Des medias sociaux au Social CRM : mon expérience “aérienne”

J’ai déjà largement abordé la question du Social CRM sur ce blog, et voici l’occasion de compléter mes écrits par une réflexion issue de mon expérience personnelle récente. Pour les personnes pressées qui veulent s’épargner la lecture d’une longue histoire, vous pouvez aller directement à la conclusion en bas de cette note.

La situation

Une simple semaine de vacance. Découverte d’une compagnie que je n’avais pas encore testé, et retour dans le contexte des intempéries que l’on sait et qui ont transformé le week- end du 20 décembre en naufrage collectif pour nombre de voyageurs (et pas seulement dans le monde de l’aérien.

Le background

Sorti des choses de l’entreprise 2.0, coté loisirs et passions personnels, on trouve les voyages, le monde du transport aérien et les avions tout court. Je suis donc quelques blogs et comptes twitters spécialisés (compagnies aériennes, professionnels) et aussi quelques individus dont ça n’est pas le travail mais qui en parlent à titre personnel. Je compte également dans mes “amis et followers” quelques autres passionnés, souvent classés “Elite +” par leur compagnie de référence et pour qui, tout comme moi, au delà du mode de locomotion il y a un vrai intérêt, une passion, pour cette industrie. Avec une vraie plus value puisque lorsque j’ai besoin d’un avis ou d’un conseil sur une compagnie, une destination, un appareil ou un aéroport de correspondance, autant demander à quelqu’un qui fait allègrement ses 60 000 miles annuels. Remarquez que ça vaut pour tous les domaines…mais nous y reviendrons plus tard.

Je suis bien sur abonné au compte twitter de ma “compagnie habituelle et favorite”. Ils utilisent twitter pour diffuser peu ou prou les mêmes informations commerciales que celles qui figurent sur leur newsletter. Pas de discussions ni de retweet de messages provenant de clients ou d’autres acteurs du secteur. Activité plutôt faible et sporadique donc, avec une forte (voire exclusive) dimension unilatérale dont on peut déduire une dimension communautaire un tantinet faiblarde.

A titre d’exemple, lorsque la “communauté” a commenté en direct la livraison et la visite de leur premier A380 qui était diffusée en direct sur le web (très bonne initiative par contre), et a profité de l’occasion pour poser quelques questions voire leur demander si la vidéo serait partagée ultérieurement pour être reprise sur des blogs…pas de réponse, pas la moindre marque d’intérêt. Pas davantage lorsque je prend le temps de ressusciter mon blog personnel laissé à l’abandon par manque de temps afin de partager mon expérience lors de mon premier vol en A380. Une posture a priori ni bonne ni mauvaise mais qui est ce qu’elle est et relève d’un positionnement volontairement réfléchi.

Voilà donc l’état de mon expérience “social media” avec “ma” compagnie aérienne. Quelque peu frustrant lorsqu’on est à la fois “Passager Elite” et passionné mais la communauté est assez grande pour partager cette passion sans eux. Bien sur les exemples inverses sont légion (inutile de parler une énième fois de Southwest) mais je m’en tiens ici à mon expérience personnelle.

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Avec le social CRM l’entreprise 2.0 sort de la boite noire et le marketing change de dimension

On a dit, écrit et inventé beaucoup de choses dans le domaine du “2.0″ depuis que le terme a fait irruption dans le vocable du monde de l’internet puis des affaires en général. Avec plus ou moins de bonheur. Parfois c’était une avancée dans la conceptualisation de modèles opérationnels nouveaux, et c’était bien, parfois c’était juste un écran de fumée destinée à faire oublier qu’on s’était pris les pieds dans le nuage de fumée précédent.

En interne (donc entreprise 2.0), on a souffert doublement du syndrome de la boite noire. Tout d’abord parce que les projets étaient purement…internes alors même que l’entreprise 2.0 promeut une logique d’écosystème et de parties-prenantes internes et externes. Ensuite parce qu’on a isolé la composante “sociale” de l’activité opérationnelle de l’entreprise, les deux étant clairement cloisonnés empêchant donc la logique de réseau de créer une quelconque valeur.

En externe (web 2.0) force est de reconnaitre qu’on est rapidement retombé dans le bruit et la fumée par le biais d’appropriations souvent maladroites d’usages nouveaux par des directions marketing qui n’avaient pas encore compris la subtilité du changement et tentaient simplement de faire comme avant mais avec des médias nouveaux. Bien sur il y a eu également d’intéressantes expériences de crowdsourcing, avec des bénéfices réels à la clés, mais relativement marginales en quantité par rapport au gachis marketing.

Mais de temps en temps une réflexion émerge qui a du sens, et qui donne d’ailleurs du sens aux choses. C’est le cas du “social CRM“, qui est à mon avis la meilleure chose qui soit arrivée au petit monde du 2.0 depuis longtemps.

Pourquoi ?

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Faut il jeter votre service marketing aux orties ?

McKinsey a produit il y a peu un rapport intitulé “Manager au delà du Web 2.0″ (Managing beyond web 2.0) qui évoque les contraintes nouvelles d’une entreprise dans un monde interconnecté. Grosse déception pour ceux qui se sont fiés au titre pour se jeter sur le document en question, on y parle davantage des relations entre l’entreprise et son écosystème extérieur que de l’interne. Un titre totalement inadapté à mon avis, qui n’empêche pas le contenu d’être intéressant. Ceux qui suivent le sujet n’apprendront certainement pas grand chose, mais comme souvent le tampon “McKinsey” attirera les plus conservateurs, en général méfiants vis à vis du phénomène, et permettra aux autres d’avoir un document à présenter à leur comité de direction qui soit issu d’une source plus sérieuse qu’un blog.

L’idée de départ est connue de tous. Dans un monde sans cesse plus interconnecté, les consommateurs font d’eux mêmes des choses qui échappent totalement aux départements marketing et qui ne plaisent pas forcément à ces derniers. Ils se forgent eux même leur opinion sur un produit, se conseillent les uns et autres, partagent leurs retouts d’expérience positifs et négatifs et vont même jusqu’à proposer des idées d’amélioration ou de produits nouveaux. Conséquence : certains parlent des produits en bien, des communautés de clients convaincus et passionnés se forment, mais l’inverse est également vrai.

La vérité est que le marketing ne contrôle plus ce qui se dit. Pire, il n’est même plus écouté. D’où la conséquence (hativement ?) tirée par les auteurs du rapport : votre marketing est peu à peu en train d’être remplacé. Conséquence, plutôt que de continuer à pousser des messages, l’enteprise aurait tout à gagner à écouter. Cela n’est pas sans rappeler le débat sur le community management par ailleurs. Ceux que le sujet intéresse iront regarder avec intérêt le concept de chaine de valeur, revisité à l’aune du 2.0 et du “consomacteur” par Xavier Comtesse (très bien détaillé ici) et qui se schématise de manière fort éloquente.

Valuechain20

Je ne m’étendrai pas sur les nombreux exemples d’ideagoras, crowdsourcing et autres, déjà amplement traitées ici et ailleurs qui me semblent aller dans ce sens. Un exemple de plus de socialisation d’une partie d’un business.

McKinsey en tire un très pragmatique modèle judicieusement nommé LEAD (listen, experiment,apply,develop). Qui n’apporte rien de franchement nouveau à tout ce qui se dit sur le sujet depuis pas mal de temps, soit dit en passant. Et déjà mis en œuvre chez quelques leaders (P&G par exemple). Car finalement en pointant les faiblesses du marketing c’est indirectement la nécessité de repenser l’innovation qui est mise en avant ici.

Au delà donc de mes critiques sur le titre, je ne pense pas que la conclusion de l’article est l’inutilité du marketing. Ce dernier gagne à être repensé à l’aûne d’une chaine de valeur cohérente avec notre époque et davantage impliqué dans les processus d’innovation (et de sourcing des idées) qui se posent définitivement comme le carburant des entreprises pour les années à venir. Le passage d’une logique de push localisée à du pull globalisé ?

Quant à la conclusion qui pousse l’entreprise à se préparer d’ores et déjà pour le web 3.0, je vous laisse seuls juges de sa pertinence. Personne ne sachant clairement à quoi ce web 3.0 ressemblera et l’entreprise commençant à peine à comprendre le 2.0 pour se l’approprier sans erreurs et sans peur, je trouve l’injonction prématurée et superflue.

Une étude peu orientée “interne” donc. Mais tirer les conséquences de ce qui précède en termes de management interne est un exercice pour le moins intéressant dont je ne pense pas qu’il ait échappé aux gens de McKinsey.

Socialiser son entreprise ? Qu’est ce que ce cela veut dire

Voici donc la suite du début de réflexion que j’avais ébauché ici. L’objectif ici n’est pas de disserter sur une quelconque approche du management mais de positionner l’entreprise 2.0 par rapport à l’entreprise “réelle”.

Pourquoi ? Parce que, et nombre de retours d’expérience convergent sur ce point, la question qui se pose au sujet de l’adoption de l’entreprise 2.0 n’est de savoir quels sont les bénéfices, s’il faut ou non y aller, si c’est un feu de paille ou une réalité, mais comment l’implémenter dans une entreprise qui a un passé, des acquis, des certitudes et qui a fonctionné sans cela pendant des décenies de manière à obtenir des progrès et des résultats tangibles.

C’est donc d’abord une réflexion relative au positionnement et à l’intégration dans des logiques prééexistantes dont nous avons besoins. En effet une cause, non pas d’échec, mais de non succès de nombre de projet vient du fait qu’ils n’ont pas été positionné de manière à avoir un quelconque impact fut il positif ou négatif sur l’entreprise et n’ont donc, de fait, pas réussi à impliquer les collaborateurs, ou encore du fait que les personnes concernées ne comprenaient pas l’objectif ni les modalités du projet.

Prenons l’exemple du Knowledge Management. Lorsqu’une entreprise était confrontées à des challenges de nature à nécessiter une démarche KM, le nom même de la démarche laissait clairement entendre l’objectif poursuivi. Ca n’est pas pour autant que ces démarches ont été couronnées de succès, je le concède, mais comprendre ce que l’on fait reste un préalable nécessaire au succès. Dites “on va lancer une démarche KM” ne présage en rien de sa réussite mais permet à n’importe qui dans l’entreprise de comprendre de quoi on parle. Dites donc “la solution est une démarche entreprise 2.0″ et voyez l’air dubitatif de 95% des collaborateurs et vous comprendrez que vous n’êtes pas sorti de l’auberge.

Toute le monde a besoin de comprendre “pourquoi, quoi, comment ?”. C’est la condition préalable à l’appropriation indispensable qui est une condition de réussite. Et cette appropriation nécessite donc non d’amener l’interlocuteur sur un terrain inconnu donc considéré comme hostile, mais de partir d’un terrain connu et d’en repousser les frontières. Le tout en ayant du sens par rapport à leur quotidien, à ce qui constitue leur paradigme actuel.

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