Les préoccupations des directions informatiques : de bonnes idées trop cloisonnées

Je suis récemment tombé sur ce graphique mettant en évidence les préoccupations actuelles des directions informatique. Ce qui n’est pas sans m’inspirer certaines réflexions.

Premier point comme le mentionne l’auteur de l‘article où j’ai trouvé ce document, il n’y a rien de fondamentalement nouveau. Certains de ces sujets sont sur le feu depuis quelques années, d’autres depuis beaucoup plus longtemps. Parfois les noms changent au fil des années et des modes mais finalement on reste sur des tendances assez régulières.

Second point : le cloud computing arrive largement en tête de liste. Ce qui prouve, mais le fallait il, que le sujet est vraiment sur la table. Mais il ne faut pas faire dire aux chiffres ce qu’ils ne disent pas : s’intéresser à quelque chose ne veut pas dire l’adopter et peut parfois vouloir dire comprendre pour mieux combattre. Comme aime à le répêter un ami pilote, “si je m’intéresse aux accidents d’avion c’est pour les éviter, non pour en avoir”. Derrière, rien ne se dégage (pour moi l’écart entre 47% et 51% est tout sauf significatif).

Troisième point, le plus intéressant à mon avis : le lien entre nombre de ces sujets. Business Intelligence et Business Process Management : un enjeu actuel n’est il pas d’enrichir le BPM par la BI ? Wikis, blogs etc et outils de collaboration ne sont ils pas les deux cotés d’une même problématique ? Et d’ailleurs, pour enrichir la BI, ne faut il pas se demander comment capter la valeur contenue dans des informations moins structurées, véhiculées par les dits wikis, blogs et réseaux sociaux ? D’ailleurs cela tombe bien, les réseaux sociaux arrivent juste derrière dans le classement. Quand au Content Management n’est-ce pas l’alter ego formel des blogs et wikis. La encore, deux facettes d’une même chose.

Donc a première vue une certaine cohérence dont on ne peut que se réjouir. Par contre j’ai peur que tous ces sujets soient “pensés” indépendamment les uns des autres alors qu’au contraire il importe de les penser conjointement sauf à assumer le risque de voir se heurter, voire s’affronter, des projets qui sont au contraire supposés se compléter. N’oublions pas non plus que c’est de cette logique cohérente et unifiée dont sont demandeurs les métiers et non pas de projets technologiques isolés dont l’absence de cohérence a des impacts on ne peut plus négatifs sur leur adoption et la valeur qu’ils contribuent à générer sur le terrain.

Le Saas est il l’avenir de votre système d’information ?

Encore une question qui hante les nuits de nombres de personne. Plus sérieusement, à défaut d’empêcher quiconque de dormir cela pose des questions, crée des débats voire alimente une certaine confusion qui n’aide pas à faire avancer les choses. En effet, difficile de déployer des solutions tant qu’on est dans l’expectative au niveau de l’infrastructure.

Je vais donc essayer de faire un point sur le sujet, voire d’essayer d’y mettre mon grain de sel.

Quel débat ?

Pour faire synthétique, disons que l’entreprise qui  traditionnellement hébergé l’ensemble de son système d’information sur sa propre infrastructure voit arriver une nouvelle alternative, dénommée Software as A Service, permettant de fournir les applications via internet, en utilisant des services  hébergés non plus par elle mais par ses fournisseurs. Le débat pourrait simple (je gère tout moi même avec les coûts afférents, où je laisse les ennuis aux autres et je me contente de payer le service..) mais se posent des questions de sécurité, de confidentialité qui ne laissent pas l’entreprise indifférente. Des questions légitimes même si parfois la réponse est simple (mais encore faut il se poser la question) dans un contexte ou le poids des habitudes n’est pas neutre non plus.

[Read more...]

L’avenir du cloud computing n’est pas forcément hors de l’entreprise

Grand sujet de débat : l’entreprise doit elle garder l’ensemble de son système d’information dans ses murs ou en héberger tout ou partie à l’extérieur.

La logique “cloud computing” ou Saas se tient. Il convient de désacraliser l’outil informatique qui comme le dit fort justement Nicholas Carr dans The Big Switch, est amené à devenir banal que le sont l’électricité et l’eau courante. On se branche, on utilise, on débranche et nul besoin d’en faire tout un fromage : il s’agit d’un service comme un autre et plus d’un duo matériel + logiciel que l’on considère comme une vache sacrée avec des yeux admiratifs et qu’il s’agit de protéger comme la prunelle de ses yeux. A titre personnel je vous clairement la différence entre une époque ou j’étais en admiration devant chaque nouvelle machine et attendais l’installation de chaque logiciel avec impatience et une part de rêve. Aujourd’hui c’est “juste” une machine et “juste” du soft, ça fait partie de ma vie courante et l’important c’est que ça fasse ce que je leur demande, peu importe de savoir comment et que mon logiciel préféré soit sur internet ou mon disque dur. D’outil stratégique, le poste de travail de monsieur tout le monde devient un simple service de consommation courante.

[Read more...]

Entreprise 2.0 et PME : et si on en parlait enfin ?

Si l’on se fie à la manière dont le sujet est traité, l’entreprise 2.0 est essentiellement une question réservée aux grandes organisation, un problème de riches comme certains n’hésitent pas à le dire. Mais la PME n’a telle rien à gagner à se pencher sur le sujet ? Peu sont ceux qui ont commencé à se poser la question même si nos amis de B-r-ent montrent un certain activisme sur le sujet.

Pour avoir pris de temps de réfléchir à la question ces dernières semaines voici un premier jet de ma réflexion. A vous de compléter.

[Read more...]

Vu, lu, entendu cette semaine #2

Nouvelle rubrique qui sera hebdomadaire…ou pas. Durera…ou pas. Parfois je lis, j’entends, je vois des choses qui ne méritent pas ou pas encore une note mais que j’ai envie de partager, comme on le ferait à la machine a café autour d’un verre ou d’un repas.

Vu

• Ce mindmap de l’organisation d’une entreprise par Richard Menneveux. Moi que la déperdition d’énergie causée par la multiplication des “comités Théodule” énerve au plus haut point, je suis aux anges.
Organisation d'entreprise

Lu

• Ou plutot re-lu. Antoine Riboud : Un patron dans la cité.

“si tu passes plus de temps avec ton équipe qu’avec ton chef, dis adieu à ta promotion …” nous disait ce Twitt de l’ami Ray Dacteur. Tristement si vrai.

• Inutile d’essayer de débaucher des utilisateurs de linkedIn, ils sont très bien dans leur entreprise qu’ils recommenderaient volontiers. De toute manière linkedin devient bien autre chose qu’un simple outil au service de nos carrières.

Entendu

• “Le cloud computing est inéluctable. On doit comprendre également ce que ces nouveaux outils que nous mettons à disposition apportent comme nouveautés afin de mieux les diffuser”. Membre de la DSI d’un grand groupe français.

• “Il n’y a pas de crise. La crise c’est un dysfonctionnement subit, non prévisible, et le fait qu’on veuille revenir à la situation antérieure. Or là il ne faut pas revenir à la situation antérieure mais inventer autre chose”. Frédéric Dalsace, professeur titulaire de la Chaire “Social Business” d’HEC à cette occasion.

Quelques lectures en passant

Une rapide revue de mes dernières lectures pour ceux qui seraient en manque de littérature pour les soirées au coin du feu .

Tout d’abord le désormais célèbre Groundswell: Winning in a World Transformed by Social Technologies de Charlène Li et Josh Bernoff, sorte de bible du social media. Groundswell vous expliquera concrêtement comment fonctionne la “lame de fond” qui est en train d’emporter l’internet. Rien n’est laissé au hasard et l’ouvrage est suffisamment didactique pour que tout le monde comprenne que quelque chose se passe, comment ça se passe, et surtout, comment l’entreprise peut et doit surfer sur cette vague. Par contre n’espérez pas trouver un quelconque moyen d’améliorer le fonctionnement de vos équipes en interne : Charlene Li et Josh Bernoff sont des professionnels du B2C ou du social marketing et ils se concentrent sur leur cœur d’expertise. Ce livre s’adresse donc à tous ceux qui veulent comprendre et accroitre leur culture générale mais n’aura d’intérêt métier que pour les gens du marketing.

Vient ensuite The Big Switch: Rewiring the World, From Edison to Google de l’iconoclaste Nicholas Carr dont je vous avais déjà parlé ici. Le bruit courre que Carr n’est pas l’ami des DSI mais sa réflexion n’en est pas moins pertinente et même sans y adhérer il vaut l’avoir lue avant de porter un jugement définitif sur  l’avenir des systèmes d’information d’entreprise. Afin d’envisager l’ensemble du champ des possibles en termes de modes de travail il importe de comprendre comment vont évoluer les technologies qui les supportent. Il n’est pas aisé de sortir du paradigme “j’ai des logiciels et des documents sur mon ordinateur” à “j’ai un navigateur…qui me donne accès à tout via internet”. Carr démarre son analyse au début du siècle précédent avec des usines qui avaient toutes leur propre unité de production d’énergie, activité tellement stratégique qu’il faut l’assurer soi-même pour ses propres besoins. Qu’en est il aujourd’hui ? Des entreprises produisent l’électricité, on se branche et c’est tout. Il en va de même pour l’informatique qui demain ne sera qu’un service délivré via un tuyau nommé internet et accessible tout le temps, de n’importe quel poste, n’importe quel endroit, sur n’importe quel type de terminal. A lire absolument.


Vient enfin Enterprise 2.0 Implementation de Aaron C. Newan et Jeremy G. Thomas dont le titre dit tout (ou presque) de son contenu. Cela démarre par une présentation claire du “social software”, des dynamiques qu’il supporte, de la manière dont tout cela fonctionne. On passe ensuite à l’aspect “entreprise 2.0″, clair et sans feu d’artifice déplacé : c’est certain, les auteurs connaissent le monde de l’entreprise et ne nous rejouent pas un énième épisode de l’entreprise Disneyland qui fonctionne toute seule avec des outils paillettes. Vient alors une démonstration fort intéressante du calcul du ROI. Peut être lourde mais on ne peut plus réaliste, quantifiable, avec une petite place pour le “Soft ROI”. Vient ensuite la partie implémentation. C’est là que je suis un peu déçu : l’approche est strictement orientée déploiement d’outil, brique par brique. On parle un peu usages, mais finalement le coté opérationnel de l’utilisation des outils (pas l’utilisation, mais l’utilisation pour des objectifs métier) est totalement passé sous silence. On se rattrappe enfin avec une partie “légale” et “gouvernance” mais je reste sur ma faim quant à la dimension “organisation / conduite du changement / business processes”. Soit on fait une analyse “macro” soit on traite l’implémentation, mais dans le second cas autant aller au bout des choses. C’est fort dommage car le reste est de bonne facture et me semble fort didactique et pédagogique. N’étant pas moi même un professionnel de l’installation des briques sur un serveur je passe dès demain matin le pavé à monsieur de Villamil qui vous donnera son avis sur la qualité de cette partie dans une de ses prochaines notes.

Voilà c’est tout pour ce mois-ci, bonne lecture à tous.

Outils on the cloud et bénéfices on the ground

Retour Mia-cdgMême si la notion de “cloud computing” ne se confond pas celle de social software ou d’entreprise 2.0 et concerne davantage le mode de mise à disposition des outils qu’une catégorie “fonctionnelle” d’outils, elle me permet des raccourcis simples mais éloquents entre ce qui se passe dans les nuages et certaines réalités de terrain qu’on aurait tendance à trop vite oublier.

Je répète souvent que les bénéfices liés aux outils sociaux ne sont pas forcément à rechercher dans les outils eux-même mais dans le travail des collaborateurs qui lui n’a souvent rien de 2.0 et, au final, dans la production. L’intangible n’a de sens, rappelons le, qu’au service du tangible et, quitte à choquer les âmes chastes, que lorsqu’il finit par produire des espèces sonnantes et trébuchantes.

On peut faire tout ce qu’on veut en mode “2.0″ si tant est que ce buzzword veuille vraiment dire quelque chose, mais au final c’est bien sur le plancher des vaches qu’il faut chercher les bénéfices. Quelques exemples en vrac :

[Read more...]

Quand les outils sont “on the cloud” il faut quand même faire pleuvoir l’argent !

Le “cloud computing” fait des ravages, sinon dans les pratiques en tout cas dans les conversations car ça devient LE terme à la mode…en attendant le suivant.

En tout cas cela correspond, même de manière imagée, à une réalité qu’on ne peut désormais ignorer et qui tient d’ailleurs plus à une question de lieu qu’à une vision technologique : c’est l’endroit où les choses se passent.

Je m’explique. Regardez une personne qui peut, et doit travailler seule, de manière totalement autosuffisante. C’est le modèle, d’une rare efficacité reconnaissons le, qui a été proposé en son temps par Taylor et ses disciples. Une personne n’a besoin d’aucune autre et répète une même tache à l’infini. Pas difficile de savoir dans ce contexte “où les choses se passent” : elles se passent au niveau de l’individu et on sait de quelle manière chacun contribue, fortement ou modestement, à la création de valeur. Les outils sont “on the ground”, à coté de leurs opérateurs, qui utilisent les outils sans intéragir entre eux. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Et un jour le meilleur des mondes prend un sévère coup de vieux.

[Read more...]

Table ronde “Entreprise 2.0 et Transformation des Usages”

Dans le cadre de l’Institut Boostzone, j’aurai le plaisir le 24 octobre à 8h30  de participer à la première table-ronde d’une série de trois dédiées à l’Entreprise 2.0. Cette première session sera consacrée à la Transformation des Usages, avec comme invité des experts et praticiens qui ont tous des retours d’expériences concrets et uniques en France en la matière.

Cette table ronde sera animée par Miguel Membrado et s’inscrit dans le cadre d’une série de rencontre intitulée  “Tout sur l’Entreprise 2.0 en 3 petits-déjeuners”.

En plus de Miguel et moi-même, seront présents :

  • Richard Collin (Institut de l’Entreprise 2.0 de Grenoble Ecole de Management)
  • Marc de Fouchecour (NextModernity)
  • Hervé Dumas de Valeo, Group Office Solutions Manager, qui viendra partager avec nous, pour la première fois publiquement, le retour d’expérience de Valeo qui s’est embarqué dans la voie de l’Entreprise 2.0 et du Cloud Computing à grande échelle (30.000 postes) depuis plusieurs mois.

Venez nombreux, c’est une occasion unique à ne pas rater pour tous ceux qui souhaitent implémenter à court ou moyen terme une organisation de type Entreprise 2.0, de venir débattre avec des experts et des praticiens qui ont déjà traversé toutes ces étapes. Pour plus d’informations et pour s’inscire écrivez à : contact (at) boostzone.fr

Et tant que nous sommes dans l’annonce d’évènements n’oubliez pas la soirée “cap 2009″ de blueKiwi le 13 novembre prochain.

Courrier des lecteurs : qui cherche une baguette magique dans les nuages ne récoltera qu’une mauvaise averse

Il arrive parfois qu’un lecteur au lieu de laisser un commentaire ou repartir avec ses doutes pose une question par email. Et il en est une qui revient tellement souvent qu’une réponse publique s’impose.

De manière générique elle se présente comme suit :

“Monsieur,

Je suis avec attention tout ce qui se dit aujourd’hui sur l’entreprise et le web 2.0. Autant vous dire que le manque de partage d’information, la surcharge d’email, le fait que les bonnes idées ne remontent jamais sont autant de situations que nous vivons au quotidien et contre lesquelles je pense qu’il faut agir pour le bien de l’entreprise. Il est évident que nous devons apprendre à fonctionner quelque peu différemment.

Par contre j’ai un peu de mal de voir comment tous ces outils, ce “cloud computing”, ce web 2.0 vont faire en sorte de changer la manière dont mes équipes travaillent.

Si vous aviez quelques informations pour éclairer ma chandelle…

Cordialement

xxxxxxx”.

Alors on pourrait déjà commencer par expliquer la différence entre les outils en tant que tels et le “cloud computing” qui est plutôt relatif à leur mise à disposition, dire que l’entreprise n’est pas le net, que….

Mais le plus important n’est pas là.

[Read more...]