Enterprise 2.0 Summit : il reste quelques place

Dernière ligne droite avant l’Enterprise 2.0 Summit. Les 7 et 8 février prochains se réuniront donc praticiens et experts pour partager leurs retours d’expérience sur leurs projets et réfléchir ensemble au besoin d’évolution des modèles organisationnels auquel font face les entreprises en ces temps pour le moins compliqués.

Pour ceux qui ne se sont pas encore précipité acheter leur place suite à mon dernier billet sur le sujet voici quelques raisons supplémentaires de nous rejoindre :

- enfin une conférence où experts et consultants ne monopolisent pas le devant de la scène. On se contente de modérer les sessions mais ce sont les entreprises qui parlent. Ce qui n’est finalement que logique. Notre expérience sert à faire avancer la discussion, mais c’est l’expérience des entreprises qui doit occuper le temps de parole.

- j’ai pu échanger avec Rawn Sha sur le contenu de sa keynote. Sans déflorer le secrêt disons qu’elle est très pragmatique et pédagogique sur le sens qu’on donne au changement. Avec la présence conjointe de Yves Cazeau sur scène ça risque de bien repositionner les débats  “les pieds sur terre”. On parlera de l réalité de la structure, de l’organisation, des process de la culture d’entreprise et non pas d’un quelconque rêve social.

- Quelques nouvelles entreprises nous rejoignent pour présenter leur histoire. Dont Air France sur le social CRM avec un discours transparent et humble aux antipodes des appartements témoins qu’on peut souvent voir sur le sujet.

- Les éditeurs de logiciels sont présents mais à leur place. Autrement leur expérience en tant qu’entreprise utilisatrice est bienvenue…pour ce qui est du placement de produit une session lui est dédiée. Comme ça on ne détourne pas le sujet. On en profite pour applaudir ceux qui jouent le jeu et acceptent de ne pas se servir de cas clients comme d’un showcase produit.

- On aura en primeur les premiers résultats de l’étude sur l‘Etat de l’Entreprise 2.0 en France.

- Si la conférence est conçue de manière à ne pas être une prise de parole unidirectionnelle mais un moment d’échange entre l’audience et les conférenciers, sachez que d’autres micro-événements se préparent pour le plus grand plaisir des participants. Mais chutt…

- Et puis c’est tout simplement l’occasion de se rencontrer ses pairs, ceux qui font face aux mêmes challenges dans d’autres entreprises, d’autres pays, nouer des contacts pour continuer les échanges dans le futur…le tout dans une ambiance conviviale.

Donc on se voit les 7 et 8…hein ?

 

 

Retour sur l’Enterprise 2.0 Summit

Comme vous le savez certainement, j’étais à Francfort la semaine dernière pour assister à l’Enterprise 2.0 Summit. Comme l’année dernière j’ai trouvé édition très dense et de grande qualité. Beaucoup de choses ont déjà été écrites depuis jeudi et la couverture live sur twitter a été consistante, donc je vais essayer d’être bref et d’aller à l’essentiel.

1°) Tout commence avec un bon format

On peut avoir les cas les plus intéressants, tout dépend de la manière dont on les expose. Le format qui laisse l’orateur présenter son projet, les moyens et les résultats en 20 minutes pour ensuite le livre aux questions de l’audience rend la chose très opérationnelle. Depuis le temps qu’on parle d’Entreprise 2.0 je pense que l’ère des discours “inspirationnels” sur le thème “croyez ou mourrez”, “ayez la foi” est passé et qu’il faut non seulement du concret, des faits, des chiffres et la possibilité de questionner l’orateur afin de soulever les points qui intéressent l’auditoire, éviter les présentations de type “appartement témoin” et les feu d’artifices sans substance. Et lorsque la salle est remplie de praticiens cela donne une vraie valeur, autre chose que lorsque les convaincus prêchent les convaincus.

A coté de cela certaines sessions étaient dédiées à la partie plus “stratégique” et experte du sujet mais là encore pas de monologue. Chaque keynote se terminait par une table ronde et une discussion avec la salle. Ce qui évite, là encore, que les spécialistes s’envoient des fleurs sans penser à ceux qui les écoutent et ont de vrais projets à conduire.

2°) L’Europe décomplexée aurait elle trouvée sa voie ?

On a coutume de considérer les entreprises européennes plus précautionneuses au moment de démarrer leurs projets et plus timides à l’heure d’en parler. On peut considérer que la roue tourne et qu’entre Océ, Renault, BMW, Deutsche Telecom, BASF et les autres j’ai vu le plus  beau rassemblement de cas de ces dernières années. On a surtout pu visiter les entrailles et les mécanismes de chacun en évitant le syndrome de la présentation après laquelle on se dit “oh c’est impréssionnant ce qu’ils ont fait, mais en fait on ne sait pas comment ni pour quels résultats”. Dans ma session sur la gestion des différences culturelles sur laquelle je reviendrai dans un autre billet, Lee Bryant a fait remarquer qu’il était temps que les entreprise européennes oublient le réflexe du “ça marche aux US donc ça marchera pas chez nous” pour faire de nos différences un levier. Je pense qu’on est en train d’y arriver quand je vois la manière dont les cas ont été présentés : technique, argumentée, expliquant à la chaque fois le pourquoi, le comment. . Bref, plus rationnel qu’inspirationnel, mais cela montre également la manière dont les projets ont été conçus avec un focus sur le sens et la valeur pour l’entreprise et le collaborateur que sur l’”engagement” et la passion pour la nouveauté et le networking.

J’ajouterai également un bon point sur la présence française et francophone, tant au niveau de la présence sur scène que dans la salle. Je n’ai jamais autant entendu parler français dans une conférence à l’étranger ni vu autant d’orateurs français sur scène. Ajoutons à cela que le cas présenté par Renault a connu un énorme succès et on peut se dire qu’on est sur la bonne voie.

Toujours dans la discussion qui a suivi ma session, Lee Bryant disait qu’il fallait cesser d’être sur la défensive  systématique face à des concepts “importés”. C’est ce qui est en train de se passer je pense. J’ai vu des entreprises heureuses d’avoir du rencontrer leurs pairs européens et repartir en se disant “finalement on est sur la bonne voie, et on est loin d’être en retard comme on le pensait”.

3°) Plus de business process, le community management rentre dans le rang.

Conformation de ce que j’avais écrit en rentrant de Boston mais à une échelle supérieure. Si, là bas, on avait émis l’idée que le sujet devrait être abordé, et si quelques voix discordantes s’étaient tout de même élevé pour faire remarquer que ce serait dévoyer le concept, autre son de cloche à Francfort. Pas une présentation de cas où il n’a été dit qu’il fallait lier de près le projet aux fameux business process, pas une voie discordante et l’atelier que j’ai animé sur le sujet a d’ailleurs été rempli en moins d’une minute à telle point qu’on a refusé du monde. Est-ce dire que le “community management” est enterré ?

Pas du tout. Tout le monde en a parlé également mais comme un moyen d’un dispositif global, ni plus ni moins. Par contre une chose est sure : ça n’est pas la préoccupation première des participants qui s’intéressaient davantage à l’architecture du projet, à ses mécanismes, à la manière dont produire des bénéfices concrêts et mesurables. Je ne me souviens d’ailleurs pas avoir entendu une question sur le sujet et une seule session lui était dédiée, animée par Anthony Poncier. D’ailleurs, traduisant l’état d’esprit général, Bjorn Negelmann, l’organisateur de la conférence, disait sur Twitter que les participants à la conférence ne voyaient pas la chose comme une compétence essentielle.

A mon avis les deux questions sont essentielles et doivent s’articuler. Simplement il y a eu un focus historique sur le community management qui fait qu’on a pris du retard dans l’autre domaine d’une part, et qu’il faut partir de ce que le collaborateur connait pour l’emmener vers des logiques nouvelles d’autres.

Je reviendrai sur mon atelier dans un autre billet mais vous pouvez déjà vous référer à cet ancien billet pour poser le problème et celui de Samuel Driessen qui y a assisté et livre une courte synthèse. [Read more...]

10 bonnes raisons d’aller à l’enterprise 2.0 Summit de Francfort (26-28 oct)

Comme l’an dernier l’Enterprise 2.0 Summit se tiendra à Francfort du 26 au 28 octobre prochain. Il s’agit d’une conférence en deux temps : un jour dédié à des workshops ciblés, puis deux jours d’interventions sur des sujets très pratiques. Plutôt que vous faire longuement l’article, voici à mon avis 10 bonnes raisons de venir nous y rejoindre.

1°) A cause du format : chaque intervention dure 20 minutes suivie de 20 minutes d’intéractions avec la salle. Autrement dit, pas de longues diatribes pour vendre du rêve et des appartements témoins mais des choses très opérationnelles qui s’adressent à ceux qui conduisent le changement dans leur propre entreprise et veulent apprendre de leurs pairs mais également échanger de manière directe avec eux.

2°) Parce que ça n’est pas loin : quelques heures de TGV, une heure d’avion pour avoir un tel plateau cela relève du miracle. Bien sur il y aura Santa Clara quelques semaines plus tard puis Boston en juin mais c’est beaucoup plus loin…et plus cher.

3°) Justement à cause du plateau : vous y retrouverez beaucoup des experts étrangers et français que vous pouvez lire à longueur d’année et pourrez parler avec eux “en vrai”. Sans compter les nombreux praticiens qui viendront partager les expériences d’entreprises européennes de premier plan.

4°) A cause de la communauté française : j’entend souvent “oui mais dans ces conférences il n’y a jamais de français et on ne parle que d’entreprises étrangères qui n’ont pas notre culture”. Pas moins d’une demi douzaine de français “on stage” et la présence, comme cas d’entreprise, de la Société Générale et de Renault. Sans compter nos amis belges qui viennent gonfler le contingent francophone…

5°) Justement, à cause des différences de culture : c’est un sujet auquel nous, européens, somme beaucoup plus sensibles et sensibilisés que nos voisins d’outre Atlantique et qui est toujours au coeur du “Summit”. De plus j’animerai la table ronde sur le sujet. Cette conférence est un moment unique pour aborder la conduite du changement dans un contexte interculturel avec des français, espagnols, allemands, italiens, anglais…

6°) A cause de l’ambiance : j’avais beaucoup aimé la conférence de l’an dernier pour cette raison. Aucune distance entre conférenciers et participants, l’occasion d’échange passionnants et de vraies rencontres.

7°) Parce que la conférence n’est pas squattée par les éditeurs : ce sont des entreprises qui racontent leurs expériences et non des éditeurs de logiciels qui vendent leur produit au travers d’un cas client bien préparé et aseptisé.

8°) A cause du programme et des sujets abordés :

Les défis auxquels doit faire face l’entreprise 2.0

  • Managing the Change towards Enterprise 2.0
  • Overcoming Cultural Boundaries towards Enterprise 2.0
  • Driving & Rewarding the Adoption 2.0
  • Managing the Complexity of Enterprise 2.0
  • Leading & Steering an Enterprise 2.0
  • Driving Transformation & Business Innovation
  • Managing the Participation for Enterprise 2.0
  • Defining the Social Business Strategy

Sur les pratiques de l’entreprise 2.0

  • Enhancing the Information Flow
  • Improving Internal Communications
  • Fostering Knowledge Sharing
  • Facilitating the Information Exchange
  • Regaining Business Flexibility
  • Strengthening Collaboration
  • Enforcing Business Innovation
  • Improving Talent & Skill Management

Et puisqu’il me reste deux raisons…

9°) Apprendre de Luis Suarez comment il fait pour ne quasiment plus utiliser l’email au travail.

10°) Aller tous prendre une bière ensemble et faire connaissance “dans la vraie vie”.

Alors, partants ? Pour s’inscrire c’est ici.

2 événements Entreprise 2.0 le 5 juillet à Paris

Comme vous avez pu le remarquer, j’ai assisté la semaine passée à l’Enterprise 2.0 Conference de Boston. Avec Richard Collin nous avons consciencieusement écouté, pris des notes, discuté avec les acteurs majeurs du domaine et sommes en mesure de vous annoncer que nous animerons le traditionnel événement “retour de Boston” de Nextmodernity le 5 juillet prochain.

Nous vous présenterons un compte rendu de ce que nous avons appris, des derniers retours d’expérience et des tendances stratégiques majeures et des meilleures pratiques en termes de stratégies de mise en œuvre. Le tout agrémenté des remarques et anecdotes glanées au fil de nos discussions avec ceux qui font l’entreprise 2.0 (et notamment les entreprises qui l’implémentent avec succès).

Par ailleurs beaucoup des participants au dernier Enterprise 2.0 Forum de Paris (ainsi que beaucoup de ceux qui n’avaient pas venir) ont semblé apprécié le modèle d’une conférence plus “participative” qu’à l’ordinaire et étaient demandeurs d’expériences similaires. En attendant l’édition 2011 de l’événement, les organisateurs ont décidé d’organiser un événement sur le modèle “open space”, dont l’objectif est de permettre à ceux qui font ces projets au quotidien dans l’entreprise de partager, échanger et avancer lors d’ateliers thématiques. C’est avec plaisir que nous avonc accepté d’en assurer l’animation et, pour des raisons de cohérence et dans l’idée de faciliter les choses pour les participants, nous avons décidé de réunir les deux événements sur une seule journée.

1 matinée pour les retours d’expérience, gratuite

1 après midi d’ateliers pratiques avec une participation modique aux frais.

Le programme de la journée est disponible ici.

L’inscription pour les deux événements a été rassemblée sur un formulaire unique afin que vous puissiez facilement composer votre journée.

On se donne donc rendez vous le 5 !

Enterprise 2.0 conference : un agenda stratégique pour 2010-2011

Avant de revenir plus en détail sur un grand nombre de points traités lors de la conférence et que j’avais mentionné dans mon premier billet sur le sujet je voulais tout d’abord faire le point sur les deux seconds jours de conférence.

Comme je le disais dans mon premier billet donc, je trouvais que la conférence ronronnait un peu. La bonne diffusion des “best practices”, notamment grâce au travail de l’adoption council multipliait le nombre de succès tout en les uniformisant, ce qui finalement n’est pas un mal. On ne peut trouver dommage que la réussite devienne de plus en plus la norme et de moins en moins l’exception. Rien de fantastique à se mettre sous la dent coté cas au niveau du “spectaculaire” mais des choses très intéressantes au niveau qualitatif.

J’avais décidé de me focaliser sur les sessions orientées “mesure et valeur” avec, pour résultat, une impression relativement mitigée. Beaucoup de choses intéressantes mais l’impression d’un certain flottement : l’approche majoritairement “over the flow”, basée sur l’adoption nécessite un certain temps pour produire des résultats concrêts au niveau opérationnel alors, qu’à mon sens, une approche davantage “in the flow / business process” bien que plus technique permet peut être d’arriver à des choses mesurables un peu plus rapidement.

Tout cela pour en arriver à ce qui est, selon moi, l’enseignement capital de cette édition 2010 et pour lequel il aura fallu attendre le dernier jour et la toute dernière session où il était question de rassembler les points que les participants auraient aimé voir traités ou approfondis davantage lors de cette édition. La liste se passe de commentaire :

- Intégration dans les business process

- Métriques

- Approche multiculturelle (ou prise en compte des spécificités locales dans un déploiement)

Il s’agit à mon sens de l’ensemble des points souvent laissés dans l’ombre depuis l’origine pour des raisons diverses mais qui ne peuvent être laissés de coté si on veut, d’une part, monter qu’il s’agit là d’un réel apport au fonctionnement de l’entreprise plutôt qu’un “nice to have” et, d’autre part, s’adresser à des entreprise plus méfiantes et rationnelles une fois qu’on avait fait le tour des “convaincues” qui ne demandaient que quelques éléments de vision pour se lancer.

Vous remarquerez que ce sont des points que j’ai longuement traités depuis près d’un an et, c’est là ce qu’il faut tirer de mon propos, il m’est apparu tout au long de cette année que le fait qu’on les évoque conjointement est tout sauf un hasard.

- l’entreprise crée de la valeur par ses business process donc les négliger amène la certitude de ne pas impacter la valeur. Dommage. Cela ne veut pas dire pour autant que tous ces process sont performants, voire utiles, et qu’un petit nettoyage n’est pas nécessaire. Quoi qu’il en soit c’est un domaine à adresser prioritairement.

- lorsqu’on tente d’améliorer un business process on n’a aucun problème de choix d’indicateur ni de suivi puisqu’il s’agit des indicateurs du process traité. Ceci dit, là encore, on peut aussi se dire que de nouveaux indicateurs de performance ou de pilotage pourraient être pertinents et que certains de ceux aujourd’hui utilisés sont pour le moins contre productifs.

- les entreprises multinationales d’origine nord américaine se rendent compte qu’il n’est pas facile de répliquer le modèle de déploiement dans tous les pays, à commencer par l’Europe et essaient donc de localiser leurs pratiques. De plus, regroupant des entreprises du monde entier, l’adoption council qui a pour vocation de favoriser les échanges et la construction d’un corpus de best practices sur le sujet sans limitation de zone géographie a tiré le signal d’alarme sur le sujet. Vu de ma perspective plus Européenne et spécifiquement française, la question culturelle est indissociable de celle des business process. Lorsqu’on fait face à une culture plus sceptique, moins ouverte au changement et peu favorable à la participation et à l’exposition des collaborateurs dans de tels programmes, le meilleur moyen d’amener l’entreprise et le collaborateur vers la nouveauté est de les prendre par le plus petit dénominateur commun, rassurant, moins ‘humainement sensible’, la seule chose qui rassemble ceux qui sont dans l’entreprise pour “faire leur boulot et c’est tout” : le business process.

En somme, tout cela revient à apporter aux stratégies d’”adoption”, concept que j’ai toujours trouvé trop limitatif, trop centré sur l’affect et pas assez sur le “delivery”, les dimensions de sens et d’alignement indispensables à une transformation réussie.

Avec ces trois points nous tenons donc les axes de travail pour l’année à venir et de quoi élaborer une stratégie d’entreprise désormais complète. C’est également un signal fort pour ceux qui, à la veille de démarrer un projet, ne le voient que sous l’angle de l’informel déconnecté du travail quotidien.

Beaucoup de grain à moudre  pour les semaines et mois à venir. Beaucoup de promesses pour les entreprises également.

Premiers retours sur l’Enterprise 2.0 conference

Je vais vous livrer ici mes premiers retours “en vrac” après une journée de “workshop” dédiés aux stratégies d’implémentation et une journée de conférence. Il s’agit d’un survol rapide et de premières impressions, je prendrai le temps de détailler tout cela dès mon retour à Paris. Pour être un tant soit peu structuré, je vais aborder le sujet sous plusieurs angles : la vision, la méthode et les cas.

1°) La vision

Je serai tenté de dire que nous sommes à la croisée des chemins. D’un coté le désormais traditionnel discours sur l’adoption des médias sociaux dans l’entreprise, le “it’s about people” et de l’autre….un vague sentiment de vide comme s’il manquait quelque chose. Comme si après avoir poussé le schéma du 100% humain, informel, non structuré on finissait (enfin ?) par se rendre compte que soit le modèle avait ses limites soit on pouvait aller encore plus loin et avoir un discours et une proposition de valeur plus en phase avec les attentes des “vraies” entreprises, à savoir celles qui n’ont pas un visionnaire courageux à leur tête, des personnes passionnées et douées à la tête du projet et une culture interne assez ouverte à ce type de changement.

Deux exemples éloquents. SAP est venu nous parler de “connecter les individus et les process”, et un des enseignements de la session co-animée par Oliver Marks et Dennis Howlett a été qu’il fallait intégrer contenus et contexte dans les business process, ces derniers étant le chainon manquant de l’enterprise 2.0 telle que souvent présentée aujourd’hui. Souvent considéré comme étant un peu en marge de la tendance et sceptique par nature, Dennis confirme par ailleurs qu’il est une des voix qui amènent pragmatisme et raison dans le discours ambiant.

SI je remet cela en perspective de mon intervention de la semaine dernière à Milan sur le thème “mettre de la conversation dans les process pour tirer le meilleur de votre capital humain), je pense qu’on est devant une question majeure  qui, faute d’être adressée, ramènera l’entreprise 2.0 au rayon des bonnes idées à qui ont failli faute de réalisme.

Second point, l’effondrement de la barrière interne/externe : on pense écosystème, on travaille sur une grande place de marche et il n’est plus question de penser l’interne et l’externe comme deux bulles hermétiques. Mais j’en avais déjà parlé ici. En tout cas quelque chose est frappant :plus personne ne parle d’intranet. Un signe ?

Conclusion : il me semble bien qu’entre la fin d’une période et le début d’une autre on est à un “tipping point”. Pour que cette période transitoire ne se transforme pas en morne plaine puis en cimetière il faudra le courage d’aller se plonger dans les business process et de se faire une raison : l’approche “in the flow” doit prédominer dès lors que l’on adresse le commun des entreprises. Si le bon virage est pris on pourra assister, par contre, à un démarrage impressionnant.

2°) La méthode

Et bien c’est le prolongement logique de la réflexion sur la vision. Après la période “communautés et passion” on sent poindre une approche plus rationnelle orientée business process. D’ailleurs lors du très bon atelier de l’”adoption council“, Schneider Electric n’y a pas été par quatre chemins : “aller vers les utilisateurs, identifier leurs problèmes dans l’exécution des process et s’attaquer à la manière dont il est exécuté”. Si on compare à CSC, le cas qui a marqué l’édition précédente de la conférence, on sent, à mon avis, une évolution. CSC avait une approche “résolution des problèmes business” qui explique pour partie son succès (par rapport à ceux qui se contentaient de promouvoir une logique de partage et d’approche), Schneider va plus loin en ayant une approche business process. Laissons leur projet avancer et faisons le point dans un an.

D’autre part on commence enfin à s’intéresser aux problèmatiques juridiques et RH propres à l’Europe qui étaient puissamment ignorées jusqu’alors et expliquent un léger retard à l’allumage de nos entreprises qui se doivent de travailler en amont ces questions en profondeur et impliquer les organes nécessaires (ne fut-ce que pour créer un consensus amenant à ne rien décider avant d’avoir un retour d’expérimentation).

3°) Les cas

Décidémment cette conférence est relativement cohérente. Si l’on enlève la confirmation des cas des années passées (CSC notamment), je n’ai pas vu cette année “le” cas qui m’a renversé sur mon siège. Un sentiment à modérer par le fait qu’à l’heure où j’écris la plupart sont encore à venir. C’est logique : un certain corpus méthodologique a fini par émerger et tous les cas finissent par se ressembler. A la limite la banalisation est une marque de succès. Par contre je suis pressé (l’an prochain ?) de voir arriver des méthodologies plus avancées sur des approches business process et, par conséquent, les cas qui vont avec. Je pense qu’on a touché les “convaincus” et que désormais il faut un modèle, un discours, une approche pour les “rationnels et sceptiques”. L’ironie pourrait d’ailleurs être qu’on s’inspire de ce qui se passe en Europe où nous avons été rapidement confrontés à) ce genre d’entreprises et avons du nous adapter en conséquence.

Et si les prochaines “Enterprise 2.0 rockstars” étaient Européennes, Françaises, Italiennes ou Allemandes ? Et bien je ne serai qu’à moitié surpris. Après le retard à l’allumage coutumier de nos contrées et le long travail préparatoire nécessaire au démarrage, on devrait voir émerger de jolies choses d’ici  peu.

D’ailleurs hier soir une personne “référente” sur la question me disait “tu as sans doute raison, on manque de mesures concrêtes de résultats business”. Moi “je suis sur ces résultats sont souvent là…simplement on ne mesure pas les bonnes choses.ou on se refuse à mettre en place des indicateurs pertinents“. Quoi qu’il en soit quand le projet est positionné de manière à améliorer la performance d’un business process il suffit de mesurer l’évolution du delivery de ce process, ce qui est finalement assez concrêt. Si on applique une logique 2.0 à quelque chose qui ne contribue pas à la création de valeur il est sur que les choses se compliquent.

A suivre…

Retour sur l’Enterprise 2.0 Forum : L’entreprise 2.0 et la fin du social washing

Capture d’écran 2010-01-23 à 00.12.50Je voudrais prendre quelques minutes pour faire un rapide retour sur le premier Enterprise 2.0 Forum parisien qui s’est déroulé les 17 et 18 mars derniers. Quelques mots sur le contexte tout d’abord.

J’étais à la recherche d’un événement vraiment professionnel sur le sujet à Paris. Qu’entend-je par “professionnel” ? Je ne supporte plus les présentations de 40 minutes où l’on vend un appartement témoin et où la conclusion est “c’est super ce qu’ils font mais je ne vois pas comment faire la même chose chez moi” et où on a la vague impression que plutôt qu’apporter des solutions à nos problèmes on nous vend un bout de rêve nappé d’un gros morceau de logiciel. Bref, le participant moyen repart avec des étoiles pleins les yeux mais se rend compte au moment du réveil que ça ne l’aide guère à avancer dans ses projets. Je ne parle même pas des événements où nous nous retrouvons entre experts, gourous, praticiens convaincus et échangeons sur nos certitudes avant de se rendre compte que ceux que nous sommes supposés aider n’étaient pas dans la salle.

C’est avec cette idée en tête que j’avais assisté à l’Enterprise 2.0 Summit de Franfort et avais été frappé par deux choses. Le format qui valorise l’échange au détriment des discours unilatéraux (échange avec le présentateur mais également entre les participants) et le fait que les sponsors, s’ils pouvaient être présents autour de l’événement et de la salle de conférence, n’avaient pas droit de cité sur scène pour vendre leur produit. L’idée est donc venue de reproduire ce schéma à Paris avec, pour la première édition, une ambition modeste eu égard au faible temps dont nous dispositions : montrer que c’était possible dans un format local et majoritairement en français, apporter non pas des discours mais une forte plus-value aux participants. Je pense que nous avons réussi et je peux déjà vous assurer que nous rééditerons l’expérience l’an prochain, forts de ce premier succès qui nous permettra de penser un peu plus grand (et surtout d’avoir non plus 2 mais 12 mois devant nous pour nous préparer).

Dernier point avant de rentrer dans le vif du sujet. On juge généralement ce type d’événement au regard de la qualité des interventions. La format que nous avons choisi ne s’en satisfait pas car il repose sur la participation active des participants (ce qui impose d’ailleurs de garder une taille “humaine” pour favoriser les échanges).  Et si j’ai eu un grand nombre d’échos positifs on le doit tout autant à la qualité du public qui posait les bonnes questions. Quand une salle n’est peuplée que de personnes qui doivent faire avancer ces projets en entreprise, le débat atteint de suite un niveau supérieur.rnrnAprès la forme, le fonds. Mes conclusions en quelques points. [Read more...]

Enteprise 2.0 Forum à Paris les 17 et 18 mars 2010

Capture d’écran 2010-01-23 à 00.12.50L’Enterprise 2.0 Forum se tiendra à Paris les 17 et 18 mars 2010. Ayant apporté ma modeste contribution au montage de l’évènement je vais vous en dire un peu plus en espérant avoir le plaisir de voir le plus grand nombre d’entre vous à cette occasion.

Nous avons voulu donner à cette évènement une dimension locale, conscients qu’il existe des facteurs locaux qui font qu’il est difficile de s’identifier à nombre de cas étrangers si aboutis soient ils. Nous accueillerons donc des entreprises comme Danone, La Lyonnaise des eaux, Alcatel ou encore Dassault Systèmes. Cela nous permet de brasser un éventail de secteurs d’activités et de cultures d’entreprise assez large pour chacun puisse trouver des informations qui pourraient s’appliquer à son propre cas.

Nous avons également cherché à rendre la conférence la plus opérationnelle possible. Pas de grand discours visionnaire mais un état des lieux suivi d’études de cas. Chaque étude sera présentée synthétiquement en une demi-heure maximum (problème – stratégie mise en œuvre – résultats obtenus) afin de laisser les participants questionner les intervenants. Pas question de montrer des appartements témoin au travers de monologue : c’est de la possibilité de questionner les intervenants que vient une grande partie de valeur de ce type de rencontre.

Je parlais d’une dimension locale… mais nous avons tout de même notre “Guest Star”. Il s’agit de Claire Flanagan de chez CSC. Elle a été nommée “Evangéliste interne de l’année” à l’enterprise 2.0 conference de Boston et “Client de l’année” par l’éditeur qui lui a fourni sa solution. Et pour cause : elle est à la tête d’un projet qui accueillait plusieurs dizaines de milliers de membres rien qu’en phase pilote. Et ce au niveau international. Pour avoir rencontré de nombreux CSC au dernier Enterprise 2.0 Summit de Francfort, j’ai été très intéressé d’apprendre à quel point les usages pouvaient varier d’un pays à un autre au sein du même projet. Bref, Claire a certainement beaucoup à nous apprendre et il sera intéressant de confronter la stratégie qu’elle a mis en place avec nos contraintes culturelles locales.

Pour terminer, la veille de la conférence, c’est à dire le 17, aura lieu un atelier d’une demi journée sur les fondamentaux et les éléments à prendre en compte pour bâtir sa stratégie. Il s’agira d’une excellente séance de mise en condition pour pouvoir intérroger et confronter les intervenants du lendemain. Un atelier qui tombe à point étant donné qu’à mon sens l’entreprise 2.0 est à un tournant et que beaucoup de choses se clarifient, se mettent en place, en un mot le sujet devient adulte. Un atelier d’autant plus intéressant que j’en assurerai personnellement l’animation (voilà pour l’auto-promo).

J’espère vous avoir donné de nombreuses raisons de nous rejoindre. Il était temps qu’un évènement de ce type ait lieu enfin à Paris avec des cas locaux. Plus nous serons nombreux plus cela nous donnera les arguments pour voir plus grand l’an prochain et pouvoir monter un rendez-vous majeur à Paris car tout le monde ne peut pas forcément traverser l’Atlantique plusieurs fois par an pour aller voir ce qui se fait et dit.

A bientôt ! Et n’hésitez pas à relayer l’information autour de vous.

Pour les renseignements et les inscriptions c’est ici.

Ah ! J’oubliais. En utilisant le code promotionnel “e20fbduperrin” vous pourrez obtenir une réduction de 15% jusqu’au 29 janvier et 10% après cette date.

Webcom c’est mercredi

Après y avoir fait une intervention l’an dernier, c’est es qualité de “blogueur officiel” que je serai à Montreal pour assister à Webcom, avec une fois de plus une programmation alléchante.

J’ai déjà peu ou prou fait mon choix dans les interventions qui m’intéressent (juste un embouteillage possible à 10h car deux sujets m’intéressent qui sont traités à la même heure).

N’ayant jamais trop cru au live blogging (pas le temps de rédiger, manque de recul) je pense agir en deux temps :

• Live sur twitter pendant l’événement ( n’oubliez pas de me suivre http://www.twitter.com/bduperrin si ça n’est pas encore fait).

• Dans les jours voire les semaines qui suivent des analyses ponctuelles des interventions qui m’auraient marqué et mon avis sur le sujet.

• Et éventuellement quelques interviews de…qui j’aurais envie.

J’essaierai d’arrêter mon programme mardi soir afin de le publier pour que vous sachiez ce que je vais voir et à quelle heure…

D’ailleurs, si vous étiez là, vous iriez voir qui vous ? Quels sont les interventions prévues qui vous semblent le plus au cœur de vos préoccupations ? Ca peut m’aider à faire mes choix.

Les écosystèmes accélérateurs de compétitivité et d’innovation

ecopreneursJeudi 29 janvier se tiendra à Ivry la conférence pilote d’un cycle d’actions dédié à l’économie des ecosystèmes.

Ce cycle est organisé par l’AFNeT (Association Francophone des utilisateurs du Net, de l’e-business et de la société en réseau), FA Conseil, In Principo (Conseil en Management Collaboratif), avec le concours de l’Agence de Développement du Val de Marne.

Cet évènement démarre un cycle de conférences concrètes conçues pour comprendre l’économie collaborative par le témoignage de ses acteurs.

Ce cycle d’actions a pour objectifs :
- de co-construire ensemble un référentiel de pratiques de type « mode d’emploi sur les écosystèmes », au travers d’exemples et de témoignages d’acteurs de terrain.
- de mettre en lumière la valeur ajoutée générée par une dynamique d’acteurs co-responsables.

La participation est gratuite mais l’inscription est obligatoire sur cette page.
Le déplacement vaudra certainement la peine quand on voit le plateau réuni :
BMW
Éric de RIEDMATTEN
Directeur de la Communication
TOTAL
Dominique LEFEVRE
Directeur de l’Innovation
POLE MENG
Patrick BILLARD
Président BioMasse énergie Sud 77
POLE MENG
Michel DEMARS
VP Développement Économique
INTEL
Isabelle FLORY
Directeur Institutions & Initiatives Stratégiques
SIEMENS France
François GERIN
Directeur Général Adjoint
ISTY
Dominique Gentile
Directeur
VEOLIA
Michel PLASSE
Directeur Régional
DASSAULT AVIATION
Pierre FAURE
Directeur eBusiness
SERMM
Philippe MERLE
Président
SACRED
Didier FEGLY
Président d’Elastopôle
CAP DIGITAL
Patrick COCQUET
Directeur Général
Elyo
Pierre GUYARD
Directeur Commercial
BLUEKIWI SOFTWARE
Carlos Diaz
PDG
REED EXPOSITIONS
Sylvie FOURN
Commissaire Général