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Crise | Bloc-Notes de Bertrand Duperrin - Part 2

Une crise pas si économique que ça

Tout le monde s’accorde pour dire que l’heure est venue de reconstruire une sorte de nouvel ordre économique, les dérives du système financier ayant amené les conséquences que l’on sait. Mais cela amène souvent à occulter ce que je considère comme étant une défaillance du management. Alors, comme dans l’histoire de la poule et de l’œuf difficile de dire qui de l’économique ou du management a commencé mais force est de reconnaitre qu’ils se sont joyeusement entraidés.

J’écrivais il y a peu que la logique sans bon sens menait à la catastrophe et je m’inquiétais des entreprises n’ayant qu’une demi-stratégie c’est à dire recherchant en exclusivité l’exploitation du moment présent sans jamais penser à utiliser leurs ressources pour également préparer l’avenir. Ce qui, pour en donner une représentation imagée, amène à promettre une performance linéaire voire exponentielle alors qu’il s’agit davantage d’une courbe connaissant une limite haute.

Il y a quelques temps mon opinion était confirmée par une note de Jon Husband qui attirait mon attention sur une interview d’Henry Mintzberg où celui disait qu’il s’agissait plus d’une crise de management qu’une crise économique, position que je partage en partie. J’en ressors que :

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Quatre enterrements et un mariage 2.0

C’est le grand sujet du moment. Je vous la fais en vrac : crise, web, réseaux sociaux, peur, changement, licenciements,business model, 2.0, productivité, financement, entreprise 2.0. Vous prenez tous ces mots, vous les liez dans une phrase que vous terminez par “qu’est ce qui va se passer, comment s’en sortir, est-ce que tout va s’effondrer ?”.

Pour un fois je vais faire court en vous annonçant la version 2.0 d’un film à succès. Il suffit juste d’inverser les éléments du titre : 4 enterrements et un mariage.

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Le changement qui ne pouvait arriver. Et pourtant…

Le monde économique est en train de connaitre quelques turbulences mineures, entrainant quelques légères faillites, le tout provoquant une vague sensation de vide chez nombre d’acteurs et d’observateurs.

Que s’est il passé ?

• Des pratiques totalement légales. Dont on pouvait deviner toutefois les effets néfastes si on les poussait à leur paroxysme. “Vous inquiétez pas, on sait faire, on connait les limites”

• Toujours plus. Pourquoi se contenter de prendre 7 quand on peut prendre 10 ? Parce que les 3 qu’on prendra en plus empêcheront de reprendre 7 l’an prochain. “Demain est un autre jour…j’ai des objectifs pour ce soir monsieur”. “Et si tu les atteins ?”. “Et bien on me demandra plus demain”. “Tu trouves ça logique ?”. “On a toujours fait comme ça ?”. “Oui…et on a vu comment ça a toujours fini”.

• Déporter le risque. J’optimise mon optimal local sans avoir rien à faire des équilibres au niveau macro. Je passe la “patate chaude” aux autres, je fais mes résultats, et les autres n’ont qu’à en faire de même. Mais la patate chaude finit par exploser dans les mains de quelqu’un et je me rend compte tout d’un coup que la réussite des autres conditionne la mienne, que l’effondrement d’un partenaire ou d’un concurrent entraine également le mien.

• Des prémices, et des avertissements. On a rien découvert ces dernières semaines, cela fait des années que les symptômes étaient montrés du doigts, que la maladie était là, il suffisait d’attendre qu’elle devienne incapacitante…ou de soigner le malade. “Vous avez raison, il y a un moment ou le moteur explose, on ne peut courir le 100m en zéro seconde, il faudrait plus de responsabilité dans la recherche du résultat. Ce serait un monde idéal, qui permettrait une croissance durable et stable plutôt qu’un fonctionnement par a coup qui permet de gagner beaucoup plus vite mais où les périodes de creux sont dévastatrices. Mais ne rêvez pas, ce ne sont que de nobles idées. On ne peut pas changer parce que les choses sont comme ça. On a toujours fait comme ça, donc il n’existe pas d’autre modèle possible.”

• Les cassandres ne peuvent avoir raison. Parce que le système qui est le seul que nous avons connu a toujours existé et il existera toujours. Il est indestructible. Vous imaginez les plus grandes banques faire faillite ? Wall Street à la rue ? L’état obligé de tout racheter ? Arrêtez de rêver mon bon monsieur. C’est tout simplement impossible. Et comme c’est impossible, tout votre raisonnement s’effondre. Donc il est inutile de changer. “Le Titanic était supposé être insubmersible non ? “. “Mais Titanic c’était un film !”. Un peu de culture et de réflexion ne feraient pas de mal dans le business.

Et chacun sait ce qu’il en est advenu. Ca ne pouvait pas arriver. Et pourtant.

Ca ne vous rappelle rien ? Quelque chose de beaucoup plus proche de nous au quotidien.

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Le web 2.0 est mort ? Quand le “business” reprend ses droits sur le “buzzyness”

Ca ne vous a certainement pas échappé, cet émoi qui a traversé la blogosphère mais également les très respectables médias institutionnels. Le web 2.0 est mort ! Tout n’est pas parti de ce billet de Michael Arrington mais vu qu’il dispose d’un plus gros porte voix que les autres il a eu son petit effet. Un peu plus de retenue chez Ouriel qui garde les yeux suffisamment ouverts pour faire la différence entre un phénomène de fond et les guirlandes forcément plus éphèmères qu’on lui a accroché histoire de faire joli. Hervé Kabla et ceux qui ont commenté sa note y voient, plus encore, des raisons d’y croire.

Je ne vois pas ce qu’il y a d’exceptionnel à affirmer que lorsque l’économie traverse une mauvaise passe les plus fragiles risquent d’y laisser des plumes. Et par conséquent les entreprises positionnées sur des marchés émergents, ce qui est le cas des entreprises estampillées “web 2.0″…mais pas seulement. Pour le coté “madame Irma” on a déjà vu plus clairvoyant ou en tout cas plus visionnaire, étant donné qu’il est plus facile de sonner le tocsin lorsque l’incendie est déclaré que de le prévenir alors qu’on sait depuis plus d’un an que les pyromanes étaient à l’oeuvre. Et ceux qui poussaient le 2.0 à tour de bras, essayant de trouver un coté 2.0 forcément fantastique à tout et n’import quoi quitte à susciter des vocation d’entrepreneurs oubliant le “business model” au profit de “buzzyness models” peuvent légitimement s’interroger sur la pertinence de leurs analyses passées. Ils ont eux-même tué “leur” web 2.0 en en faisant un immonde fourre-tout dans lequel on fini par mettre tout et surtout n’importe quoi. Quoi qu’il en soit, comme le suggèrent Ouriel, ou encore Olivier Ezratty dans ce commentaire chez Hervé, une fois l’écran de fumée dissipé il y a des choses qui vont rester. Ce choses sont les seules qui permettent de créer de la valeur, construire des business models “réels” et par conséquent j’y vois surtout une phase d’assainissement salutaire. Je terminerai en parlant de feu le web 1.0. Même si quelques bébés ont pu être jetés avec l’eau du bain je remarque que les entreprises créées avant 2001 qui adressaient un besoin réel des internautes, donc qui délivraient un “plus” valorisable, ont passé la crise et sont encore là. Est on revenus au minitel depuis ? Non, on est d’ailleurs allé plus loin.

Bref, je classerai volontiers l’article d’Arrigton dans la catégorie du “qui vit par le bruit ne survit qu’en faisant d’avantage de bruit”.

Bon, et l’entreprise 2.0 dans tout cela ?

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La logique sans bon sens mène à la catastrophe

J’ai assisté il y a peu à une remise de diplômes. Lors de ce genre d’évènement j’ai tendance à m’assoupir au moment des discours sauf que cette fois-ci j’étais très attentif au message qui serait délivré à des ingénieurs/managers/entrepreneurs qui allaient commencer à voler de leurs propres ailes à une époque où l’état de l’économie peut susciter quelque inquiétude pour ceux qui vont devoir se faire leur place dans une zone sinistrée.

Finalement j’ai apprécié le ton, le contenu lucide sans blabla ni autosatisfaction et j’en repars avec deux choses. Une idée d’ouvrage à me procurer et une phrase reprise in extenso comme titre de ce billet. Bon, je ne me souviens plus gère de la chute “ne mène à rien”, “mène au pire”… ? Je garderai le sens qui finalement seul importe : logique sans bon sens ne mène à rien de bon.

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De l’intérêt d’une gestion de crise décentralisée : le cas Gustav

La crise se caractérise par son caractère soudain, imprévisible, et l’importance potentielle de ses conséquences. Elle impose à une organisation de réagir rapidement afin de se préserver, elle ainsi que ses composantes, autant que faire se peut.

Cela impose diverses choses. Décider de la manière dont on va réagir tout d’abord, ce qui suppose de disposer d’une information fiable et exhaustive. Ensuite réussir à faire passer les ordres, ce qui implique cette fois ci un flux d’information descendant reçu par tous. Et dans la mesure où il faut s’attendre à ce que soit le flux ascendant n’existe pas (donc manque d’information pour décider) soit il est impossible de faire redescendre l’information (incapacité pour les agents d’agir), il est essentiel de prévoir des flux décentralisés afin que les agents soient à même de se coordonner par eux même.

Tout cela participe, notons le, de deux phénomènes que j’ai pu évoquer ici par le passé : le fait qu’une organisation en réseau soit moins fragile face aux attaques qu’une organisation centralisée (voir les cas Toyota et Al Qaida ici), et la nécessité de donner un maximum de visibilité à l’action et aux informations de chacun de manière à  ce qu’en l’absence de coordination chacun puisse adapter sa stratégie à celle des autres. Remarquez que même si la tête de l’organisation est à même de faire son travail, si tout fonctionne bien, le fait que ses agents arrivent à se débrouiller sans repasser par le centre la décharge tout de même d’un grand poids. Quoiqu’il en soit, étant donné que nous parlons de crise, le fait qu’il existe des canaux de dérivation ne peut être qu’une bonne chose.

Je pense que tout le monde a, par l’observation ou l’expérience, le souvenir d’une situation de crise où personne ne savait ce qu’il fallait faire, où tout le monde manquait d’information sur la conduite à tenir et où le manque d’information empêchait de décider à son propre niveau et où le sommet peinait à avoir une idée claire de se qui passait et / ou à expliquer la conduite à tenir.

Vous connaissez Gustav ?

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Veiller pour anticiper la crise

leaderJe vous conseille la lecture des échos de ce jour (20/12) et notamment d’un article sur la veille, justement titré “écouter la rumeur pour anticiper la crise”.

On y parle des “veilleurs du web” qui scrutent blogs, podcasts et autres médias en ligne afin d’y déceler les prémices d’une crise. “Tout contenu en ligne peut revêtir une importance stratégique“. “Une crise peut mettre du temps à éclater, mais écouter la musique d’ambiance qui se joue sur le net permet d’identifier les signes précurseurs.[Read more...]