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Alignement | Bloc-Notes de Bertrand Duperrin - Part 2

Entreprise 2.0 : l’adoption est une affaire de confort

Les temps changent. Après avoir passé des années à évoquer le “quoi” et le “pourquoi”, le petit monde de l’entreprise 2.0 s’intéresse désormais beaucoup au “comment”, ce qui est plutôt une bonne chose. On parle donc beaucoup des “stratégies d’adoption”, un terme avec lequel je ne suis pas spécialement à l’aise, mais que nous allons garder ici faute de mieux.

L’enjeu est à la fois simple et complexe. Il s’agit d’intégrer de nouvelles manières de collaborer au quotidien, de les positionner et les articuler par rapport à l’existant, tout en prenant en considération la dimension “outils” qui va avec. On sait en général d’où on part (quoique faire un état de lieux permet d’éviter les biais dus à la fausse représentation qu’on peut avoir de la manière dont sa propre entreprise fonctionne), avec une bonne méthodologie et des personnes avisées on peut sans trop de problème déterminer où l’on va. Reste donc le chemin qui n’est pas la plus mince affaire de l’histoire.

On peut être tenté d’amener directement le collaborateur du point A au point B en lui “vendant” la démarche dans un joli paquet cadeau. On a la preuve que cela ne fonctionne que rarement et on fustige donc son attitude défensive face au changement. C’est, à mon avis, un raccourcis trop facile car il part du principe qu’on passe d’une situation A à une situation B comme en basculant un interrupteur alors qu’il s’agit d’un chemin à parcourir, un chemin sur lequel nous ne sommes pas tous égaux.

Lorsque nous parlons de point de départ nous ne parlons pas seulement des pratiques en entreprise où, même là, l’uniformité est loin d’être acquise mais où un certain nivellement (parfois par le bas) existe, mais également de pratiques personnelles. Et ce d’autant plus qu’une partie de la problématique est liée aux médias sociaux dont on dit que tout le monde les utilise dans sa vie privée et dont on sait, par contre, qu’ils sont le premier exemple notable d’arrivée dans l’entreprise d’outils issus du monde grand public.

On sait bien que ça n’est pas parce que quelqu’un utilise tel outil de telle manière pour son usage personnel qu’il en fera de même si le même outil était mis à disposition sur son poste de travail. Mais on sait également que le collaborateur ne développera pas dans l’entreprise des pratiques qu’il n’a pas dans sa vie privée (sur ce point en tout cas). Il importe doncde savoir où il en est sur ce point afin d’aller plus avant. Utilisent ils telle ou telle plateforme ? Quel est leur niveau d’activité ? Tout cela compte même si au final on sait qu’il faudra travailler à professionnaliser ces pratiques. Une situation à appréhender d’ailleurs au niveau collectif car c’est d’usages communs que nous parlons. Si 2% de l’entreprise est utilisatrice assidue et que 98% n’a jamais voulu ouvrir de compte Facebook, quand bien même les 2% seraient une opportunité, les 98% sont bel et bien le facteur limitant. Encourager les uns ne sera d’aucune utilisé si on ne fait pas progresser les autres.

Pour faire progresser cette seconde population on peut attendre que les autres les entrainent. Cela risque de prendre du temps, les leaders risquent de vite s’essouffler. C’est donc une bonne piste mais il importe de faciliter un peu les choses. Et pour aider le collaborateur il faut aller plus loin que sa seule connaissance des outils et sa maitrise de comportements nouveaux : il faut penser à son confort !

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33 choses à savoir sur ceux qui font vivre vos espaces sociaux en ligne

J’ai beaucoup traité le sujet du community management ces derniers temps, et cela pour une raison simple : il règne une telle confusion sur un sujet supposé si stratégique que le risque d’aller droit dans le mur, de jeter le bébé avec l’eau du bain ou de passer à coté de son sujet faute de “guidelines” précises est plus que réel. A force de retourner le sujet dans tous les sens il me semble voire émerger certains axes forts.

• Ca n’est pas parce qu’il y a des médias sociaux et la nécessité d’y réaliser des choses avec des groupes de personnes que la personne en charge de la chose est nécessairement un community manager.

• Ca n’est pas parce qu’il y a échange entre des individus en utilisant les médias sociaux qu’on à affaire à des communautés. Ni à des réseaux sociaux d’ailleurs.

• La stratégie “médias sociaux” d’une entreprise se pilote à différents échelons, souvent incarnés par autant de personnes qui ont des rôles, des responsabilités et des objectifs différents dont il importe d’assurer la compatibilité.

Voici donc quelques choses à savoir sur chacun de ces acteurs… [Read more...]

Adoption de l’entreprise 2.0 : il vous faut à la fois une voix et un tournevis

Suite de ma réflexion précédemment ébauchée au sujet de l”adoption de l’entreprise 2.0“, enrichie par les nombreuses discussions et commentaires qui l’ont suivi. Voici donc une synthèse de ce qui ressort de tout cela.

• Il faut un (ou des) pilotes dans l’avion.

Comme le fait justement remarquer Oscar Berg, il faut quelqu’un dans le siège du conducteur. Dans ce sens, oui, l’adoption se pilote. Ou plutôt elle s’incarne : la nouveauté s’incarne, le changement s’incarne et le tout doit être porté à haute, claire et intelligible voix. Il s’agit d’expliquer, de convaincre, et dans une certaine mesure de créer une dynamique et un enthousiasme qui vont faire que les choses vont arriver. C’est le rôle des “évangélistes internes”, “adoption leaders” et autres “advocates” comme le disent nos voisins d’outre-Atlantique.

• L’enthousiasme et la bonne parole ne suffisent pas

Si les convaincus, les passionnés, les enthousiastes sont légion, force est de constater que cela ne suffit pas sinon ça fait longtemps qu’en confiant le bon projet à la bonne personne la question serait déjà réglée et qu’on serait passé à autre chose. Dans son quotidien le collaborateur peut entendre la voix qui lui dit “c’est possible, c’est bien, c’est bénéfique….” et ne pas sauter le pas. Par appréhension de faire le dernier pas parfois…mais cela se règle avec un brin d’accompagnement. Parfois le mal est plus profond. Il se dit que “oui, dans un monde idéal tout cela est vrai, mais totalement illogique dans mon propre cas”. Et il a souvent raison.

John Tropea en aborde certains aspects ici et ici. De manière générale si ce que dit la voix va à l’encontre de ce que la plus simple logique dicte au collaborateur, il ne l’écoutera pas. Et quoi de plus logique pour lui que de suivre les règles, quand bien même il les trouve inadéquates, qui définissent la manière dont on évalue son travail et les conséquences qui en découlent en termes de pratiques quotidiennes. D’autant plus que le bénéfice étant quasi-inexistant s’il est le seul à changer, il faut qu’il change avec ses pairs (ou un grand nombre d’entre eux) et de manière cohérente.

Là il n’est pas question de convaincre et porter un message. Même l’enthousiasme le plus effréné se heurte à la barrière que constitue le quotidien et les facteurs terre à terre et locaux. Il s’agit de travailler sur l’alignement et de rendre les choses cohérentes. Un travail qui incombe aux managers et qui doit être effectué au plus près de l’utilisateur. Bien sur la “voix” compte, elle expliquera au management, convaincra, donnera des pistes…mais au final c’est bien de quelques coups de tournevis donnés dans les mécanismes quotidiens qui feront que la voix sera écoutée, que la dynamique ne sera plus seulement dans les têtes mais dans les faits.

Cette adoption là ne résulte ni de l’enthousiasme ni des bons sentiments. C’est une question de sens et d’alignement.

• Qu’est ce qui est pilotable là dedans ?

Visiblement chacun a sa propre conception de la chose et je ne prétend pas que la mienne soit la meilleure. A mon avis, au sens strict, pour piloter quelque chose il faut avoir prise dessus. On peut donc revisiter une partie des activités quotidiennes pour les mettre en phase avec le but recherché. On peut repenser les fiches de postes, les missions, les modes d’évaluation comme cela a été notamment fait chez Cisco. Mais malgré tous les talents et les efforts déployés on ne peut faire en sorte que tout le monde soit convaincu, change son état d’esprit, désire se lancer. On peut se donner un maximum de chances de réussir mais faute de prise sur une mécanique humaine individuelle et collective plus que complexe on ne peut modéliser ce qui fera qu’à coup sur tout le monde va voir la lumière.

Au sens strict, si on peut piloter la transformation des activités, on ne peut que faire son maximum pour que l’état d’esprit change. Notons aussi que le rapport entre les ressources engagées et le résultat est plus prévisible (ou moins aléatoire) pour l’un que pour l’autre.

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Piloter l’adoption montre qu’on est à coté du sujet

Je n’ai jamais été trop à l’aise avec la notion, pourtant centrale dans de nombreux échanges relatifs à l’implémentation de social software en entreprise, d’adoption. Ou plutôt, pour être plus précis, avec la notion de pilotage de l’adoption.

Bien sur l’adoption est nécessaire. Et comme tout ce qui est nécessaire, l’entreprise ne peut pas imaginer ne pas la piloter. Rien que de très logique…et pourtant quelque chose sonnait bizarrement à mes oreilles sans que je sache trop quoi. J’avais laissé le sujet en souffrance jusqu’à ce que Paula Thornton le rappelle à mon bon souvenir en mettant le feu aux poudres.

Commençons par le sens des mots.

Piloter : se donner les leviers nécessaires à la réalisation de quelque chose ainsi que les indicateurs de suivi adéquats.

Adopter : faire sien quelque chose sien de manière volontaire. Suppose donc qu’on en ait compris l’intérêt, le sens, les implications.

Si les deux sont donc indispensables je n’arrive décidément pas à les accoler dans la même phrase. Et finalement pour une raison très simple : si adopter implique spontanéité et choix effectué en toute liberté, piloter l’adoption signifie pousser les gens à faire quelque chose contre nature car si cela était naturel l’adoption se ferait sans pilotage. Alors on peut bien dire que piloter signifie uniquement “créer le terreau fertile” mais je ne crois pas une seconde que c’est la position la plus fréquente : cela reviendrait à dire qu’on a aucune prise sur le résultat et qu’on se donne une obligation de moyen et non pas de résultat. Une position qui, peu importe qu’elle soit sensée ou non, n’est simplement pas concevable par l’entreprise. Piloter l’adoption signifie donc pousser à faire des choses contre nature et une telle approche explique peut être à elle seule pourquoi les choses sont difficiles, que, justement, soit on adopte pas soit on adopte à reculons.

Une conclusion en forme de cul de sac donc ? En aucun cas. Car si pilotage et adoption sont indispensables, il me semble qu’on confond l’objet du verbe et la résultante de l’action.

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Avec le social CRM l’entreprise 2.0 sort de la boite noire et le marketing change de dimension

On a dit, écrit et inventé beaucoup de choses dans le domaine du “2.0″ depuis que le terme a fait irruption dans le vocable du monde de l’internet puis des affaires en général. Avec plus ou moins de bonheur. Parfois c’était une avancée dans la conceptualisation de modèles opérationnels nouveaux, et c’était bien, parfois c’était juste un écran de fumée destinée à faire oublier qu’on s’était pris les pieds dans le nuage de fumée précédent.

En interne (donc entreprise 2.0), on a souffert doublement du syndrome de la boite noire. Tout d’abord parce que les projets étaient purement…internes alors même que l’entreprise 2.0 promeut une logique d’écosystème et de parties-prenantes internes et externes. Ensuite parce qu’on a isolé la composante “sociale” de l’activité opérationnelle de l’entreprise, les deux étant clairement cloisonnés empêchant donc la logique de réseau de créer une quelconque valeur.

En externe (web 2.0) force est de reconnaitre qu’on est rapidement retombé dans le bruit et la fumée par le biais d’appropriations souvent maladroites d’usages nouveaux par des directions marketing qui n’avaient pas encore compris la subtilité du changement et tentaient simplement de faire comme avant mais avec des médias nouveaux. Bien sur il y a eu également d’intéressantes expériences de crowdsourcing, avec des bénéfices réels à la clés, mais relativement marginales en quantité par rapport au gachis marketing.

Mais de temps en temps une réflexion émerge qui a du sens, et qui donne d’ailleurs du sens aux choses. C’est le cas du “social CRM“, qui est à mon avis la meilleure chose qui soit arrivée au petit monde du 2.0 depuis longtemps.

Pourquoi ?

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Passage à l’entreprise 2.0 : combien de temps faut il ?

Intéressante discussion l’autre soir sur twitter avec Hutch Carpenter et Gil Yehuda. La question est intéressante et au delà des échanges bridés à 140 caractères je me suis dit qu’il pouvait être intéressant de faire le point sur le sujet. Je pense qu’il est d’abord important de savoir ce qu’on entend par “adoption de l’entreprise 2.0″ et de s’intéresser aux facteurs susceptible d’accéléer ou d’inhiber ce processus.

Qu’entend on par entreprise ?

Que vous soyez une multinationale de 80 000 salariés ou une PME de 50 cela change tout. Non que cela soit forcément plus facile ou difficile dans un cas que dans l’autre mais parce que le temps de diffusion sera obligatoirement différent. Ainsi que le temps de “préparation” car un tel projet se prépare en amont, il ne suffit de dire “voilà les outils et amusez vous avec”.

Et au sein même d’une grande entreprise parle t’on d’une adoption globale ou du temps nécessaire pour que l’adoption se fasse autours d’un projet interne ou au sein d’un service ? Ce qui pose d’ailleurs la question de la stratégie : mutation globale ou multiplication d’initiatives qui font tâche d’huile.

Qu’entend on par adoption ?

Là encore il faut savoir de quoi on parle. Avoir des outils disponibles pour chaque utilisateur prend peu de temps une fois que les achats ont donné leur feu vert. Avoir des outils globalement utilisés prend plus de temps. Créer de la valeur par l’utilisation des outils ne prend pas forcément plus de temps si on a bien pensé les choses en amont. Mais dans le cas contraire il faudra prendre le temps de recadrer outils, workflows et mode de management afin que l’utilisation serve à quelque chose.

Chacun peut voir midi à sa porte. A mon sens il faut viser la création tangible de valeur même si l’utilisation globale est un bon indicateur. Le second ne viendra en effet pas sans le premier mais soyons bien conscients que si on s’arrête à l’utilisation le soufflet risque de retomber dès lors qu’il faudra réévaluer les investissements dans un an, dans trois ans. La valeur passe par l’utilisation mais pas de pérennité sans valeur. Et avant même que les financiers demandent des comptes ce seront les utilisateurs qui auront laissé tombé d’eux-même.

Selon l’angle qu’on choisira on pourra ainsi dire qu’il aura fallu 3 mois ou 3 ans pour convertir une entreprise. 3 mois ayant le temps pour lancer les pilotes, 6 mois pour avoir les premières réussites, 1 an pour un déploiement global, 3 ans pour une mutation globale. Chiffres purement indicatifs mais qui me semblent aujourd’hui proches de la réalité de la “grande entreprise standard”.

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Et si vos indicateurs vous amenaient dans la mauvaise direction ?

Quoi qu’on en dise et même si le petit monde de l’entreprise dite 2.0 a longtemps été frileux avec cette notion, la mesure est essentielle à l’entreprise. Très simplement parce qu’elle permet de valider, piloter et comprendre ce qui est fait.

Mis à part les expérimentations (encore que…) et les cas d’extrême urgence où le plus grand brouillard règne, on ne fait rien en tendant un doigt mouillé au vent.

Ceux qui ont essayé de faire évoluer quoi que ce soit dans une entreprise, et l’entreprise 2.0 ne fait pas exception à la règle, même à un niveau quasi anecdotique, ont déjà certainement eu affaire à la dictature de l’indicateur. En effet il arrive que la nouveauté fasse virer un ou plusieurs indicateurs au rouge. Pour être plus précis on déduit un impact négatif sur la performance en fonction de ce que les indicateurs nous disent.

Et si on se posait la question hautement hérétique de savoir si finalement il n’arrive pas que les indicateurs nous amènent à l’opposé du but recherché ?

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Quatre enterrements et un mariage 2.0

C’est le grand sujet du moment. Je vous la fais en vrac : crise, web, réseaux sociaux, peur, changement, licenciements,business model, 2.0, productivité, financement, entreprise 2.0. Vous prenez tous ces mots, vous les liez dans une phrase que vous terminez par “qu’est ce qui va se passer, comment s’en sortir, est-ce que tout va s’effondrer ?”.

Pour un fois je vais faire court en vous annonçant la version 2.0 d’un film à succès. Il suffit juste d’inverser les éléments du titre : 4 enterrements et un mariage.

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