Crise oblige on entend beaucoup parler de restructuration. Malgré le fait qu’on essaie surtout de voir le verre à  moitié plein (la sortie « par le haut » et l’innovation de produit, de marketing, de service) il y a au moins autant d’entreprises qui tentent de faire face en utilisant les bonnes vieilles méthodes c’est à  dire la restructuration.

Le bon vieux réflexe de la restructuration

Une logique qui d’une certaine manière peut avoir du sens. Les leviers de création de valeur changent et à  un moment on se retrouve avec des compétences surnuméraires à  l’utilité déclinante alors qu’on manque de certaines compétences émergentes. On se rend également compte qu’une collaboration efficace permet de faire plus avec moins et qu’elle demande également la mise en place de nouvelles structures. Mais ça n’est malheureusement pas toujours ces raisons qui prévalent mais une simple logique de coût « brute » sans vision globale sur les processus de création de valeur. On garde la logique et on dégraisse. On change les gens de cases. Mais, surtout, on ne change rien à  la vision macro.

C’est là  que j’appelle Lou Gerstner à  la rescousse. Ce même Gerstner qui nous disait

I don’t want to use the word reorganization. Reorganization to me is shuffling boxes, moving boxes around. Transformation means that you’re really fundamentally changing the way the organization thinks, the way it responds, the way it leads. It’s a lot more than just playing with boxes.

Soit dit dans la langue de Molière

Je ne veux pas utiliser le mot réorganisation. Pour moi une réorganisation revient à  mélanger et déplacer des boites. Une transformation signifie changer la manière dont l’entreprise pense, répond, dirige. C’est beaucoup plus que de jouer avec des boites.

Je précise qu’à  l’époque ou Gerstner écrit ces lignes il avait pris la direction d’un paquebot fou qui fonçait tout droit dans un iceberg et était à  quelques semaines du dépôt de bilan, en a radicalement changé le métier ce qui a necessité de remettre en cause des certitudes sur la culture, la mission de l’entreprise, ses activités et la manière dont elle devait créer de la valeur.

De la restructuration à  la transformation

C’est exactement la situation de nombreuses entreprises aujourd’hui. On n’est plus dans une logique d’optimisation de l’existant mais de « reconception », de « redesign », de transformation du tout. Pas dans le nettoyage micro mais une nouvelle vision macro. Dans une logique de transformation comme le soulignait justement le Digital Workplace Trend Report de Jane McConnell. Une nécessité de transformation toujours évoquée pas toujours assumée d’ailleurs.

On peut bouger les gens, s’en séparer mais si on ne change pas le « système d’exploitation » de l’entreprise on ne fait que repousser le problème. Rappelons le : l’entreprise à  zéro coût existe : elle ne produit plus rien et n’a plus d’employé. Elle ne coûte plus rien mais ne crée plus rien non plus car elle a disparu.