Résumé : les mythes qui entourent la génération Y tombent les uns après les autres. Après avoir fait figure de pourfendeur des rigidités des directions informatiques en raison de leur habitudes et des nouveaux usages qu’ils portent, il semblerait plutôt qu’ils soient rentrés dans le rang et acceptent avec joie ce qu’on leur donne. Leur opinion sur les DSI est même d’ailleurs très positive. Reste à  comprendre les raisons de ces écarts. Peut être que pour ces générations la bataille est davantage sur les usages et le contenu du travail que sur les outils.

 

On a dit beaucoup de chose sur la fameuse génération Y. Notamment que cette génération habituée à  utiliser des outils simples et efficaces ne tolérerait pas ce Jurassic Park informatique que représente le SI d’entreprise et serait à  la tête de la fronde contre les directions informatiques coupables d’un dangereux immobilismes et peu à  l’écoute des vrais besoins des utilisateurs finaux.

Les membres de cette génération sont désormais bien présents dans l’entreprise, arrivant désormais à  des postes de management et l’heure est propice à  un premier bilan. Les Y sont ils ces révolutionnaires de l’informatique d’entreprise ou, comme dans d’autres domaines où ils se sont révélés beaucoup plus consensuels qu’annoncé (voire craint…), s’accommodent ils de l’existant sans faire de vague ?

Forrester a récemment rendu public une étude intitulée « What Gen Y really thinks about your IT department » dont les conclusions sont pour le moins éloquentes. On y apprend notamment que :

Les Y vieillissent et se font leur place dans l’entreprise. Ils sont désormais en position de changer les choses de l’intérieur plutôt que se plaindre.

Ils ont bien conscience que leur équipement personnel est supérieur à  leur équipement professionnel sans pour autant être plus enclins que leur ainés à  amener leur propre matériel au bureau.

Ils sont relativement satisfaits des outils que l’entreprise met à  leur disposition…et le sont au moins autant sinon davantage que les générations précédentes.

Ils voient la DSI comme un partenaire plutôt que comme un ennemi.

Alors, que penser de ces chiffres qui, à  mon avis, ne surprendront pas grand monde et ne feront qu’acter l’écart que chacun peut constater au quotidien entre la manière dont les Y ont été (sur)vendus et la réalité qu’on observe sur le terrain. Plusieurs possibilités, l’une n’excluant pas nécessairement les autres :

Le Y s’est acculturé et est rentré dans le moule en prenant de l’ge, des reponsabilités, et en découvrant la réalité des contraintes du monde de l’entreprise.

Le Y n’est pas technophile, souvent moins que le X d’ailleurs. Ses enjeux sont d’abord sur les modes de fonctionnement, les usages, et pas sur les outils. Conclusion : les outils qu’on lui fournit conviennent très bien dans le cadre de travail qui est le leur, dans le contexte des modes de communication en de collaboration en vigueur dans les entreprises. Si le Y a un combat à  mener il est davantage (et avant tout) sur l’organisation du travail et le management avant d’être sur les outils. La consumérisation de l’informatique d’entreprise aurait elle pour limite cette des usages ?

Les DSI ne sont pas si ringardes qu’on veut bien le crier sur les toits et elles se mettent peu à  peu au diapason des attentes des uns et des autres.

Votre avis ?