Tirer le meilleur de ses actifs immatériels crée des avantages concurrentiels forts

Un petit passage du coté de chez McKinsey où j’ai jeté un oeil sur leur dernière production intitulée : “Using Power Curves to assess industries dynamics“.

Une étude des revenus de 150 entreprises de premier temps réalisée en 2005 montre clairement que la performance n’est pas distribuée selon une traditionnelle courbe en cloche mais une “power curve” qui montre que la plupart des entreprises d’un secteur sont en dessous de la moyenne. Ce qui dit en d’autres termes signifie quelques leaders qui engrangent l’essentiel du revenu et tout le reste qui se partage des miettes. Dit à ma façon cela revient à dire que la grande majorité des entreprises est largement décrochée ce qui est largement vivable dans un marché en croissance où on arrive à faire des festins avec les miettes des autres mais beaucoup plus inquiétant dans un marché dont le moins qu’on puisse dire est qu’il va être sujet à contraction.

Un des éléments qui ressort de l’étude (bien sur il serait bien naïf de croire qu’à lui seul il explique tout) relève de l’exploitation des actifs intangibles par une industrie. Dans ce cas la courbe est beaucoup plus prononcée que dans le cas d’industries ayant un usage intensif d’actifs plus “conventionnels”.

Comme le dit le rapport :

Power curves are also promoted by intangible assets—talent, networks, brands, and intellectual property—because they can drive increasing returns to scale, generate economies of scope, and help differentiate value propositions.

Cette étude est réalisée par secteur. J’aurais aimé également ce qui était différenciant au sein d’un même secteur, à savoir si l’impact des dits actifs intangibles pouvait être aussi important dans des industries plutot orientées “actifs tangibles” mais où le capital immatériel aurait (ou non) un rôle majeur à jouer si on y faisait plus attention.

Maintenant on peut peut être évoquer le ROI de modes d’organisation permettant une utilisation optimale de ces actifs ?

De la répétition à la différenciation

L’entreprise peine à appliquer la “2.0 attitude” pour la simple et bonne raison qu’elle adresse un champ pour l’instant non (ou peu) exploré par les organisations. Dès lors que la nouveauté concerne un domaine que l’on n’exploite pas, pourquoi donc essayer de la comprendre vu qu’elle ne s’applique pas à ce que l’on fait. Dès lors la question est davantage de sensibiliser à la nécessité d’explorer d’autres gisements de performance, de savoir etc. pour faire face à ces enjeux nouveaux qu’adopter des outils ou des pratiques qui ne correspondent pas à nos focus du moment.

Comme je l’ai lu dans Social Media, il faut avant tout s’intéresser à cette sphère nouvelle plutôt que l’évaluer avec nos certitudes actuelles. En fait toute la discussion sur l’entreprise 2.0 tient en une phrase : savoir prendre en compte la différenciation là où seule la répétition nous obsédait.

Je parle bien de prise en compte car il n’est pas question de remplacement, mais de complémentarité. Et cela se décline à de nombreux niveaux. [Read more...]

Innover c’est la santé

Premier point dont j’aimerais vous parler suite à la convention du MEDEF, l’impératif d’innovation. Une problématique que je vais lier ici aux questions d’intelligence économique car une bonne logique de benchmarking amène aussi à aller voir ce qui se passe à l’extérieur de la membrane de l’entreprise.

J’ai choisi ici de vous présenter trois vidéos. Les deux premières traitent de l’innovation en tant qu’enjeu non pas seulement pour l’entreprise stricto sensu mais pour tout l’écosystème entreprenarial européen : lorsque la performance de vos partenaires voire de vos concurrents contribue à votre propre performance. La troisième traite de l’intelligence économique vue comme source d’avantage concurrentiel, portée par le travail en réseau et l’utilisation de la connaissance.

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Entreprise étendue et avantage concurrentiel

J’avais déjà abordé l’avantage à tirer des réseaux informels et de la connaissance tacite dans le cadre de la constitution d’un avantage concurrentiel.

Les outils et pratiques du web social permettent également de tirer parti de la porosité croissante entre l’entreprise et son environnement afin de favoriser la transmission de l’information et doper l’innovation. Si certains ont compris ce qu’ils avaient à gagner en maitrisant bien ce phénomène, c’est un état d’esprit qui continue encore à faire peur.

En effet bâtir un avantage concurrentiel ça n’est pas seulement battre ses concurrents, cela peut être, au contraire, œuvrer à une stratégie collective gagnante.

C’est en effet ce que je me suis dit en lisant un article sur l’industrie du vin. Lorsque Mondavi a créé son exploitation dans la Nappa Valey il a dépensé sans compter pour faire reconnaître cette région et établir sa réputation. Il aurait pu consacrer les mêmes sommes à l’élimination d’une concurrence moins fortunée que lui. Aujourd’hui il a tiré avantage de son investissement mais c’est parce que toute la région a été valorisée que son exploitation a pu aller exister sur des marchés jusqu’alors inaccessibles. S’il s’était contenté de se focaliser sur ses concurrents il n’aurait jamais atteint une telle position sur le marché, il aurait peut être été premier producteur local mais n’aurait pu avoir l’accès aux marchés internationaux.

C’est en laissant les autres tirer profit de son investissement qu’il a pu construire un environnement propice à son propre développement. En effet rien ne sert d’être le plus gros d’un écosystème agonisant, et pour grandir il faut parfois que son environnement croisse également.

L’entreprise 2.0 face à la productivité (3) : et l’avantage concurrentiel dans tout ça ?

J’ai, dans ma précédente note sur le sujet, avancé que si la productivité importait tant c’est en raison de son impact direct sur le résultat final. Sans ça on s’en moquerait bien. Mais ça n’est pas parce qu’une meilleure productivité améliore votre résultat que c’est le seul moyen d’y arriver.

Ames sensibles s’abstenir, ceci est un billet iconoclaste dont le but n’est pas tant de mettre à mal certaines quelques certitudes que de montrer qu’on méconnait parfois certaines pépites posées devant nos yeux.

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