Qu’est-ce qu’un “intranet social” ou un “intranet 2.0″ ?

Résumé : l’intranet 2.0 ou intranet social, tout le monde en parle tout en se demandant à quoi cela peut ressembler. Entre le mythe qui veut que demain l’intranet disparaisse au profit d’un réseau social et les titulaires habituels de la responsabilité de l’intranet qui sont mal à l’aise dès qu’on sort d’une logique purement descendante, les débats idéologiques et fonctionnels ont de beaux jours devant eux. L’intranet social n’est pas tant la prise du pouvoir du réseau social qu’une socialisation des grands piliers de l’intranet traditionnel : information, personnes, outils métiers. Ca n’est pas tant l’adjonction de nouveaux outils que la généralisation de nouveaux services, de fonctionnalités à toutes ses composantes. Et c’est, enfin et même avant tout, un outil de travail au service d’un projet d’entreprise. Inutile donc de changer l’intranet si l’on ne revisite pas sa vision du travail, des rapports sociaux et des postures qui leurs sont liées

Beaucoup d’entreprises repensent (ou pensent à repenser) leur bon vieil intranet qui commence à accuser le poids des années et se demandent, notamment, comment y intégrer la fameuse “couche 2.0″ dans ce qui doit être un intranet social ou 2.0, selon la terminologie que choisira le porteur du projet. Maintenant, si le mot est sur toutes les lèvres, cela ne veut pas pour autant dire que tout le monde ait les idées claires sur ce dont il s’agit. Entre la maturité du porteur de projet, la feuille de route plus ou moins adaptée,trop ou pas assez ambitieuse qu’on lui a donné et le niveau de changement tolérable dans son entreprise, il y a une foule d’options possibles. Si toutes ne sont pas à écarter, certaines ont beaucoup plus de sens que l’autre selon le contexte.

Dans le paragraphe précédent je parlais de “couche sociale”, ce qui signifie qu’il est déjà clair que la dimension dite 2.0 est bel et bien une nouvelle dimension de l’intranet et non pas une bulle isolée du reste. On ne construit donc pas un intranet 2.0 en ayant d’un coté un intranet et de l’autre un réseau social. Pour quelles raisons ? Le réflexe réseau social étant peu évident pour 90% des collaborateurs, si on l’isole du centre de gravité de l’espace numérique de l’entreprise il ne risque pas d’être beaucoup utilisé. De plus l’activité “sociale” nécessite un stimulus qui est une information d’ordre général, une information métier voire la veille de l’entreprise ou d’un de ses services et qui se trouve a priori…dans l’intranet traditionnel.

Voici donc quelques pensées mal dégrossies et un peu en vrac. En fait un vieux billet resté à l’état de brouillon pendant plusieurs mois et que j’ai exhumé il y a quelques jours alors qu’on me questionnait sur le sujet. Finalement je vous le livre tel quel, je reviendrai de manière plus approfondie et structurée sur certains points dans un futur proche

On peut penser qu’un tel intranet peut reposer sur certains piliers qui sont :

La socialisation de l’information

Ce que j’appelle socialisation de l’information peut prendre plusieurs formes :

- capacité pour l’utilisateur de choisir les rubriques de l’intranet qu’il veut suivre de manière prioritaire et afficher sur sa home page ou une page dédiée.

- capacité pour l’utilisateur de partager un contenu de l’intranet avec ses collègues (via son “twitter interne’, dans une communauté etc….) sous réserve de la gestion des droits et autorisations (mais ne nous leurrons pas…auparavant l’information qui ne pouvait pas “sortir” d’une zone circulait par email…)

- capacité pour le collaborateur partager un contenu externe afin de le “mettre dans le circuit” et laisser les mécanismes d’évaluation (ou un éventuel “curator“) le faire remonter vers la tête de l’entreprise et se diffuser transversalement.

- capacité pour l’utilisateur de réagir au contenu publié, soit là où il est publié soit en le ‘poussant’ sur un blog ou dans une communauté pour lancer une discussion.

- capacité pour l’utilisateur de promouvoir le contenu publié autrement qu’en le partageant : en notant ou l’approuvant (bouton de type “like”) afin de faire remonter en home page par exemple ou simplement le faire savoir à son réseau.

- capacité pour un service, une entité quelconque de l’entreprise, de déployer en un clic un mini site selon des templates plus ou moins définis pour que ses communicants l’alimentent avec leurs propres informations. Ce la permet un niveau de granularité “corporate” plus fin pour plus de proximité.

J’ai envie de dire que c’est le strict minimum car s’adressant notamment au périmètre habituel d’une direction de la communication qui doit gérer du contenu descendant et la communication “officielle’.

La socialisation du collaborateur

Partager, réagir, discuter et, nous le verrons plus tard, collaborer c’est bien…mais encore faut il savoir avec qui. Alors bien sur il y a les gens qu’on connait et qui viendront rapidement grossir notre “réseau”…mais il y a également tous ceux qu’on ne connait pas mais dont on aura besoin un jour. Pour cela, avant de demander aux utilisateurs de se connecter et faire des choses ensemble…encore faut il qu’ils se trouvent entre eux, s’identifient.

Tout démarre donc ici avec la mise en place d’un profil riche comme on en trouve sur n’importe quel réseau social. Il sera alimenté par les informations “officielles” de l’entreprise (poste, appartenance hiérarchique, compétences etc…), le salarié pouvant décider ou non d’en afficher certaines, par le collaborateur lui même (centres d’intérêt, expériences passées…), par ses pairs (qualités reconnues à la personne concernée, recommandations…). Bien sur le titulaire du profil valide ce qu’il veut ou non afficher de ce que proposent les autres sur son compte. Le profil est, enfin, complété par les activités “sociales” de la personne : communautés dont il est membre, blogs et wikis auxquels il participe, signets partagés etc….

Ces dernières informations constituent un flux auquel un autre utilisateur doit pouvoir s’abonner pour suivre l’actualité d’une personne donnée de la même manière qu’il peut s’abonner à une rubrique de l’intranet en particulier. Bien sur chacun choisit ce qui doit ou non apparaitre dans son flux.

Ce profil riche ne doit pas faire doublon avec l’annuaire d’entreprise : il est l’annuaire de l’entreprise. Ou, pour être exact, ce que les utilisateurs en voient. (Note aux décisionnaires IT : pensez à choisir des solutions qui peuvent se synchroniser sur plusieurs annuaires à la fois…c’est pratique quand vous n’avez pas un annuaire unique et, d’une certaine manière, donne un résultat cohérent à vos utilisateurs même si votre projet d’unification est en retard). [Read more...]

De Google Wave aux réseaux sociaux : le millefeuille social

Pendant longtemps, et parce qu’on a pu s’imaginer importer telles qu’elles les pratiques du “web social” dans l’entreprise, les projets visant à apporter cette fameuse dimension sociale dans l’activité des collaborateurs ont pendant longtemps visé à structurer l’entreprise comme le web. Comprenez qu’on y cherchait des communautés supposées remplir des “espaces sociaux”, chacune de ces communautés étant un véritable projet en soi qui amenait à une situation plus que paradoxale car on en arrivait à organiser la spontanéité.

C’est pour cela que, et même si le type de projet sus-mentionné a du sens dans certaines situations, il est apparu qu’il vallait mieux faciliter ce qui était vraiment spontané, et quoi de plus spontané (à mon sens) que l’activité quotidienne des collaborateurs, les process et la “routine” qu’ils suivent sans même parfois s’en rendre compte, simplement parce que c’est leur travail. Bien sur cela est moins impressionnant qu’essayer de mobiliser, si ça n’est créer, une communauté de toute pièce (quitte à s’époumonner à faire vivre des communautés qui n’existent pas), mais ça permet d’aller s’adresser aux communautés les plus évidentes, tellement évidentes qu’on ne les voit pas : les communautés de ceux qui ont besoin les uns des autres pour faire le travail qu’on leur demande, en temps et en heures. Le problème c’est que ces communautés sont on ne peut plus volatiles : elles existent quelques heures, quelques jours, sont parfois permanentes.

Deux solutions ont été trouvées pour faire face à ce besoin. La première : permettre la création de communautés, groupes, “espaces sociaux” (appelez ça comme vous le voulez) à la demande, sur l’impulsion des collaborateurs et non plus de l’entreprise. Elle relève donc davantage de la gouvernance. La seconde est plus fonctionnelle et se traduit par l’inclusion d’outils de microblogging (de type twitter ou yammer) dans des outils à vocation communautaire pour permettre de lancer des échanges et de mobiliser les autres personnes sans entrer dans le formaliste d’un groupe structuré et de publications de contenus “lourds” alors qu’on a simplement deux lignes à partager (hé oui…même un blog peut être trop formel).

L’objectif étant de mettre en œuvre les pratiques de ce que j’appelais l’Organisation Orientée Service : permettre à une personne faisant face à un problème de mobiliser le bon système (système = ressources + outils + mode de travail) afin de le résoudre et retourner au train train quotidien.

Du plus structuré (ouverture d’un groupe, billets de style blog) au plus informel (micromessaging) tout problème trouve alors un outil à sa dimension, avec la bonne granularité qui favorise de fait leur adoption : c’est parce qu’on demande souvent aux collaborateurs d’écraser des mouches avec des battes de base-ball et qu’on leur interdit l’usage de la tapette qu’ils laissent tomber et repartent en grognant.

La manière la plus simple, à mon gout, de mettre l’outil au service du besoin au lieu de créer des besoins au service des outils.

C’est pour adresser la couche “fluide” de ces échanges qu’arrive Google Wave. Je ne vais pas m’étendre dessus, les spécialistes du web et de sa composante logicielle ont déjà largement commencé à commenter les premiers pas du dernier né de Google.

L’outil est jeune et ne vaudra que par sa capacité à intégrer des modules permettant de faire le lien avec des outils plus “traditionnels”. Tout comme tout outil à dominante plus ou moins “sociale” d’ailleurs, comme je le repête souvent. Une excellente démonstration de son potentiel est présentée chez Timo Elliott, dans le cadre d’une intégration Wave/SAP. Ca n’est que le début et c’est déjà prometteur.

Un bon exemple du fait que la couche “sociale” du système d’information est à plusieurs strates :
• le besoin est trop limité pour nécessiter un projet de “groupe social” en tant que tel. Surtout s’il faut demander l’accord de la DSI..voire un financement.
• le besoin concerne des intéractions fluides donc la logique “blog” est elle même trop lourde.
Mais :
• S’il fallait travailler 3 mois sur le process en question il aurait fallu adjoindre un tel espace à la “wave” histoire de capitaliser et structurer un peu.
Et surtout dernière question : je veux bien que les protagonistes de cette histoire rejoignent la discussion au fur et à mesure de son avancée. Mais cela suppose qu’ils se connaissent, ce qui est rarement le cas dans une fusion. D’ailleurs peut être ont ils oublié un quatrième larron super compétent mais hors de leur radar. D’où le caractère obligatoirement complémentaire d’un réseau social qui permettent d’identifier les personnes à inviter dans la Wave. Et pourquoi ? Parce que cette identification est rendue possible par un profil riche alimenté à la fois par la personne concernée…et en fonction de ses publications et participations dans des espaces un peu plus structurés…ce qui nous ramène à nos blogs et autres groupes et communautés. Et la boucle est ainsi bouclée.
La composante sociale d’un système d’information relève donc davantage du mille feuille que de la brique monolithique. Chaque couche est nécessaire pour adresser une granularité de besoin précise. Et s’il en manque une c’est comme une chaine collaborative qui se rompt, tout le reste tombe à l’eau.

Les préoccupations des directions informatiques : de bonnes idées trop cloisonnées

Je suis récemment tombé sur ce graphique mettant en évidence les préoccupations actuelles des directions informatique. Ce qui n’est pas sans m’inspirer certaines réflexions.

Premier point comme le mentionne l’auteur de l‘article où j’ai trouvé ce document, il n’y a rien de fondamentalement nouveau. Certains de ces sujets sont sur le feu depuis quelques années, d’autres depuis beaucoup plus longtemps. Parfois les noms changent au fil des années et des modes mais finalement on reste sur des tendances assez régulières.

Second point : le cloud computing arrive largement en tête de liste. Ce qui prouve, mais le fallait il, que le sujet est vraiment sur la table. Mais il ne faut pas faire dire aux chiffres ce qu’ils ne disent pas : s’intéresser à quelque chose ne veut pas dire l’adopter et peut parfois vouloir dire comprendre pour mieux combattre. Comme aime à le répêter un ami pilote, “si je m’intéresse aux accidents d’avion c’est pour les éviter, non pour en avoir”. Derrière, rien ne se dégage (pour moi l’écart entre 47% et 51% est tout sauf significatif).

Troisième point, le plus intéressant à mon avis : le lien entre nombre de ces sujets. Business Intelligence et Business Process Management : un enjeu actuel n’est il pas d’enrichir le BPM par la BI ? Wikis, blogs etc et outils de collaboration ne sont ils pas les deux cotés d’une même problématique ? Et d’ailleurs, pour enrichir la BI, ne faut il pas se demander comment capter la valeur contenue dans des informations moins structurées, véhiculées par les dits wikis, blogs et réseaux sociaux ? D’ailleurs cela tombe bien, les réseaux sociaux arrivent juste derrière dans le classement. Quand au Content Management n’est-ce pas l’alter ego formel des blogs et wikis. La encore, deux facettes d’une même chose.

Donc a première vue une certaine cohérence dont on ne peut que se réjouir. Par contre j’ai peur que tous ces sujets soient “pensés” indépendamment les uns des autres alors qu’au contraire il importe de les penser conjointement sauf à assumer le risque de voir se heurter, voire s’affronter, des projets qui sont au contraire supposés se compléter. N’oublions pas non plus que c’est de cette logique cohérente et unifiée dont sont demandeurs les métiers et non pas de projets technologiques isolés dont l’absence de cohérence a des impacts on ne peut plus négatifs sur leur adoption et la valeur qu’ils contribuent à générer sur le terrain.

L’avenir du microblogging est il le blog ?

Un précédent article sur la complémentarité de ces deux types d’outil m’a permis d’avoir de nombreuses discussions en ligne et hors ligne. Disons que la logique qui veut que tout ce qui est nouveau soit formidable et ait vocation à faire table rase de tout ce qui existait avant et qui est nécessairement has been ne me convainc pas. En général la nouveauté nait des manques de l’existant et vient combler des trous dans le spectre global des usages. Mais si une fois qu’on a bouché les trous on retire la structure principale on se retrouve avec…d’autres trous qui amènent forcément un jour à réinventer la roue qu’on avait jeté.

Discussion sur l’avenir du microblogging en tant que solution ultime vouée à remplacer tous les outils de publication personnels.

- 140 caractères est une limite vraiment bloquante pour certains contenus. Pas grave. Demain les outils de microblogging permettront de s’affranchir de cette limite.

- guère évident de retrouver l’information . C’est un faux problème. Demain des systèmes de tags plus performants permettront de vraiment mieux organiser la publication de chacun et de naviguer dedans.

- il est quasi-impossible de retrouver les échanges et d’en avoir une vue structurée. Là aussi, le futur s’annonce radieux puisqu’à terme il est évident que la gestion et la visualisation des conversations seront beaucoup plus poussées.

Au final, l’outil de microblogging du futur permettra de publier des contenus longs, riches, de les structurer et d’avoir une vision instantanée des réactions et commentaires. qu’ils ont suscité. Il s’agira donc….de ce qui ressemble bizarrement à un blog. Et ses limites nous amèneront certainement à réinventer le microblogging.

Trêve de plaisanterie, c’est bel et bien la preuve qu’il s’agit de deux logiques dont les interconnexions doivent être développées, sans que l’une ait vocation à remplacer l’autre.

Le web temps réel n’est pas une panacée (et twitter ne tuera pas les blogs)

On entend çà et là que le microblogging tue le blogging et que, d’une manière générale, l’avenir du web est le temps réel. Un discours hatif auquel je ne souscrit pas. Il ne me semble pas qu’une tendance vienne en remplacer une autre mais, plutôt, qu’elle vient la compléter.

Ce schéma valable pour le web grand public s’applique, je pense, également, à l’entreprise.

La complémentarité entre les deux types d’outils s’explique par le positionnement d’un message donné sur deux axes : celui de la consistance et celui de la temporalité..

Consistance

Pas besoin de grande démonstration pour expliquer qu’il est difficile de délivrer un message et une information consistante en 140 caractères. Et que si toute l’information devait suivre ce format on serait au courant de beaucoup de choses sans rien en savoir vraiment. A l’inverse, qu’il est difficile de meubler un blog lorsqu’on veut faire passer des messages courts, lapidaires. Dans ce cas le titre se suffit à lui-même et on cherche à remplir le corps du billet. C’est justement cela qui a poussé une partie de la blogosphère sur la twittosphère. Non qu’un outil soit meilleur que l’autre mais parce que son format correspond davanatage aux besoins du plus grand nombre (souvenez vous que les purs “créateurs” sur les médias sociaux ne sont que quelques pour cents).

Temporalité

Il est des messages qui ont vocation à rester et faire leur place dans le patrimoine informationnel mondial. Il en est dont la valeur est dans l’instant, qui n’ont de valeur que par leur rapidité de diffusion. Quand on fait un billet sur un blog il est évident qu’on s’attend à toucher immédiatement la “clientèle” de ses abonnés. Mais l’indexation par les moteurs de recherche lui donne une sorte de permanence. La longue traine fait ensuite son oeuvre. Même si l’indexation des messages sur twitter évolue, les archives de twitter présentent un intérêt limité. Si on a raté un message un jour il y a des chances pour qu’il n’ait plus la même valeur le lendemain : soit l’information sera sans valeur soit elle aura été rendue disponible au plus grand nombre sur des canaux plus conventionnels. Au pire si quelque chose a vraiment de la valeur, il va continuer à “résonner” (les pros diront “être retwitté”) suffisamment longtemps pour que cela me touche à un moment ou à un autre.

C’est ainsi que se dessine un web à deux vitesses, expression qui pour une fois n’est pas synonyme d’exclusion mais de complémentarité. Des messages “lourds” destinés à rester et porteurs d’une réflexion constuite et, sur un circuit plus rapide, des messages brefs, instantanés.

On se rend bien compte que le temps réel montre rapidement ses limites alors que le blogging traditionnel, plus lourd, n’a pas la réactivité escomptée dans certaines circonstances. La complémentarité entre les deux types d’outils permet à un émetteur de couvrir l’intégralité du spectre en fonction de ces deux axes qui sont la consistance et la temporalité.

Vous me direz que certains messages remplissent les  deux conditions. C’est justement pour cela qu’on se sert de twitter pour faire un lien vers quelque chose qui a été publié par ailleurs. Ce qui nous rappelle le besoin de pouvoir lier et articuler les deux.

Dans un style plus prosaïque vous pouvez aussi lire ici chez Vinvin.

webconsistency

Le Guide 2008 du blog d’entreprise vient de sortir : le corporate blogging a son Gault & Millau

Les entreprises qui veulent développer leurs relations avec leurs clients, partenaires, futures recrues, bref avec leur écosystème explorent de nouvelles voies, celles qui les fait passer de l’ère de la plaquette sur papier glacé dépeignant un monde idéal mais froid, sans saveur, et aujourd’hui peu engeant et impliquant pour un lectorat en quête de transparence et d’authenticité, à l’ère de la conversation qui fait du lecteur un partenaire dans l’échange.

A ce titre plusieurs pistes sont explorées, au nombre desquelles les blogs d’entreprise. On ne parle pas ici du blog évenementiel, du “one shot” à finalité marketing, mais bien d’un canal pérène entre l’entreprise, ses dirigeants, et leur environnement. Une tendance relativement mure outre atlantique mais qui commence à peine à acquérir ses lettres de noblesse en France grâce à des acteurs nouveaux comme Blog Angels. Reste qu’on voit tout et n’importe quoi en la matière, de l’initiative modèle, chef d’oeuvre de transparence, d’efficacité, qui permet de donner une réelle valeur business à ces échanges entre l’entreprise et son environnement, au pur charlatanisme marketing, au ciblage raté, au ton qui ferait passer la Pravda des grandes années pour un exemple de liberté éditoriale.

Bref, guère facile de s’y retrouver pour qui voudrait comprendre avant de se lancer. C’est tout l’intérêt du Guide 2008 du blog d’entreprise, que l’on doit justement à Blog Angels, qui présente les initiatives les plus remarquables en la matière sur la base d’une grille d’analyse fort complète. C’est du concrêt, exemples à l’appui, et pas un énième blabla. Trois catégories sont abordées : blogs “produit”, blogs de dirigeants, blogs rh.

Bravo à Hervé et ses comparses pour ce remarquable boulot. Hervé que j’ai eu la chance de rencontrer il y a près de trois ans lors de ce qui fut la première expérience de blogs d’entreprise à vocation interne dans une grande entreprise française (Dassault Systèmes), projet dont il fut un des piliers,  et dont la compréhension du monde du social média, que ce soit à finalité “organisationnelle interne” ou “communication externe” ne cesse de m’impressionner depuis. Chapeau Monsieur.

Vous pouvez acheter le guide en version numérique ou papier en cliquant ici.

Avec le désormais célèbre “pourquoi bloguer dans un contexte d’affaires”, vous voici désormais parés pour vous faire votre religion en la matière et vous lancer. Le fait de trouver, enfin, des ouvrages de référence en langue française qui sont finalement trop peu nombreux dans ma bibliothèque est également un réel motif de plaisir (simple clin d’oeil à ceux qui me font remarquer que 98% des livres que je recommande sont en anglais…)

Vivre l’entreprise : pour suivre l’information sur l’entreprise en Français

Je n’ai malheureusement pas eu le temps d’écrire quoi que ce soit sur la dernière université d’été du MEDEF. Cela viendra certainement un de ces jours (j’ai un long billet de synthèse en cours de préparation) mais le fait que je sois parti en vacances aussitôt l’évènement terminé m’a quelque peu deconnecté.

Je tiens toutefois à vous signaler une initiative fort intéressante mise en place par le MEDEF : il s’agit du site Vivre l’Entreprise, actuellement en version bêta. Il offre la possibilité à tout entrepreneur blogueur ou tout blogueur parlant de sujets en rapport avec l’entreprise d’y rassembler leurs contenus.

Je ne doute pas, qu’à terme, une fois que la vitesse de croisière aura été atteinte, on y retrouve tout ce qui se dit d’intéressant sur le sujet dans le web français.

N’hésitez pas à le consulter voire à y proposer votre propre flux d’information.

Pourquoi bloguer… en “tournée française”

Je vous avais déjà parlé de “Pourquoi Bloguer Dans un Contexte d Affaires“, l’ouvrage que l’on doit à Claude Malaison et une équipe de professionnels québécois. Dans les commentaire qui ont suivi (merci à la Librairie du Québec) j’ai appris que l’ouvrage allait être disponible en France sous quinzaine et qu’il serait présenté en France par ses auteurs.

Je ne sais pas encore ce qui peut être prévu sur Paris et Marseille mais je peux d’ores et déjà annoncer au public bordelais qu’il a tout intérêt à réserver sa journée du 3 juin vu que Claude Malaison et Philippe Martin seront là pour présenter le livre. Plus qu’une simple dédicade, c’est une journée d’échange et de conférences sur les blogs et le web 2.0 qui est en train de se monter, journée à laquelle participera également Isabelle Juppé, la Femme Digitale. Pour avoir reçu une ébauche du programme je peux vous en dire le plus grand bien. Bravo à ceux qui essaient de réunir un plateau de ce type en Province et à Bordeaux, specialement à Hélène Frebourg.

En ce qui me concerne je passerai volontiers y faire un tour mais en pleine semaine…ça risque d’être un peu incompatible avec mes obligations professionnelles. Mais sait on jamais. De toute façon on aura eu l’occasion de se voir à Montréal d’ici là non ?

Blogging d’entreprise : ça n’est que le début

On entend ça et là que le blog est mort, qu’il s’agit de passer à autre chose. Mon avis sur la question est clair, n’en déplaise à certains : c’est un média qui demande de l’investissement….et du contenu. Et lorsqu’on n’a pas plus (ou pas) grand chose à dire on s’oriente vers d’autres types de médias sociaux. Ca n’est en aucun cas péjoratif, c’est simplement une question de contenu de l’intéraction : on peut intéragir sur des bases existantes ou produire le contenu qui favorise cette intéraction. Bref, l’effet de mode passe et ne resteront que ceux qui n’ont pas épuisé leur réserve d’idées.

La preuve, la création de blog council, qui regroupe des blogueurs de grandes entreprises US dans le but de partager leurs meilleurs pratiques sur le blogging d’entreprise et favoriser l’appropriation de l’outil dans les grandes organisations. Après une phase d’observation, le phénomène tend donc à se structurer et prendre un élan nouveau là justement où il a beaucoup de choses à dire…l’entreprise, génératrice de quantités de flux d’information s’il en est.

Pour ceux que ça intéresse ils se réunissent en ce moment même à Orlando…

Le blog Corporate : un outil de management

Bain & Company, une des pointures du conseil en stratégie vient de publier un rapport sur les tendances 2007 des outils de management. C’est factuel et analytique, ne comptez pas trouver ici d’envolées lyriques sur les communautés et les mérites du “tout 2.0″. (Téléchargement ici).
Ce que j’en retiens : la part accrue donnée à des critères qui me semblent qualitatifs dans l’obtention de résultats qualitatifs et, pour la première année, l’entrée du blog corporate dans la liste des outils de management.

Une grande déception : le blog corporate n’est ici considéré que dans sa composante externe, de l’entreprise vers le consommateur. C’est se limiter, à mon avis, à un épiphénomène largement moins intéressant et puissant, en termes de management, que l’adoption de tels outils en interne.

Peut être en 2008 prendront ils en compte les vraies suites logicielles 2.0.