Ce que le management a à apprendre de la lutte entre Boeing et Airbus

Souvenez vous c’était il y a une éternité ce qui a notre époque signifie moins de dix ans. Airbus réfléchissait à concurrencer Boeing sur le marché des très gros porteurs et se penchait sur ce qui allait devenir l’A380. Du coté de Seattle on n’envisageait pas de remplacer le mythique 747 et on travaillait à un transporteur de taille plus modeste qui allait devenir le 787.

Pourquoi deux approches aussi différentes ? Il s’agissait en fait de deux visions radicalement opposées du marché du transport aérien.

Pour Airbus il allait falloir rationaliser les coûts et plus globalement l’organisation du transport. La vision était donc qu’il allait falloir acheminer tout le monde vers des Hubs d’où les passagers partiraient vers leur destination finale, possiblement via un autre Hub. Ce qui revient à dire “Pour aller de Marseille à Miami je fais Marseille-Paris, là on me regroupe avec pleins de gens qui vont aux USA, on fait Paris-New York et de New York je prend un vol pour Miami”. Il faut donc que le vol Paris-New York se fasse sur un appareil le plus gros possible afin de rationaliser l’utilisation des créneaux de décollage, l’utilisation de l’infrastructure aéroportuaire, et faire en sorte que le cout par passager soit le plus faible possible.

La logique de Boeing était tout à fait à l’opposé. Partant du principe que l’accumulation des vols et des correspondances engendrait un manque de flexibilité, prenait beaucoup de temps, donc que l’avenir était aux vols de point à point. Ce qui signifie “Pour aller de Marseille à New York je prend un…Marseille-New York”. Ce qui suppose des appareils plus petits qui sont plus facilement remplissables et permettent d’ouvrir des lignes sur des destinations a plus faible demande.

Qui a eu raison au final ?

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Corporate blogging: Osons! (…ou pas)

corporate communicationUn constat: chacun est demandeur de confiance et de transparence. Toutefois chacun n’est pas prêt à s’engager dans cette voie. Pourquoi?

Manque de temps, peur de s’engager dans un mode de communication non maitrisé, syndrome du “j’ai un travail sérieux et je n’ai ni à m’abaisser ni à me justifier”, préférence pour le “je laisse les autres déblayer le terrain”.

De manière synthétique tout le monde raisonne en termes d’analyse risque/opportunité. Ensuite quatre attitudes:

- je pense que les opportunités sont supérieurs aux risques: je me lance.
- je pense que les risques sont supérieurs aux opportunités: je ne bouge pas.
- je pense que les opportunités sont supérieurs aux risques mais je ne veux pas prendre le risque de la remise en cause d’un système que je maitrise: je ne bouge pas.
- je pense que les risques sont supérieurs aux opportunités mais il faudra y passer un jour ou l’autre alors autant être proactif et transformer le risque en chance.

Exemple de “je ne bouge pas”: voir l’article de l’Atelier BNP Paribas que j’ai déjà mentionné par ailleurs et ce que j’en pense.
Exemple de “je bouge”: Boeing. Des essais progressifs qui donnent aujourd’hui le Randy’s journal (blog du VP marketing) et le blog de l’équipe de test du 777-200LR (toujours en ligne mais plus animé depuis la fin de la période de test). Je reste sur ma faim quant à la gestion des commentaires: modérés bien sur me semble t-il ce qui n’est que logique mais surtout non reliés à l’article.

Toutefois l’avionneur de Seattle nous promet de nouvelles expériences, avec un dialogue plus interactif, une vision “insider de l’entreprise” et un projet de blogs internes(dis Monsieur Boeing, tu aimes les Kiwis? Parce qu’un de tes fournisseurs en raffole!). En tout cas j’attend de voir ce que tout cela va donner et jusqu’où ils vont aller.
On parlait risque? Voici la réponse donnée à BusinessWeek:

Boeing has learned to cede some control and expose itself to stinging criticism in exchange for a potentially more constructive dialogue with the public, customers, and employees. “Companies are nervous about creating external blogs because they fear the negative comments,” says Charlene Li, an analyst at Forrester Research Inc. “But negative comments do exist. A company is better off knowing about them.”

Ca se passe de commentaire non?

Sun, IBM, Boeing…on ne peut pas parler de petites entreprises, et on ne peut pas penser que l’enjeu en termes d’image n’est pas important pour elles.

Ou alors entreprises et managers français se seraient pas sur la même longueur d’onde que leurs alter égo d’outre atlantique quant à l’exposition et au dialogue qu’imposent un certain niveau de performance et de fonction? Une différence essentiellement culturelle alors?
Pour en savoir plus:

Info de départ via Roland Piquepaille. Voir aussi BusinessWeek.