • “This got me thinking why can business processes and Enterprise 2.0 software be designed to make them “fun” and engaging?

    There are lots of research that talks about how mixing work and play is the key to innovation. “

    tags: hr games foursquare engagement rewards recognition play

    • Amy talks about how five principles of game mechanics (collecting, points, feedback, exchanges and customization) can be combined with three trends of social media (accessibility, recombination, syndication) to design fun yet functional software applications.
  • “today we’re going to continue with change management by focusing on the cultural and organizational shifts that took place (and are still taking place) within Intuit to make Enterprise 2.0 successful.”

    tags: enterprise2.0 casestudies INTUIT culture organization change changemanagement innovation

    • Every quarter that CEO goes onto Intuit tv (an internal video platform) and answers questions live from employees instead of emailing them.  This allows the employees to actually participate in real time.  Employees now have the ability to comment on anything that’s going on within Intuit, including things that the CEO says
    • As a result, there is now someone in every business unit that is being tasked with innovation; an innovation leader.  This innovation leader participates in a company wide community sharing insights and accelerating the migration of best practices but they don’t actually own the innovation within the business units. 
    • Business leaders adopted and changed the way they were operating.  They were now taking a portfolio approach of small teams moving quickly as opposed to focusing on a centralized project with a larger team. 

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Pensées sur les jeunes et leur “connectivité”

Lors du dernier Enterprise 2.0 Forum de Milan j’ai retrouvé avec plaisir Mark Masterson avec qui nous avons eu une conversation intéressante au hasard d’une pause.

Il me disait avoir entendu quelque chose de très “interpelant” de la part d’un participant à une table ronde. Voici de quoi il était question

“Sommes nous vraiment surs que les “Y” sont connectés et “networkers à ce point, et ceci est a fortiori valable pour les générations qui suivent, parce qu’ils ont toujours connu un monde digital, où internet était la norme, qui a conditionné leur manière d’être ? Ou cela est-ce un effet de bord pervers d’une société qui refuse de plus en plus le risque ? Quand nous avions 8, 10, 15 ans nous pouvions aller jouer dans la rue, faire ce que bon nous semble un après midi ou en rentrant de l’école sans que nos parents nous disent autre chose que “fais attention, soit là pour diner, ne t’éloigne pas trop”. Aujourd’hui avec toutes ces affaires d’enlèvement, de pédophilie etc… ces jeunes sont de facto consignés à la maison par des parents beaucoup plus inquiets que ne l’étaient les notres et voient dans Facebook, MSN, Myspace les seuls moyens d’échapper à cet enfermement imposé. Ils ne sont pas “connectés et networkers” par nature, c’est simplement le seul échappatoire qu’ils ont trouvé face à une liberté de mouvement nulle et un monde hyper controlé par les parents. Il s’agit donc d’une conséquence quasi malheureuse d’une contrainte totalement externe liée à des questions de sécurité”.

Et Mark de poursuivre. “Je ne sais pas s’il a raison ou non mais cela nous amène quand même à réfléchir. Quand je regarde autours de moi et que je compare à l’époque de mon enfance il a plutôt raison”.

Et la conversation de se poursuivre :

- Nous sommes tous les deux intéressés par ces outils que nous utilisons intensivement donc cela prouve qu’on peut y venir de manière “naturelle”, sans que la génération n’entre en compte.

- Si, plus jeunes, nous avions eu internet, Facebook, MSN, et en même temps la possibilité de sortir retrouver nos amis qu’aurions nous choisi ? Visiblement nous sommes à peu près certains qu’entre une heure passée sur Facebook et une heure passée “dehors” nous aurions préféré sortir que rester devant un écran à la maison.

Donc si les trentenaires avancés que nous sommes sommes des utilisateurs avancés de tous ces réseaux, que jeunes nous étions déjà attirés par l’outil informatique  (déconnecté à l’époque) il n’est pas sur du tout que nous ayons utilisé internet comme “espace social” si nous en avions eu la possibilité.

En admettant que cette proposition soit juste on peut alors pousser le raisonnement plus loin. On ne peut que constater que les hyper connectés “personnels” ne le sont que rarement au travail, que la mise en perspective professionnelle des usages personnels est non seulement loin d’être évidente mais également pas nécessairement désirée par ces personnes.

Une explication pourrait être que si le réseautage social est vu comme un échappatoire à une privation de liberté incarnée par l’autorité parentale, il semble logique qu’il ne puisse non plus passer sous le giron d’une autre forme d’autorité qui est l’entreprise. En bref le réseautage social serait une une pratique “libératoire” personnelle qui doit par conséquent s’exercer hors du spectre de l’autorité, incarné soit par les parents soit par l’entreprise.

Et au final cela nous renvoit une fois encore à des questions de culture. Culture d’entreprise bien sur mais pas seulement. D’une manière générale cela nous amène à nous intéresser au rapport entre l’individu et l’entreprise dans un contexte (entreprise mais surtout pays, contexte social) donné. L’entreprise espace de développement ou de contrainte et d’asservissement ? Selon la réponse, on pourrait en déduire l’appétence du collaborateur pour le réseau social d’entreprise.

Ouf… et vous vous en pensez quoi ?

Mettre de la conversation dans les process

Résumé : les collaborateurs ont aujourd’hui besoin de résoudre des problèmes en permanence, dans le cadre de l’exécution des process d’entreprise. Pour cela, ils ont besoin d’un accès rapide aux savoirs, des savoirs qui ne s’expriment que lorsqu’ils sont stimulés, dans des logiques de conversation. Le process traditionnel doit donc être enrichi d’une couche “sociale”. De plus il s’agit du plus petit dénominateur commun sur lequel construire une logique d’entreprise 2.0 en évitant les questions de culture, une logique qui fasse sens car centrée sur le travail demandé au collaborateur et résolvant de vrais problèmes rencontrés au quotidien.

Il y a de nombreuses manières d’aborder le lien entre les dynamiques de type entreprise 2.0 et les process. Voici à titre d’exemple la présentation que j’ai faite à l’occasion de l’Enterprise 2.0 Forum de Milan en juin dernier.

Et en voici les explications… [Read more...]

L’image de la semaine #2 : Rien de grand dans le monde….

Rien de grand dans le monde ne s’est accompli sans passion

Illustration issue de “Les règles d’or du Succès“.

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Liens de la semaine (weekly)

  • “. Everybody knows there are downsides to management-as-usual, but are they any alternatives? We can dream about organizations where employees eagerly challenge their superiors, where honesty trumps deference and where the pyramid has been turned upside down—but then again, we can also dream about world peace and cold fusion.”

    tags: democracy management accountability HCL management2.0 evaluation

    • Transparent Financial Data. Vineet realized it’s hard to feel empowered if your manager has a lot of data you don’t. With this in mind, HCLT’s IT team created a simple widget that gave every employee a detailed set of financial metrics for their own team and other teams across the company.
    • U&I. Early on, Vineet and his leadership team set up an online forum and encouraged employees to ask tough questions and offer honest feedback. Nothing was censored on the “U&I” site; every post, however virulent, was displayed for the entire company to see
    • Service Level Agreements. Powerful corporate departments, like HR and finance, often seem more interested in enforcing blanket policies than in making life easier for employees. When Vineet would ask front line employees, “What have the enabling functions done to help you create value in the value zone?”
    • Today, HCLT employees are able to rate the performance of any manager whose decisions impact their work lives, and to do so anonymously. These ratings are published online and can be viewed by anyone who has submitted a review.
    • As the CEO, Vineet was being asked to weigh in on hundreds of unit-level plans each year. Recognizing the limits to his time and personal expertise, Vineet challenged his colleagues to develop an online, peer-based evaluation process. The solution: MyBlueprint. In 2009, three hundred managers posted their business plans, or “blueprints,” online. Each document was accompanied by an audio presentation. More than 8,000 employees were then invited to jump in and review the plans
    • Employee First Councils. The goal here was to help employees connect with team members who shared similar interests and passions. Supported by a web-based platform, the new initiative rapidly spawned a host of communities around cultural, recreational and job-related issues
    • Three years after launching this concept, 20% of HCLT’s revenue is coming from initiatives launched in these communities of interest.”
    • “We all believe that democracies are good and totalitarian systems are bad, and yet we tolerate dictatorships within our companies, even though the people at the top don’t have enough information to know what needs to be done. At HCLT, we have been trying to democratize our company.”

  • Employee engagement is more than just the current HR ‘buzzword’; it is essential. In order for organizations to meet and surpass organizational objectives, employees must be engaged. Research has proven that wholly engaged employees exhibit,

    § Higher self-motivation.
    § Confidence to express new ideas.
    § Higher productivity.
    § Higher levels of customer approval and service quality.
    § Reliability.
    § Organizational loyalty; less employee turnover.
    § Lower absenteeism.”

    tags: humanresources engagement

  • tags: competencies enterprise2.0

  • “But today, a lot of process occurs inside of people’s heads, their computers and networks of computers spread across a building or across the globe. This kind of process can be harder to see and measure. The information gap begins from the initial investment, which is generally not tracked, all the way through to the end result. This lack of information keeps process off the radar of many critical stakeholders from Boards of Directors to investors and even, sometimes, a management team. Many knowledge processes, therefore, are done on an ad hoc basis with people reinventing the wheel every day, day after day, year after year.”

    tags: knowledgeworkers processes

    • It is important to note that knowledge processes and physical production processes are intersecting with greater frequency. This is because many of the marginal gains from manufacturing are now coming through automation of information or through adjustments to a process designed by employees who work on it.
    • Why do we call process a “superpower?” Because it is the most scalable forms of knowledge capital. Anytime that you capture the “best practices” of your organization in an automated process, you are making every employee smarter when they come to work in the morning. They do not have to think about how to solve the simple problems—because the solution is already built into the system
  • “The reality, however, is that most organizations today have more than one chain of command, and to be successful you need to navigate between them. “

    tags: chainofcommand multiarchy hierarchy matrix projectteams

    • The first type is the professional multiarchy in which different professional groups have parallel hierarchies with little or no connection at the top of the organization.
    • The second type of multiarchy is the matrix, which is present to some degree in most businesses. The matrix is a crisscross of business units and functions (portrayed as verticals and horizontals).
    • The third type of multiarchy is the temporary project team. In these situations people are “loaned” from their home organization and report to a project manager for a period of time
  • “Relativement discrets en 2009, les réseaux sociaux internes explosent dans les organisations publiques et privées. Bouygues, le CEA, Danone, Veolia Environnement ou encore Ubisoft débordent de projets. “

    tags: socialnetworking casestudies enterprise2.0 socialnetworks

  • “Understand what capabilities you need: “Provide a scorecard… look at the interaction that need to be supported… Look at the types of processes supported… Review personalities in your organization.”

    Assess what capabilities you already have: “Look at the skills in your organization… Make sure you put governance around BPM. You want to provide the framework, best practices and guidance.”

    Identify the steps to get started with social BPM: “Don’t try to roll out social everybody, but look at where to start…. Look at your first project, look at the results, and expand social throughout the enterprise.

    Look at your environment and how you can embrace social: “It may not be all of the patterns, but look at the pattern and identify the one that makes sense for you.”

    Educate the business: “The biggest challenge we see with social BPM, is the term social isn’t necessarily a business process-oriented term. At the end of the day, all of your processes will be impacted buy some way by social. We need to start looking at how the two worlds come together.””

    tags: socialbpm bpm businessprocess

  • “Un peu pour le fun mais pas seulement cette petite matrice de positionnement (j’en ai d’autres en magasin…). Chaque projet RH 2.0 a son contexte et l’influence du DRH est majeure. Il conviendra de prendre en compte sa “position” pour adapter sur le fond et la forme son ambition et surtout son approche.”

    tags: hr HRofficer enterprise2.0 hr2.0 strategy matrix

  • “The convergence of content stores, portal frameworks, combined with powerful context-aware publishing systems and social interactions, is pushing traditional ECM, WCM, Portal, and E2.0 vendors to rely upon a new generation of integrated “Composite Content Platforms” (also called “Content–enabled Enterprise Portals” or “Content Application Servers”).”

    tags: content contentplatforms ECM socialmedia integration interoperability identity CMS API REST collaboration

    • The Rise of Composite Content Platforms - Contentation Re-considered
    • 8. Social and Collaboration Services
      One of the recent goals of any composite content platforms is to let developers rapidly socialize their applications. Most so-called E2.0 software employ a top-down approach focused on the added value of adopting an enterprise social network that mimic Facebook rather than promoting the integration of social as a service.
    • Trend #1: The cloud as your main distributed content and data store
    • Trend #2: Distributed RESTful Services
      The ever-growing Internet bandwidth, improved security on cloud computing, together with the generalization of distributed RESTful APIs, should lead more and more software vendors to focus on specific niches and offer specialized services on the cloud which could be easily integrated back into your custom solutions.
    • Trend #3: Rapid assembly of content-rich applications

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Quand on veut prendre le collaborateur par la main il faut se souvenir qu’il n’en a que deux !

Peu importe que l’on prenne la chose sous l’angle du changement humain ou de l’adoption de nouveaux outils, partant du principe que le collaborateur ne se jette que rarement dans la nouveauté à corps perdu et les yeux fermés (et ce d’autant plus qu’on est dans un contexte professionnel), tout le monde comprend qu’il s’agit de prendre l’utilisateur par la main et de l’accompagner. Par contre la mise en œuvre de stratégies allant dans ce sens montre que fort souvent on ne sait pas où trouver la main que l’on veut prendre ou qu’on s’imagine, à tort, savoir où la trouver.

Concrètement cela signifie que loin du mythe du “multitasking permanent”, les collaborateurs se concentrent sur deux grands axes auxquels va l’essentiel de leur attention. Ca n’est pas une question de mauvaise volonté mais ils ne peuvent en faire plus de manière sérieuse et concentrée. Tout autre sujet est vu comme périphérique, non essentiel et les oblige soit à le traiter superficiellement soit à abandonner quelque chose d’important pour quelques temps avant d’y revenir ultérieurement et rattraper leur retard sur le sujet. Rien de spécialement agréable pour eux donc.

Au quotidien le collaborateur a une main dans son client email et l’autre dans les activités structurées et structurantes (appelons ça process, worklow etc…). L’un est son principal moyen de communication, le seul qui même mal utilisé le relie à tout le monde. L’autre ce qui est sa raison d’être dans l’entreprise, ce sur quoi il est évalué, ce qu’il est obligé de faire et bien faire avant de penser à quoi que ce soit d’autre.

On peut en tirer quelques premières conclusions en termes de conduite du changement. Puisque pour saisir une main il faut la prendre où elle se trouve, il est impossible de faire quoi que ce soit sans prendre en compte et la question de l’email dans le quotidien ou celle du lien entre la nouveauté et les tâches structurées. Tout autre angle d’attaque n’a aucune prise sur eux et est voué à l’échec. Il faudra ensuite être pédagogue et expliquer comment, avant tout, enlever leur main de là où elle est pour la mettre ailleurs ne les empêchera pas de faire ce qu’ils faisaient avant, ne les pénalisera pas dans quelque chose d’essentiel.

Tout autre démarche reviendrait à dire à un conducteur “ôtes donc tes mains de ton volant” sans lui expliquer qu’avant même de lui apporter quelque chose de neuf qu’il ne pouvait faire auparavant cela lui permettra a minima de diriger son véhicule aussi bien qu’avec son volant.

Cela n’est pas non plus sans impact technologique, que ce soit au niveau des entreprises qui implémentent voire conçoivent leur propre outil “2.0″ que ce soit au niveau des éditeurs qui proposent des solutions aux dites entreprises. Il y a un nombre incroyable d’acteurs sur le marché et, malgré que ce dernier soit en phase de consolidation, il semble en arriver chaque jour de nouveaux. Et chacun de proposer un angle d’attaque par rapport à tel ou tel type d’activité pour attirer l’utilisateur dans ses bras. La vérité est qu’il n’existe que deux angles valables et pas un de plus. Le reste n’est que discours marketing et si le verbiage peut être séduisant la confrontation à la réalité du monde de travail donne souvent un verdict sans appel.

Aucune solution ne peut s’implanter durablement à grande échelle dans l’entreprise si elle ne prend pas en compte un des points suivants (voire les deux) :

- intégration poussée avec le client mail. Cela peut se faire de différentes manières, de la plus simple (alertes, notifications) à la plus aboutie (widget dans le client, services partagés…).

- intégration avec les outils traitant les activités structurées (CRM, ERP, BPM etc…voire outils de GED). Interactions et conversations naissent souvent de la difficulté de résoudre une problématique business, et devinez où naissent ces problématiques pour le collaborateur lambda ?

On peut tenir une multitude de discours aux collaborateurs, leur proposer toute une kyrielle d’outils. La vérité est simplissime : qui refuse de s’attaquer et prendre en compte ces deux points d’entrée stratégiques parle un langage que le collaborateur ne comprend pas, lui pose des problèmes sans apporter de solution.

Processus et community management par l’exemple

Je vous ai promis il y a quelques temps d’illustrer mon billet sur le community management et les processus d’un petit cas fictif mais crédible. Et bien nous y voici.

Pierre et Paul sont community managers (ou en tout cas en charge de se débrouiller sur les médias sociaux pour leur compte de leur employeur). Tous les deux travaillent pour une compagnie aérienne (sujet à la mode il y a peu). Pierre chez AirShy et Paul chez AirSocial.

AirShy a bien conscience qu’il faut faire des choses sur Twitter, Facebook et tous ces médias mais n’est pas trop à l’aise avec ça. Il faut dire qu’ici on a l’habitude du contrôle et des choses bien maitrisées. Chez AirSocial par contre on se dit que si on ne plonge pas dans la piscine on ne risque pas d’apprendre à nager.

AirShy décide d’occuper le terrain. Ils demandent à quelqu’un que le sujet intéresse de s’occuper de tout ça. Sans plus. C’est Pierre qui hérite de cette tâche. Il est rattaché à la dircom’ mais finalement il aurait pu dépendre de n’importe quelle direction qui aurait voulu prendre le sujet en main.

Chez AirSocial on se demande à quoi tout cela peut servir. Et la réponse est dans la question. Servir. Alors on pousse le raisonnement plus loin : servir comment ? Donner des informations à tous. Mais également aux individus qui auront des demandes individuelles. Cela signifie donc qu’il faut engager des discussions…à quel sujet, sur quel ton, jusqu’où aller ? Et de quoi ne pas parler ? Des sujets confidentiels bien sur ! Mais aussi de ce que les internautes n’ont pas envie de voir sur un tel canal. Ici aussi c’est la dircom’ qui a pris le sujet en main mais elle se rend bien vite qu’elle a entre les mains un tuyau qui peut servir à tout le monde dans l’entreprise. C’est encore un peu vague tout cela mais peu importe. Démarrons…on apprendra bien par la suite, avec l’expérience. Et on demande à Paul de s’occuper du coté opérationnel de la chose.

A priori l’ami Pierre subit moins d’encadrement et de contraintes que Paul. Il n’y a donc pas de doute qu’il arrive à de meilleurs résultats. Pas si sur…

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