Mesurez la qualité de votre management grce à  Facebook

En deux phrases :La question de l’usage et de l’autorisation de Facebook au travail continue à  faire débat. Certains y voient facteur impactant négativement le travail mais à  bien y regarder c’est davantage un thermomètre des relations humaines et de la défaillance managériale. Une conséquence et pas une cause.

C’est le marronnier du web. Faites ce que vous voulez il revient à  intervalle régulier même quand vous pensez vous en être débarrassé une fois pour toute. Je parle bien sur de l’utilisation de Facebook (et autres) au travail.

Je passe sur les cas légitimes où l’on restreint l’accès à  ces outils pour cause de bande passante. Je passe sur les cas où le motif est lié à  la sécurité (et que font les salariés une fois qu’ils ont quitté le bureau ? Et si avant de leur couper Facebook on leur apprenait à  se taire dans les lieux publics, trains et salons aux aéroports ?). Aujourd’hui on va simplement aborder la question de la productivité ou plutôt du temps perdu.

Qu’y a-t-il de nouveau avec Facebook ? Rien. Autant que je me souvienne tout le monde a toujours trouvé un moyen de passer le temps pendant une activité “sérieuse”. Il y a eu le démineur, les jeux de cartes, voire simplement rester le regard perdu devant un beau tableau excel. Avant l’outil informatique on faisait autrement mais la logique, elle n’a jamais changé.

Mais pourquoi le salarié au bureau (ou l’étudiant dans sa salle de classe) éprouve-t-il le besoin de faire autre chose que ce pour quoi il est là  ? Une première réponse est évidente : au bout d’un certain temps la concentration est difficile à  garder et le cerveau a besoin d’une pause. La seconde fait moins plaisir à  entendre.

Je me souviens de certains cours où tout le monde baillait aux corneilles et où nos PC nous servaient à  tout…sauf à  prendre des notes. Et bizarrement, lorsque la personne sur l’estrade était remplacée par le responsable du cours suivant tous les écrans se refermaient. A la limite on était tellement intéressés par ce qu’on entendait qu’on en oubliait justement de prendre des notes. Finalement ça n’a guère changé dans le monde du travail. Ca n’est pas l’outil qui crée la distraction mais le contexte qui crée l’envie de se distraire, de s’évader.

Demandez à  un salarié qui “exagère” quant au temps qu’il passe sur Facebook (ou autre) sur son poste de travail il vous répondra invariablement la même chose :

- je m’ennuie

- je ne suis pas top motivé

- j’ai du mal de comprendre le sens de ma mission

- je ne me sens pas concerné, je suis “désengagé”

- pendant mes pauses je veux discuter avec mes vrais amis. Et ils ne sont pas au bureau…mais sur Facebook

Et oui. Facebook diffuse l’ennui dans l’open space, embrouille les pensées des salariés, tue la motivation et l’engagement et distend le lien entre salariés. Surprenante découverte.

A moins que…

Une idée folle m’a traversé l’esprit. Et si Facebook n’était pas la cause mais la conséquence. Voire l’indicateur.

Ce serait donc parce que le salarié n’est pas motivé, est en perte de repères qu’il cherche des échappatoires ? Des moments de respiration ? La faute à  Facebook ? Pas certain. Est-ce que Facebook dégrade le travail (car c’est là  la vraie question) ? Ou est il l’expression la plus visible d’une situation dégradée ?

Imaginons un indicateur RH nouveau. Déterminons ce que serait un usage “normal” de Facebook et mesurons les écarts par rapport aux usages réels dans l’entreprise. Un très bon indicateur de flicage pour savoir qui travaille et qui ne fait rien ? Non. Un indicateur qui permettra d’identifier des zones de souffrance, des zones de management “Atila” (où le manager passe l’envie ne repousse plus), des zones où il faut intervenir non en coupant Facebook mais en reprenant les choses en main d’un point de vue RH et managérial.

Ou alors on peut continuer à  croire que c’est le thermomètre qui donne la fièvre. Interdisons les thermomètres et on aura moins de cas de grippe. Ou pas.

Si le sujet “Facebook au bureau” vous intéresse vous pouvez aussi aller lire cet billet de Dan Ponterfact.

 

 
  • http://twitter.com/dpontefract Dan Pontefract

    Merci Bertrand.