J’ai écrit “je”, j’aurais tout aussi bien pu écrire “nous”, “vous”…Une petite histoire bien sur totalement fictive, et toute ressemblance avec des situations réellement vécues par des personnes existant effectivement serait purement fortuite, comme de bien entendu.
Finalement je ne m’en suis pas si mal sorti. Avec le temps j’ai franchi les échelons et pris davantage de responsabilités.
Aujourd’hui je “manage” une grande équipe. Je suis responsable des résultats de mon département donc, bien entendu, je veille au grain et m’assure de garder la situation totalement sous contrôle. Rien n’est fait que je n’ai pas décidé. Et rien que je n’ai pas décidé ne se fait sans mon aval. Avec le temps je suis tout de même devenu moins directif. Maturité oblige. Désormais je sais que donner des ordres et fixer des objectifs ne suffit pas. Et que la pression n’est pas le meilleur moyen pour les atteindre. Alors j’essaye également de me rendre disponible pour aider mon équipe, les aider à avancer.
J’ai également des responsabilités internes. Sur nombre de sujets stratégiques rien ne se décide sans mon avis. Je participe à un nombre incroyable de groupes de réflexion internes, groupes sans le travail desquels aucune décision ne se prend.
Sans compter les relations avec des clients et partenaires clés qui ne passe que par moi.
Ca n’est pas toujours facile. Dans mes relations avec mes alter egos j’ai affaire à des gens qui sont au moins aussi sollicitées que moi. Il est bien difficile de trouver un moment pour s’entretenir ensemble, pour prendre les décisions qui débloquent les situations et qui, celles-ci, ne peuvent pas se prendre par email. Je ne vous parle pas des réunions internes où il faut faire avec les emplois du temps d’une quinzaine de personnes. Un peu dommage : souvent il y cinq personnes qui parlent et les autres qui ne sont là que pour le décorum. Parfois je fais partie des cinq. Parfois je me demande ce que je fais là, un simple compte rendu en fin de réunion me suffirait.
Bref, je suis responsable et indispensable. Rien se fait sans moi. C’est vous dire combien je rapporte à mon entreprise.
Enfin, parfois j’ai des doutes.
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