Votre savoir vous aide plus que votre productivité

J’ai toujours eu un sentiment ambivalent par rapport à la productivité. D’un coté, faire plus ou plus vite a ressources ou temps égaux m’a toujours semblé être un progrès non négligeable. Maintenant, avec du recul, force est de se rendre compte que la productivité n’a cessé d’augmenter depuis des dizaines d’années, qu’à la moindre difficulté la première réaction est de l’augmenter encore davantage, sans que ces gains visibles, tangibles, mesurés, ne me donnent l’impression d’avoir amélioré quoi que ce soit au final quant à la situation financière des entreprises. Ceci ajouté qu’à l’heure où l’on dépend de plus en plus non de machines ou d’individus supposés répéter indéfinement et de plus en plus rapidement les mêmes taches mais d’hommes traitant de l’information et résolvant des problèmes, il semble qu’il nous faille admettre que courir le 100m en zéro secondes devienne un objectif inaccessible.

A une époque, l’idée m’avait effleuré qu’il s’agissait peut être de repenser la notion de productivité non plus comme une notion mécanique mais comme une notion humaine, et non plus comme quelque chose qui s’améliore  au niveau individuel où les limites me semblaient quasiment atteintes mais au niveau collectif.

J’avais abandonné le sujet jusqu’à ce que cet article le rappelle à mon bon souvenir. Je me permet d’en reprendre une courbe fort parlante.

Image 2

Malgré une amélioration continue de la productivité, le ROA s’est effondré de manière continue sur la même période. Reste à savoir pourquoi.

Selon l’article il cela provient d’une totale déconnexion entre l’environnement actuel des entreprises et leur infrastructure. Jusqu’à présent le entreprises misaient sur l’augmentation de leur taille pour créer toujours plus de valeur. Aujourd’hui, dans une économie sans cesses plus connectée, la valeur ne se crée plus par l’augmentation de la taille mais par la multiplication des flux d’information. La différence entre les entreprises les plus performantes et les moins performantes se trouve dans la participation des unes à des dynamiques de flux de connaissances, en interne comme en externe, dynamiques dont le social software sert de catalyseur, là où les autres se concentrent sur la productivité “traditionnelle” qui, elle, ne bénéficie au final qu’au client et n’aide pas l’entreprise à créer davantage de valeur.

En somme, il conviendrait de ne plus seulement chercher à rendre l’efficacité “scalable” mais d’en faire de même avec l’apprentissage.

Le fossé entre le potentiel de l’entreprise et le bénéfice qu’elles en tireront est donc voué à sans cesse augmenter à moins que les entreprises ne se décident à tirer le meilleur de l’”infrastructure digitale” supportant les flux de connaissance, à participer activement à ces flux de connaissance, en interne comme en externe avec d’autres entreprises et en mettant en place une politique d’innovation volontariste.

L’amélioration de la performance passera donc désormais par l’adoption d’une logique d’échange et d’innovation au sein d’écosystèmes qui seule permettra d’améliorer significativement les choses. Elle permettra à chacun, via un processus de résolution de problème créatif qui nécessite de pouvoir librement se connecter à ses pairs, en interne comme en externe, d’améliorer continuellement sa propre performance. Et, contrairement au siècle précédent ou tout étaient insufflé par le haut, ces dynamiques nouvelles seront impulsées par les individus.

Tout cela nous ramène à un sujet que nous connaissons bien…le seul moyen d’améliorer de manière pérenne et réelle la performance de l’entreprise est de l’aider à tirer le meilleur de son capital informationnel et de son infrastructure informatique. Sinon le fossé entre l’investissement et les résultats obtenus ne fera que s’accroitre.

L’information c’est comme de l’eau (2nde partie)

Toujours trouvé chez Oscar Berg.

L’information est comme l’eau

Une bonne capitalisation de l’information dépend de son utilisation

L’entreprise sait que de sa capacité à utiliser au mieux l’information dépend (et dépendra) largement sa performance. Or, pour être utilisée, encore faut il que l’information soit “captée”. On distingue alors deux types d’information : celle générée par l’entreprise elle même, qu’elle capte donc à coup sur (quand bien même l’utilisateur final ne saurait où la trouver ou ignorerait son existence) et celle générée par les collaborateurs, savoir tacite concernant l”experience, les expertises, qui reste le plus souvent au niveau de l’individu ou de son cercle de contacts restreint, faute pour l’organisation de savoir la capter et en faire une mémoire d’entreprise. La valorisation de toute cette masse informelle est un des objectifs de l’entreprise dite 2.0.

Comme le souligne ce billet paru ici chez Gartner, ce dernier type d’information, contrairement au premier, existe et se produit sous forme de flux (contrairement au premier qui est plutôt comparable à un stock déposé à un endroit). Cela s’avère destabilisant pour l’organisation car la “liquidité” de cette information, le fait qu’elle soit propriété du collaborateur, et le fait que le fait qu’il la rende disponible dépende de sa volonté (indépendamment du fait que l’entreprise ne rende pas cette émission aisée), s’oppose à tout ce qu’on a pu connaitre jusque là.

Alors, comme le souligne l’auteur, il faut essayer de trouver le moteur qui permet à l’individu de rentrer dans ces dynamiques participatives. Car cela ne fait pas aussi spontanément qu’on peut le désirer, même si l’entreprise fais tout pour le rendre possible. [Read more...]

Les documentalistes, nouveaux leviers pour dynamiser votre entreprise

Tout est parti de cette première note sur la médiathèque de l’ESC Lille et de quelques discussions avec la responsable d’un service documentation, un métier que je n’avais jamais cotoyé ni appréhendé jusqu’alors. Alors je me suis livré à un rapide sondage dans mon entourage sur la vision que les gens avaient de ce métier au sein de leur entreprise.

Je pense que résultat de ce micro-trottoir ne surprendra personne. On me parle du “gardien du temple de la connaissane”, de la personne qui “sait ou l’information se trouve”. Avec également une vision très “archiviste” de l’information en question. J’ai l’impression qu’on me parle de vieilles reliques poussiéreuses qui n’intéressent que ceux qui veulent parfaire leur connaissance du passé, sans grande utilité au quotidien. Et d’ailleurs qu’on pense “information papier”, personne ne me parlant d’informations concernant l’actualité, de veille, ni d’information numérique. Et je revois en pensée l’antique dame qui me disait ou trouver un recueil de jurisprudence des années 50 dans mes premières années de fac de droit après s’être plongée dans une boite de fiches qui faisaient bien leur age et devaient être d’époque. Une blague circulait d’ailleurs que la dame, le recueil et les fiches étaient entrés dans la bibliothèque la même année pour ne jamais en sortir.

Rien à voir avec les discussions que j’ai pu avoir avec la personne concernée. Rien à voir avec ce qui a été mis en place à Lille. Vision déformée de la réalité ou les entreprises ayant compris l’importance des enjeux liés à ce poste sont elles encore minoritaires ? Cela doit tenir des deux. [Read more...]

Le meilleur moteur de recherche c’est vous

L’accès à l’information et à l’information pertinente est un double challenge, et ce pour deux raisons : l’information est le nerf de la guerre d’une part, et on en a de plus en plus d’autre part.

Google a montré l’exemple : la pertinence vient des utilisateurs. Plus on cite, plus on lit, plus on lie plus Google estime la source pertinente. Les solutions visant à analyser le comportement des utilisateurs pour élaguer la forêt informationnelle suscitent de plus en plus d’intérêt, de réflexions.

Ce qui revient peu ou prou à reconnaitre que le meilleur moteur de recherche n’est autre que l’individu, les moteurs “outils” les plus performants ne faisant finalement que capitaliser les comportements des utilisateurs humains. J’en parlais il y près d’un an : pour gagner en pertinence c’est le traitement social de l’information qui s’impose. Claude Malaison le confirmait dans ce podcast : pour s’y retrouver dans ses archives la NASA qui ne savait plus envoyer un homme sur la lune a du embaucher deux documentalistes.

J’en ai encore fait l’expérience hier après midi : alors qu’au bureau nous disposons d’un moteur de recherche “trois étoiles”, de ceux qui trouvent vite et bien même si vous formulez mal votre question, mon premier réflexe avant de m’en servir a été de demander à un collègue “tu sais si on a quelque chose là dessus ? Où ça se trouve ? “. Réponse immédiate et plus pertinente que la liste que m’aurait retournée le dit moteur. [Read more...]

Les nouvelles technologies changent notre rapport au monde

Rien de tel pour comprendre à quel point notre société se trouve à un point d’inflexion que d’en appeler à l’avis non pas d’un technophile sur lequel pèsera une présomption de prosélytisme mais à celui d’un philosophe reconnu qui se pose davantage en observateur de notre société avec un recul que nous n’avons parfois pas le temps de prendre.

Je vous conseille donc de regarder avec attention cette longue intervention de Michel Serres qui nous explique comment, à son avis, les nouvelles technologies changent aujourd’hui non seulement notre rapport à l’information mais également au monde. Et de se rendre compte que les transformations vont largement au delà du seul fait d’utiliser des outils pour faire ce qu’on faisait autrement avant.

“Les nouvelles technologies nous ont condamnés à devenir intelligents” nous dit il. L’occasion pour nous de réfléchir à cette phrase dont il convient, à mon avis, de tirer toutes les conséquences pour ne pas se fourvoyer sur les chemins que nous suivons. L’outil nous condamne à devenir intelligents, il ne nous rend pas intelligents.

A méditer.

Via le JP-Blog.

De l’importance de favoriser les échanges informels sur les problématiques business

Il faut que les collaborateurs échangent. Oui mais pourquoi ? Ils n’ont qu’à s’en tenir au strict minimum et ne pas perdre de temps, on leur demande de produire !

Oui mais… comme le dit une récente étude Forrester, Informal learning connects with Corporate Training Programs, alors qu’en 1986 75% des connaissances nécessaires pour le travail étaient dans la tête des individus, aujourd’hui cela passe à…. 10%. Ca n’est pas qu’on soit devenus plus bêtes (quoique… ;-) ) mais c’est que la spécialisation accrue et la granularité croissante des expertises font qu’il y en a trop pour une seule personne. Et en plus avec la contrainte de réagir de plus en plus vite…

Ce que conseille donc Forrester :

THE DAYS OF FILLING EMPTY HEADS IS OVER!

The new critical skill is the ability to un-learn and rapidly learn new. Here’s a few suggestions I have for you to survive in this new world.

1. Enhance Your Network/Community
If only 10% of insight is useful, then the more connected you are the better the chances you will get the help you need with your network. Personally I prefer the concept of community over a network. Your network/community needs to have a trusting relationship to work. Notice I didn’t say build the network. The fact that you have 1000 contacts on LinkedIn is useless unless you are able to really tap into each of those 1000 contacts. Don’t just focus on quantity, focus on strength of your relationships.

2. Constantly Learn
Take advantage of RSS & Social Bookmarking! There is so much information out there, how do you find what is of value to you. RSS & Social Bookmarking holds part of the answer.

3. Collaborate
More and more we have opportunities to collaborate. Take advantage of them. If you want to be the lone hero all of the time… You will end up just being alone.

4. Develop Critical Thinking Skills
With the abundance of information, and no clear cut answer on anything. You’ll need to personally evaluate what is right and what is even more correct. Tap into the network, RSS, other sources but in the end make-up your own decision.

Tiens…on en reparlera dans mon futur billet sur la productivité…

Via le toujours très bon Rex Lee.