“Le nouveau management de l’information” : indispensable

41L5okNV0BL._SL160_Il y a peu de temps Christophe Deschamps m’a fait parvenir son livre, Le nouveau management de l’information. La gestion des connaissances au coeur de l’entreprise 2.0, afin de recueillir mon avis et me remercier de ma modeste contribution (une définition de l’entreprise 2.0). Le livre est resté pas mal de temps au sommet de ma pile “à lire” car, premièrement, je manquais de temps, et ensuite je n’avais guère envie de me lancer dans la lecture d’un ouvrage sur le sujet : 99% du temps, tout ce qui touche au sujet est lourd, technique et, à mon avis, de moins en moins en phase avec les exigences de notre temps qui demandent une vision plutôt souple et dynamique de la chose.

Faisant toutefois confiance à Christophe j’ai fini par m’y mettre. Et là, quelle ne fut pas mon (agréable) surprise.

Quand on propose quelque chose de “nouveau”, il faut être capable de justifier les raisons du changement. Nouvelles pratiques de l’internet grand public, transformation de la nature du travail et émergence des travailleurs du savoir, autant de sujets traités de manière pédagogiques, dans un langage accessible à tous. Avec une conclusion qui s’impose à tous : s’intéresser au management de l’information n’est plus un problème réservé à quelques experts dans l’entreprise mais à quiconque manage des hommes ou est responsable de son propre travail. Autant dire tout le monde.

En passant, les notions de savoirs, d’information, de Knowledge Management sont passées au crible et rendues compréhensibles à tous.

Ce nouveau management de l’information est ensuite décline au niveau macro (entreprise), où l’on parle bien sur de l’entreprise 2.0 mais sous avec un regard très pragmatique et argumenté, qu’au niveau micro avec le PKM ou Personal Knowledge Management (un sujet sur lequel je reviendrai plus tard tant il touche de près à la notion de routine sociale qui m’est chère).

L’intérêt du livre est qu’il donnant une vision claire, pragmatique, largement détaillée, argumentée, reposant sur un important travail de recherche et d’analyse tout en permettant, au fil des pages, à chacun d’arriver au niveau de connaissance nécessaire pour comprendre la proposition finale.

Si l’approche de ce type de questions pêche parfois par excès d’érudition à tel point que nombre de personne qui ont toutes les capacités nécessaires pour comprendre n’y comprennent rien, faute de trouver des explications claires pour accompagner le début de leur cheminement, cet ouvrage permet à tout un chacun de faire son bout de chemin pour arriver à la réflexion finale, quel que soit son niveau de départ sur le sujet.

Un livre que je conseille donc à tout type de public : dès lors que dans son travail on doit manipuler de l’information ou manager des Hommes (voire les deux), on trouvera ici de quoi comprendre les enjeux, l’état de l’art et  se projeter vers le futur en maitrisant les fondamentaux.

Pour terminer je ne peux que vous conseiller les 28 fiches pratiques consacrées au PKM et gratuitement accessibles ici.

La vraie vie des managers

Tout le monde vous le dira, manager c’est difficile. Tout le monde, ou a peu près, sait ce qu’il faut idéalement faire (même si certains restent convaincus qu’une décision s’auto execute et ne s’explique pas et que le meilleur outil de management s’appelle le fouet, si possible agrémenté de clous)…mais de la théorie à la pratique il existe un fossé parfois difficile à combler. Certains y arrivent, d’autre pas.

Le problème du manager c’est que s’il incarne tous les travers de nos entreprises, il n’en n’est que rarement la cause, pris entre deux feux, supposé se débrouiller avec toutes les contradictions d’une entreprise qui ne lui facilite pas la tâche.

Il est donc toujours utile de rappeler que :

- oui certains managers font un excellent travail que leurs équipes apprécient

- non tout n’est pas de leur faute et parfois ils sont autant victimes que les autres du management…de leurs propres managers.
La vraie vie des managersn’est pas un énième livre sur “comment manager” mais un retour d’expériences vécues par des “vrais” managers de terrain, qui ont un vrai nom, ont un vrai vécu et partagent de vraies moments de vie. Le tout agrémenté d’un petit commentaire de l’auteur sur la situation, la manière dont elle a été gérée et quelques conseils éventuels.

Cela se lit bien et vite, et tout le monde se retrouvera dans une ou plusieurs des situations vécues. Certains apprendront deux ou trois choses pour s’améliorer, d’autres seront confortés, d’autres enfin se diront qu’ils ne sont pas seuls à vivre l’enfer au quotidien. J’en profite pour rendre une forme d’hommage aux managers qui se sont exprimés à découvert : partager des situations parfois peu valorisantes pour un ancien employeur est tout sauf facile. Remarquez qu’il est rassurant de voir qu’il y a également des cas où tout va bien.

Quelques conseils de bon sens disséminés au gré de la narration de vrais moments de vie en entreprise donc. Ca n’a aucune prétention mais cela se lit bien et tout le monde y trouvera quelque chose : conseil, réconfort, détente. Et ça n’est déjà pas si mal. Un livre que je recommanderai aussi aux “juniors” voire à ceux qui vont bientôt connaitre le monde de l’entreprise : il est toujours utile de savoir là où on met les pieds et surtout d’appréhender une complexité que jamais l’école ne leur apprendra.

Apprendre à connaitre et comprendre son manager avant de le juger a du bon…et c’est peut être un des enseignements majeurs qu’on peut tirer de cette lecture.

PS : notez ainsi qu’un livre sur le management qui met de vrais managers en première ligne et fait passer leur retour avant la théorie…ça ne court pas les rues et rien que pour cela cela mérite notre attention.

Comment obtenir des résultats grâce aux réseaux sociaux

Cela fait quelques temps que je ne vous avais pas fait partager quelques unes de mes lectures “papier”, et je voudrais vous parler de Driving Results Through Social Networks: How Top Organizations Leverage Networks for Performance and Growth qui a vraiment attiré mon attention ces derniers temps.

Les entreprises s’intéressent de près aux réseaux sociaux ces derniers temps, souvent en faisant les mêmes erreurs qu’elles ont pu faire avec les communautés : avoir une vision statique de la chose, et, qui plus est, une vision en partie erronnée. Avec des résultats prévisibles : “on ne comprend pas”, “où est le ROI”, “mais qu’est ce qui va faire que les gens vont utiliser le logiciel”.

Il est donc plus que jamais temps de comprendre que :

• Business (or corporate) Social Netwoks have nothing to do with General Public  Social Networks on the web.

• Le réseau social n’est pas né avec les logiciels du même nom qui ne sont que des catalyseurs. C’est la manière dont travaillent effectivement les collaborateurs depuis longtemps. Votre entreprise est truffée de réseaux sociaux quand bien même aucun collaborateur n’aurait d’ordinateur à sa disposition.

• Le réseau social n’est pas un enchevêtrement de personnes qui se “lient” et échangent (ou non) de l’information. C’est une manière de travailler afin d’obtenir des résultats. On parle trop de Facebook alors que le concept même de réseau social en entreprise n’a rien à voir, a des règles et des objectifs qui lui sont propres.

• Le réseau social n’est pas quelque chose de figé et stable que l’on “met en place”, c’est quelque chose de mouvant, de vivant, dont l’activité interne n’est pas prévisible.

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Hors de la crise ? Mais comment ? Et pourquoi ?

Récapitulons quelques problèmes. Nous vivons dans une société consacrée aux dividendes, à l’organisation, à la décision, aux ordres donnés de haut en bas, aux affrontements (chaque idée mise en avant ne peut que gagner ou perdre), et à une guerre sans merci pour détruire un concurrent, qu’il soit national ou étranger. Il faut qu’il y ait des vainqueurs et des vaincus. Ca n’est certainement pas le chemin qui mène à une nouvelle vie matérielle.

Nous vivons à une époque où tout le monde espère voire augmenter sans fin son niveau de vie. Parfois, un peu d’arithmétique aide à clarifier les idées. D’où provient l’afflux toujours plus grand de produits du monde entier qui fait augmenter sans cesse l’approvisionnement de denrées alimentaires, de vêtements, de logements et d’autres services ? Il est difficile de comprendre comment un développement économique important pourrait se réaliser aux Etats-Unis tant que nos produits ne deviennent pas compétitifs sur notre sol et dans le reste du monde.

Comment peut-il acheter les produits aux autres, celui qui n’est pas capable de leur vendre ses propres produits ? La seule réponse possible c’est une meilleure conception, une meilleure qualité, une meilleure productivité.

Seul un meilleur management peut apporter l’amélioration nécessaire. La grande question est de savoir combien de temps il faudra pour que le management assume enfin ses responsabilités et pour qu’une nouvelle attitude porte ses fruits. L’industrie américaine ne doit pas se préparer à une restauration mais à une transformation. La solution au jour le jour des problèmes et l’installation de gadgets ne mettront pas fins à nos difficultés.

[...]

Un article de Business Week [...] cite le cas paradoxal d’un cadre supérieur qui a été licencié d’une société alors qu’il avait été embauché pour diriger la planification à long terme. La seule raison était que les dividendes du 4e trimestre [...] avaient fléchi.

Les dirigeants généraux ont réussi à faire croire aux actionnaires que les dividendes sont une lesure de la performance du management. Certaines écoles de commerce apprennent à leurs étudiants comment on peut augmenter au maximum les profits à court terme. [...] Quand les dirigeants de l’industrie apprendront ils qu’ils ont l’obligation morale de protéger le capital ?

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Deux articles à lire dans “management” de février

Une petite note en forme de revue presse étant donné que vous pouvez trouver dans une seule revue des articles susceptibles de vous intéresser. L’édition de février de “Management” comporte un dossier sur les réseaux et un sur les limites des indicateurs de performance. Deux sujets qui comme vous le savez me tiennent à cœur.

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Vu, lu, entendu cette semaine #4

Pas de “Vu, lu, entendu” ces dernières semaines car entre les fêtes, les congés, les débuts d’année dont on sait qu’ils sont plus consacrés à remettre la machine en place qu’à prendre du recul…

Alors voici ma maigre “pêche” du mois dernier…

Vu :
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Désolé…je n’ai pas pu m’empêcher.

Lu :

J’y reviendrais plus tard mais tout cela m’a donné le temps de relire : Critical Chain : La Chaîne critique ainsi que Réussir n’est pas une question de chance et Un an pour sauver l’entreprise où j’ai remis la main sur quelques idées qui m’avaient échappé lors de la première lecture il y a quelques années.

Lu également : Here Comes Everybody: The Power of Organizing Without Organizations (vision lucide des compromis nécessaires à l’adoption de l’open collaboration au monde de l’entreprise), Le management agile ! : Construire et accompagner le changement (intéressant mais trop centré sur le cheminement personnel du manager, j’aurai aimé une vision plus axée sur l’organisation que j’estime préalable) , Théorie de l’entreprise agile (très docte mais on y comprend bien que tout par du client et non du nombril de l’entreprise) ainsi que Propos de O. L. Barenton, confiseur (indispensable lecture pour tout manager ou chef d’entreprise désireux de remettre les pieds sur le plancher des vaches).

Entendu :

Rien qui en vaille vraiment la peine.

Des entreprises et des Hommes : la performance selon Antoine Riboud

Une réflexion pas si éloignée que ça de mes thématiques habituelles car on y parle finalement d’optimisation de la performance sous contrainte des ressources. Des ressources humaines notamment.

Tout le monde le sait et l’a compris, tout du moins je l’espère, le but d’une entreprise est de gagner de l’argent pour dégager de la valeur pour ses actionnaires, actionnaires dont on oublie souvent que sans eux l’entreprise n’existerait tout simplement pas.

Avec le temps on a transformé la nécessité de dégager du profit en nécessité de le maximiser. Une vision qui, il ne faut pas l’oublier non plus, nous a permis de connaitre à la fois la croissance la plus forte et la plus longue il y a quelques temps de cela. Mais il s’avère que la mécanique tend à se gripper de plus en plus fréquemment avec les conséquences que l’on sait et qu’on peut désormais observer dans notre quotidien.

Cela se traduit au sein même de l’entreprise par la volonté de faire toujours plus et de maintenir des rythmes de croissance incompatibles avec la logique la plus élémentaire. Une logique qui devient à terme contre productive lorsqu’elle conduit à adpter une demi-stratégie et promettre une performance linéaire là où celle des ressources, et notamment humaines, finit par plafonner ce qui entraine des “crises” internes cycliques.

En externe cela amène à une période où pour la première la croissance crée de la pauvreté, cette même pauvreté mettant en péril la croissance de demain en détruisant les marchés actuels et empèchant l’émergence de marchés futurs.

En un mot, nous avons la preuve que pour continuer à s’enrichir demain il convient de ne pas demander l’impossible aujourd’hui. Plus prosaïquement, disons qu’on ne coure pas le marathon en enchainant des sprints et que l’objectif c’est bel et le bien le marathon et non les 100 premiers mètres. La situation actuelle nous prouve d’ailleurs, quand bien même cela nous dérangerait, que la logique du “après moi les mouches” a vécu.

L’évènement dernièrement co-organisé par Danone et HEC sur le social business m’a amené à aller rechercher dans ma bibliothèque une collection de discours et interview d’Antoine Riboud (Antoine Riboud : Un patron dans la cité), fondateur du groupe Danone, dont je pense qu’au même titre que “Le but” (mais pour d’autres raisons) et “La Fin du management” mériterait d’être lu par tout manager voire collaborateur désireux de ne pas rester enfermé dans ses certitudes à l’heure où il convient de réinventer beaucoup de choses. [Read more...]

Vu, lu, entendu cette semaine #3

Un “vu, lu, entendu” qui a failli ne pas voir le jour en raison de la difficulté que j’ai eu à trouver un accès wifi convenable en vacances. Comme quoi ça n’a pas été la semaine du wifi en ce qui me concerne. Pas grand chose donc à dire cette semaine : peu de veille, peu de temps…on se revoit pour quelque chose de plus consistant la semaine prochaine. En attendant ne soyez pas surpris par l’afflux soudain de notes sur ce blog, je profite de mes vacances pour publier un certain nombre de billets écrits depuis quelques semaines et que je garde en “stock” pour mes périodes offline.

• Vu

LeWeb08 bien sur ! Je n’ai pas eu le temps de revenir sur ma note sur le sujet et de détailler les quelques points que j’ai retenu. Ayant été déconnecté pendant quelques jours je n’ai pu suivre toute l’affaire mais mon twitter m’a dit que ça avait remué dans les chaumières. Plus sérieusement, une fois dit ce qui devait être dit sur ce qui aurait pu aller mieux et fait le point sur ce que j’y avais trouvé au regard des attentes qui étaient les miennes, j’ai pas mal phosphoré sur le sujet (14h de vol ça aide) pour arriver à la conclusion qu’il y a beaucoup à tirer de ce qui s’est passé, de manière désirée ou non. En préparation donc une note sur le thème “j’en retiens peu mais j’y ai beaucoup appris”, ce qui finalement a peut être davantage de valeur. Si au delà du web, LeWeb est une réflexion sur la société, ses évolutions et ses enjeux, la conférence a été l’exemple même de la difficulté d’adresser les problématiques qu’elle traite. Et lorsque les dysfonctionnements (qui se devaient d’être relevés histoire d’être également crédible lorsqu’on relève le positif) sont oubliés il y a vraiment matière à des réflexions de fond qui porteront plus loin qu’une frustrante panne de Wifi. A suivre donc. Finalement cette conférence m’inspire beaucoup a posteriori.

• Lu

Dans ma série “je revisite Goldratt”, Un an pour sauver l’entreprise que j’avais besoin de redécouvrir quelques années après l’avoir lu pour la première fois. Avec une redécouverte de problématiques que j’avais zappé à l’époque : comment passer de la vente de technologie à la vente de valeur ajoutée, et le renversement de flux de production poussés en flux tirés. A mettre en perspective avec le petit monde de l’entreprise 2.0, coté client comme coté soft.

Une intéressante étude de PriceWaterhouseCoopers dont je me suis fait l’écho ici. Le réseau comme support de nouveaux business models vous y croyez vous ? Moi oui.

• Entendu

Rien de spécial cette semaine dont le point d’orgue a été LeWeb et dont j’ai mentionné les interventions qui m’avaient le plus séduit dans la note mentionnée plus haut.

Quelques lectures en passant

Une rapide revue de mes dernières lectures pour ceux qui seraient en manque de littérature pour les soirées au coin du feu .

Tout d’abord le désormais célèbre Groundswell: Winning in a World Transformed by Social Technologies de Charlène Li et Josh Bernoff, sorte de bible du social media. Groundswell vous expliquera concrêtement comment fonctionne la “lame de fond” qui est en train d’emporter l’internet. Rien n’est laissé au hasard et l’ouvrage est suffisamment didactique pour que tout le monde comprenne que quelque chose se passe, comment ça se passe, et surtout, comment l’entreprise peut et doit surfer sur cette vague. Par contre n’espérez pas trouver un quelconque moyen d’améliorer le fonctionnement de vos équipes en interne : Charlene Li et Josh Bernoff sont des professionnels du B2C ou du social marketing et ils se concentrent sur leur cœur d’expertise. Ce livre s’adresse donc à tous ceux qui veulent comprendre et accroitre leur culture générale mais n’aura d’intérêt métier que pour les gens du marketing.

Vient ensuite The Big Switch: Rewiring the World, From Edison to Google de l’iconoclaste Nicholas Carr dont je vous avais déjà parlé ici. Le bruit courre que Carr n’est pas l’ami des DSI mais sa réflexion n’en est pas moins pertinente et même sans y adhérer il vaut l’avoir lue avant de porter un jugement définitif sur  l’avenir des systèmes d’information d’entreprise. Afin d’envisager l’ensemble du champ des possibles en termes de modes de travail il importe de comprendre comment vont évoluer les technologies qui les supportent. Il n’est pas aisé de sortir du paradigme “j’ai des logiciels et des documents sur mon ordinateur” à “j’ai un navigateur…qui me donne accès à tout via internet”. Carr démarre son analyse au début du siècle précédent avec des usines qui avaient toutes leur propre unité de production d’énergie, activité tellement stratégique qu’il faut l’assurer soi-même pour ses propres besoins. Qu’en est il aujourd’hui ? Des entreprises produisent l’électricité, on se branche et c’est tout. Il en va de même pour l’informatique qui demain ne sera qu’un service délivré via un tuyau nommé internet et accessible tout le temps, de n’importe quel poste, n’importe quel endroit, sur n’importe quel type de terminal. A lire absolument.


Vient enfin Enterprise 2.0 Implementation de Aaron C. Newan et Jeremy G. Thomas dont le titre dit tout (ou presque) de son contenu. Cela démarre par une présentation claire du “social software”, des dynamiques qu’il supporte, de la manière dont tout cela fonctionne. On passe ensuite à l’aspect “entreprise 2.0″, clair et sans feu d’artifice déplacé : c’est certain, les auteurs connaissent le monde de l’entreprise et ne nous rejouent pas un énième épisode de l’entreprise Disneyland qui fonctionne toute seule avec des outils paillettes. Vient alors une démonstration fort intéressante du calcul du ROI. Peut être lourde mais on ne peut plus réaliste, quantifiable, avec une petite place pour le “Soft ROI”. Vient ensuite la partie implémentation. C’est là que je suis un peu déçu : l’approche est strictement orientée déploiement d’outil, brique par brique. On parle un peu usages, mais finalement le coté opérationnel de l’utilisation des outils (pas l’utilisation, mais l’utilisation pour des objectifs métier) est totalement passé sous silence. On se rattrappe enfin avec une partie “légale” et “gouvernance” mais je reste sur ma faim quant à la dimension “organisation / conduite du changement / business processes”. Soit on fait une analyse “macro” soit on traite l’implémentation, mais dans le second cas autant aller au bout des choses. C’est fort dommage car le reste est de bonne facture et me semble fort didactique et pédagogique. N’étant pas moi même un professionnel de l’installation des briques sur un serveur je passe dès demain matin le pavé à monsieur de Villamil qui vous donnera son avis sur la qualité de cette partie dans une de ses prochaines notes.

Voilà c’est tout pour ce mois-ci, bonne lecture à tous.

Lectures de vacances

Une fois n’estpas coutume j’ai plutot consacré mes quelques jours de vacances à des lectures distrayantes. Mais j’avais quand même glissé dans mes valises deux ouvrages qui méritent quelques lignes ici.

Tout d’abord Web 2.0: A Strategy Guide qui m’a laissé un sentiment mitigé. Un bouquin très complet et documenté, comme souvent chez O’Reilly. Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le web 2.0 : quoi, pourquoi, comment ? “Strategies behind successful implementations” ? Surement. Mais en B2C uniquement. Si vous voulez faire la même chose à l’intérieur même de votre entreprise vous repartirez aussi dubitatif que vous êtes arrivés. Un livre à lire lorsque vous pensez surtout marketing et clients, pas si vous pensez d’abord à vos collaborateurs.

J’ai davantage trouvé mon compte avec The Starfish and the Spider: The Unstoppable Power of Leaderless Organizations. Ici on parle des organisations décentralisées. Le titre est inspiré de la comparaison entre l’étoile de mer et l’araignée, l’une étant dramatiquement handicapée lorsqu’on lui coupe une patte (voire la tête), l’autre se reproduisant  si on l’ampute d’une branche pour ne pas donner une étoile estropiée mais deux étoiles totalement valides. Sans ajouter qu’on ne visier le cerveau “central” de l’étoile…car elle n’en a pas. Qu’est ce qui fait que certaines formes d’organisations, économiques ou politiques, entreprises ou civilisations, ont survécu à toutes les attaques et d’autres, beaucoup plus puissantes en apparence, ont fini par décliner et disparaitre. Mais une organisation décentralisée ne se décrête pas, elle a besoin d’éléments constitutifs, Une certaine forme de leadership qui n’a rien à voir avec l’autorité et le pouvoir, une idéologie, et l’émergence d’un rôle inconnu ou non reconnu dans les organisations traditionnelles, le catalyseur, élément moteur de ces organisations et qui a à peu près toutes les caratéristiques opposées à celles d’un chef d’entreprise au sens traditionnel du terme.

Plus intéressant encore, et conscient qu’une entreprise ne peut fonctionner selon un modèle purement décentralisé, l’ouvrage se termine sur l’organisation hybride, alliant le meilleur des deux mondes